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Mister Babadook

(The Babadook)

 

 

Sorti en 2014

 

Réalisé par Jennifer Kent

 

 

Avec :

 

Essie Davis >>> Amelia

Noah Wiseman >>> Samuel

 

 

 

Dontesque ?

 

Sept ans après la mort de son mari, décédé dans un accident de voiture alors qu'il l'emmenait à l'hôpital pour accoucher de leur fils Samuel, Amelia n'arrive toujours pas à gérer son absence et peine à élever Samuel. Un soir, elle commence à lui lire un livre choisi par le petit garçon : Miister Babadook. Néanmoins elle s'arrête très vite de lire lorsqu'il s'avère que le Babadook est un monste terrifiant. Mais après cela, Samuel, qui était déjà un enfant plutôt perturbé, commence à voir le monstre partout.

 

 

8/10

 

YES ! Je l'ai vu les gens, ça y est !!!!!!!! Non parce que celui-là je l'ai attendu ! Tout a commencé lorsque ma petite sœur m'a dit « j'ai vu une bande-annonce sur youtube, elle t'empêcherait de dormir ». Il ne m'en fallait pas plus, je lui ai demandé le titre, j'ai regardé la bande-annonce et j'ai dormi la lumière allumée pendant deux-trois jours. Et surtout, j'avais vraiment vraiment envie de voir le film. J'ai donc commencé à guetter la sortie du film au cinéma mais, lorsqu'il est sorti, j'étais exilée dans la cambrousse et j'ai loupé le film. C'est là qu'a commencé la longue attente du DVD. Sérieusement je vérifiais quasiment tous les jours s'il était sorti ou pas -oui je sais bien que cela ne servait probablement à rien mais...-. J'ai rongé mon frein les gens, vraiment, mais il a enfin fini par sortir et une fois les bonnes conditions trouvées -non parce qu'on ne regarde pas un film anticipé comme cela n'importe comment hein o.o- Bibi et moi nous sommes tout de suite lancées dedans, très enthousiastes. Calées sur le canapé, Bibi préparée à voir un film divertissant, moi à perdre quelques mois de sommeil, nous avons pressé « play ». Et... c'était un bon film ! Et en même temps, je vous avoue qu'après toute l'attente, ça m'aurait fait mal que ce soit mauvais. Non, vraiment c'était un bon film. Quelques petites choses m'ont chifffonée sur la fin mais dans l'ensemble j'ai vraiment bien aimé.

 

En premier lieu, ce qu'il faut savoir est que ce film n'est pas *forcément* un film de monstre surnaturel. La bande-annonce, tout en faisant entendre qu'il y aura un discours sur la relation mère/fils, présente le film comme un film plutôt basique -et bien foutu mais basique-, or ce n'est pas du tout ce qu'est Mister Babadook. « Basique » je veux dire. Car film de monstre surnaturel, peut-être. A ce niveau-là, ce sera à vous de choisir. On peut considérer que le babadook n'existe pas et n'est que la représentation d'autre chose, on peut prendre le film comme effectivement un film de monstre. Ou bien on peut faire les deux, ce que j'ai choisi de faire. Dans ma vision des choses le babadook est très réel dans le film -ce qui n'empêche pas d'avoir un personnage sombrant dans la psychose, le babadook s'en nourrissant à mon sens, mais simplement cela signifie que tout ne se passe pas dans la tête des personnages et qu'il y a juste une limite floue entre ce qui arrive et ce qui n'arrive pas- et représente également une idée que la réalisatrice veut faire passer à son spectateur. Ainsi on se retrouve à la fois avec un film de monstre surnaturel et une étude de personnages. Les deux étant très bien gérés.

 

Du côté vraiment « monstre », Mister Babadook s'est avéré être, pour moi, un film très efficace. Tout le long, l'angoisse ne fait que monter, la réalisatrice nous faisant complètement perdre la notion du temps et de la réalité en utilisant les points de vue -les personnages sombrant dans la peur ils commencent à déformer certaines ombres par exemple et c'est un sentiment que le film retranscrit vraiment bien, nous faisant également nous demander si les formes menaçantes perçues sont dûes aux points de vue déformés par l'angoisse ou bien si la menace est effectivement présente- et également le son, souvent saturé dans les moments d'angoisse extrême afin de retranscrire les sentiments des personnages qui n'arrivent plus à penser tandis que la peur/le stress les submerge. Le film est complètement dénué de jumpscares et mise uniquement sur son ambiance ce qui n'a pu que me plaire et le Babadook, s'il fait son apparition plusieurs fois dans le film, n'est jamais montré ni longtemps ni entièrement si bien que la peur de l'inconnu, de ce qu'il se cache dans le noir, est intacte tout le long du film. Après j'imagine que le manque d'extraordinaire pourra en décevoir certains mais pour ma part... eh bien pour ma part, en fait, vous savez le truc qui me chiffonait un peu ? Je trouve que le film est allé un poil trop loin dans son final et il y a du coup 10 minutes de film que j'ai trouvées un peu longue. Je n'en discute pas plus que cela pour ne rien spoiler. En général néanmoins, j'ai trouvé que ce film était très maîtrisé au niveau de la peur et qu'il en était donc très efficace.

[Repoussé, il devient plus fort] Mister Babadook  (The Babadook)[Repoussé, il devient plus fort] Mister Babadook  (The Babadook)
[Repoussé, il devient plus fort] Mister Babadook  (The Babadook)[Repoussé, il devient plus fort] Mister Babadook  (The Babadook)

Pour ce qui est maintenant de l'étude des personnages. La bande-annonce -qui n'était pas tout à fait la même que celle que je vous met en fin d'article- laissait entendre qu'on aurait droit à un développement de la relation mère-fils mais que ce ne serait qu'anecdotique. En vérité, pas du tout, et le film est, de façon très évidente, une réflexion sur la maternité ainsi que la dépression, le deui et l'effet qu'ils peuvent avoir sur une famille. En effet, notre héroïne n'arrive plus du tout à gérer sa vie. Elle est en permanence épuisée par un enfant très perturbé par l'absence de son père et le refus de sa mère d'en parler -et un enfant qui, sans doute, est traumatisé par la froideur qu'il ressent chez sa mère-, elle n'a pas le temps de s'occuper d'elle, elle ressent la culpabilité probablement de ne pas arriver à aimer son fils comme elle le devrait -un sujet que j'ai très peu vu porter à l'écran d'ailleurs-, elle est vraiment à deux doigts de craquer. Le Babadook devient l'incarnation de sa dépression et de ses sentiments refoulés et plus elle essaie de nier son existence, plus le Babadook se fait insistant et dévastateur. Il s'invite dans sa maison, se rapproche et menace de plus en plus et comme il est dit dans le livre dont il est tiré, on ne peut pas se débarasser de lui. Plus on le fuit, plus il nous rattrape. Je ne peux pas vous spoiler comment finit le film bien entendu, mais la façon dont le film se sert de son monstre pour nous parler de sujets bien plus communs et eux-mêmes terrifiants, est vraiment prenante et très maitrisée. Qui plus est, le film est porté par un casting de très bon niveau et, en particulier, j'ai été très impressionée par l'actrice prncipale qui se fond complètement dans son rôle et offre une performance incroyable. J'ai ressenti toute sa fatigue, je n'avais qu'à la regarder pour lire son épuisement et sa détresse, je pouvais tout entendre également dans sa voix et elle arrivait à faire passer chaque nuance de son personnage avec un naturel impressionant.

 

Avec tout cet enthousiasme on pourrait se dire que ce film est devenu un de mes films favoris... en vérité non mais je pense que cela vient plus de moi que du film réellement. Les circonstances ont fait que j'ai plus apprécié le film de façon technique que ressentie -même s'il ne m'a pas laissée indifférente non plus... j'ai eu du mal à dormir ce soir-là et je me suis impliquée dans l'histoire des personnages, c'est juste que je pense que dans un autre contexte j'aurais sans doute pu être plus impliquée encore alors que là quelque chose me retenait toujours de rentrer complètement dedans-. Néanmoins, c'était un très bon film et après toute l'attente, je n'ai pas été déçue. Et de façon parfaitement tordue, j'aimerais acheter le bouquin du film maintenant...

 

Sur un thème similaire vous pouvez également regarder Monster, le court-métrage de la scénariste qui est très clairement le prédecesseur de Mister Babadook. Mais je vous conseille de regarder Monster APRES Mister Babadook -parce qu'il a vraiment la même construction et vous en dirait beaucoup trop long sur Mister Babadook si vous le regardiez avant- . C'est plus intéressant dans cet ordre-là je trouve. D'autant que d'après Jennifer Kent elle-même, The Babadook est une version améloriée de Monster donc... Prenez-le comme un « bonus » après le fim =)

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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