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Blanche Neige : Le plus horrible des contes

Snow White : A Tale of Terror

 

 

 

Diffusé en 1987

 

Réalisé par Michael Cohn

 

 

 

Avec :

 

Sigourney Weaver >>> Claudia Hoffman

Monica Keena >>> Lilliana (Lilli) Hoffman

Sam Neill >>> Fredric Hoffman

David Conrad >>> Dr. Peter Gutenberg

Gil Bellows >>> Will

Miroslav Taborsky >>> Gustav

 

 

 

Dontesque ?

 

Sa mère étant morte en lui donnant jour, Lilliana a été élevée par son père et, lorsqu'il décide de se remarier, la petite fille voit sa nouvelle union d'un très mauvais œil. Elle grandit donc tout en entretenant avec sa belle-mère une relation tendue qui finira par tellement s'envenimer que sa belle-mère, Claudia, en viendra à s'en prendre réellement à Lilliana.

 

 

 

7/10

 

A quoi pensez-vous quand vous pensez « Blanche Neige » ? Personnellement la première image qui me vienne à l'esprit est la Blanche Neige de Disney. Si je réfléchis quelques secondes, tout de suite, j'ai la véritable version du conte qui me revient à l'esprit puis la version nettement moins bonne Blanche Neige et le Chasseur mais mon premier réflexe est de visualiser la version Disney et il était temps d'élargir un petit peu ma vision. Donc, dans le cadre de mon « En dehors de Disney », j'ai décidé de commencer par ce film-là. Pourquoi ce flilm ? Eh bien il y a « terror » dans le titre donc j'espérais un retour vers l'aspect plus cruel du conte de base, d'autant qu'à la base tout ce qui touche à l'horreur m'intéresse. Par ailleurs : Sigourney Weaver *feux d'artifice et confettis dedans ma tête*. J'étas donc très enthousiaste les gens et, après avoir regardé le film -téléfilm en fait-, je ne suis pas déçue. Certaines choses ne fonctionnaient pas mais c'était une adaptation intéressante.

 

Afin de se situer un petit peu, dans cette version de l'histoire, Blanche Neige s'appelle Lilliana et elle est la fille d'un seigneur allemand -le conte de base étant allemand-. Sa mère est morte en la mettant au monde -oui dans le conte de base, la mère se pique le doigt, le sang tombe sur la neige et tombe enceinte : dans le film la mère, suite à un accident de calèche, se prend un bout de bois dans l'épaule et meurt dans la neige pendant que son mari lui fait une césarienne au couteau... oui, rude o.o- et elle a été élevée par son père. Et puis un jour son père décide de se remarrier avec une femme nommée Claudia qui s'installe dans le château avec son frère Gustav. Autres différences notables : le prince n'est pas un prince mais un docteur que Lilli connait depuis un certain temps -et qu'elle aime écouter parler du monde car elle-même aimerait voyage mais n'en a jamais eu l'occasion- et les nains ne sont pas des nains -sauf un- mais des hors la loi qui se planquent dans une église abandonnée. L'un d'entre eux, rapidement chassé par les autres, propose d'ailleurs de violer Lilli. Bref le monde de cette version de Blanche Neige est résolument plus sombre que celui de Disney et je dirais même qu'il est plus sombre que celui de l'original mais je ne sais pas si c'est vraiment le cas ou si c'est juste que dans le film cela me saute plus aux yeux parce que, justement, je l'ai devant les yeux. Ou peut-être est-ce parce que les personnages me semblent plus réels ?

 

Et par « personnages » je veux surtout parler de notre antagoniste car, en vérité, elle est très clairement l'intérêt principal de ce film. Avec l'ambiance générale tout de même car le film créé une ambiance glauque vraiment prenante et est rempli d'images plus perturbantes les unes que les autres. Alors, c'est certain, le film semble un peu daté, certains effets sont maladroits, il n'y a pas un budget de ouf mais malgré tout le film est efficace, il créé une atmosphère. Oh il ne vous empêchera pas de dormir hein ! Et vous n'en ferez pas non plus des cauchemars mais le sentiment d'angoisse, de danger et de noirceur est omniprésent et étouffe les personnages de façon quasi palpable. En fait je vous dis qu'il ne vous tiendra pas éveillé et c'est plus que probablement vrai mais pour être parfaitement honnête, il m'a tout de même un peu travaillée. Car, forcément, il y a un miroir magique dans ce film. Or, par rapport aux autres « incarnations » de ce miroir que j'ai pu voir, celle-ci laisse beaucoup plus de place à l'interprétation. Il est difficile de déterminer au juste ce qui vient du mirori lui-même, s'il est dôté d'une véritable volonté, à quel point, etc. Et comme à la base je n'aime vraiment pas les miroirs -en général ça va mais quand je commence à flipper et suis dans un état de stress, je développe une peur irrationnelle que mon reflet se mette à bouger tout seul- et les surfaces réfléchies, ce film jouait en quelque sorte sur mes peurs. Enfin on reparlera de ce miroir lorsque l'on discutera de notre « méchante sorcière ».

 

D'abord, parlons un peu de notre personnage principal : Lilli. Parce que si le personnage a fini par tomber à plat, cela ne signifie pas qu'il n'y a rien d'intéressant à en dire. En fait Lilli est même au centre d'un thème que je trouve plutôt engageant, c'est juste que le personnage lui-même ne l'est pas beaucoup. Lorsqu'elle est enfant, cela va à peu près : elle est assez malpolie vis-à-vis de Claudia mas c'est compréhensible car elle est très jeune et on lui « dérobe » son papa. J'avais de la peine pour Claudia qui se heurtait à une Lilli peu réceptive à ses efforts mais bon, c'était une gosse. Le souci c'est que lorsque Lilli grandit, elle garde en gros la même attitude sans que ce soit justifié. Elle continue de se comporter odieusement face à une belle-mère qui fait tout ce qu'elle pour améliorer leur relation. A ce stade du film, j'étais tout à fait rangée du côté de la belle-mère ! Il y a des choses chez Lilli qui étaient appréciables telles que sa vivacité et sa curiosité ainsi que, j'imagine, l'amour qu'elle a pour son père -même s'il y a une certaine ambiguité à ce niveau-là sur laquelle joue le film, Lilli souffrant d'un certain complexe d'Electre et le père voyant en sa fille le portrait de sa femme, ce qui provoque chez Claudia une jalousie se rapprochant de celle ressentie à l'égard d'une rivale amoureuse-. Mas Lilli renvoie trop souvent l'image d'une enfant gâtée et ignorante du monde. Elle n'est pas poussée à l'extrême et elle n'est pas à blâmer pour son ignorance du monde mais ça ne la rend pas très sympathique et, une fois sortie de son château, son évolution très rapide ne nous laisse guère le temps de réellement apprécier l'évolution en question.

[En dehors de Disney] Snow White : A Tale of Terror[En dehors de Disney] Snow White : A Tale of Terror
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Néanmoins, comme je le disais, elle est au cœur d'un thème intéressant. Via Blanche Neige, le conte original prônait la patience et mettait en garde contre les dangers de faire confiance à n'importe qui, la version de Disney ajoutait à cela -à mes yeux- une éloge de la capacité à tirer le meilleur d'une situation et à travailler dur. Cette version-là se sert de Blanche Neige/Lilli pour nous parler de l'envie d'évasion il me semble. Notre Lilli n'est pas patiente, elle n'est pas non plus spécialement bonne avec tout le monde et, honnêtement, elle ne travaille pas très dur non plus. En revanche, elle ressort victorieuse d'un combat qu'elle aurait certainement perdu si elle n'était pas sortie de son château. En cela j'ai apprécié l'utilisation de la romance dans cette version du conte. Comme je vous le disais, dans ce film, le prince est remplacé par un docteur nommé Peter. Et Llly est amoureuse de Peter, prête à l'épouser même, mais le film rend très clair le fait qu'elle est avant tout attirée par les possibilités qu'il représente. Contrairement à elle, Peter voyage, il a accès au monde extérieur et elle est fascinée par les histoires qu'il raconte. Son amour pour lui et son envie de l'épouser sont motivés avant tout par son envie d'évasion et par le simple fait qu'il est tout ce qu'elle connait, il n'a pas vraiment de rival. Sauf que plus tard : il en a un. Un rival plus sale, plus dangereux, plus rude, qui représente un monde extérieur auquel Lilli se confronte pour la première fois. Au début elle en a peur puis elle se sent attirée par ce monde extérieur qui la change de sa routine. Et enfin ses expériences dans ce monde extérieur lui permettent de conquérir son propre monde et de devenir plus forte. Mon souci malheureusement est que tout cela est bien beau dans l'idée mais terriblement résumé par le film. Autant l'installation du monde et des dynamiques entre personnages est très bien réalisée, autant tout ce qu'il se passe du côté de Lilli une fois qu'elle a quitté son château est tristement peu développé. Et cela prend un tournant encore plus accéléré à partir du moment où elle croque la pomme empoisonnée. C'est dommage car, à cause de cela, le personnage tombe vraiment à plat – [spoiler] et honnêtement sa romance avec Will, le rival donc, est très mal gérée... il est sexy, certes, mais elle tombe amoureuse de lui beaucoup trop rapidement et ils ont très peu d'interactions. [/spoiler]-

 

Heureusement, on a Claudia. Outre le fait que Sigourney Weaver est très bonne dans ce rôle -et, à sa décharge, la demoiselle interprétant Lilli n'était pas mauvaise, c'était l'écriture qui pêchait-, le rôle en soi est intéressant. Dans cette adaptation, l'idée de l'apparence est conservée et Claudia fait effectivement une fixation sur sa beauté qui disparaît mais elle ne pèche pas par vanité et elle n'est pas non plus juste l'incarnation du mal. « Tu n'as pas de coeur » lui crache Lilli : « C'est trop résumé » répond Claudia. Et elle a raison, son personnage a été plus travaillé que cela. Claudia, lorsqu'elle épouse le père de Lilli, en est sincèrement amoureuse. Nul doute que le château et la position sociale viennent en bonus mais, avant tout, Claudia aime l'homme qu'elle va épouser. Et elle n'est pas, à la base, une mâratre considérant la présence de Lilli comme une épine dans le pied, elle veut « apprivoiser » la petite fille et construire une relation avec elle. Par ailleurs Claudia est la fille d'une femme que la société a rejetée et bien qu'on ne nous dise jamais exactement pourquoi, le fait que le miroir magique lui ait été offert par sa mère semble indiquer que celle-ci était une sorcière, ce qui expliquerait son exclusion sociale. Claudia elle-même a probablement des pouvoirs mais, de la même façon qu'elle garde les portes renfermant le miroir fermées, elle ne se sert pas de ses pouvoirs avant le moment où elle craque réellement. Elle n'est pas mauvaise. En revanche, elle est fragile. N'ayant pas de réel prestige social à apporter à son mari, elle n'a, croit-elle, comme valeur que sa beauté, sa capacité à produire des enfants et ses talents -dont un talent pour le chant notamment-. Le fait d'être sans cesse rejetée par Lilli sans réellement être défendue par le père de celle-ci renforce ses insécurités. Puis arrive la nuit où tout bascule et, dans la même nuit, son chant est ignoré par son mari qui n'a d'yeux que pour sa fille -qui à ce moment ponctuel de l'histoire ne se contente pas de la rejeter mais cherche activement à la blesser- et elle perd la capacité à produire un héritier, ce qui signifie que son physique est tout ce qui lui reste. Oui mais voilà, sa beauté est en train également de s'éclipser, faute à l'âge si on veut, faute à la détresse et au désespoir surtout. Claudia n'est ni maléfique ni un monstre de vanité, elle est une femme à qui l'on arrache brutalement tout. Après cela, elle entreprend à la fois de se venger et également de retrouver ce qui, à ses yeux, faisait sa valeur.

 

Bien entendu ses méthodes sont … radicales -disons-le comme cela- et pas vraiment défendables ni excusables. Impressionantes aussi -non parce que là, la sorcière elle se contente pas d'enchanter un ou deux objets hein-. Mais surtout pas excusables. Néanmoins le personnage est complexe et intéressant. Et donc, il y a cette affaire de miroir. Il y a plusieurs manières de percevoir ce miroir. C'est un héritage de la mère de Claudia et on pourrait penser que, d'une façon ou d'une autre, l'esprit de la mère de Claudia y est enfermé. Personnellement je l'ai interprété selon la légende qui dit qu'un miroir peut « capturer » l'âme d'une personne: je pense qu'une partie de Claudia y était enfermée, une partie plus sombre -ses insécurités, ses pouvoirs, ses origines- qu'elle gardait loin du regard des autres. Et lorsque le miroir commence à influencer ses actes, je pense qu'en vérité il ne faisait qu'exprimer quelque chose qui était déjà là, enfoui depuis un moment et réveillé puis amplifié. Je préfère cette interprétation en fait parce qu'elle reste centrée sur Claudia et ne fait pas intervenir de véritables forces extérieures.

 

Quelle que soit l'interprétation que vous choisissez, de toute façon, le fait est que Claudia est un personnage intéressant. Et le film le sait : il passe beaucoup plus de temps sur elle que sur Lilli. Je ne lui reproche pas vraiment mais d'un autre côté c'est vrai tout de même que Lilli aurait sans doute gagné à être plus développée que cela. Parce que là du coup elle est quand même un des points faibles du film et quand le personnage d'un film est un de ses plus gros points faibles... c'est moyen. Par ailleurs, à côté de cela, nous avons donc toute la partie avec les nains qui ne fonctionne pas très bien, de même que la conclusion, rapport au rythme bien trop rapide du film -qui, ironiquement, donne le sentiment que le film est trop lent parce qu'on a pas le temps de vraiment s'intéresser à ce qu'il se passe-. Mais malgé tout j'ai beaucoup apprécié ce film pour son ambiance générale, pour ses idées et pour, surtout, le personnage de Claudia. Donc c'était une expérience réussie pour mon pemier pas « en dehors de Disney ».

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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