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Sorti en 2016

Réalisé par Stephen Chow

Ecrit par des tas de gens

Dure 1h34

 

Avec :

Lin Yun >>> Shan

Deng Chao >>> Liu Xuan

Zhang Yuqi >>> Ruolan

Show Luo >>> M. la pieuvre

+ un caméo de Kris Wu à la fin, pour les fans^^

 

Dontesque ?

Lorsqu’un riche industriel se prépare à polluer les fonds marins encore plus qu’ils ne le sont déjà, le peuple des sirènes envoie une des leurs undercover sur terre, afin de l’éliminer.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

 

 

.oOo.

A la base, j’avais prévu de vous parler de Never Give Up Dodo, un mini-drama d’une longueur à peu près égale à celle d’un long film, mais il s’est avéré que c’était tellement mauvais que le temps que je me décide à finir le drama, j’avais complètement zappé le début, et il n’était pas question que je me le retape… alors, il a fallu que je me trouve un nouveau thème, et je me suis alors rappelé que j’avais entendu parler de the Mermaid, essentiellement parce que ce film a brisé tous les records possibles de box office en Chine. Alors, bon, le box office en vrai, je m’en moque un peu, mais en revanche le film est réalisé par Stephen Chow, ce qui m’interpelait déjà bien plus, et en plus le nom de Show Luo était dans le casting, ce qui signifiait que le film était parfaitement dans le thème de cette semaine. All perfect \O/ Bon sauf qu’en vrai dans le film Show Luo ressemble à ça :

[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼
[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼

… il a  fait mieux niveau look donc. Et oui, il est à moitié nu, mais il est aussi à moitié poulpe, donc… Aussi, j’ai été traumatisée par cette image :

(mais arf, je l’aime quand même, car je suis incorrigible comme ça)(juste... s'il pouvait garder ses tentatules ailleurs que dans sa braguette o.o) Quant au film, eh bien, je me suis amusée devant, mais… c’était… pas… parfait. Quand même.

 

Commençons par le pachyderme bien visible au milieu du salon : les effets spéciaux sont d’une laideur à faire peur. Alors, à côté de ça, y a des moments du film que je trouve très beaux, car les couleurs sont vives et qu’il y a de belles idées, notamment au niveau du décor, ce qui donne de jolies images, malgré qu’elles fassent fausses… mais tout de même, argh, la plupart du temps, il y a de quoi grimacer. A la limite, les fonds verts évidents, je veux bien, mais ce sont les queues de sirènes qui piquaient vraiment les yeux pour le coup. Je sais pas, c’est peut-être une question de budget, mais il était dans le même ordre de grandeur que celui de Journey to the West : Conquering the demons, et Journey to the west était dans cette catégorie de « ça sonne faux, mais c’est beau », pas dans le dégueulasse de ces queues de sirènes quand même. Y a des scènes, je vous jure, une combinaison m’aurait moins perturbée que l’alternative choisie. Enfin après, c’est pas non plus ça qui allait me gâcher le film, d’autant qu’il y avait quand même une ou deux jolies choses, et qu’en plus j’aimais bien la musique. Dès l’ouverture, la bande-son m’a énormément plu, ma mélodie favorite étant celle qui ouvre le film, et qui est en fait une reprise de la bande-son de Fist of Fury, un film précédent du réalisateur (apparemment Stephen Chow aime bien réutiliser ses bandes-son) :

Je n’ai tristement pas réussi à trouver toutes les pistes de la bande-son, mais bref, la musique est très belle.

Malheureusement, niveau ambiance sonore y a un truc qui pèche carrément : le doublage. Dans le genre dégueulasse, il se pose là aussi. La synchronisation déconne vraiment par moment, et même le volume n’est pas bien géré, ce qui donne un très mauvais résultat, et n’aide donc vraiment pas à l’immersion. Bref, c’est clair que niveau technique, c’est pas la joie quoi, parce que le son fait aussi faux que les images.

Après, dans la catégorie « faux », pour ce qui est du jeu des acteurs, je dirais que ça va un peu dépendre de vous. Il est clair qu’ils sont dans le surjeu total, mais ils font très exactement ce qu’on leur demande, et personnellement j’ai trouvé le casting assez charmant dans son exagération totale. Ils sont 100% impliqués dans leur délire, et ça m’a donné envie de déconner avec eux, même si je n’étais pas toujours bien fan du slapstick du film. L’héroïne était adorable (et toute jolie, aussi), Show Luo s’en donne allègrement à cœur joie, et le héros… okay au niveau du héros, j’ai eu du mal à savoir si je m’amusais de la performance ou de la moustache au début, pour être honnête. Mais vu qu’il perd sa moustache en cours de route (une tragédie comique, mais une victoire esthétique) et que je me suis amusée quand même après ça, j’en détermine que ça venait quand même bien de l’acteur (mais la moustache était malgré tout un bonus non-négligeable). Mais comme les acteurs ne sont clairement pas dans la subtilité du tout, mettons qu’il y a très certainement des gens à qui ça ne va pas plaire. D’ailleurs, je ne suis moi-même souvent pas cliente, mais en l’occurrence, allez savoir, ça a pris, et en conséquence, certaines scènes m’ont beaucoup fait rire. J’avoue, de temps en temps, c’était pas voulu par le film, mais il y a de vraies bonnes scènes de comédie volontaire ici et là, dont notamment une où M. Poulpe se fait tirer dessus et prend ça avec beaucoup de calme, et ma favorite : celle où le héros explique sa rencontre avec des sirènes à la police. Toute cette scène me fait encore rire maintenant, en majeure partie grâce aux deux acteurs interprétant les policiers, dont le sérieux pendant la séquence « portrait robot », et les efforts évidents pour ne pas éclater de rire ensuite, ont fait du bien à mes zygomatiques. Oui, il y a donc quelques bons moments de comédie dans the Mermaid, même si je les trouve tout de même un peu noyés entre ceux qui marchent bien moins.

[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼
[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼
[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼
[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼

Ma plus grande surprise a été de constater, quand même que… malgré tout le surjeu, tout le « faux » de la présentation, et toute la grossièreté du scénario (on y reviendra), il y a une partie de moi qui en avait sincèrement quelque chose à faire, du devenir de ces personnages. Je crois que c’est pour deux raisons :

1/ que je l’ai imaginée ou qu’elle soit vraiment là (parce que c’est subjectif), j’ai ressentie une sincérité de la part du film, comme si toutes les personnes impliquées croyaient vraiment à/aimaient vraiment ce qu’elles faisaient

2/ il y avait des enjeux.

Parce que ce film (comme le faisait Journey to the west, d'ailleurs), il y a des moments, il vire sombre. Vraiment sombre. On nous montre les sirènes rendues malades par la pollution, et elles ont le corps vraiment décharné, c’est assez affreux en fait. Et lors du grand final du film, the Mermaid vire violent, dans la catégorie « génocide » (qu’il aboutisse ou pas, ça vous verrez, mais ça empêche pas la violence), l’héroïne elle-même prenant très, très cher, et pas de façon cartoonesque comme pendant les moments de slapstick. Du coup, même si le scénario était assez con, et le plan des sirènes pas moins, j’avais tout de même bien à l’esprit que si les choses ne se passaient pas bien, ben ça risquait de faire très très mal, et ça me donnait quelque chose à craindre, une raison de vouloir que les choses s’arrangent, parce que malgré tout ils m’étaient sympathiques ces moitiés de poissons (et poulpes), et j’avais pas spécialement envie qu’on me foute leurs corps mutilés sous les yeux. Et le film ne s’en serait clairement pas privé. Mais ça n’empêche pas que, oui, le film est écrit de façon très… grosse. Mettons le comme ça.

 

Okay, je ne m’y connais vraiment pas en Stephen Chow : j’ai les DVDs de Shaolin Soccer, Fist of Fury et Kung Fu Hustle, achetés après avoir vu et adoré Journey to the West : Conquering the demons, mais je ne les ai pas encore regardés, et donc Journey to the West est pour le moment tout ce que j’ai vu de lui. Mais même en n’ayant vu que ça, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un peu la comparaison dans ma tête, parce que les styles sont vraiment similaires (y a Show Luo dans les deux aussi, mais c’est moins important), les deux dramas donnant dans le fantastique, le conte/la légende, avec de l’humour OTT, une romance et des moments bien sombres comme il faut. La différence étant que Journey to the west m’avait semblé plus abouti, et surtout moins stupidement écrit. Alors je comprends que The Mermaid revendique un côté conte de fées, donc je veux bien que le héros fasse sa demande en mariage dans la semaine où il rencontre l’héroïne, mais ce qui m’ennuie c’est la façon dont il grossit non seulement tous les traits, mais en plus met les choses vraiment noir sur blanc, des fois qu’on n’ait pas capté l’écriture de base pas subtile. En fait, c’est limite parfois difficile d’être en colère après le film, parce que quand le personnage principal a une moustache selon s’il est gentil ou méchant, et sort carrément (après avoir regardé littéralement exploser un poisson sous l’effet du sonar de sa compagnie) « Je suis superficiel, seul l’argent m’intéresse »… qu’est-ce que tu veux répondre à ça ? A part « oui, en effet » ?

 

Et tout le film est un amas de clichés (avec ses méchants bourrins, et sa méchante femme fatale en combinaison moulante qui a surtout l’air d’avoir la haine que le héros ait refusé ses avances) qui nous sont dictés : on a la grand-mère des sirènes qui nous fait l’exposition en racontant à son peuple une histoire qu’ils connaissent déjà (comment dire… c’est comme si au début au milieu du naufrage dans Titanic, Rose rassemblait les passagers et commençait à leur raconter « alors, vous voyez, il y avait ce paquebot, et… », c’est super pas naturel), on nous rappelle toujours explicitement où en est le personnage masculin de son évolution avec des phrases du genre (donc) « Seul l’argent m’intéresse » puis « Il faut faire fi de la question d’argent », et bien sûr on nous dit également bien la leçon du film (enfin, au-delà de « il faut pas niquer l’environnement ») : les êtres humains craignent…mais pas tous.

[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼
[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼
[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼

Mais à la limite, okay, pour cette leçon-là, je veux bien, parce que pour le coup, si j’avais bien capté que c’était ce que le film voulait me dire, vu les gros sabots qu’il empruntait pour le faire, c’était pas non plus évident dans les faits, car d’après ce que The Mermaid m’a montré, je dirais, que 99.9% des êtres humains craignent. Et le 0.1% restant, ce sont les personnages qui étaient peu à l’écran, si bien qu’on n’a pas eu le temps de les voir craindre, mais je suis sûre que chez eux ils égorgent des chatons, et vénèrent Pazuzu. Parce que sinon… dans ce film, j’ai vu des êtres humains s’amuser de la souffrance d’êtres vivants, la prendre en photo, la balayer de la main pour profiter à leurs intérêts, et je sais bien que notre héros était censé représenter une rédemption possible pour l’humanité, mais c’est fait de façon supra bancale, parce que dans le dernier tiers du film, en gros, il google ce que sa compagnie fait à la planète et voit des images de dauphins massacrés et oiseaux mazoutés, et se dit « omg, quand même ça craint tout ça, j’ai vraiment fait ça ? zut alors »… mais ça marche pas, parce qu’on l’a vu regarder en face un poisson paniquer puis exploser, et il n’en avait absolument rien à cirer. La seule chose qui a changé c’est que maintenant sa copine vit sous l’eau.

 

Bon, en vrai, on pourrait aussi donner un argument moins foireux, à savoir qu’il a rencontré et *parlé* aux victimes de ses actes, si bien qu’il a pu se mettre plus dans leurs pompes (ou dans leurs nageoires)(humour)(je suis hilharengte)(get it ? hil-hareng-te)(… j’arrête), mais le retournement est si brusque que franchement, même si je suis certaine que c’est ce que le film voulait faire, ben ça passe pas, on a du mal à ressentir le profond changement du personnage. Mais admettons. Admettons que l’amour soit le pouf magique qui transforme le crapaud pollueur en prince écolo: ça n’empêche pas le manque de subtilité total du film, et surtout je trouve que c’est un peu difficile de vraiment rentrer à fond dans le côté conte de fées quand le film commence justement par nous foutre des images d’oiseaux mazoutés, cadavres de dauphins, ordures flottant sur l’océan, déforestation et grosses usines polluantes. En clair, The Mermaid commence par un gros « bam, voilà, ça c’est la réalité, c’est le monde tel qu’il est, prends toi bien ça dans la face », et à partir de là, aussi parce que ces images reviennent plus tard dans le film, ben c’est chaud de vraiment se mettre dans l’ambiance conte de fées. Ce film a le fessier entre deux tabourets, et on comprend bien ce qu’il essaie de dire, et même on sent qu’il a le cœur sincère, mais si j’apprécie qu’il essaie de me dire quelque chose, je trouve qu’il le fait vraiment avec quinze gros sabots à chaque pied, et en s’emmêlant un peu les guiboles.

 

Au final, je peux quand même dire que j’ai aimé ce film. Il m’a fait rire, je me suis attachée aux personnages, j’ai même eu les larmes un peu aux yeux dans le final parce que … trop de violence, les gens T.T. Et il m’a donné le sentiment d’être fait par des gens qui voulaient vraiment faire ce film, du coup l’enthousiasme est communicatif, et puis le casting m’a parlé. Mon souci principal, au-delà du doublage foireux (je peux mieux supporter les effets spéciaux nazes à la limite), c’est quand même vraiment que tout est écrit supra gros, en sous ligné, sur ligné, majuscules, et puis tant qu’à faire lu et relu lentement au public, des fois qu’on sache vraiment pas lire nous-mêmes. Donc est-ce que je vous le recommande ? Aucune idée, ça dépend de vous, mais en tout cas le public chinois, lui, il a l’air de vous hurler de foncer, et foncer vite (en contraste avec « foncer lentement », tout un concept).

[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼
[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼[Dans l'océan pollué, on fait attentat tous les jours] The Mermaid  美人鱼
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