[Le printemps est tombé du premier étage] Gravity's Clowns 重力ピエロ

Publié le 26 Février 2014

Gravity's Clowns

重力ピエロ

 

 

Sorti en 2009

 

Réalisé par Mori Junichi

-qui a aussi réalisé le très bon Laundry-

 

D'après le roman d' Isaka Kotaro

-également auteur des romans à l'origine des très bons The Foreign Duck, the Native Duck and God in a Coin Locker et Fish Story-

 

 

Avec :

 

Kase Ryo >>> Okuno Izumi

Okada Masaki >>> Okuno Haru

Kohinata Fumiyo >>> Okuno Tadashi

Suzuki Kyoka >>> Okuno Reko

 

 

Dontesque ?

 

Tout commence lorsqu'Halu, devenu nettoyeur de tags, fait remarquer à son frère Izumi, devenu chercher scientifique, que les cas d'incendies criminels sévissant depuis quelques temps sont liés aux tags qu'il nettoie. A partir de là, les deux jeunes hommes se mettent sur la piste du criminel et, au passage, explore à nouveau leur relation et leurs liens familiaux.

 

 

8/10

 

Quand j'ai commencé ce film, je savais déjà que je finirais en larmes. Je n'imaginais juste pas à quel point -et note : ce film n'est pas un affreux mélodrame, non-. Et en même temps c'est vrai qu'avec le temps, je deviens de plus en plus sensible à tout et n'importe quoi donc bon... mais là, je savais juste que la fin me toucherait parce que le livre d'Isaka Kotaro avait déjà eu un effet lacrymal assez puissant sur moi. J'ai lu le livre dont ce film est l'adaptation il y a un peu moins de deux ans. Je l'avais acheté sur un malentendu en fait. Yosuke était sur la couverture donc j'avais acheté le livre. Puis je m'étais dit « après l'avoir lu, je pourrai regarder le film avec Yosuke ! ». Sauf qu'en vérité Yosuke n'est pas dans le film -trahison!- … mais j'avais tout de même fini par lire le livre et cela avait été un énorme coup de cœur et je ne peux que vous recommander ce livre. Il est écrit de façon plutôt légère mais traite de sujets graves avec beaucoup de sensibilité. C'est un livre touchant sur la vie, l'amour, la famille... Bref c'est un livre à lire. Et peu de temps après l'avoir lu, je m'étais lancée dans le film, tout cela poiur m'arrêter un quart d'heure après son début. Pas parce que le film était mauvais mais parce que son ambiance était très différente de celle du livre -le livre est plutôt dynamique, le film est nettement plus posé et lent- et que je n'étais pas partie pour bien l'apprécier. Donc j'ai attendu et hier, enfin, pleine de bons souvenirs du livre mais avec suffisamment de recul pour apprécier le film sans trop le comparer à l'oeuvre de base, je me suis lancée... et j'ai adoré. Parce que si le ton n'est pas le même que dans le livre, l'histoire, elle, est conservée et c'est une très jolie histoire qui m'a à nouveau touchée.

 

Essentiellement on a trois histoires en parallèle : l'enquête sur la série d'incendies volontaires, les flash-backs qui nous racontent la vie d'Halu et Izumi avant les évènements présents et la vie présente d'Halu, Izumi et leur père. Tout est lié, bien entendu, mais on a néanmoins trois axes de narration à mes yeux. Et ils sont plutôt bien fondus les uns dans les autres -donc par exemple les flash-back sont toujours bien placés- même si parfois certains empiètent sur d'autres. Niveau contenu, ce qui relève de l'enquête est assez prévisible -je trouve...mais après j'ai lu le livre aussi donc bon...- mais cela n'handicape absolument pas le film. Le suspens n'est pas important et, à la limite, j'irais presque jusqu'à dire que le côté prévisible -du moins jusqu'à un certain point- de l'affaire s'avère parfois être un plus. Mais, clairement, ce qu'il y a au cœur du film c'est véritablement la famille d'Halu et Izumi. Peu à peu on découvre ces personnages, les liens qu'il y a entre eux et c'est la grande force du film. Il n'y a pas énormément de dialogues, tout passe beaucoup par les images et la réalisation contemplative fonctionne vraiment bien, laissant au spectateur le temps de ressentir les émotions et de comprendre ce qu'il se passe dans la tête des personnages. Mes moments favoris, je pense, étaient les flash-backs parce que c'était là qu'on avait la famille au complet et c'était les moments les plus chaleureux du film. La mère d'Halu et Izumi, en particulier, était un modèle de force, de courage et d'amour qui m'a beaucoup touchée. Elle est probablement la raison pour laquelle, après sa mort, Halu, Izumi et leur père sont restés aussi soudés et on ressent toujours son influence, sa présence. Mais le père est également un homme bon, calme et généreux, plein d'amour pour ses deux fils. On a pas tellement de dialogues pour nous le dire mais on en a pas vraiment besoin. L'essentiel est dit et tout se voit sans mal pour peu qu'on fasse attention -oui ce n'est pas le genre de film devant lequel on peut faire autre chose en même temps, il faut se mettre dedans-. J'aimerais développer plus mais, le film choisissant une approche un peu différente de celle du livre quant à l'ordre des informations données, développer serait spoiler et spoiler... c'est mal. Donc je vais me contenter de dire que la jolie et calme réalisation permet à l'émotion de passer tranquillement et sans mal et que les personnages touchent également.

[Le printemps est tombé du premier étage] Gravity's Clowns  重力ピエロ [Le printemps est tombé du premier étage] Gravity's Clowns  重力ピエロ
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D'autant que le casting est très bon. Kase Ryo dans le rôle d'Izumi fait un protagoniste auquel on s'attache sans mal et Okada Masaki dans le rôle d'Halu, au delà de l'affection instinctive que j'ai pour cet acteur, a du charme et sait exprimer la fragilité de son personnage. Quant à leurs « versions enfants », en plus de pas mal ressembler aux versions adultes, sont tout aussi convaincantes et attendrissantes, dépeignant entre ces deux frères une relation particulière et touchante où chacun donne de la force à l'autre. Et tout autant qu'eux, j'ai beaucoup aimé Suzuki Kyoka et Kohinata Fumiyo dans le rôle des parents parce qu'ils ont tous les deux une simplicité et une chaleur qui donnent beaucoup d'humanité au film. La famille de Gravity's Clown, du point de vue de la société qui les entoure, est imparfaite mais elle est solide et tient grâce à l'amour inconditionnel autour duquel elle est construite. Et la ligne du père sur les capacités à mentir d'Halu est une de mes lignes favorites, elle dit tout ce qu'on a besoin de savoir.

 

Maintenant, c'est vrai que, malgré tout, le livre reste supérieur au film, essentiellement parce qu'il a le temps de mieux équilibrer ses différents thèmes -alors que dans le film, certains sont malheureusement un peu trop mis de côté parfois- et de plus creuser ses personnages, ce qui donne plus de poids à leurs décisions -notamment à la fin-. Les personnages du film sont loin d'être creux et on s'y attache sans mal mais le livre prenait encore plus le temps de les explorer et c'est pourquoi je vous conseillerais malgré tout de lire le livre avant de voir le film. Car je pense que si le film fait du très bon boulot, j'ai du aussi le « compléter » grâce à mes souvenirs. J'avais encore un écho de l'affection ressentie pour les personnages, je me souvenais de leurs relations, de leur passé, et ça m'a sans doute positivement influencée. Car il y a tout de même certaines choses que le film passe sous silence. C'est naturel car quand on adapte un livre, il faut faire des choix et je trouve que le film a plutôt fait les bons choix, mais malgré tout, le fait d'avoir lu le livre a sans doute été un plus. Et puis ce livre est tellement bon, pourquoi vous en priver, pas vrai ?

 

Mais, si vous n'avez pas envie de le lire, regardez le film quand même. Mon impression du film est probablement influencée par l'amour que j'ai pour le livre mais il n'en reste pas moins que Gravity's Clown est un bon film et que je ne peux donc que vous le conseiller. Et pour les intéressées, il y a même Okada Yoshinori dans un petit rôle, ce qui est toujours un plus~ (enfin pour moi en tous cas c'est toujours un plus)

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Rédigé par Milady

Publié dans #Cinéma Asiatique, #Kohinata Fumiyo

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