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Dumbo

 

 

Sorti en 1941

 

Réalisé par Ben Sharpsteen

 

D'après le livre écrit par Helen Aberson et illustré par Harold Perl

 

 

Pour les détails techniques, cf wikipedia

 

 

 

Dontesque ?

 

Dans un cirque, une éléphante nommée Madame Jumbo attend désespérément qu'une cigogne lui livre un petit et un jour, il arrive enfin. Baptisé Jumbo Junior par sa mère, le petit éléphanteau se voit néanmoins tout de suite donné le surnom de « Dumbo », moqué qu'il est par tous les habiitants du cirque pour ses grandes oreilles inhabituelles.

 

 

 

7/10

 

Toujours sur la merveilleuse route des Disneys, aujourd'hui parlons du petit éléphanteau aux larges oreilles : Dumbo. Et ce Disney-là, à l'instar de Pinocchio, n'est pas un film que j'ai beaucoup regardé dans ma vie. J'ai du le voir juste une ou deux fois et il y a assez longtemps. Je ne sais pas exactement pourquoi je ne l'ai pas regardé plus que cela, j'ai l'impression que j'avais du classer ce film quelque part entre Les Aristochat et Les 101 Dalmatiens, c'est-à-dire dans cette catégorie de Disneys misant un peu trop sur le simple choupisme d'une bande d'animaux, ce qui n'a jamais été mon truc. A la revoyure il s'avère que j'avais tort -et si cela se trouve j'aurai la même réalisation pour les deux films précédamment cités, nous verrons bien- et j'ai trouvé ma part de choses à apprécier dans ce film. Il s'avère également que dans ma conception « animal choupi fait des trucs choupis » j'avais aussi oublié à quel point ce film est triste, affreusement triste. Sérieusement il y a une scène où le seul ami au monde de Dumbo l'aide à faire sa toilette avec ses propres larmes. AVEC SES PROPRES LARMES. Même le plus émo de tous les personnages de Kdramas dans la plus torturée de ses douches ne s'est pas lavé avec ses propres larmes !

 

Mais je ne vais pas vous mentir -parce que Pinocchio m'a appris que c'était mal- mais je ne me suis pas investie émotionnellement dans ce film autant que, semble t-il, la plupart des gens et si Dumbo avait du se laver avec mes larmes à moi, il aurait sans doute tout juste eu de quoi se mouiller un ongle. C'était peut-être une question de timing, je n'ai peut-être pas regardé le film dans les bonnes conditions, au bon moment, dans le bon état d'esprit, mais c'est vrai que dès le début j'ai eu du mal, pour une raison X, à m'investir et n'ai pas arrêté à la place de me poser des questions à la con du genre : pourquoi la cigogne qui livre Dumbo est-elle la seule à être habillée et à livrer le bébé en personne avec un poème, une chanson et un reçu ? Et puis c'est vrai que le film m'a mise mal à l'aise un peu. Et je ne veux pas parler de toute la controverse « racisme à la Disney » mais plutôt de l'environnement du cirque. Les animaux avaient l'air plutôt heureux mais je n'arrivais pas à me défaire même au début, d'un sentiment de malaise parce que j'ai vu beaucoup de vidéos sur les méthodes de dressage de certains animaux et qu'elles m'ont un peu traumatisée. Puis il y a eu les coups de fouet et l'enfermement de la mère de Dumbo et cette scène de la pyramide d'éléphants qui, même jeune, m'avait marquée parce que les éléphants transpirent, semblent souffrir, c'est une scène que je trouve déplaisante, même bien avant que Dumbo soit ridiculisé. Et à la fin on veut me faire avaler que Dumbo va avoir une happy-end dans le cirque qui a battu et enfermé sa mère ? Même s'il en est devenu la star, je ne suis pas supra convaincue. Et toujours dans la catégorie « je suis mal à l'aise » j'en reviens donc à cette controverse sur le racisme du film.

 

Honnêtement je ne me sens juste pas apte à en discuter. J'ai retourné la question encore et encore dans ma tête et je n'arrive juste pas à arriver à une conclusion, chaque fois que je m'en rapproche, je me dis « oui mais.. ». Il y a essentiellement trois choses à considérer :

 

=> la scène où le chapiteau est monté. On voit la main d'oeuvre qui s'occupe, avec les animaux, de tout mettre en place. Les employés sont tous noirs et ils n'ont pas de visage. Alors, cela dit, on peut aisément se dire que c'est parce qu'à cette époque-là, effectivement, les travaux de ce genre étaient effectués par des ouvriers afro-américains et qu'ils n'ont pas de visage parce qu'ils travaillent dans les coulisses. Moui mais d'un autre côté il y a les paroles qui disent en gros « on se casse le dos, on adore cela et on ne fait même pas vraiment cela pour le salaire ».... *insert regard carrément suspiceux here*

 

=> les corbeaux dans le film. Dumbo tombe sur une bande de corbeaux à la fin du film et l'utilisation d'un stéréotype est indéniable mais ce que je n'arrive pas à déterminer c'est si le stéréotype est utilisé à des fins péjoratives. Il est grossier, mais si les corbeaux sonnent mal éduqués et ont un accent très prononcé, après s'être moqués de Dumbo, ils sont, avec la souris, les seuls personnages à faire preuve de compassion à l'égard Dumbo, ils finissent par se montrer amicaux, l'aider et c'est grâce à eux que Dumbo arrive à voler et à s'élever socialement. Quand j'étais jeune, n'avais pas repéré le point numéro 1 et n'avais pas entendu parler du point numéro 3, j'avais même tranché sur la question : considérons le personnage de Dumbo, son père n'est jamais montré, on ne sait pas qui il est, Dumbo a une différence physique notable et il ne parle pas de tout le film -ce qui peut-être attribué à son âge tout simplement ou bien être le résultat d'une pression sociale-. Certaines personnes interprètent le personnage de Dumbo comme étant gay -rapport à son entourage entièrement féminin, la façon dont il est amené à jouer une demoiselle en détresse par les clowns, et apparemment des messages subliminaux dans ses visions sous l'emprise de l'alcool-, ce qui expliquerait -sans justifier on est bien d'accord- le rejet des gens autour de lui. Dumbo, clairement, est de toute façon un personnage qui est rejeté pour sa différence et finit par s'épanouir lorsqu'il apprend à s'accepter et à faire fi de l'opinion des autres. A partir de là il peut représenter plein de choses et personellement j'avais pensé qu'en fait il était un éléphant venu d'Afrique. Quand j'étais jeune j'étais abonnée à Images Doc, un magazine sur les animaux, et j'y avais lu que les éléphants d'Afrique avaient les oreilles plus grandes que les éléphants d'Asie donc en regardant Dumbo je m'étais dit que Dumbo avait les oreilles plus grandes parce qu'il était un éléphant d'Afrique, contrairement aux autres éléphants. En gardant cela à l'esprit, on pouvait voir dans Dumbo un enfant « mixte », isolé et mis au banc de la société. Et les corbeaux commenceraient à avoir de la peine pour lui en apprenant qu'il est mis à l'écart, rejeté, et a été séparé de sa mère parce qu'ils ne comprennent que trop bien sa situation. Ils viennent donc en aide à Dumbo et en admettant que le cirque soit une mini-représentation du monde, alors bien entendu Dumbo ne peut pas s'en échapper mais il peut s'élever en revendiquant son identité. Et à la fin le cirque, Dumbo et les corbeaux font leur route tous ensemble et en sont plus heureux -dans une happy-end qui va vite, okay, mais vous voyez l'idée-. Sans aller jusqu'à cette interprétation du personnage de Dumbo, les corbeaux, aussi stéréotypés soient-ils, sont des personnages qui ont une influence positive sur le scénario et sont présentés comme étant plus tolérants et plus intelligents que la quasi totalité des autres personnages. Oui mais...

 

=> les corbeaux en dehors du film. Dans le script le leader des corbeaux est nommé « Jim Crow » et il est doublé par un homme blanc caricaturant une « voix noire ». Pour vous donner un rapide aperçu -d'autant que je suis loiiiiin d'être une experte sur la question- Jump Jim Crow était à la base un numéro de danse et de chant interprété par un comédien portant ce que l'on appelle une « black face », c'est-à-dire du maquillage noir sur le visage dans le but de caricaturer les afro-américains. Cela a participé à lancer tout une mode de numéros caricaturaux insultants – les « minstrel shows »- et « Jim Crow » est devenu un terme péjoratif pour parler d'hommes noirs. Sont venues plus tard les lois Jim Crow mises en place pour enforcer la ségrégation et qui étaient encore en vigueur lorsque le film est sorti. Si le corbeau est un stéréotype noir nommé Jim Crow et doublé par un homme blanc, cela n'en fait-il pas également un « minstrel show » ? Un « minstrel show » utilisé à des fins plus positives que d'habitude, okay, si on veut, mais un « minstrel show » quand même. Et à quel point cela doit-il influencer ce que l'on retire du film lui-même ? Dans le sens : à quel point, selon le contexte, doit-on séparer le produit de sa production ?

 

Vous voyez pourquoi c'est le bordel dans ma tête ? Je sais que la controverse existe, elle a beaucoup été discutée, et je ne peux décemment pas ne pas en parler dans un article sur le film mais d'un autre côté c'est un sujet sur lequel je n'ai pas envie de dire de conneries et comme dans ma tête ce n'est pas clair -honnêtement j'ai juste l'impression que le film joue sur tous les plans-, je ne me sens pas équipée pour prendre position. Donc... voilà. Je sais, ce n'est pas très satisfaisant mais c'est tout ce que j'ai et je vais continuer à réfléchir de mon côté.

[Disney Project] Dumbo[Disney Project] Dumbo[Disney Project] Dumbo
[Disney Project] Dumbo[Disney Project] Dumbo

En attendant, qu'y a t-il à retenir à côté de tout cela ? Eh bien, évidemment, il va sans dire que, Disney oblige, l'animation est au top. En plus cela se passe dans un cirque donc les animateurs peuvent s'en donner à cœur joie et l'une de mes séquences favorites est celle où les clowns se déshabillent. On voit les ombres seulement et j'aime la façon dont les animateurs jouent avec nos attenes : un clown peut en cacher deux, un gros ventre n'est qu'une prothèse, etc. Et puis bien sûr il y a la fameuse parade des éléphants roses qui reste, pour moi, LA scène à retenir de ce film avec ses images étranges et vaguement cauchemardeques. J'adore cette scène parce que j'aime tout ce qu'elle a de bizarre et parce que j'aime voir les images se transformer, de déformer, se fondre les unes dans les autres, se réveler être autre chose que ce que l'on avait cru voir, … pour moi c'est du niveau de Fantasia dans la pure création. Au passage je préfère la version anglaise de la chanson à sa version française -oui car j'ai vu le film en VO du coup, puisque je n'ai pas spécialement été formatée à la VF... j'ai juste regardé les chansons dans les deux langues pour comparer- pour le coup. La version originale me paraît simplement, tout en étant effrayante, plus souligner l'étrangeté de la situation. Enfin, les deux sont quand même très sympas~ Par ailleurs, du film, au delà du message pro-tolérance et acceptation de soi, il y a évidemment à tirer une belle histoire d'amour maternel et c'est la très jolie scène où Dumbo et sa mère communiquent à travers les barreaux de la cage où est enfermée la maman qui, généralement fait mouche dans le cœur des gens et laisse couler les grandes eaux. Malheureusement je dois bien dire que mes yeux sont restés désespéréments secs et, en partie, si effectivement la scène était crève-coeur comme en gros 90% de ce film, je pense que j'ai eu du mal à me sentir touchée parce que le personnage de Dumbo ne m'intéresse juste pas.

 

Dumbo est un personnage intéressant pour ce qu'il représente mais autrement je ne trouve juste pas qu'il ait énormément de personnalité. J'avais tort de classer Dumbo dans les films « animaux choupis font des trucs choupis » parce qu'il y a plus de choses que cela à voir dedans -l'animation surréaliste, le message sur la tolérance, la revendication de son identité, l'amour maternel- mais Dumbo, le personnage, ne me paraît pas être grand-chose de plus que « mignon ». Et c'est cool qu'il soit mignon mais en attendant il est quasiment le personnage que je trouve le moins intéressant du tas. Et c'est en partie pour cela que j'ai du mal à véritablement accrocher au film.

 

Malgré tout, Dumbo a clairement des choses à offrir. Même s'il est loin d'être un de mes films favoris -rapport au manque de personnalité du personnage principal surtout, à un simple manque d'affinité et probablement au malaise général un peu- et même si je ne le regarderai probablement pas à nouveau avant un sacré bout de temps, j'en retiens certains messages positifs, l'animation et plus particulièrement ces éléphants roses. Par ailleurs, pour la plupart des gens, je pense qu'il y a une émotion brute dans Dumbo qui touchera juste

Tag(s) : #Cinéma Occidental, #Disney

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