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Coucou les gens !

 

Comment se passe la Semaine Anniversaire pour vous ? Vous ne faites pas trop d’overdose de moi, ça va ? J’espère que ça va, parce que sinon, ça va être bientôt pire. Déjà parce qu’on n’est que dans la première journée, mais aussi parce que cette année, SALT m’a préparé une petite interview, et quand je dis « petite », je veux dire qu’elle est super longue.

 

Oui, en général, je demande à différentes personnes de préparer les interviews, mais cette année… je ne sais pas, j’avais peur que ça frôle tellement le narcissisme que ça tombe en plein dedans, alors j’ai pas osé, j’ai juste demandé à SALT, et elle a été supra inspirée, et m’a préparé l’équivalent de six interviews, apparemment :D -merci SALT ♥- Donc écoutez, on va parler de moi… pendant un long moment. Quatre jours pour être exacte. Vous allez apprendre plein de choses, et je peux vous GARANTIR qu'absolument aucune ne vous sera utile, n'est-ce pas magnifique ? :') Oh pas parce que les questions sont mauvaises (et au passage merci aussi pour la jolie bannière pleine de choses et gens qui me parlent ♥), non, non, mais parce que quand tu poses des questions cools à une patate, tu interroges quand même une patate (pas que je sois une patate, mais j'aimerais bien devenir ça si j'arrive à suffisamment m'améliorer) :D Tout de suite, let's go !

  • Est-ce que ce blog t'a aidée à reprendre confiance en toi et assumer tes goûts ou au contraire il y avait une pression à paraitre aimer la même chose que ton lectorat qui rendait difficile d'assumer ceux de tes goûts qui diffèrent ?

Je pense que le blog m’a aidée à prendre confiance en moi, oui, parce qu’il m’a appris à réfléchir et m’expliquer. En fait, je pense qu’il faut séparer plusieurs choses…

 

De base, être contre l’avis de la majorité, en soi, ça m’a jamais trop dérangée. Le simple fait de me sentir en minorité, je veux dire. Même par rapport à mon lectorat (qui, en même temps, a toujours été adorable, donc c’était facile #ciragedepompe  #maisenmêmetempscestvrai). Se sentir « seule » n’est pas un souci pour moi (heureusement, parce que j'ai pas la vie sociale d'une star de la jet set... ou d'une patate). En revanche, là où j’ai toujours eu un souci, rapport à mon complexe d’infériorité vis-à-vis du monde entier, c’est avec le fait de ne pas saisir quelque chose, avec l’idée que la personne (ou les personnes) en face se dise que je suis ignorante, et bête, et que je n’ai juste pas saisi quelque chose. Ce qui signifie que je n’ai jamais abordé les choses de la même façon selon leur nature.

 

Avec les dramas, par exemple, même à mes tous débuts, je n’ai jamais eu un moment d’hésitation à aller contre la majorité (par exemple à dire que je trouve Devil Beside You très mauvais), parce qu’il n’y avait pas vraiment d’autorité. Il y avait une majorité, mais côté francophone de la toile, les gens n’étaient pas assez « réunis », et le phénomène était encore assez récent pour qu’il n’y ait pas de grands classiques immuables, car testés par le temps (j’ai commencé les dramas en 2006, soit un an après Hana Yori Dango, et commencé à bloguer en 2007… mon blog n’a finalement que quelques mois de moins que Dramabeans ! J’ai pas eu le même succès par contre, haha) A cause de cette situation, j’avais le sentiment de pouvoir dire ce que je voulais. Et après ça, j’ai évolué avec le phénomène, et à présent, je pense que j’ai quand même une assez bonne connaissance de Dramaland qui fait que je me sens libre de dire ce que je veux sans sembler trop ignorante.

 

Devil beside you
Pourtant Mike He avait une couette :(

Mais il y a des domaines dans lesquels mon attitude n’était pas du tout la même, et notamment les films, parce que la situation était (forcément) bien différente. Aller contre la majorité était plus difficile, parce que j’avais l’impression de ne pas maîtriser du tout le sujet. C’est là que le blog a aidé : j’ai plus pris l’habitude de réfléchir à ce que je regarde et d’expliquer pourquoi je ressens ce que je ressens (même si parfois, j’ai encore du mal, haha). Or comme je le disais, mon souci n’était pas tant de ne pas être d’accord avec les gens, mais de me sentir bête. Si tout le monde semble être d’accord à dire que tel film est un chef d’œuvre, et que je le trouve mauvais mais ne sais pas pourquoi, ne peux pas identifier le problème, je me dis que le problème vient de moi. Mais maintenant que j’arrive à déterminer les raisons derrière mes sentiments, c’est différent : je sais quels sont les problèmes que je vois dans l’œuvre, je ne me dis donc pas que c’est moi le souci, et puisque je suis capable d’expliquer mon opinion, je ne me sens pas idiote. Evidemment, je généralise, car il y a encore des œuvres sur lesquelles j’ai du mal à complètement expliquer mon ressenti, et d'autres sur lesquelles il y a une grosse pression (ça va être fun de vous expliquer pourquoi j'aime pas Shining, tiens :D) mais dans l’ensemble…

 

Cela s’est fait en plusieurs temps pour les sujets tels que les films, ou les livres, cela dit. Parce qu’au début, le blog a quasiment créé le complexe : j’essayais de m’exprimer et percevais mes limitations (dont je n’avais pas forcément conscience avant de tenter de parler des choses aux gens), donc ces limitations m’ont complexée. Mais par la suite, j’ai commencé à repousser petit à petit mes limitations (j’y travaille encore), et avec est venue un peu de confiance en moi :)

 

 

  • Comment procèdes-tu pour tourner les vidéos de ta chaîne Youtube "Mila brasse de l'air" ? Notamment j'ai entendu une Youtubeuse préciser qu'elle passait près de 2h à se préparer physiquement avant (shampoing, coiffure, maquillage, vêtements visibles, etc) histoire d'avoir un look pas trop pourri, qu'en est-il pour toi ?

En fait, moi, je fais les choses dans l’autre sens : je tourne quand je me lave les cheveux (donc oui, si on juge par mon rythme de parution récent, je me lave les cheveux une fois tous les 3/6 mois, wouhou)... J’ai un rythme de lavages de cheveux que je ne veux pas perturber, parce que j’ai les cheveux fragiles (j'avais bien précisé que vous apprendriez des trucs utiles à rien, non ?), et en général quand ils sont propres, c’est là que je me sens le mieux dans ma peau, donc je décide « ok, je me lave les cheveux ce mardi, donc mardi ou mercredi je tourne ». Pour le reste… je choisis mes vêtements, c’est certain. Pas tellement pour qu’ils soient visibles, mais plus selon ce qui ne me complexe pas trop sur le moment. Et pour le maquillage, ça dépend. Des fois j’en mets, des fois non. C’est vraiment selon l’humeur, En fait, je me prépare en gros comme je me préparerais si je sortais dans la rue, donc selon si je suis plus ou moins complexée ce jour-là… Et c’est souvent plus que moins, clairement, mais c’est pas toujours sur la même chose. Bon les cheveux, c’est tout le temps (d’où ma décision de tourner après les lavages), mais l’état de ma peau, mon poids, etc, ça c’est selon les moments, donc le temps de préparation dépend de ça^^ Mais en gros vous me voyez comme me voient les gens quand je vais faire les courses.

 

 

  • As-tu recommencé à tenir un bullet journal/agenda illustré par tes soins, ou non ?

Non :) Pas pour le moment. Je me sens coupable d’avoir abandonné le précédent, c’est un peu comme quand on commence un journal intime et qu’on le finit pas, mais j’ai réalisé que finalement ce que je faisais était quasiment un projet en soi, et un projet très agréable, mais un que je n’avais juste pas le temps de tenir, malheureusement. Donc maintenant j’utilise un petit agenda acheté~

 

 

  • Que penses-tu des gens qui utilisent des tournures de phrases dévalorisantes (du type, disons, de "comédies romantiques niaiseuses") avant de préciser dans la phrase suivante "Remarquez, je n'ai rien contre." ? Trouves-tu cette schizophrénie fatigante et un peu hypocrite, ou ne vois-tu pas de contradiction choquante là-dedans ?

Je peux trouver ça fatiguant, mais pas toujours de la même façon, et pas toujours pour les mêmes personnes. Ca peut l’être pour le lectorat, mais ça peut aussi l’être pour l’auteur. Je sais que, personnellement, j’ai une longue tradition de dévaloriser les choses que j’aime, parce que j’avais peur qu’on se moque de moi (entre autres, une autre raison se trouvant ici). Par exemple, pendant longtemps, alors que j’adorais ça, j’ai dévalorisé les films d’horreur, car on m’avait présenté la chose comme un passe-temps pour « ados attardés » (pas mes propos, mais ceux charmants de certains membres de ma famille). Et là, c’est plus fatiguant pour l’auteur que pour le lecteur, je t’assure, parce qu’on se sent contraint, même si on n’en a pas forcément conscience. Il s’agit plus d’un complexe et d’un manque de confiance en soi que de quelque chose de mal intentionné (mais j’essaie de me corriger, même si c’est dur car bien ancré et devenu un réflexe… le blog aide). Et puis il y a d’autres cas de figure : « niaiseuse » est plus poussé dans le péjoratif, mais tu prends « niais », qui est péjoratif aussi et commences à parler de « comédie romantique niaise » et… bah… je trouve que High School Musical c’est de la comédie romantique niaise, et j’aime ça. Mais tu me parles de Camp Rock et ça passe plus, donc non, j’ai rien contre les comédies romantiques niaises, mais quand c’est mal foutu, bah… ça passe pas. Il me faudrait vraiment un exemple plus complet pour te répondre en fait, car ça dépend trop de qui utilise cette tournure, de comment, et de pourquoi. De ce qu’il y a dans la phrase contenant le terme dévalorisant, dans ce qu’il y a dans celle d’après, et bien entendu de ce qu’il y a autour. Et comme, en plus, la question est « que penses-tu des gens », ça dépend aussi vraiment beaucoup de la personne en question, et de ce que je sais d’elle (à moins que tu parles plutôt d’un phénomène généralisé ?). Je suis désolée, j’ai du mal à répondre :( Have a HSM (2) musical number:

  • Es-tu toujours persuadée que sans humour personne ne lirait tes articles ?

Eh bien, je suis de moins en moins drôle, et de moins en moins lue… :D You do the math :D Ok, non, plus sérieusement, il reste des gens (à peu près trois... pour le moment... on refera les comptes à la fin de l'interview), donc j’imagine bien qu’ils restent pour autre chose (les photos de T.O.P., certainement)(speaking of:)

 

 

  • Je pense que rares sont les personnes qui exercent la profession dont elles rêvaient enfant (ne serait-ce que parce que petit(e), on a une idée très vague de ce que recouvre réellement un métier, en général). Que voulais-tu devenir en grandissant ? (plusieurs réponses autorisées, j'imagine que ça a dû varier avec la prise d'âge)

Oui, je suis effectivement passée par plusieurs étapes, mais finalement, pas tant que ça… en fait, j’ai toujours été du genre à raconter des histoires : dès que je voyais un caillou ou un insecte sur la route, il fallait (dit ma famille) que je lui invente une backstory apparemment. J’ai aussi commencé à lire jeune, et donc à écrire de mini-histoires jeune. Avec ma petite sœur on aimait bien se lancer dans de petits livres : j’inventais un conte, et elle faisait des dessins pour aller avec. Même avant de vraiment lire, comme on avait pas mal de BD à la maison, je suivais les histoires via les dessins, et donc ma première vocation a été de devenir écrivain. Après ça, j’ai voulu être d’autres trucs : archéologue (ma période antiquité, que veux-tu), maîtresse et pâtissière (je crois que je voulais surtout manger des gâteaux), mais c’était toujours au second plan par rapport au métier d’écrivain. Ecrire a toujours été mon rêve finalement ^-^

 

 

  • Que t'a apporté ta formation scientifique initiale (pas au niveau du travail du coup mais juste comme expérience de vie et peut-être comme compétences) ?

Je n’en ai strictement aucune idée o.o Je sais compter jusqu’à trois ? (mais seulement sobre)

 

 

  • Est-ce que tu considères que les diverses activités culturelles menées pendant ta jeunesse (tennis, théâtre... ukulele ? Danse folklorique ? Dis-nous tout !!) ont été au final une perte de temps ?

Non… pour faire la récap, déjà, dans ma jeunesse, j’ai fait un peu de tennis et de ping pong, mais surtout de la natation pendant des années, et du théâtre ainsi que de la chorale pendant quatre ans. Oh et de la danse aussi, mais j’étais tellement jeune que je ne m’en souviens pas du tout. Je ne pense pas que j’ai perdu mon temps, parce que c’était du temps dont il fallait bien faire quelque chose, et qu’il n’y a rien spécialement avec quoi j’aurais voulu/dû le remplir autrement. Maintenant si tu me demandes si ça m’a apporté quelque chose… je dirais que oui, sans doute ? Le tennis, je détestais ça, mais ça me faisait bouger, donc ça m’a tenue en forme pendant une partie de mon enfance. La natation ça m’a rectifié un peu le dos (avant que j’arrête), c’était bon pour moi, ça m’évitera de me noyer si je tombe dans un lac, et j’ai de bons souvenirs d’avoir traversé à la nage des lacs (justement) avec mes cousins, pour atteindre des rochers d’où sauter dans l’eau (dont je n’ai pas peur, du coup). Et puis grâce à ça j’ai eu une bonne note au BAC, et ça a évité au sport de me plomber complètement, haha. Quant au ping pong, au théâtre et à la chorale (et la danse, je pense ?) j’aimais ça, tout simplement. A mes yeux, ça justifie largement le temps que j’y ai mis : je m’amusais. De façon générale, à moins qu’une activité soit mal vécue pour x raison, ou qu’elle vienne prendre la place de quelque chose qu’on aurait vraiment aimé faire, je ne pense pas qu’on puisse y perdre son temps car il y a une valeur de base à faire l’expérience de quelque chose.

 

 

  • Ta sœur est une artiste (sérieusement, ce Whale-rapong ! Et si j'apprécie la sobriété discrètement poétique de ta bannière actuelle, je rêve encore la nuit de la version Peter Pan & Mila). Tu aimes aussi dessiner. Ça vous vient de quelque part en particulier ? Vous avez pris des cours de dessin ?

De mon côté, je n’ai jamais pris de cours de dessin, non (et je pense que ça se voit, parce que je ne gère ni les proportions, ni les perspectives, etc). Bibi, elle, oui. Elle a pris une option art au lycée, puis elle est partie apprendre le dessin, le design, tout ça… à la base, elle voulait vraiment dessiner et illustrer, mais maintenant elle donne dans le design de sites web, donc elle dessine moins, sauf quand je lui demande de me dessiner un Peter Pan.

 

Quant à savoir d’où le goût nous est venu… je pense que la plupart des enfants aiment dessiner, et qu’après il y a ceux qui arrêtent, ceux qui n’arrêtent pas, ceux qui font une pause et reprennent, ceux qui s'y mettent sérieusement, etc. Il se trouve que dans notre famille, on est très BD (comme je le disais, j’ai lu des BD avant de me mettre aux livres, et quand j’ai su lire, j’ai commencé à lire les BD à Bibi), mais aussi livres illustrés, donc on avait des images partout, et pour moi en particulier, qui aimait raconter des histoires, j’ai donc d’autant plus assimilé que les images étaient une bonne façon de faire (j’ai fait des tas de petites BD quand j’étais jeune). Ma mère aimait dessiner, également, et je pense qu’on nous a beaucoup encouragées (mes parents, grands-parents, ma tante qui adorait dessiner aussi). Puis c’est vrai que pour son travail, mon père devait toujours imprimer plein de trucs, mais souvent c’était plus du « brouillon ». Donc histoire de pas gâcher trop le papier, tous les papiers imprimés se retrouvaient dans la pile « brouillon » sous le bureau, et on dessinait au verso. On avait les moyens et les encouragements, donc on a continué :)

 

Whale-rapong
Whale-rapong
Bannière Peter Pan

 

  • D'ailleurs, comment ça se passait pour toi les arts plastiques au collège (des souvenirs émus à partager ?)?

Ca se passait moyen… je trouvais rarement les sujets intéressants, alors j’étais souvent à côté, et je me souviens qu’en sixième, mon prof d’art plastique, qui était également mon prof principal, lors de la réunion parent-prof, avait sorti à ma mère « votre fille ne s’intéresse absolument pas au dessin ». Je me souviens encore de la difficulté qu’elle avait eu à ne pas éclater de rire (à l’époque je dessinais tellement que pour manger, il fallait commencer par retrouver la table sous mon bordel). J’ai toujours eu un souci avec la notion de "respecter le sujet" de toute façon (et ça se sent sur ce blog aussi, d'ailleurs).

 

 

  • Est-ce que tu as pris l'option FLE en L3 ou est-ce qu'on peut être assistant de langue sans ça ? Si oui, tu avais un module de découverte d'une langue nouvelle ? Si encore oui, laquelle ?

Je n’ai pas pris d’option FLE, non. J’avais des modules de découverte, mais pas de découverte d’une autre langue… Je n’arrive plus à me souvenir de tous mes modules, à vrai dire, ça se mélange un peu entre ma licence d’anglais et celle de coréen, et entre les années. Dans ce que j’ai fait, dans le désordre et dans ce que je me souviens, je sais que j’ai choisi des modules sur :

 

- la littérature au cinéma (on avait parlé des Diaboliques et de Kubrick)

- la littérature illustrée pour jeunesse (on avait étudié un livre de Philippe Corentin)

- la mythologie grecque

- l’histoire de la musique aux Etats-Unis

- la littérature anglaise du moyen-âge

- la traduction littéraire anglais/français (ça c’était quand j’étais en coréen, je voulais pas perdre la main)

 

Mais… alors le truc c’est que ma L3 de Coréen, je l’ai pas faite, déjà. Et ma L3 en Anglais, je l’ai faite, mais c’était à une époque de manifs, et je déconne pas, ma fac est en gros restée bloquée 60% de mon année scolaire. C’était risible. Mon expérience « L3 » est plus que limitée donc ^^’  En tout cas la fac m’a quand même envoyée en Angleterre après ma licence donc j’imagine que oui, on peut être assistante de langue sans :D (du moins on pouvait).

 

 

  • Parle-nous de ton expérience de prof ? J'ai lu un rapport qui expliquait combien les futurs enseignants français qui partaient enseigner en Angleterre étaient démoralisés par le niveau et le degré d'implication des élèves anglais, du coup ça m'intrigue.

Démoralisés par le niveau et l’implication… parce qu’ils sont plus élevés là-bas ? Ou le contraire ? Dans mon cas c’était clairement le contraire. Je devais pratiquement en supplier certains pour les faire participer. Avant ça, je comptais enseigner, après ça j’ai changé de voie. Plus exactement, j’ai abandonné celle-là, et je n’ai plus su quoi faire de ma vie… mais c’était pas juste à cause des élèves de là-bas, c’est aussi simplement parce que j’ai découvert que je n’étais pas pédagogue du coup, et manquais incroyablement de patience, donc j’ai senti que devenir prof ne me rendrait pas heureuse et ne serait pas bon pour les pauvres élèves qui tomberaient sur moi. Ca semblait mieux pour tout le monde que je laisse tomber. Bien sûr, il y avait aussi des élèves intéressés, mais très peu. Je pense aussi que j’enseignais le français à des gosses qui parlaient la « langue universelle » et ne l’avaient pas vraiment choisi en option ou quoi que ce soit, donc ça n’a pas dû aider. Les élèves plus âgés qui avaient choisi l’option français étaient généralement plus motivés, même si certains étaient clairement là parce qu’ils ne savaient pas trop quoi faire. En fait les plus désagréables c’était les « au milieu ». Les plus jeunes étaient choupis pour la plupart, les plus âgés étaient là par choix, mais entre les deux… c’était rageant, ils sortaient leurs portables, se faisaient les ongles, etc. Et en plus j’avais pas le droit de les virer ou de confisquer leur portable le temps du cours, parce que le règlement me l’interdisait. Cela dit, je ne dirais pas que cette année m’a vraiment démoralisée, parce qu’à côté de ça, je bossais aussi à l’internat et m’occupais des plus jeunes, et c’était la partie agréable de mon travail, donc il y avait ça pour me booster le moral :)

 

 

  • Aussi, est-ce que tu préparais des séquences pédagogiques avec des jeux, un travail sur des films, etc, ou est-ce que c'était l'enseignant que tu assistais qui était en charge de tout ? Quelle était la part de la représentation culturelle de la France/francophonie dans ton enseignement ?

Cela dépendait. Avec les plus âgés, j’avais des cours en petits groupes et là j’étais en charge. Généralement je bossais sur des chansons, des articles, etc. Pas de films, parce que je n’aurais sans doute pas eu le matériel. Mais l’idée était de les faire parler un maximum de toute façon (du coup les films...), donc je leur donnais un truc (court) à lire d’une semaine à l’autre, et on en discutait, je leur demandais leur avis. Parfois ils devaient en traduire un bout. Avec les plus jeunes, c’était le prof qui décidait. Soit j’étais dans la salle de cours et je servais vraiment d’assistante, répondant aux questions des élèves qui en avaient besoin parce que le prof ne pouvait pas être partout, soit pendant l’heure je prenais les élèves trois par trois dans une petite salle à part pour discuter du thème de la leçon du jour, en utilisant le manuel. Quant à la représentation culturelle… je répondais aux questions qu’on me posait, mais aussi, par exemple, il y a eu plusieurs séances sur la musique francophone, alors j’ai mis mon Ipod à disposition, et on a écouté du Brassens, du Brel, du Goldman, Cabrel, Zazie, Manau, Tryo, Louise Attaque, Téléphone, Indochine, Mylène Farmer, les VRP, MC Solaar, et tout le bordel que je pouvais avoir dessus. Tout y est passé.  De façon très étrange, c’est Renaud qui leur a le plus plu. Et je dis « étrange » pas parce que j’aime pas Renaud (au contraire) mais parce que c’est pas le plus mélodique du tas, et ils captaient pas les paroles qui font quand même le gros intérêt de Renaud, donc ça m’a surprise. Mais eh ! Haha, et je leur ai fait écouter du Daft Punk aussi, parce qu’ils me soutenaient que les Daft Punk étaient américains, donc même si c’était pas supra francophone, il me fallait rétablir la vérité. Pour la France, et tout.

 

Nonmého

 

  • Tu as souvent déclaré que tu avais développé une "allergie aux études". Sans grande surprise, cette formulation m'intrigue. :p Qu'est-ce que tu entends par là, exactement ? Et pourquoi cette aversion ? Y aurait-il eu moyen pour tes profs d'y remédier, à ton avis ?

Je ne pense pas que les profs auraient pu y faire vraiment quoi que ce soit. Enfin, bien entendu, j’ai eu quelques profs que je ne trouvais pas passionnants, mais je leur mets pas ça sur le dos. Quand je dis que n’aime pas les études, ce n’est pas le fait d’étudier qui me déplait, en fait, c’est le cadre, et je pense que c’est dû avant tout à mon expérience en fac. Ce sont des accumulations. Déjà, c’est vrai que je ne suis pas quelqu’un de supra sociable, donc même si je m’entendais bien avec tout le monde dans mes classes en fac, et me trouvais généralement quelques amis avec qui passer le temps, je n’aime juste pas quand il y a plein de gens partout. Ca, c’est pas exactement lié au fait d’étudier, mais quand même, quand on va en classe, y a souvent des camarades. Et le truc c’est que ma présence physique sur les lieux d’études ne m’a jamais parue nécessaire, particulièrement en coréen. A part pour l’expression orale, bien entendu, mais sinon, les profs nous lisaient en gros les manuels (qui étaient en anglais, vu qu’il y avait peu de matériel francophone pour le coréen, du coup pour beaucoup d’élèves il fallait traduire, mais forcément, moi, j’avais pas besoin) et j’avais pas besoin de me déplacer pour ça. En anglais, c’était un peu différent, mais ma scolarité a été tellement perturbée par les manifs et tout le bordel que mon expérience a été moyenne de toute façon. Puis c’est vrai aussi que je devais assister aux mêmes cours à la con où il fallait apprendre à envoyer un e-mail, et que dans certaines matières, je trouvais qu’on n’allait pas assez vite (encore une fois, surtout en coréen, c’était affligeant) du coup je m’ennuyais. J’ai dit que je n’avais pas fait ma troisième année de coréen, et c’est pas que je n’aurais pas pu, mais je ne suis pas allée à toutes les épreuves à la fin, parce que le fait d’entrer dans la fac me donnait la nausée, à cause de tous les gens, et aussi pour des raisons plus « sentimentales » (à défaut de mieux pouvoir expliquer). Il aurait fallu que je passe les rattrapages, mais même blocage, et en plus, je commençais à me sentir coupable de n’être pas entrée dans la vie active. Bref. J’ai du mal à répondre à cette question, en fait, pardon… mais clairement, je ne rentrerai pas en fac à nouveau.

 

 

  • Est-ce que maintenant tu sais dire "Le fantôme lui arrache les membres" en Coréen ?

(Pour le contexte en licence de coréen, j'ai dû raconter un film que j'avais vu et j'ai bloqué sur cette phrase) Haha, j’ai su, mais j’ai oublié. Et c’est fou comme on perd vite une langue quand on ne la pratique pas du tout (surtout qu’au final, j’ai fait que deux ans, et on commençait au début)… mais j’imagine qu’on pourrait le dire comme ça : 귀신은 그분의 지체를 갈가리 찢어 버린다 (avec un niveau de langage familier). 귀신 = fantôme, 지체 = les membres (les bras et les jambes), 그분 = cette personne, 을갈가리 찢어 버리다 = arracher, ou plutôt « défaire ».

 

Et avec ça, vous avez sans doute appris le truc le plus utile que vous apprendrez aujourd'hui :D Maintenant si vous êtes un jour en Corée du Sud, vous pourrez faire flipper vos ami.es ou expliquer la situation en cas d'esprit vengeur. Yay. Notez que si vous voulez dire que le fantôme arrache vos membres à vous (et donc qu'il vous faut de l'aide) il faut en gros mettre à la place de 그분의. Mais bon, soyons honnête, si vous en êtes à dire ça, soit la personne en face s'en est sans doute rendue compte, soit c'est un peu foutu pour vous.

 

 

Sur ce c'est tout pour la partie 1 :D

Dans la seconde, on parlera de légumes, décoration intérieure, BD, robes, J-acteurs et Harry Potter~

 

Tag(s) : #SA2017, #A propos de moi, #Interview, #Blabla

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