[Conscience vendue] Peaky Blinders - Saison 1

Publié le 16 Août 2017

 

 

 

Saison 1

Série créée & écrite par Steven Knight

Saison réalisée par Otto Bathurst & Tom Harper

Diffusée sur BBC2

En 2013

6 épisodes

 

 

Avec :

Cillian Murphy >>> Tommy Shelby

Sam Neil >>> Chester Campbell

Annabelle Walls >>> Grace Shelby

Helen McCrory >>> Polly Gray

Paul Anderson >>> Arthur Shelby Jr.

Sophie Rundle >>> Ada Shelby

Iddo Goldberg >>> Freddie Thorne

etc

 

Dontesque ?

Birmingham, 1919, à la sortie de la Première Guerre Mondiale, le gang des Peaky Blinders, mené par Tommy Shelby, cherche à assoir sa dominance quand un chef inspecteur est envoyé de Belfast pour retrouver des armes volées et mettre de l’ordre dans les rues de la ville.

 

 

.oOo.

A la base,  Peaky Blinders n’est pas du tout ce que j’avais prévu de regarder pour aujourd’hui, mais la série a toujours été sur ma liste de choses à voir, parce que l’affiche m’intriguait, parce que j’ai un faible pour les séries d’époque, parce que le synopsis me parlait, et parce que Tom Hardy était censé jouer dans la saison 2 ou 3 (je savais plus laquelle, mais je savais que c’était pas la 1). C’était « sur la liste » donc, mais vous savez que chez moi, « sur la liste » veut juste dire « il y a des chances que je regarde ça avant de mourir, mais c’est pas non plus 100% garanti » parce que la liste est longue. Sauf que ma petite sœur m’en a reparlé, parce que dedans il y a Cillian Murphy, qui fait apparemment partie de ses chouchous, or Bibi a peu de chouchous finalement (elle est bien moins fangirl que moi), donc j’étais intriguée de voir qui était ce Cillian Murphy (qu’à vrai dire j’avais déjà croisé, mais sans jamais trop le capter spécialement… dans Peaky Blinders, en revanche, ç’aurait été dur de faire autrement). J’ai donc fini par sélectionner Peaky Blinders pour cette journée, et écoutez, j’ai pas regretté, parce que j’ai adoré. Après, je ne sais pas quand est-ce que je vais regarder la suite pour être honnête, car j’ai adoré mais ça m’a un peu malmenée en fait. C’est le genre de série où quand les choses vont bien après être allées mal, on s’attend à ce qu’elles virent au pire… et rapidement. Je ne vois pas comment toute cette affaire pourrait se terminer bien, et j’ai été tendue à quasiment tous les épisodes, parce que je m’attendais sans arrêt à ce que quelqu’un meure. Pas le personnage principal, vu qu’il y a encore deux saisons (et apparemment deux de plus d’annoncées), mais pour ce que j’en savais, personne d’autre n’était à l’abri. Ce qui est super, j’apprécie beaucoup que la série m’ait gardée investie à 100% tout le long, mais du coup je redoute la saison 2. Je la verrai. Mais je sais pas quand. Mais je la verrai. Et déjà, je la verrai parce que mes yeux sont rentrés en contact avec Peaky Blinder maintenant, et que c’est foutu, ils en veulent plus. Parce que…

 

 

Parce que…

 

 

Parce que…

 

 

Argh…

 

 

BORDAYL COMMENT C’EST BEAU.

 

Pour tout vous dire, je n’ai même pas attendu d’être entrée dans l’histoire pour aimer Peaky Blinders, parce que j’ai eu mon coup de cœur dans l’opening du premier épisode. La musique, les images, même la police utilisée pour les noms des acteurs me plaisait tellement que j’ai décidé d’un coup que j’allais regarder tout Peaky Blinders, et probablement apprécier la série, ne serait-ce que pour son ambiance. La moitié du temps, on a l’impression d’avoir affaire à un tableau vivant, et quand j’ai dû sélectionner mes screencaps favorites pour cet article, j’ai galéré sévèrement. Bon, et puis vu qu’on parle de jolies choses, je m’en voudrais de ne pas citer le visage (et plus particulièrement le regard) de Cillian Murphy. Arf, serait-ce la fin de mon entente avec Bibi ? Allons-nous à présent nous déchirer pour un homme, et causer la chute de notre famille ? Peut-être. Mais au moins ce sera pour une bonne raison (je sens qu’il y aura des gens pour ne pas être d’accord, mais c’est qu’ils ne savent pas).

 

Pour revenir à quelque chose de plus sérieux cela dit, oui la série est superbe, et en plus, elle a une super bande-son, avec en particulier cette chanson :

Qui sert de theme song. Et personnellement, ce à quoi ça m’a tout de suite fait penser, c’est l’opening de the Wire, versions saisons 1 et 2. Dans l’ambiance, je trouve qu’il y a quelque chose de similaire, et les deux chansons commencent par l’idée de « faire un tour » puis nous parlent d’une figure inquiétante, de Dieu et du Diable. Et puis à vrai dire, Peaky Blinders me fait penser à The Wire de toute façon (ce qui est clairement un compliment à mes yeux). Pas tant dans l’histoire, parce que même si on suit effectivement la police et les criminels qu’elle cherche à boucler dans des nuances de gris, Peaky Blinders a un personnage plus clairement principal que the Wire, et surtout semble prendre parti pour un côté du conflit. La série s’appelle Peaky Blinders, le nom du clan dirigé par Tommy Shelby, et ils sont nos protagonistes. Non, là où Peaky Blinders me rappelle the Wire, c’est dans le sentiment que je ne vois pas de fin à cette histoire. Le principe de the Wire était que de temps en temps la police obtiendrait une victoire, qu’un gang prendrait le dessus, mais qu’au final la guerre ne serait jamais vraiment terminée, qu’une place subitement vide serait aussitôt remplie, et que le cycle ne cesserait de se répéter. Peaky Blinders me fait cet effet. Bien sûr, comme nous avons un personnage principal plus défini, il peut y avoir une fin à son histoire à lui (s’il meurt… ce qui ne me parait pas impossible… je sais que les Peaky Blinders sont un gang ayant existé, mais il ne me semble pas que Thomas Shelby, lui, soit réel), mais le sentiment que me donne la série est que personne ne peut avoir durablement le dessus, ni un gang ni la police, et que toute victoire ne peut être que temporaire (un peu comme un site de téléchargement ferme :D) et c’est en ça que je pense à the Wire. Mais donc, dans cette série, nous avons un personnage principal clair, Tommy, et effectivement c’est un personnage que je trouve intéressant et charismatique, et dont je veux voir l’évolution.

 

L’interprétation de Cillian Murphy, bien entendu, joue énormément, mais au-delà de ma passion nouvelle pour le visage, le regard et la voix de ce monsieur, et du fait que je le trouve excellent, même sur le papier, je trouve le personnage intéressant. La série se situe à la sortie de la Première Guerre Mondiale, et on peut vraiment sentir les effets de cette guerre partout : le pays a l’air pauvre, les femmes qui ont dû se charger de mener le business pendant l’absence des hommes se retrouvent reléguées au second plan à leur retour et certaines ont du mal à l’accepter (Polly, la tante de Tommy, en particulier… et j’adore ce personnage, même si je ne suis pas toujours de son côté, car elle a une poigne de ouf, et des répliques cinglantes bien comme il faut, qu’elle fasse comprendre à quelqu’un qu’il n’a pas les moyens de gérer Tommy si elle-même n’y arrive pas, ou qu’elle explique à sa nièce que si elle met au monde un enfant, et est abandonné par son amant, elle sera traitée de trainée, son enfant sera traité de bâtard mais qu’il n’y a apparemment pas de terme péjoratif pour le père), même le flic qui est aux basques de Tommy est affecté car on lui renvoie souvent au visage qu’il n’a pas servi pendant cette guerre, ce qui semble lui foutre des complexes et décupler son envie de se distinguer, le rendant plus acharné et le poussant à certains extrêmes (il y a d’autres raisons, mais c’en est une)… et bien sûr, beaucoup des soldats revenus souffrent de PTSD, dont Tommy, qui était sapeur et a vécu une expérience particulièrement traumatisante (au milieu d’une expérience généralement traumatisante, of course, parce que je me doute que le reste de la guerre ne devait pas être supra fun non plus).

[Conscience vendue] Peaky Blinders - Saison 1
[Conscience vendue] Peaky Blinders - Saison 1
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[Conscience vendue] Peaky Blinders - Saison 1
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Avant la guerre, on nous le fait comprendre, il n’était pas pareil, il était plus heureux, il avait meilleur cœur, ou en tout cas le laissait plus parler, mais une fois revenu, ce n’est plus la même chose. « On se prostitue tous » dit-il à un moment donné à notre lead féminin « c’est juste qu’on prostitue chacun une différente partie de nous-mêmes », et Tommy a clairement vendu sa conscience, ou essaie de la faire taire autant que possible, avec un seul but à l’esprit : assurer l’avenir de sa famille. Ses frères ne sont clairement pas capables de gérer le business familial, leur père est parti on ne sait où, et il a le sentiment qu’il est de sa responsabilité de construire quelque chose pour sa famille, et quelque chose de solide, d’où son ambition de lancer un business légal, même s’il lui faut pour ça commencer par utiliser des méthodes plus que douteuses, et se compromettre au point de ne plus s’apprécier. « Ton frère est un homme dix fois meilleur que toi », lui dit-on, et il ne peut que répondre « Ca, je n’en doute pas ». Il n’a pas l’air d’aimer véritablement ce qu’il fait, et il n’a surtout certainement pas l’air de vouloir imposer ce monde à la future génération, sauvant les enfants de son ami d’une vie dans « le business », et sermonnant bien son frère de ne même pas faire semblant d’être lui, parce qu’être Tommy Shelby, c’est dangereux.

 

On sent par ailleurs que des fois, il a du mal à aller complètement contre sa conscience. On le voit plus d’une fois épargner quelqu’un, ou essayer d’épargner quelqu’un, et si Campbell (le policier aux trousses de Tommy, interprété par Sam Neil que j’étais toute contente de trouver là-dedans) avertit bien Grace (notre héroïne infiltrée, interprétée par Annabelle Walls, que je ne connais pas vraiment, mais qui est très bien dans cette série) qu’elle ne doit jamais perdre de vue qui elle est, ni qui sont les gens qu’elle côtoie, je trouve intéressant de constater que Tommy ne se montre souvent pas moins « clean » que les gens qui essaient de l’arrêter. Sa première véritable victime, il la fait pour se défendre après que Grace ait envenimé une situation, et à ce stade, à moins que ma mémoire me fasse défaut (ce qui n’est jamais exclu), il me semble qu’il a moins de cadavres sur les mains que le policier qui lui court après. Et ce n’est pas lui non plus qui menace de massacrer les familles et faire violer les petits enfants. Alors, je suis (clairement) pas en train de vous dire qu’on a super envie de le fréquenter (d’autant que même si c’était un mec cool, il reste planté au milieu d’une situation craignos dans laquelle on n’a pas envie de foutre les pieds) ou que c’est un grand bisounours de la vie (si Cillian Murphy avait été dans les bisounours, j’aurais sans doute regardé les bisounours), mais le personnage est intéressant parce qu’il est en conflit intérieur constant entre ce qu’il veut faire, ce qu’il n’a pas envie de faire, ce qu’il pense devoir faire et pense être le seul à pouvoir faire, et sans doute aussi un goût pour les manigances et, surtout, le contrôle qu’il n’a peut-être pas tout à fait envie d’admettre. Et il est intéressant aussi parce que ce qu’il a de nuancé souligne l’hypocrisie (de personnages nuancés aussi) qu’il y a en face, dans une époque de merde où un policier peut se permettre de torturer les gens, parfois à mort (un truc qui doit certainement encore se faire de nos jours à certains endroits du monde, certes). Oui, j’ai détesté Campbell. Pas en tant que personnage, c’est un très bon personnage, mais j’ai détesté cet homme violent, se pensant justifié et meilleur que le reste, alors qu’il se laisse aller à des actes violents pour soulager son ego, malgré ses efforts pour déguiser ses motivations. C’est probablement le personnage principal que j’ai le plus méprisé dans l’affaire, mais son affrontement avec Tommy m’a tenue en haleine.

[Conscience vendue] Peaky Blinders - Saison 1
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Et j’avoue qu’au milieu, je me suis aussi prise au jeu du ship, « Grace et Tomy » (Gromy ? Trace ?... je penche pour le second, parce que le premier à un feeling Titi et Gromynet, voire Wallace et Gromyt assez perturbant pour moi) entre qui l’attirance était palpable. En général, j’ai été ravie de suivre tous les personnages, même ceux pour lesquels j’avais le moins de sympathie personnelle, mais c’est vrai que la partie de moi qui avait envie de sauter sur Cillian Murphy espérait un peu que Grace et Tommy finiraient par aller quelque part (ne me jugez pas ;A;) d’autant que leur rapprochement commence réellement avec une chanson irlandaise. Ce que j’approuve. Toujours. Il devrait y avoir plus de gens qui chantent des chansons irlandaises à la télé. Partout. Même dans les séries où ça n’a pas de sens. Parce que ça n’existe pas. Hum, bref. J’ai apprécié de suivre tous les personnages, disais-je, que ce soit l’idylle semblant mal barrée d’Ada, la sœur de Tommy, et Frankie, un agitateur communiste à une époque où avoir un communiste dans la famille la foutait VRAIMENT mal, la lente dépression d’Arthur Shelby qui se sent inutile et gardé à l’écart, etc. Je ne dirais pas que tous les personnages m’ont intéressée de façon égale, mais ils m’ont tous intéressée, et de toute façon l’ambiance générale de la série, ainsi que la beauté de sa réalisation s’assuraient que je n’aie jamais les yeux ailleurs que sur l’écran. D’autant que le rythme m’a semblé soutenu, parce que la saison est courte et qu’il se passe toujours  quelque chose de décisif dans chaque épisode. Cf. le malmenage de cœur : quand ça allait bien, je savais non seulement que ça allait aller mal, mais en plus que ça irait rapidement mal. J’étais en mode stress à me demander si Grace allait se faire tirer dessus, jusqu’où Tommy allait se mouiller, si un membre de sa famille serait buté par la police ou un rival, si Ada allait mourir de fausse couche, etc. Et j’ai apprécié d’être en mode stress, mais tel le lapin moyen (que je suis) le stress est très mauvais pour ma santé.

 

Pour résumer donc : c’était drôlement cool. La série est magnifique à regarder et écouter, centrée autour d’une époque trouble et intéressante, ainsi que d’un personnage qui me parle (et j’ai surtout parlé de lui, du coup). Elle est remplie de bons acteurs, et elle a réussi à m’embarquer rapidement, me tenant constamment à fond dedans. Pour les raisons déjà énoncées, je ne sais pas encore quand je verrai la suite, et vu la popularité de la série, j’arrive un peu tard, mais si vous ne vous êtes encore jamais lancé dedans, il est peut-être temps de tenter le coup et de voir si ça vous parle autant qu’à moi~ Au pire, il vous restera Cillian Murphy. Et franchement, si c’est le pire qui puisse arriver, tout va bien.

Oui, j'ai pas réussi à choisir niveau screencaps sur ce coup-là.
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