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Sorti en 2008

Réalisé par Sergei Brodrov

Ecrit par Arif Aliyev & Sergei Brodrov

Dure 2h05

 

Avec :

Asano Tadanobu >>> Temüdjin

Sun Honglei >>> Jamukha

Chuluuny Khulan >>> Börte

Amadu Mamadakov >>> Targutai

Ba Sen >>> Yesugeï

Etc

 

Dontesque ?

Lorsque le père du jeune Temüdjin meurt subitement, empoisonné, le garçon se retrouve à la tête de son clan, qui ne tarde néanmoins pas à lui être volé, suite à une traitrise d’un des leurs. Empli de rage et d’envie de vengeance, malgré l’adversité et l’arrêt de mort sur sa tête, Temüdjin grandira pour devenir le célèbre Gengis Khan.

 

.oOo.

Ce film a été réalisé par un russe, certes, mais booooon, la Russie c’est un peu en Asie aussi, le cast est asiatique (japonais, chinois et mongol), et en plus le film a également été produit par le Kazakhstan (et l’Allemagne), qui l’a proposé aux Oscars dans la catégorie « meilleur film étranger », et il a été tourné en Chine, en Mongolie et au Kazakhstan, donc tout de même, dans le cadre de notre petite expérience « visitons l’Asie », je trouve que ça compte. Et puis, en plus, je voulais le voir (un bonus non négligeable) parce que le thème m’intéressait, vu qu’en vrai je ne connais pas grand-chose aux mongols. Bien entendu, le film n’est pas à prendre comme un cours (il faut toujours se méfier, et en plus la vie de Genghis Khan est apparemment assez mal documentée, donc ça non plus, ça ne doit pas aider), mais ça reste un petit aperçu, et après si affinités, y a toujours moyen de se renseigner, le tout étant de ne pas tout prendre pour argent comptant. En plus, sur le poster, il y avait écrit « Asano Tadanobu » dessus, ce qui ne fait jamais de mal. Maintenant si Asano Tadanobu n’est pas une justification suffisante pour que vous regardiez le film, je peux vous donner deux autres raisons, d’emblée.

 

La première c’est que la bande originale est bien épique comme il faut. Les chants de gorge mongols sont magnifiques, et donnent à tout le film une grandeur épique, mais également une certaine dureté ou quelque chose de mystique à plusieurs scènes.

Bien entendu, vous pourriez aussi écouter la bande-son sans regarder le film, mais ce serait dommage, parce que…

Parce que…

Parce que pourquoi se priver les yeux d’un tel spectacle, honnêtement ?

 

Il y a des choses dans le film qui m’ont moins embarquée que d’autres, et on va revenir dessus, mais je ne regrette certainement pas d’avoir regardé Mongol, parce que visuellement c’est un spectacle de tous les instants. Les décors sont tellement magnifiques, qu’il y a des moments où ils me semblaient quasi-irréels (et je ne doute pas que la post-prod a aidé, mais le résultat est là : c’est magnifique), et même au-delà des décors, tout est beau dans ce film. Le seul truc qui m’a dérangée c’est le sang en CGI. Les scènes de batailles sont bien foutues, c’est pas le problème, mais le sang n’est clairement pas un effet pratique, c’est du sang qui a été rajouté par ordinateur après et ça se voit. Méchamment. La couleur n’est pas bonne, la texture n’est pas bonne, la façon dont il s’intègre au reste de l’image n’est pas bonne, rien n’est bon. Et cela me pose souci car ça sort du film, et que malgré les images clairement travaillées de Mongol, le film impose clairement une ambiance qui se veut rude, violente, sans compter qu’il raconte quand même l’avènement d’un chef de guerre et le souci c’est que ce faux sang, ben, ça a tendance à bien décrédibiliser tout ça, quand même. N’empêche que…

Voilà. Bordel. A partir de là, le faux sang c’est dommage, mais je veux bien supporter, okay.

 

En revanche, j’ai eu plus de mal avec la narration. Le contenu est intéressant, et le film insuffle avec succès un souffle épique à cette histoire se déroulant sur plus de vingt ans, mais son histoire est tellement large, justement, que parfois le film est obligé de survoler des trucs, de faire des ellipses, et que ça peut créer une confusion. On ne sait plus toujours combien de temps a passé (les dates sont à l’écran, mais si vous avez une mémoire naze, vous n’avez peut-être pas toujours retenu la date du début, surtout qu’on commence au milieu pour revenir au début avant d’aller à la fin), et de temps en temps, j’ai eu quelques questions. Qui se résolvaient, par déduction, mais n’empêche que le temps que je me pose ces questions, je sortais légèrement du film. Une autre conséquence, aussi, de ces accélérations ou raccourcis était que certaines choses semblaient trop faciles. Alors, le film introduit l’idée que notre personnage principal, Temüdjin (futur Gengis Khan, donc) est sous protection divine, ce qui le sort de plusieurs situations : il est sauvé des eaux glaciales sans qu’on voie comment, ses fers semblent se défaire tout seul, etc. Et moi, je veux bien, parce qu’en fait c’est vrai que ça renforce l’aspect légendaire, que cela donne une mystique au film, et qu’en plus c’est Temüdjin lui-même qui raconte une grande partie de l’histoire, si bien qu’il raconte aussi un peu ce qu’il veut… mais tout semble vraiment « arriver ».

 

Par exemple, il s’échappe d’un endroit où il était tenu prisonnier et tombe sur un type qui lui file un cheval parce qu’il a entendu parler de lui, il rencontre un gosse dans la nature et zop, ils deviennent frères de sang une scène plus tard sans trop de raison, et même la grande romance de la vie du personnage, autour de laquelle le film s’articule aussi pas mal, semble ne naitre de rien. Techniquement, le personnage rencontre beaucoup d’adversité, et je comprends bien qu’on sait tous qu’il ne va pas mourir, vu qu’il est censé devenir Gengis Khan avant, mais on ne ressent pas toujours assez les difficultés, il y a beaucoup de « coups de baguette magique » (ou interventions divines), et ça m’a posé problème, ça m’a empêchée de m’investir bien émotionnellement. Par ailleurs, les relations qui ne semblaient pas basées sur grand-chose, ça non plus ça n’aidait pas, car je dirais que quatre grandes relations ont le plus influencé la vie de Temüdjin (selon le film) : celle avec son père, celle avec le type qui lui a volé son clan et lui a insufflé l’envie de vengeance et fait subir l’humiliation en premier, celle avec son frère de sang, et celle avec sa femme. Sur ces quatre, les deux qu’on voit le plus à l’écran sont les deux dernières, et pourtant ce sont les deux dont les bases m’ont semblé les plus fragiles, je n’arrivais juste pas à vraiment les *ressentir*. Faut dire que les personnages étaient parfois joués de façon assez stoïque. Il y a peut-être (certainement ?) un décalage culturel qui a joué, et je comprends que, encore une fois, tout le film veut montrer la dureté du contexte dans lequel Temüdjin a grandi, mais voilà, j’ai eu du mal à m’impliquer dans les émotions et les relations des personnages, ainsi qu’à ressentir à fond les difficultés rencontrées.

 

Heureusement, j’ai pu m’impliquer dans l’ambiance générale, grâce à la réalisation en grande partie, mais aussi parce que certes, les acteurs sont parfois stoïques, mais de temps en temps, tout de même j’ai ressenti leur affection, ou leur colère, et ils ont tous de la présence à l’écran, du charisme. Donc c’est vrai, je n’ai pas été outre-mesure touchée par leur parcours, mais je n’ai pas non plus eu le sentiment de les regarder à travers une vitre. Et surtout, j’étais vraiment curieuse de voir la fin, j’avais envie de voir Gengis Khan moi ! Pas de pot, ce film était censé être le début d’une trilogie, donc ça se termine avant l’ère Gengis Khan… mais apparemment la suite n’est pas encore tout à fait tombée à l’eau ( ?) donc je ne désespère pas. Parce que j’ai sincèrement envie de la voir. Le film était véritablement très beau à regarder, et oui, c’était intéressant aussi de me retrouver à un endroit que je ne connaissais pas du tout, à entendre une langue que je n’entends jamais. Bon j’imagine que je pourrais trouver d’autres films se déroulant en Mongolie, hein, mais c’est juste que j’ai aussi envie de voir ce que Temüdjin va faire, quoi. Maintenant qu’il a réussi à réunir son armée, je veux le voir conquérir le monde avec ! Et niquer la pelouse de tout le monde (vu que là où il passe, l’herbe ne repousse pas, dit-on) ! En attendant, je vous conseille le film. Il a ses défauts, mais la connexion qu’on ressent à une œuvre, c’est aussi quelque chose de personnel, donc vous pourriez la ressentir plus que moi, et quoi qu’il en soit, je trouve que le spectacle en vaut le détour

[Par intervention divine] Mongol - Монгол *Kazakhstan, Russie, Mongolie*
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