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False Memory

 

Dean Koontz

 

 

Dusty et Martie sont un couple heureux et équilibré, coulant des jours heureux avec leur golden-retriever Valet pour compagnie. Martie travaille dans le développement de jeux vidéos tandis que Dusty a laissé de côté une éventuelle carrière académique pour devenir peintre en bâtiments. Ils sont chacun respectés et aimés des gens qui les entourent et pour cause, ils sont des personnes vraiment bien qui s'occupent des gens autour d'eux. Notamment Dusty garde un œil sur son demi-frère Skeet, un jeune homme perdu n'arrivant pas à se tenir loin de la drogue, et Martie s'occupe de Susan, sa meilleure amie dont la vie a basculé lorsque son mari l'a quittée et qu'elle a commencé à développer une agoraphobie handicapante. Lorsque notre roman commence, la vie de Dusty et Martie est sur le point de basculer alors que Martie commence à ressentir d'étranges angoisses de plus en plus fortes. Comme si un danger la guettait non pas de l'extérieur mais de l'intérieur d'elle-même.

 

 

 

🌑🌑🌑🌕🌕

 

J'avais dit que je commencerais mes affaires de quotas en octobre mais finalement, pourquoi attendre ? Il est possible que pour ce mois-ci, comme je pars avec 10 jours de retard, je n'arrive pas à remplir mes quotas mais au moins, je vais remplir le quota livre grâce à False Memory, un livre que j'avais commencé à lire avant de lancer le projet et que j'ai fini après. Un livre dont je vous parle aussi aujourd'hui parce que j'avais prévu de parler de Plus Nine Boys mais que pour une raison mystérieuse je n'arrive pas à lancer l'épisode 1 de ce drama -je suis certaine à 99,9% que je vais adorer et pourtant... je crois que je fais une légère surdose de Kdramas et que j'ai envie de regarder d'autres trucs en même temps sans doute-. Donc on va causer de False Memory, traduit en français sous le titre Mémoire truquée. Ce qui est une traduction un peu moyenne et un spoiler en plus. Par ailleurs, si vous achetez le livre -en tous cas dans les éditions Robert Laffont-, je vous conseille de ne pas lire la quatrième de couverture non plus car elle spoile en gros les trois quarts du livre. Je ne sais pas qui est l'incompétent qui a décidé que spoiler en gros tous les retournements du bouquin -un bouquin qui repose à 90% sur son suspens en plus!- serait une bonne idée mais j'espère qu'on ne le laissera plus jamais toucher à une quatrième de couverture. Sur ce parlons du livre.

 

Livre que j'ai commencé au hasard... plus ou moins. Plus ou moins parce qu'effectivement j'ai choisi ce livre au pif dans ma liseuse mais qu'à la base dans cette liseuse j'avais surtout mis du Stephen King et des livres que j'avais trouvés en tapant « auteurs ressemblant à Stephen King » dans Google. Bien sûr je n'ai pas que cela sur ma liseuse -et j'ai également plein de livres d'autres styles sur mon pc qui attendent d'intégrer la Kobo dont la mémoire est pour le moment trop occupée- mais tout de même 80% des livres présents sur cette liseuse éléctronique sont du « Stephen King et gens qui écrivent des livres qui, selon Google, ressemblent à du Stephen King ». Du coup, oui, j'ai choisi ce roman au pif et sans en lire le résumé mais j'avais quand même une bonne idée du style sur lequel j'allais tomber. J'ai commencé ce livre un soir, quelque part vers 1h du matin parce que cela me semblait être vraiment le bon timing, allez savoir pourquoi. Ce qu'il faut savoir c'est que quelques nuits avant cela j'avais regardé Oculus -un film d'horreur dans lequel un miroir hanté trompe la perception des gens pour les manipuler... c'est un film qui a pas mal de défauts et a fini par me décevoir mais j'ai quand même apprécié le regarder et il m'a fait peur à une ou deux reprises-, que de nombreux films d'horreur m'ont inculqué une certaine peur des reflets lorsque je suis dans mes moments de stress et aussi que lorsque je suis fatiguée ou fragile émotionnellement, j'ai une peur irrationnelle et gérable mais gênante des placards, portes ouvertes en fente et dessous de lit la nuit. Le croque-mitaine, tout cela. Bref à une heure du matin j'ai commencé à lire False Memory et à la page 14, je tombe sur cela -j'ai lu le livre en anglais, je n'ai pas la version française... je traduis grossièrement pour vous donner une idée- :

Une fois devant le lavabo, un sentiment de peur subite lui serra le cœur à nouveau et elle eut la sensation que sa poîtrine était douloureusement compressée. Elle n'était pas habitée, comme un peu plus tôt, par la certitude qu'un danger mortel la guettait de derrière son dos. Non, elle avait peur de regarder dans le miroir. […] Le miroir attendait. Martie n'arrivait plus à voir en lui un simple object inanimé, un morceau de verre innofensif au tain d'argent. Il *attendait*. Ou, plutôt, quelque chose dans le miroir attendait de croiser son regard. Une entité. Une présence. […] Elle essaya de se raisonner, espérant retrouver un état de stabilité en suivant un simple cheminement logique [...] Elle fut alors convaincue qu'une entité dans le miroir tirait de l'énergie et du pouvoir *justement* de l'effort qu'elle faisait pour se raisonner et se sortir de cet état de terreur. Elle ferma les yeux de peur d'apercevoir, même du coin de l'oeil, cette présence hostile. Tous les enfants savent que le croque-mitaine sous le lit ne devient que plus fort et plus assoifé de sang lorsque l'on cherche à nier son existence, et que la meilleure chose à faire est de ne pas penser à la bête affamée se cachant sous les lattes du lit avec les moutons de poussière et dont l'haleine fétide porte l'odeur du sang d'autres enfants.

Dean Koontz "False Memory" - traduction grossière

Alors bon, là cela n'a l'air de rien car c'est sorti de son contexte mais dans les pages précédentes Dean Koontz avait déjà créé une certaine tension, il y avait aussi une histoire de l'eau du lavabo qui donne l'impression d'être des voix inhumaines -je crois que c'est par là, je peux me tromper- et le passage tape dans ce qui me fait peur à la base. Je me suis donc arrêtée là ce soir-là et je ne vous dis pas à quel point j'ai galéré pour me laver les dents sans regarder le miroir, retourner dans ma chambre sans regarder le reflet dans la fenêtre, éteindre la lumière et arriver à dormir. Mais tandis que j'essayais d'ignorer les bruits sous le lit -qui ne sont que le résultat de voisins nocturnes et bruyants mais qu'à ce moment-là j'interprétais comme la preuve qu'un monstre ayant plus ou moins la tête de Marylin Manson dans le clip de Dope Hat se cachait sous mon lit- j'étais enthousiaste parce qu'une partie tordue de moi aime se faire peur, c'est ce qui me pousse, entre autres raisons, à regarder autant de films d'horreur. Du coup le lendemain j'ai repris ma lecture avec une certaine appréhension mais le sourire aux lèvres. Et j'ai pas mal avalé la première partie du roman, c'est à la moitié que cela s'est gâté. Je trouve que le roman est trop long. Et ce n'est pas parce que j'ai une phobie des romans qui font plus de 500 pages, mais en gros je dirais qu'aux trois-quarts, j'ai perdu mon intérêt. En partie parce que les personnages qui m'intéressaient avait été écartés, en partie parce qu'à ce stade tout le monde semblait avoir plus ou moins compris ce qu'il se passait et qu'il ne restait plus qu'une « course-poursuite ».

 

Je ne vais pas rentrer dans tous les détails parce que ce serait vous spoiler et que si vous vouliez lire le roman, ce serait dommage. A la base de False Memory il y a un concept que j'ai trouvé moyennement crédible mais cela ne m'a pas spécialement dérangée. L'histoire ne m'a pas semblée réaliste –[spoiler] j'ai du mal à concevoir qu'on puisse « programmer » quelqu'un à ce point et après quand le livre commence à parler de l'organisation derrière le docteur... je ne sais pas, je suis peut-être mal informée mais j'ai trouvé cela gros [/spoiler]- mais ce n'est pas comme si je croyais aux hôtels qui rendent les gens fous ou aux cimetierres qui ramènent les gens à la vie. False Memory ne s'inscrit pas dans la réalité telle que je l'envisage mais son monde semble cohérent et cela me suffit. J'ai trouvé l'idée intéressante et cela crééait une véritable tension. Je vous avoue qu'une ou deux fois, j'ai été carrément obligée de me rappeler à l'ordre et de me forcer à lire bien toutes les lignes tellement je voulais aller plus vite pour connaître la suite. En particulier il y a une scène où j'étais super stressée et où j'aurais sans doute tenu une balle anti-stress si je n'avais pas du tenir la liseuse. Bref au début ce livre était vraiment efficace. Les personnages mettent du temps à se rejoindre si bien que la tension se construit vraiment peu à peu mais loin de trouver cela ennuyeux, j'ai trouvé que cela fonctionnait. Après cela, Dean Koontz, vers la moitié de son livre je dirais, nous explique ce qu'il se passe au juste mais comme on a une longueur d'avance sur les personnages, la tension est toujours là. Malheureusement les personnages finissent par comprendre également et c'est là qu'on rentre dans la partie « course poursuite » qui a perdu mon attention. Parce qu'à ce stade de l'histoire il n'y avait plus autant de suspense à mes yeux qu'avant et aussi parce que c'est le moment où le récit se centre plus sur Martie et Dusty, le couple principal, nos deux héros. Or j'ai eu du mal à m'attacher à eux. Je ne voulais pas qu'il leur arrive du mal mais Martie et Dusty me semblaient tellement parfaits que je m'en sentais loin. Ils sont admirables, ils sont sympathiques mais je ne m'y identifiais pas. J'étais en vérité bien plus attachée à Skeet -le demi-frère de Dusty, junkie récidiviste au complexe d'infériorité handicapant- et Susan -la meilleure amie de Martie, atteinte d'agoraphobie-. Ils me semblaient juste moins lisses j'imagine. Le livre commence par suivre Martie et Dusty chacun de leur côté avant de les rassembler puis suit d'autres personnages en parallèle et ma partie favorite a été celle de Susan, c'est celle-là où j'étais en mode « j'ai besoin d'une balle anti-stress ». Parce que j'étais vraiment inquiète pour le personnage. Et une autre partie qui m'a tenue sur les nerfs est celle où Martie et Dusty vont chercher Skeet parce qu'encore une fois, j'étais inquiète pour Skeet. J'ai donc préféré les personnages secondaires et lorsque le roman les « lâche » un peu, comme en plus on avait atteint le stade « tout le monde sait à peu près où il va », j'ai perdu mon intérêt et j'ai galéré à terminer le livre. Et il me restait plus de 150 pages quand même.

 

A côté de cela, au niveau de l'écriture elle-même, je l'ai trouvée plutôt efficace. J'ai juste eu du mal avec les références à la culture pop. Robert Downey Jr., Keanu Reeves, le Seigneur des Anneaux -qui parfois était utilisé pour faire des des parallèles assez maladroits d'ailleurs-, etc... à chaque fois cela me sortait étrangement du récit et je ne suis pas certaine de savoir exactement pourquoi. Je me demande si c'était parce que cela me donnait l'impression que l'auteur me faisait un clin d'oeil appuyé ? Ou peut-être aussi parce que, comme je le disais, pour moi l'idée de False Memory n'était pas crédible dans la réalité si bien que ramener la culture pop de ma réalité actuelle replaçait l'histoire du roman dans cette réalité et, du coup la décrédibilisait. En tous cas cela m'a dérangée.

 

Au final, False Memory est un livre qui me laisse un sentiment mitigé. J'ai dévoré la première moitié, j'ai apprécié le troisième quart et après je me suis ennuyée et le livre m'a laissée sur une note de déception. Je ne le relirais pas -d'autant que maintenant je sais tout ce qu'il s'y passe et, honnêtement, je ne trouve pas que le livre ait suffisamment à offrir à côté de son suspens pour justifier une relecture- mais cela peut être un bon thriller pour les amateurs du genre. Je pense quand même qu'on doit pouvoir trouver mieux... à vous de voir en gros, comme toujours ^^

Et une chanson pour aller avec~ There's a beast upon my shoulder and a fiend upon my back 🎶

Tag(s) : #Littérature

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