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Sorti en 1998

Réalisé par Konaka Kazuya

Ecrit par Murai Sadayuki

D’après le roman de Mayumura Taku

 

Avec :

Niyama Chiharu >>> Kagawa Midori

Sato Yasue >>> Iwase Mayumi

Tsumabuki ‘Buki’ Satoshi >>> Iwata Koichi

 

Dontesque ?

Midori est une lycéenne dans la norme, qui se sent de moins en moins à sa place dans sa vie, ses relations avec ses amies lui semblant fausses et futiles. Un jour, une mystérieuse jeune fille intègre la classe et s’installe dans le même bâtiment que Midori, puis commence à parler de voyage entre différents univers.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

 

 

.oOo.

Il faut commencer ce Projet Buki, les gens ! Il est temps de se lancer. Et je n’ai pas l’intention de prendre les choses dans l’ordre chronologique, mais pour commencer je me suis dit que, allez, j’allais quand même regarder son tout premier projet, son premier film (je voulais aussi regarder Subarashii Hibi, son premier drama, mais ça, je n’ai pas trouvé). Et… ok, j’ai pas tout capté à ce que j’ai vu, en fait. J’ai aimé le film, mais je ne suis pas supra certaine d’avoir vraiment tout saisi. J’ai saisi l’action, mais je ne suis pas 100% sûre de ce qui s’est réellement passé ou pas, on va dire, ou de savoir de quoi voulait parler le film, ou plutôt de comment il en parlait. Mais eh, au moins, je sais que je ne me suis pas ennuyée, et suis restée dans le film tout le long, ce qui est déjà pas mal. Donc causons de tout ça, et vu que nous inaugurons le Projet Buki, tout de même : parlons de Buki.

 

Dans ce film, Buki était… moyen ? Ok, en fait il est juste pas bon. C’est-à-dire que c’est son premier film et ça se sent, il est vraiment maladroit et pas très naturel. D’ailleurs, ce n’est pas le seul: le second rôle masculin n’est pas mieux interprété. En fait, il est encore moins bon, mais heureusement, il est aussi absent pendant la majorité du film, donc ce n’est pas très gênant. Même le manque de naturel de Buki n’est pas si dérangeant, d’ailleurs, parce qu’il reste assez en retrait, si bien qu’il ne fait pas de mal au film. Clairement ce sont Niyama Chiharu et Sato Yasue qui sont au cœur del'histoire, et elles se débrouillent bien mieux que leurs collègues masculins. Je ne dirais pas qu’elles sont exactement extraordinaires, mais elles collent à ce que le film attend d’elles. En particulier, j’ai beaucoup aimé Sato Yasue dans le rôle de la nouvelle de la classe qui introduit l’héroïne au concept de voyage inter dimensionnel, parce que je trouve que physiquement, il se dégage d’elle quelque chose de parfait pour ce personnage. Elle est très jolie, mais elle a aussi un visage très particulier, qui fait que quand on ajoute à ça la façon de tourner, de l’entourer de lumière par exemple, effectivement, elle a l’air d’appartenir à un autre monde, elle a quelque chose d’ « étranger ». Les deux actrices arrivent à rendre les sentiments de leurs personnages, si bien que je me suis impliquée dans les personnages, leur histoire, leur relation naissante.

 

 

Et puis, aussi, j’étais simplement curieuse. D’un point de vue « divertissement », j’avais envie de voir ce qui allait se passer, j’étais intriguée. J’ai d’ailleurs préféré la première moitié à la seconde, car cette première moitié est certes plus lente et moins spectaculaire, mais on est dans un était constant d’incertitude, de suppositions. On est clairement à la surface de quelque chose. Mayumi parle de dimensions différentes, dit venir d’un autre monde, et dans un sens il ne s’est encore rien réellement passé, mais d’un autre côté, c’est vrai qu’elle a l’air de venir d’ailleurs, et que tout le film a cette ambiance ambigue, si bien qu’on retient son souffle, on se pose des questions. Après ça, il commence à se passer des choses, et on se pose toujours des questions, mais je dirais qu’on est plus perdu qu’en suspens.

 

Cela dit, la seconde moitié est intéressante et prenante aussi, hein: j’étais toujours curieuse.  Et certes, on ne peut pas dire que les effets spéciaux soient exactement convaincants (on sent que le temps a passé et que le budget n’était peut-être pas ouffissime non plus), mais je n’ai pas trouvé que ça joue en défaveur du film. A vrai dire, j’ai presque trouvé que ça s’inscrivait dans le reste, parce qu’une grande question du film est de savoir si vraiment on voyage dans des dimensions différentes ou si tout est faux et se passe dans la tête de Midori. Du coup, le côté « faux » fonctionne presque. Je ne dis pas que c’était voulu comme ça, mais en tout cas, ça ne m’a pas dérangée du tout. Simplement, vers la fin, je dois admettre qu’il y a un petit moment où j’ai senti une certaine longueur, parce que je crois que mon cerveau était en overload de perte de repères, en quelque sorte. Enfin, j’ai été divertie par le film en tout cas, et je voulais savoir comment ça allait finir pour les personnages, je voulais avoir les réponses à mes questions, ça c’est certain.

[Mondes en péril] Nazo no Tenkousei 謎の転校生[Mondes en péril] Nazo no Tenkousei 謎の転校生
[Mondes en péril] Nazo no Tenkousei 謎の転校生[Mondes en péril] Nazo no Tenkousei 謎の転校生
[Mondes en péril] Nazo no Tenkousei 謎の転校生[Mondes en péril] Nazo no Tenkousei 謎の転校生

La signification du film est ce qui me torture un peu plus les neurones. Parce que, clairement, Nazo no Tenkousei est à propos de quelque chose, et j’essaie de déterminer, pas tellement quoi, mais plutôt comment, exactement. De façon large, il semble vouloir parler de ce que c’est d’être un adolescent au Japon. L’école, notamment, est comparée par Mayumi à un hôpital, dans lequel les élèves sont « traités », « corrigés », sans même s’en rendre compte, histoire de se conformer à ce que la société attend d’eux. Sans spoiler, dans le film, il est souvent question de contenir l’imagination des personnages, de contrôle d’esprit, et d’enfermer les gens qui sont capables de faire une réalité de ce qu’ils ont imaginé (soit de réellement changer le monde, de façon radicale). Donc il y a bien l’idée de modeler et contenir l’esprit des personnages adolescents. Par ailleurs, Midori nous explique qu’elle a changé de dimension parce qu’elle fuyait (avec sa mère) un monde sur le point d’être détruit, et l’histoire de la destruction du monde revient souvent, chaque dimension se retrouvant rapidement sous la menace d’une mystérieuse comète nommée « Myutos ». Mais même sans comète, on ne peut que remarquer que les personnages veulent déjà échapper à des réalités qui ne leur plaisent pas.

 

Par exemple, avant que Mayumi s’échappe d’une dimension en péril, sa réalité était déjà menacée par ses parents qui se disputaient sans cesse, sur le point de divorcer, chacun voulant avoir la garde de leur fille. En tous les cas, Myutos ou pas Myutos, le monde de Mayumi était sur le point d’être chamboulé. Midori, elle, ne se sent clairement pas à sa place dans sa réalité. Elle a du mal à créer une connexion aux gens, tout lui semble faux. Je pense qu’on pourrait aussi voir des sentiments romantiques ente elle et Mayumi, sentiments qui ne sont pas acceptés par un entourage qui a l’air de vraiment insister pour que les deux jeunes filles cessent de se côtoyer. [spoiler] Et elle est aussi clairement traumatisée par le suicide du garçon qu’elle aimait, suicide qu’elle a refoulé (et lui, présenté comme un voyageur également, avait clairement une réalité qu’il voulait fuir aussi, du coup, et sans comète… d’ailleurs, Mayumi vit au quatrième étage du bâtiment de Midori, un étage considéré malchanceux par les japonais, le chiffre 4 partageant une prononciation avec le mot « mort » donc je me demande si on ne pourrait pas voir dans ce film plusieurs références au suicide adolescent, dans un pays ayant un fort taux de suicide) [/spoiler]. Même avant qu’on commence à parler de voyages entre dimensions, lorsqu’on rencontre la jeune fille avec ses amies, elle entend leurs bruits de pas comme quelque chose de menaçant, leur relation est basée sur de l’hypocrisie, et on voit Midori leur répondre violemment, voire les tuer, dans son imagination. Son monde, elle veut déjà le flinguer, et Myutos, finalement, c’est elle. Donc oui, malaise adolescent, pression sociétale, tentative du reste du monde de les faire se conformer, tout est dans le film je pense, mais je suis pas 100% certaine d’avoir bien tout repéré, ou que tout soit parfaitement agencé dans ma tête. Néanmoins, ça a rendu le film encore plus intéressant à mes yeux.

 

En tout cas, Nazo no Tenkousei ça m’a plu. Je ne le recommanderais pas pour Buki vu qu’il a un petit rôle et qu’il n’est même pas très bon dedans, mais sinon, pourquoi ne pas y jeter un œil ? Je vous garantis rien, car c’est assez étrange et qu’une partie du public se trouvera certainement perdue/exaspérée/ennuyée, mais pour ma part, j’ai aimé (oh et sinon, y a un drama sorti en 2012, aussi, et on dirait que ça se passe avant ? C’est pas clair)~

[Mondes en péril] Nazo no Tenkousei 謎の転校生
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