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Sorti en 2007

Réalisé par Peter Ho-Sun Chan

Ecrit par Tim Nam Chun, Junli Guo, Jiping He & Jianxin Huang

 

Avec :

Jet Li >>> Ma Xinyi

Andy Lau >>> Cao Er Hu

Takeshi Kaneshiro >>> Zhang Wen Xiang

Jinglei Xu >>> Lia,

 

Dontesque ?

En pleine époque d’invasions et rébellions, un soldat survit seul à une bataille, et trainant sa culpabilité d’avoir perdu tous ses camarades, il intègre un groupe bandits qu’il va transformer en armée, voulant changer le pays.

 

Fiche Ecrans d'Asie: ici

 

.oOo.

Je l’admets sans mal : je ne connais rien du tout ni au cinéma chinois, ni au cinéma hong-kongais. Enfin, okay, j’ai vu quelques films chinois ou hong-kongais dans ma vie, c’est arrivé (on fait tous des erreurs, okay T.T), mais pas souvent, si bien que lorsque je me suis mise à la recherche d’un film pour aujourd’hui en cherchant à taper de ce côté-là, j’étais un peu paumée, n’ayant aucune direction dans laquelle me tourner. J’aurai pu demander des conseils à google, mais à la place j’ai choisi la direction plus superficielle : j’ai juste commencé à regarder des posters. Et c’est ainsi que je suis tombée sur celui de the Warlords. Plus précisément celui-là :

Non seulement c’était un joli poster (vous connaissez mon amour du bleu, faut dire… je crois), mais en plus même moi, je reconnaissais le nom des trois acteurs, et savais qu’ils sont censés être bons ! « Censés », oui, parce que j’ai beau les avoir tous déjà vu jouer (Jet Li dans Hero et Fist of Legend par exemple, Andy Lau dans Infernal Affairs et Fulltime Killer, Takeshi Kaneshiro dans Mermaid got married, House of the Flying Daggers et Hero), les ai peu vu jouer, et surtout, c’était il y a un moment. Mais ils ont tous bonne réputation, alors je me suis dit « okay, s’ils sont tous les trois dans un même film, il peut pas être tout à fait mauvais, si ? (En plus, le poster est joli) ». Et j’ai vraiment bien aimé la première partie ! … malheureusement, après ça, j’ai commencé à trouver le film un peu longuet, et me suis rendue compte que non seulement je me moquais un peu que les personnages vivent ou meurent, mais qu’il y en a même certains dont j’espérais la mort, alors que je ne suis pas certaine que c’était ce que voulait m’inspirer le film. Néanmoins, il y a plusieurs choses dedans que j’ai appréciées.

Je pense que je manquais un peu de contexte par contre. Le film se déroule à une époque particulière de l’histoire de la Chine, pendant la révolte des Taiping, une période trouble durant laquelle se sont opérés plusieurs changements, et n’étant malheureusement pas du tout familière de l’histoire de la Chine (ce qui n'est pas une faute du film, et bon point : je suis allée me renseigner un petit peu après), il y a des références à côté desquelles je suis un peu passée. En général, je pense que je suis passée à côté de ce que le film a vraiment d’historique, me retrouvant du coup plus à regarder les personnages, et l’histoire. Dont le message principal semble être que la guerre, ça craint. Bon, je simplifie un peu, certes, mais le film se pose clairement anti-guerre. On commence avec des personnages qui sont généralement bien intentionnés (ça fait pas d’eux des anges, mais ils sont quand même généralement bien intentionnés), mais la période trouble et violente attaque peu à peu leur âme, en arrachant des morceaux de plus en plus importants.

On en a un qui a le sentiment de compromettre son honneur pour des raisons qu’il trouve de moins en moins bonnes, un autre qui est jeune, suis un ainé qu’il pense sur le bon chemin et perd ce qu’il avait d’innocence au passage, et un dernier qui avait la tête pleine d’idéaux forts louables, mais se retrouve à user de moyens dont on se demande s’ils ne contredisent pas un peu la fin, quand même. En gros, d’après le film, on ne peut pas gagner une guerre, pas vraiment. Au début de the Warlords, Pang Quingyun, le personnage principal (interprété par Jet Li), émerge d’un océan de cadavres : ses camarades ont tous été massacrés, et donc clairement, ils ne sont pas vainqueurs. Et lui non plus, car nous dit-il, il est mort avec ses frères d’armes ce jour-là. Il renait de ses cendres ensuite, et commence à enchainer les victoires sur les champs de bataille, mais au final, il perd tellement de ce qu’il avait, et de ce qu’il est, qu’on ne peut toujours pas dire qu’il soit victorieux. En clair, à moins bien entendu qu’on soit de ceux qui manipulent les pions, ne s’approchent jamais du champ de bataille et n'ont aucune compassion, qu’on perde ou gagne les batailles, on perd toujours la guerre, semble dire le film. Et il n’a pas peur de nous montrer ça de façon plutôt brutale. Ce que j’apprécie.

[A la guerre, tout le monde perd] The Warlords 投名狀  *Chine, HK*
[A la guerre, tout le monde perd] The Warlords 投名狀  *Chine, HK*[A la guerre, tout le monde perd] The Warlords 投名狀  *Chine, HK*
[A la guerre, tout le monde perd] The Warlords 投名狀  *Chine, HK*[A la guerre, tout le monde perd] The Warlords 投名狀  *Chine, HK*
[A la guerre, tout le monde perd] The Warlords 投名狀  *Chine, HK*[A la guerre, tout le monde perd] The Warlords 投名狀  *Chine, HK*

Globalement, j’ai trouvé que le film était très agréable à regarder, avec des combats et batailles bien chorégraphiées et mises en scène, et des couleurs grises qui s’accordent bien à la réalité dépeinte. J'ai aussi aimé la façon dont le film nous montrait la brutalité des champs de bataille, sans chercher à cacher la violence, mais sans non plus nécessairement en faire le spectacle principal, nous présentant parfois juste l’avant, et l’horreur de l’après. Une scène qui m’a marquée plus que d’autres, par exemple, est celle où les personnages sont dans des tranchées, parce qu’ils tiennent une ville en siège depuis un moment, et les deux côtés commencent à s’épuiser. Entre les tranchées et la ville, des cadavres nous indiquent qu’il y a déjà eu conflit et on n’a pas vu la bataille, mais une victime est encore vivante et agonise, hurlant pour qu’on vienne l’aider. Et personne ne va le chercher, mais ils doivent écouter ses cris, ce qui est quelque chose d’assez terrible, quand même. Bref, j’ai trouvé qu’il y avait un bon dosage dans ce qu’on nous montrait et ne nous montrait pas, et que le film était à la fois joli à regarder, et suffisamment brutal pour qu’on ne trouve pas les combats trop plaisants.

Quant aux acteurs… je dirais qu’ils ont tous fait du bon boulot ? En fait, c’est difficile à dire pour moi, parce que pour être honnête, parce que je n’ai pas vu suffisamment de films hong-kongais ou chinois, je manque un peu de repères. La comédie, ça correspond aussi à des codes (qu’il s’agisse de coller à la réalité ou pas), et je n’ai pas le sentiment de les maitriser suffisamment, je n’ai pas assez d’éléments de comparaison. Mais en tout cas ils m’ont vendu qu’ils étaient ces personnages, personnellement. Il y a juste Takeshi Kaneshiro avec lequel j’ai eu un peu de mal, car je l’ai trouvé un peu trop vieux pour ce rôle. Pas qu’il soit vieux dans l’absolu puisqu’il avait 33 ans à l’époque (sauf erreur), mais 33 ans, dans son contexte, ça a l’air de bien en valoir 40, et puis surtout, l’héroïne lui sort à un moment donné « je t’ai regardé grandir » comme si elle avait dix ans de plus que lui, sauf qu’elle a 34 ans, donc juste un an de plus que lui. Alors en vérité, ce n’est pas tant lui qui est trop vieux, qu’elle qui est trop jeune : elle est censée effectivement avoir dix ans de plus qu’elle n’en a, mais je vous apprends rien sur les doubles standards, hein (ACTRESSES!MUST!BE!YOUNG!). Bref, lui a l’air un peu trop âgé pour vraiment vendre la part d’innocence de son personnage, elle pas assez, et surtout ils ont trop l’air d’avoir leur (même) âge pour que je crois à cette relation qu’ils étaient censés avoir, ce qui est un peu dommage car quand arrive une scène particulièrement chargée en émotion entre eux deux, il se trouve que c’est la même scène du « je t’ai regardé grandir », et j’étais trop occupée à me dire « hein ? », pour vraiment ressentir l’émotion supposée. Faut dire aussi que l’héroïne, on ne l’a pas beaucoup vue, et elle faisait vraiment « pièce rapportée », ce qui est un peu dommage, parce qu’elle est très peu utilisée, alors qu’elle a pourtant un regard différent sur les évènements, ne faisant partie ni des brigands ni des soldats, mais du peuple qui subit les conflits et doit survivre à son époque. Tel qu’il était écrit, je n’ai pas trouvé le personnage bien nécessaire, et à la limite j’ai même trouvé qu’il diminuait un peu le conflit principal. Bref, c’est dommage.

Au final, je pense que mon désintérêt progressif pour les personnages a rendu le film long à mes yeux. J’avais une sympathie raisonnable pour chacun d’entre eux (à la fin, surtout pour celui d’Andy Lau), mais j’avais une assez bonne idée d’où tout ça allait finir, et même si parfois l’inévitabilité d’une conclusion joue en la faveur de son histoire parce que c’est là que réside la tragédie, en l’occurrence avec moi, ça n’a pas pris ce coup-ci, je pense parce que, malgré cette sympathie raisonnable, je n’étais pas suffisamment impliquée dans le destin de ces personnages pour m’inquiéter du mur qu’ils allaient forcément se prendre en pleine face. Au final, the Warlords est un film que j’ai trouvé bien foutu, mais qui m’a semblé long dans sa seconde moitié. Maintenant, de la même façon que je reconnais mon manque de références dans les cinémas concernés, je ne suis pas non plus la plus grande fan de films de guerre (même s’il y en a que j’aime, c’est pour ça, et par souci d’ouverture, que je les regarde quand même), donc si vous appréciez ça plus que moi et étiez tentés par ce film, je n’irais pas essayer de vous dissuader de lui laisser sa chance.

Tag(s) : #SA2017, #Cinéma Asiatique, #Cinéma, #Hong Kong, #Chine, #The Warlords, #2000s, #2007, #Peter Ho-Sun Chan, #Tim Nam Chun, #Junli Guo, #Jiping He, #Jianxin Huang, #Jet Li, #Andy Lau, #Takeshi Kaneshiro, #Jinglei Xu, #Drame, #Bromance, #Amitié, #Action, #Guerre, #Historique (ou "historique")

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