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Lorsque j'étais jeune, L'Histoire Sans Fin de Wolfgang Petersen était un de mes films favoris. J'avais une sorte de gros crush sur Atreju, je tremblais en le voyant faire face au Néant, la mort de son cheval me faisait pleurer plus que de regarder dix fois Mufasa tomber d'une falaise, je vivais cette histoire à fond. Je savais que le film était une adaptation de livre mais n'avais jamais lu le roman. En revanche j'avais vu les suites du film que je ne trouvais pas très bonnes -surtout le troisième film... je n'ai en revanche jamais regardé la série-. Et puis il y a peu de temps j'ai appris que le premier film n'adaptait que la moitié du roman, que le second film reprenait des éléments de la seconde moitié sans l'adapter vraiment et que le troisième film -qui, incidemment, est de loin le plus mauvais- n'avait juste plus rien à voir avec l'histoire de base. Curieuse, je me suis donc demandé ce que j'avais raté en ne regardant que des adaptations partielles, j'ai appris que le roman se concentrait bien plus sur le personnage de Bastien, lui donnant une évolution plus sombre que dans les films. Intéressée j'ai donc été emprunter le roman à la bibliothèque et je l'ai dévoré. Faut dire aussi qu'il n'est pas très long... mais il est également très bon.

 

L'histoire est celle de Bastien, un petit garçon complexé par son corps, moqué par ses camarades, et dont la maman est morte il n'y a pas si longtemps, laissant le petit garçon seul avec son père. Un jour, Bastien, pour échapper à des camarades d'école, se cache dans une librairie et y trouve un livre intitulé L'Histoire Sans Fin. Le libraire ne semble rien vouloir lui vendre mais Bastien, sentant que le livre l'appelle, vole l'ouvrage et retourne à l'école, décidant de se réfugier dans le grenier et de sécher les cours. Ainsi, il commence à lire le roman qui parle d'un monde, le monde fantastique, peu à peu englouti par le Néant. Pour sauver ce monde fantatique, la Petite Impératrice, très malade, fait appel à Atreju, un enfant né dans une tribu de chasseurs, et lui demande de trouver un remède qui lui rendra la santé. Bastien se perd de plus en plus dans le récit et tandis qu'il lit le livre, le livre semble le lire en retour.

 

Rapidement, vis-à-vis des films, donc en effet, le premier film reprend en gros la première moitié du livre, en en changeant certains évènements et certains personnages. Le second film reprend des personnages et quelques thèmes de la seconde moitié du livre en les modifiant et en changeant également l'intrigue de fond. Il manque de gros thèmes du livre. Néanmoins, j'adore toujours le premier film qui se tient très bien tout seul. Le second est moins bon, encore que je le trouve divertissant, parce que beaucoup de choses ne sont pas très bien développées et que le film en soi n'est pas très bien écrit, c'est dommage, mais j'adore vraiment le premier et lire le livre ne m'a pas fait me dire « mon Dieu c'est TELLEMENT meilleur, je ne pourrai plus regarder ce film maintenant ». Les deux ont plein de qualités~ Je suis contente cela dit d'avoir vu le film d'abord car si j'avais découvert le livre en premier, je pense que j'aurais été frustrée de voir tout un pan de l'histoire mis de côté. Enfin BREF j'adore le premier film, je ne déteste pas le second et maintenant j'aime beaucoup le livre.

 

Et il y a une raison pour laquelle l'adaptation s'est arrêtée à la première moitié du livre. Ce n'est pas comme si le réalisateur avait pris, mettons, Hamlet et s'était dit « allez hop, je coupe au milieu ». Il y a bien deux parties assez distinctes dans L'histoire sans fin. Dans la première, Bastien lit simplement le livre, dans la seconde il est dans le livre. Et les thèmes changent. Dans la première moitié, le voyage d'Atreju est une quête pour trouver Bastien, on nous offre une aventure avec des personnages inriguants, des morts, des énigmes, tout cela pour que Bastien et nous-mêmes rentrions dans le récit. Et cela fonctionne très bien. Je me suis prise d'affection pour Atreju -il n'est pas si développé que cela mais je l'ai trouvé attachant,... probablement que mon résidu de béguin enfantin a du aider mais au delà de cela, Atreju est loyal, courageux et intelligent- Dans la seconde moitié, le pays fantastique est sauvé, Bastien doit le reconstruire et le livre s'attarde à présent bien plus sur lui, sur qui il est tandis qu'il façonne le monde à son image et son image à son idéal. Il y a plusieurs niveaux et plusieurs thèmes à ce livre mais le thème principal est bien entendu l'imagination. L'imagination est mise en danger par les gens qui ne l'entretiennent plus mais sauvée par les passionnés qui inventent des histoires. L'imagination est sans limite, elle bouge sans arrêt, une idée donne naissance à cent autres. L'auteur introduit des dizaines et des dizaines de personnages, de mondes, de légendes et parfois ne nous en parle même pas vraiment, se contentant de nous dire que « ceci est une autre histoire qui sera contée une autre fois ». Dans un sens c'est frustrant parce qu'on aimerait bien l'entendre cette histoire mais l'idée est de nous pousser à l'imaginer. Dans l'Histoire Sans Fin, il y a milles histoires à imaginer et dans chacune de ces histoires, certainement, encore milles autres. Le livre, également, nous offre des descriptions avec suffisamment de détails pour nous donner une idée des décors, des personnages, mais laisse également suffisamment d'ombre pour que nous puissions visualiser les choses comme nous le souhaitons, pour que nous façionnons ce monde à notre façon. C'est un grand appel à la création et un appel qui touche son public, du moins j'ai trouvé.

 

L'Histoire sans Fin est également celle de Bastien et il y a une mise en garde dans ce livre : les histoires sont belles et nous apprennent des choses sur nous-mêmes mais si on s'y enfonce trop, si on s'éloigne trop de nous-mêmes, si on cherche trop à fuir, alors on reste bloqués. La réalité ne doit pas être négligée, la fiction doit venir la compléter et l'embellir. Ainsi lorsque Bastien se retrouve dans le pays fantastique, il commence à faire des vœux, certains conscients et d'autres moins, mais, en obtenant ce qu'il souhaite, s'éloigne de lui-même et finit par oublier qui il était petit à petit. Le personnage devient moins sympathique ce faisant mais j'ai trouvé que son évolution était écrite de façon intelligente et que, s'il devient moins sympathique, il n'est pourtant pas impossible de s'identifier à lui car la plupart de ses désirs viennent soit d'une bonne intention qui tourne mal soit de complexes auxquels il a subitement la possibilité de remédier magiquement. Or je trouve cela très compréhensible. Qui ne profiterait pas de souhaits illimités pour s'arranger soi-même ? On a -presque en tous cas- tous quelque chose qu'on aimerait changer à propos de nous-mêmes. Bastien passe par des étapes que j'ai trouvées intéressantes et j'ai aimé voir la façon dont le livre nous plongeait dans son esprit et nous parlait de lui puisqu'après tout, ce que nous créons est un reflet de nous-mêmes.

 

Bien qu'il puisse superficiellement sembler un petit peu décousu -parce qu'il introduit plein de personnages et d'histoires qui font une apparition puis disparaissent-, ce roman suit en fait une progression nette qui m'a beaucoup parlé. Ce n'est pas un livre difficile à lire, le style est simple mais, par plaisir, j'ai parfois fait des pauses de quelques minutes quand même pour prendre le temps de réfléchir à tel ou tel passage, pour comprendre ce qu'il impliquait ou simplement pour visualiser une image évoquée. Somme toute, c'est un livre que j'ai trouvé intelligent, bien écrit et qui parlera autant aux enfants qu'aux adultes.

Aussi, j'adore cette chanson et ce clip est parfait.

Tag(s) : #Littérature

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