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Confessions

告白

 

 

Sorti en 2010

 

Réalisé par Nakashima Tetsuya

 

 

Avec :

 

Matsu Takako >>> Moriguchi Yoko

Nishii Yukito >>> Watanabe Shuya

Fujiwara Kaoru >>> Shimomura Naoki

Kimura Yoshino >>> Shimomura Yuko

 

 

Dontesque ?

 

Lorsque sa petite fille est tuée par des élèves de sa classe, Moriguchi Yuko, leur enseignante, décide de se venger.

 

 

 

9/10

 

Cela faisait un certain temps que Confessions dormait sur ma liste de film à regarder. On me l'avait présenté comme un film d'horreur -à tort... okay, il y a de l'angoisse et du suspense, mais s'il faut catégoriser le film, c'est plus un drame qu'autre chose- et plusieurs noms attirants étaient attachés au projet : Nakashima Tetsuya -le réalisateur, entre autres, de Memories of Matsuko qui est un de mes films japonais favoris-, Minato Kanae –qui a écrit l'excellent Shokuzai- et Matsu Takako -une actrice que j'apprécie et sur laquelle je suis pas mal tombée puisqu'elle a joué à plusieurs reprises aux côtés de Kimura Takuya-. Confessions était donc perdu dans la liste de mes choses à voir et il y aurait sommeillé longtemps encore si mudaepo n'était pas intervenu. Mais heureusement, sur son cheval blanc, mudaepo a sauvé Confessions des profondeurs de la Liste et je me suis retrouvée devant le film, les yeux tout émerveillés et le moral de plus en plus bas. A la fin, je ne savais plus trop ce que je devais faire : me mettre en position foetale dans un coin ou relancer le film, là, tout de suite ?

 

Confessions a capté mon attenton dès sa première scène et pourtant, la scène était risquée car elle consiste en gros en 30 minutes d'exposition. 30 minutes d'un personnage qui parle et nous raconte ce qu'il s'est passé avant le début du film. Et j'étais suspendue à chaque mot. Bien entendu, tout de même, la scène est aidée par quelques flash-backs qui nous permettent de visualiser les évènements dont il est question, mais malgré tout, nous écoutons avant tout le personnage de Matsu Takako nous raconter une histoire. Et cette première scène donne une assez bonne idée de ce que sera le film. Certes la suite sera plus intense, plus agitée, mais on trouve les bases dans la première scènes. Elle contient beaucoup de ralentis, donnant une sensation de lourdeur et le ciel est filmé à plusieurs reprises, comme pesant sur le monde et les personnages -cette image du ciel est reprise tout le long du film, apportant toujours cette idée de poids jusqu'à ce qu'on arrive au générique de fin ou, subitement, les nuages semblent plus paisibles-. Même l'ambiance sonore semble pesante et quand par hasard il y a un véritable silence, il est vraiment ressenti -il y en a un notamment qui m'a marquée sur les lignes de dialogue où Matsu Takako exprime la perte de sa petite fille : le silence subit fait ressentir l'émotion de manière poignante et j'ai failli pleurer-. Les couleurs sont bleu-grises, rapprochant quasiment la scène à des funérailles et Moriguchi -le personnage de Matsu Takako donc- semble aller d'une issue à une autre -la fenêtre, la porte- comme pour les refermer sur ses élèves. Elèves qui, au passage, sont tout de suite présentés comme une foule d'individus détachés et malpolis au possible dont Moriguchi est, à quelques reprises, isolée par des plans donnant le sentiment qu'elle s'adresse plus à elle-même qu'au groupe d'adolescents bruyants et irrespectueux qu'elle a en fait en face d'elle. Matsu Takako est excellente dans cette scène -ainsi que dans le reste du film- et, tout en ayant mal pour le personnage, son calme se faisait de plus en plus glaçant tandis que je commençais à voir où elle voulait en venir.

 

Et cette scène, comme je le disais, donne un certain aperçu du film qui, lui aussi, se referme de plus en plus sur les personnages et sur le spectateur. Confessions est pesant, effrayant et nous plonge dans l'esprit de ses personnages. Oui car il s'agit bien de « confessions » au pluriel. Si la première que nous entendons est celle de Moriguchi, d'autres suivent. On adopte plusieurs points de vue, on recolle les morceaux et c'est admirablement écrit. La fin -qui peut être interprétée de plusieurs façons- me restera longtemps en mémoire, c'est du niveau d'Old Boy avec une touche de Cartman -mais sans la comédie-, et les personnages mettent mal à l'aise parce que l'on ressent à leur égard -du moins j'ai ressenti- un mélange de terreur et de pitié. Pour tous. A part peut-être pour le personnage d'Okada Masaki qui n'inspire que la pitié mais les principaux acteurs de l'histoire sont tour à tour monstrueux puis pathétiques. On se perd dans leur esprit, aidé par la réalisation qui ne respecte pas les codes de la réalité, préférant la manipuler pour mieux exprimer les sentiments de ses personnages. Les formes, les lieux, le temps, tout se fond et se tord. Au milieu du film il y a un moment particulièrement intense où subitement, on perd pied. Par ailleurs, le film introduit plusieurs éléments petit à petit qui reviennent par la suite -le lait comme arme de Moriguchi puis des élèves, le « je plaisante » qui revient dans la bouche de plusieurs personnages à des moments clés, le « tu n'as aucune valeur » qui tourmente Naoki, la bulle qui éclate à l'oreille de Shuya, etc-, changées, intensifiées mais surtout donnant le sentiment que tout était planifié, que toutes ces pièces ne pouvaient donner que le puzzle final et rien d'autre.

[L'enseignement à la rude] Confessions  告白 [L'enseignement à la rude] Confessions  告白
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Par ailleurs, disais-je, il y a une certaine notion de pitié. Les personnages centraux nous offrent des visages monstrueux, chacun à leur façon, mais j'ai eu de la peine pour tous. Pour Moriguchi bien entendu, cela va de soi, mais également pour les deux coupables -sans oublier la mère de l'un des deux- qui, au fond, cherchaient juste à être remarqués. La classe de Moriguchi au début du film n'est pas la seule à faire preuve d'indifférence : le monde entier est indifférent. Et Shuya comme Naoki ont souffert de cette indifférence. L'un cherche à attirer l'attention d'une personne en particuler, l'autre a juste besoin que quelqu'un, n'importe qui, le remarque, mais au final le cri est un peu le même : regardez-moi. Sauf que personne ne répond et que les gens ne semblent plus réagir qu'au sensationnel, au morbide. Il y a très peu d'attention positive dans ce film et les seuls personnages prêtant attention aux autres par gentillesse, par compassion, par envie d'aider sont punis : le professeur dont parle Moriguchi au début et bien entendu le personnage d'Okada Masaki dont l'attitude semble décalée dans le monde de Confessions, un monde dans lequel l'idéalisme du personnage ne peut être qu'une farce. L'autre grand thème du film est, bien entendu, celui de la figure parentale et le film ne nous propose, encore une fois, rien de gai ici. Les pères n'ont jamais pu tenir leurs enfants dans leurs bras ou les ont écartés de leur vie. Les mères, qui sont mises en avant de façon bien plus prononcée, ont partcipé à la destruction de leurs enfants ou les ont perdu aux mains de ceux des autres. En clair... c'est pas la joie o.o

 

Et je ne serais donc pas étonnée que le film ne convainque pas tout le monde. Ce film est profondément pessimiste et il n'y a aucun personnage que l'on puisse réellement soutenir, les ralentis que j'ai trouvés utilisés à bon escient sembleront excessifs à d'autres, le poids qui pesait constamment sur les personnages et sur nous sera sans doute trop déprimant et trop lourd pour certaines personnes et ainsi le film pourra sembler ennuyeux à ceux qui ne rentrent pas dedans. Pour ma part, néanmoins, je me suis retrouvée très rapidement engagée dans l'histoire et la réalisation. La musique collait parfaitement au film, les acteurs étaient tous très bons -j'ai juste quelques réserves sur quelques scènes de rires qui semblaient trop forcés mais heureusement ces scènes n'étaient pas nombreuses- et le film a eu sur moi un effet cauchemardesque mais hypnotique. Bref, je l'ai trouvé excellent et je vous le conseille !

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Tag(s) : #Cinéma Asiatique

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