[Disney project] Pinocchio

Publié le 27 Décembre 2014

 

Pinocchio

 

 

Sorti en 1940

Réalisé par Hamilton Luske & Ben Sharpsteen

D'après le livre Les aventures de Pinocchio de Carlo Collodi

 

 

Voix

 

cf. Wikipedia

(personnellement j'ai regardé le film en version originale)

 

 

 

Dontesque ?

 

Losque Gepetto fait le vœu que sa marionnette de bois, Pinocchio, devienne un vrai petit garçon, la fée bleu donne vie à celle-ci. Mais pour que Pinocchio achève sa transformation, il lui faudra faire ses preuves !

 

 

 

9/10

 

On parle souvent des Disney comme étant « édulcorés » et si, bien entendu, ils le sont à de nombreux égards, j'ai quand même souvenir de beaucoup de Disney m'ayant terrifiée quand j'étais jeune. Pinocchio fait partie de ceux-ci. Ce film m'avait en fait tellement fait peur que je suis à 99% certaine de ne l'avoir vu qu'une seule fois en entier de toute ma vie. Jusqu'à il y a quelques jours c'est-à-dire. Et croyez-moi, j'ai lancé le film avec appréhension. Oh bien entendu je me doutais que ce coup-ci le film ne me donnerait pas des cauchemars mais vous savez comment c'est les traumatismes d'enfance, on a beau savoir qu'ET ne fait pas vraiment peur, il y a un résidu de crainte quand on appuie sur « play ». Non ? Ca vous fait pas ça ? Arf. Enfin voilà, j'ai lancé Pinocchio et, oh les gens, c'était tout aussi sombre que dans mon souvenir. La différence étant que ce coup-ci le film ne m'a pas terrifiée mais complètement sapé le moral. Ouais, okay à la fin tout le monde a droit à sa happy-end, mais en attendant ce film, comme le dirait mon ami Phoebe, aurait du s'appeller « c'est une vie de merde et juste quand tu commences à penser que cela ne peut pas être pire, ça devient pire ». Je regardais ce pauvre Pinocchio aller de malheur en malheur et, sensible que je suis, j'avais de plus en plus de mal à ne pas me mettre à pleurer. Jusqu'à ce que je craque.

 

Bon, on est d'accord qu'à la base, j'ai une tendance à pleurer un peu n'importe quand. Je pleure au début de Là-haut -mais ça c'est normal-, je pleure quand Sylvebarbe lance la dernière marche des Ents -mais de toute façon le SDA c'est trop dur émotionnellement pour moi-, je pleure quand une scène est trop épique -ce qui explique en partie mon souci avec le SDA-, je pleure quand un underdog gagne un match improbable et oui je pleure aussi quand un inconnu total sur youtube fait une critique d'un truc que j'aime et en dit du bien -par contre s'il en dit du mal, je le prends bien et sans pleurer-. Mais tout de même Pinocchio c'est raide les gens. Et cela m'a prise par surprise parce que je ne me souvenais honnêtement pas que le personnage de Pinocchio était attachant. Je me souvenais des personnages, de leurs noms mais pas vraiment de leurs personnalités et dans ma tête, j'avais transformé Pinocchio en un petit garçon turbulent qui avait besoin d'une bonne leçon -bien entendu pas de la façon dont le fait le film, aucun gosse ne mérite cela-. Alors qu'en fait, pas du tout ! Pinocchio est un enfant adorable dès le début. Il fait des bêtises, certainement, mais ses bêtises sont le résultat de son innocence, de son ignorance et de sa curiosité. Faut dire aussi que Gepetto est bien gentil mais le bazarde dans le monde très vite ! Sérieusement, un jour après sa « naissance », Pinocchio est envoyé tout seul à l'école, et qu'il se débrouille ! Mais bon c'est un conte de fée donc le passage du temps n'est pas à prendre au premier degré -de même qu'il ne faut pas trop se poser de questions sur un Pinocchio qui respire sous l'eau puis se noit, sur un cricket tout à fait adapté à la vie aquatique ou sur le fait qu'un renard et un chat qui parlent ne choquent personne... ou sur le fait que ces deux-là ainsi que Jiminy parlent alors que Figaro et Cloé non-. BREF. Pinocchio est un petit garçon innocent qui ne sait pas comment fonctionne le monde et du coup, il se laisse rapidement piéger par la tentation -représenté par Grand Coquin le renard-. Il fait des bêtises par curiosité, comme tous les enfants, sauf que pour lui les conséquences sont dramatiques/effrayantes.

 

En premier lieu, il est exploité et mis en cage par Stromboli -et voir ce gosse dans sa cage... c'est la première scène où j'ai craqué- puis il y a toute l'affaire « île des plaisirs ». Pinocchio, piégé une fois de plus par Grand Coquin -et j'imagine par Gédéon si on veut mais Gédéon est plutôt l'homme de main de Grand Coquin et il n'a pas l'air fort rusé-, se retrouve embarqué pour l'Ile des plaisirs. L'Ile est le paradis des enfants, ils peuvent y faire toutes les bêtises qu'ils veulent et, suivant l'exemple de Crapule -un gosse mal élevé rencontré en chemin-, Pinocchio entreprend de faire ces bêtises. Sauf que bien entendu l'Ile n'est pas ce qu'elle semble être. Nous on le savait déjà : l'homme ayant emmené Pinocchio avait déjà révélé un véritable visage démoniaque et les figures noires qui ferment les portes de l'endroit, bien qu'on les voit très peu, ont également une apparence effrayante. Et puis bien entendu, il y a la transformation : le moment où les enfants ayant fait trop de bêtises se trasnforment en ânes, perdent leur faculté de parler et sont envoyés dans des mines. C'est ce passage-là, qui, enfant, me terrifiait. Et à le revoir maintenant, c'est toujours carrément glauque. Surtout que, okay, Pinocchio s'échappe mais Crapule, lui, y reste et personne ne vient sauver les autres gosses. Personne ne va fermer l'ïle. De même que tous les autres méchants de l'histoire -Stromboli, Grand Coquin, le Cocher et, si on veut, Monstro, encore qu'il ne soit pas réellement un méchant à mes yeux, tout juste un cachalot qui a faim et qui n'apprécie pas qu'on lui incendie l'estomac- ne sont pas vraiment vaincus ou mis hors-course. Grand Coquin va continuer d'arnaquer, Stromboli d'exploiter, le Cocher d'enlever des gosses... je crois bien que c'est le seul Disney où tous les méchants s'en sortent et ne sont même pas un peu punis, du moins dans ceux que j'ai vus et dont je me souviens.

[Disney project] Pinocchio[Disney project] Pinocchio
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Et en même temps cela fait partie de l'idée de Pinocchio : le monde ne va pas changer, la tentation sera toujours là et les gens qui trompent et exploitent les autres également, ce n'est pas quelque chose que l'on peut battre et détruire. Il reviendra donc à Pinocchio d'éviter les embuches et de rester dans le droit chemin en ne se laissant pas attirer par ce qui brille -l'affaire Stromboli-, en ne se laissant pas influencer par les mauvaises personnes -Crapule-, et en étant honnête -bien entendu l'histoire du nez qui grandit-, bon et courageux -comme lorsqu'il va tirer Gepetto de l'estomac de Monstro-. Et s'il fait tout cela, il sera récompensé. Ce que j'ai trouvé plutôt sympa, par ailleurs, est l'évolution de Jiminy. Je ne m'en souvenais pas mais Jiminy grandit aux côtés de Pinocchio ! Au début il est loin d'être une conscience parfaite. Il sait différencier le bien du mal, certes, mais il a du mal à expliquer les choses et, plus d'une fois, il baisse les bras : il quitte Pinocchio lorsque celui-ci semble avoir atteint la célébrité, il le laisse lorsque Pinocchio refuse de l'écouter sur l'Ile des plaisirs... mais il revient toujours pour Pinocchio et finit par faire preuve de beaucoup de courage en accompagnant son protégé dans l'océan. Et à la fin, lui aussi est récompensé. Après je vous avoue que Jiminy n'est pas un personnage pour lequel j'ai énormément d'affection mais il est nettement moins fade que dans mon souvenir -je l'imaginais plus constamment moralisateur et plus rabat-joie, une sorte de Zazu omniprésent en quelque sorte... alors qu'en fait pas du tout-.

 

A côté de sa narration efficace et de son ambiance inquiétante et marquante, le film offre également des personnages secondaires sympathiques -je vous avoue que Gepetto et Cléo, tout en étant agréables et me faisant leur souhaiter un happy-end, ne me passionnent pas mais, en revanche, j'ai un faible pour Figaro, le chat bougon-, des moments musicaux tous agréables – bien que ce soit une jolie chanson, je n'ai honnêtement pas d'affection particulière pour When you wish upon a star mais, en revanche, I have no string on me, Little Wooden Head et Give a Little Whistle me plaisent, en particulier associées avec leurs mises en scène qui sont fun mais effrayante pour la première, amusantes et entrainantes pour les deux autres- et bien entendu de très belles images. Notamment j'ai un faible pour tous les objets qu'on trouve dans la maison de Gepetto. Les horloges originales, les boites à musique -qui, miracle, quand on les lance toutes forment une musique générale et pas un gros bordel sonore... la magie Disney:')-, les bougies en forme de visages, etc.

 

Pinocchio est un film que j'ai mis énormément de temps à revoir, rapport à mon traumatisme d'enfance et aux années où j'ai craint qu'il me pousse des oreilles d'ânes sur le crâne -non parce que gamine je faisais énormément de bêtises-, mais maintenant que c'est fait, je dois dire que je suis contente de l'avoir regardé à nouveau. Pinocchio est sombre, souvent effrayant pour un enfant, mais il a aussi ses moments plus légers et il baigne dans la magie Disney que j'aime. L'animation est, bien évidemment, au top et somme toute, c'est un excellent dessin-animé, tout simplement.

Rédigé par Milady

Publié dans #Cinéma Occidental, #Disney

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