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[Esope revisité] The Devil's Carnival

Réalisé par Darren Lynn Bousman

 

Sorti en 2012

 

 

Avec :

 

Sean Patrick Flanery - John

Briana Evigan - Mme. Merrywood

Jessica Lowndes - Tamara

Dayton Callie – Le guichetier

Terrance Zdunich – Le Diable

Emilie Autumn - Painted Doll

Nivek Ogre – The Twin

Marc Senter - Le Scorpion

Ivan L. Moody - The Hobo Clown

 

 

Dontesque ?

 

Après leurs morts, trois personnes se retrouvent dans un carnaval inquiétant mené, en chanson, par le Diable.

 

 

7,5/10

 

Comme je le disais je ne sais absolument plus quand ni où -déjà je me souviens que je l'ai dit, c'est déjà pas mal- lorsque je n'ai pas le moral, je regarde des films d'horreur. Je ne sais pas pourquoi exactement mais les films d'horreur me remontent nettement plus le moral que n'importe quoi d'autre. Cela dit, des fois, je regarde aussi des comédies musicales. Et, parfois, je regarde des films qui font les deux, d'où The Devil's Carnival, une comédie musicale horrifique. Enfin je dis « horrifique » mais il ne faut pas vous imaginer quelque chose qui fait peur. Cela fait aussi peur que le Rocky Horror Picture Show en gros. Bref, je suis tombée sur ce film un petit peu par hasard et en lisant les mots « comédies musicale » « horreur » et « cirque », je me suis dit « okay, go ! ». Et les premières minutes m'ont vraiment enthousiasmée ! Après je dois dire qu'il y a eu un passage un peu difficile ou j'ai vraiment cru que j'allais arrêter le film et ne plus y revenir mais heureusement j'ai continué et, au bout du compte, j'ai passé un très bon moment devant The Devil's Carnival.

 

Histoire de s'en débarasser, commençons par la raison pour laquelle j'ai failli arrêter de regarder le film : la musique. Pas que la musique soit mauvaise tout le long mais les premières chansons -à l'exception de la toute premère- sont des chansons de groupe chantées par les membres du carnaval et elles font vraiment trop « cacophonies » pour moi. Elles manquaient de mélodie, les paroles étaient répétitives et pas spécialement intéressantes, je trouvais les voix des chanteurs limitées, bref ce n'était pas la joie. Mais j'ai continué parce que la mise en scène me plaisait énormément et, au bout du compte, je suis contente de l'avoir fait parce que les chansons s'arrangent grandement au fil du film et il y en a plusieurs que j'ai vraiment bien aimées. Notamment Trust Me, Penny for a Tale, Prick ! Goes the Scorpion ou encore Beautiful Stranger et Grace for Sale. En fait, de manière générale, j'ai préféré les chansons individuelles -avec des choeurs à la limite- aux chansons de groupes. Et comme il y a surtout des chansons individuelles dans les trois derniers quarts, forcément, j'ai plus accroché, ce qui m'a permis de rentrer mieux dans le film.

Et il y a plein de choses intéressantes à tirer de ce film. Essentiellement, c'est vrai, cela a été une expérience visuelle pour moi. J'ai fini par beaucoup apprécier certaines chansons et je reviendrai au casting et au scénario un peu plus tard mais, le gros du film et la raison pour laquelle je n'ai pas cessé de le regarder même quand la musique ne me plaisait pas est vraiment l'aspect visuel. Il y a un gros boulot sur l'ambiance, les couleurs, les maquillages, la lumière, les costumes. Je me suis carrément repassée certaines scènes plusieurs fois pour mieux voir un détail du décor que j'avais loupé. Comme je le disais, le film ne fait pas vraiment peur, mais malgré tout il y a quelque chose d'inquiétant à tous ces personnages grimés et à ce décor sombre, chargé et dans lequel errent nos âmes perdues. J'ai beaucoup aimé l'attention aux détails tandis que parfois les décors nous donnaient des indications sur les personnages et je n'ai pas eu de mal à croire que ce carnaval puisse être une dimension infernale avec ses dangers dans tous les recoins et sa sortie apparemment inexistante. Cela dit, si c'est bien le Diable qui gère cet endroit et si le carnaval a un parfum de souffre, l'histoire offre de cet Enfer une vision différente de d'habitude. Le carnaval n'est en effet pas un endroit de damnation éternelle dont personne ne peut ressortir mais plus un endroit de transition où le sort des gens est décidé selon leur capacité à apprendre leurs erreurs. Du coup cela rend le choix des personnages nettement plus logique parce que c'est vrai qu'au début je me posais quand même un peu des questions.

 

En effet le film nous propose trois personnages qui viennent se perdre en Enfer : une voleuse qui s'est faite tuer par la police, un homme qui a perdu son fils et s'est suicidé de chagrin et une jeune fille qui a été tuée par son petit ami abusif. Autant on peut comprendre que les deux premiers se retrouvent en Enfer -le vol et le suicide sont des péchés après tout-, autant aller en Enfer pour avoir trop fait confiance aux gens et avoir été maltraitée par son petit ami semble... déplacé en fait. Mais le fait est que le Diable, qui passe quasiment tout le film à nous lire son recueil des fables d'Esope, ne condamne pas nécessairement tout le monde aux tourments éternels. Non, en vérité, il leur fait plutôt revivre leurs erreurs et, si les personnages les corrigent, alors de bourreau le Diable ne devient que passeur. [spoiler] Ainsi la voleuse finit par se faire fouetter car elle a recommis son crime, l'homme qui s'est suicidé semble accéder au Paradis parce qu'il a enfin compris qu'il devait se défaire du passé... quant à la demoiselle trop confiante, elle est tuée par le personnage du Scorpion et je me demande ce que cela veut dire. Si elle est tuée, alors elle ne sera pas éternellement tourmentée. Je me demande en fait si pour elle la boucle ne reprendra pas au début jusqu'à ce qu'un jour elle finisse par prendre la bonne décision ? C'est ouvert aux interprétations on va dire. [/spoiler]

 

Après, si j'ai trouvé cette vision de l'Enfer intéressante -ou plus exactement je ne suis pas certaine qu'on était en Enfer, plutôt dans une sorte de salle d'attente, d'autant que dans la dernière chanson du film les personnages chantent « Off to Hell we go » soit, en gros, « Nous partons pour l'Enfer » … pourquoi iraient-ils en Enfer s'ils y étaient déjà?- et si j'ai trouvé que le choix des protagonistes était bon, le film n'est clairement pas une étude de personnages et il n'y a pas de vrai poids émotionnel car on ne s'attache pas aux âmes en risque de damnation, on en sait trop peu pour cela. Néanmoins ce n'est pas dérangeant, de même que le jeu parfois un peu trop théatral et pas forcément naturel des acteurs ne m'a pas trop dérangée non plus parce que ces personnages ne sont pas censés être réellement des « personnes complètes » mais des outils pour la narration de fables menant aux morales que le Diable veut faire passer - « ne volez pas », « n'accordez pas votre confiance à qui ne la mérite pas » et « ne gâchez pas toute votre vie à ressasser »-.

 

Au final, Devil's Carnival était vraiment un film intéressant. J'ai eu un petit moment de doute mais j'ai beaucoup apprécié son identité visuelle, ses chansons et même son histoire. Je ne dirais pas qu'il fait à présent partie de mes films favoris mais je le reverrai avec plaisir un de ces jours !

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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