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Blancanieves

 

 

 

 

Sorti en 2012

 

Réalisé par Pablo Berger

 

 

Avec :

 

Sofia Oria >>> Carmencita/Blancanieves (enfant)

Macarena Garcia >>> Carmen/Blancanieves (adulte)

Maiben Verdù >>> Encarna (la belle-mère)

Daniel Giménez Caco >>> Antonio Villalta (le père)

 

 

 

Dontesque ?

 

Carmen avait tout pour être heureuse : un mari beau et riche, matador célèbre, dont elle était très amoureuse et dont elle attendait un enfant. Mais son mari est grièvement blessé par un taureau et sous le choc, elle se retrouve à l'hôpital et meurt en mettant au monde leur petite fille. Désormais immobilisé et le cœur brisé par la mort de sa femme, le père de la nouvelle-née refuse de voir sa petite fille et la laisse être élevée par sa grand-mère tandis que lui-même finit par se remarier à l'infirmière qui s'est occupée de lui.

 

 

8.5/10

 

Pour mener à bien mon projet « en dehors de Disney » -qui consiste à regarder des films exploitant les mêmes thèmes que les films de Disney afin d'avoir une perspective plus large-, j'ai établi une liste -bien entendu, sinon je ne serais pas moi- et je pioche dedans à l'envie. Pour commencer, je me suis dit qu'il serait intéressant de tenter des adaptations éloignées les unes des autres autant que possible. J'ai donc commencé avec une version horrifique de Blanche Neige, suis passée à la version teen-movie romantique et me revoilà avec une adaptation hispano-française du conte en noir et blanc et cinéma muet, se déroulant dans l'Espagne des années 20. Une version qui est peut-être bien mon adaptation favorite de cette histoire jusqu'ici -et cela comprend le film de Disney-. Maintenant je ne vous cache pas que cet article risque d'être assez court parce que Blancanieves appartient à un type de films auquel je ne suis absolument pas habituée, ce qui signifie que je manque de références et de « clés » pour en parler.

 

Tout de même ce que je constate est que moi qui ne suis pas habituée du tout aux films muets -j'en ai vu bien entendu, et il y en a certains que j'aime, mais ce n'est pas exactement ce que je regarde le plus- et qui m'attendais à ce qu'il y ait des moments de creux dus plus à une difficulté à m'adapter au format qu'à véritablement un défaut du film lui-même, je me suis retrouvée absolument à fond dans cette histoire. Je n'ai pas décroché les yeux de l'écran une seconde et je me suis sentie très investie dans le destin du personnage de Carmencita. Il y a des scènes où j'ai pleuré tellement ce n'était pas juste tout ce qui lui tombait dessus. L'émotion passe vraiment bien et le personnage est très attachant, en grande partie grâce à l'actrice-enfant qui nous met tout de suite dans sa poche. La mort de son innocence -très joliement symbolisée par sa robe blanche de baptème que l'on teinte en noir pour en faire sa robe de deuil- est un gros coup dur dans le film et les choses ne vont pas en s'arrengeant en partant de là lorsque Carmencita tombe entre les mains de sa belle-mère, une femme cruelle que j'ai détestée de toutes mes forces mais qu'à la fois j'avais envie d'avoir à l'écran tout le temps parce que bordayl, qu'est-ce qu'elle est belle. Chaque fois qu'on la voyait, j'étais béate d'admiration, j'avais envie de screencaper toutes ses poses, même les plus malveillantes, et le noir et blanc la sublimait vraiment.

[En dehors de Disney] Blancanieves[En dehors de Disney] Blancanieves
[En dehors de Disney] Blancanieves[En dehors de Disney] Blancanieves

En général, de toute façon, le film était magnifique à regarder et utilisait son format pour rendre l'émotion de son histoire simple très brute. Les images nous transmettent tout, on ressent l'excitation, on ressent la peur, on ressent la douleur des personnages... les mots sont vraiment superflus. Honnêtement même les quelques mots écrits à l'écran auraient presque pu être retirés tant que le réalisateur arrive si bien à nous raconter son histoire et à évoquer les sentiments via les images et la musique -qui n'a pas été l'aspect le plus marquant de mon visionnage cela dit-. Et parce que le réalisateur travaille dans le noir et blanc et en muet, parce que tout est plus exagéré, notamment dans le jeu des acteurs -tous très bons au passage-, il lui est possible également de donner dans l'extravagance dans la mise en scène, de faire passer certaines choses qui, dans des films réalisés autrement, ne seraient pas passées parce que trop décalées.

 

Bon mais malgré tout, malgré la beauté des décors -en particulier la grande maison du père et de la belle-mère qui avait une allure gothique inquiétante franchement sympa- et la luminosité du visage de Carmencita, la belle-mère reste le joyau du film à mes yeux. Ses robes, ses grands yeux, ses chapeaux, j'étais tout à fait hypnotisée. En revanche, je n'ai parfois pas tout à fait cerné son personnage, il m'a semblée qu'elle était surtout cruelle pour le plaisir d'être cruelle. Il y a bien une question de jalousie à la fin du film -avec cette histoire de une de journal qui remplace intelligemment le miroir magique- mais le fait est que la belle-mère ne se battait pas spécialement pour l'affection de son mari ni même vraiment pour l'héritage si bien que la seule solution qu'il me restait était qu'elle aimait faire souffrir Carmencita, tout simplement. Cela ne m'a pas dérangée outre-mesure cela dit vu qu'elle était fascinante de par sa simple présence. C'est véritablement de Carmencita, notre Blanche Neige, que nous parle le film. Et plus particulièrement, il nous parle de la relation de l'héroïne à ses parents, de la façon dont elle cherche à les atteindre comme elle peut, via sa grand-mère, la danse, la musique, puis, enfin, la tauromachie.

 

Au passage, en parlant de tauromachie, c'est un des éléments centraux du film -pas vraiment en soi mais dans la construction du personnage de Carmencita- mais on ne voit aucune mise à mort de taureau. Techniquement je ne crois même pas qu'un seul taureau meure dans le film, ce sont plutôt les matadors qui finissent à l'hosto -et franchement j'ai du mal à compatir à leur sort vu qu'après tout les taureaux n'avaient rien demandé, les pauvres....- Le film ne donne pas non plus dans l'apologie de la tauromachie -la pratique signe la perte de la famille de Carmencita, le public des nains matadors est présenté comme un public monstrueux et pour finir [spoiler] la tauromachie n'est qu'un moyen pour Carmencita de se « lier » à son père mais est sa perte à elle également, de même que le taureau gracié par la jeune fille a le rôle héroïque de débarasser le monde de la méchante belle-mère [/spoiler]- donc je l'ai regardé sans me sentir mal à l'aise. Je précise parce que je sais qu'il y a des gens qui pourraient avoir un vrai problème avec cet aspect-là et, moi-même, sans être exactement une grande activistes question droits des animaux, j'ai du mal avec la violence vis-à-vis des animaux dans les films -ou dramas d'ailleurs, je t'en veux toujours SHARK ><-.

[En dehors de Disney] Blancanieves[En dehors de Disney] Blancanieves
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Enfin en l'occurence c'est surtout notre héroïne qui est malmenée par le film, un film résolument noir. N'allez pas chercher ici des petits oiseaux qui font la vaiselle surtout, vous seriez déçues. Il y a bien des passages un peu comiques mais ils tiennent surtout du grotesque et ils ont quelque chose de dérangeant en soi. Quant à la fin, [spoiler] je l'ai honnêtement assez mal vécue car j'espérais que, malgré les quelques entorses au conte principal, nous aurions droit à une happy-end. Et en fait non. Après avoir passé tout le film à perdre les gens qu'elle aime un par un, alors même qu'elle venait de se trouver un lien avec son père, d'affiirmer son identité, de se trouver une famille et un homme à aimer, une place au soleil, voilà qu'elle se retrouve dans la pire des situations : enfermée à l'intérieur d'elle-même. La larme qui coule sur sa joue à la fin du film peut être interprétée comme un symbole d'espoir, l'idée qu'un jour elle finira par se réveiller, mais pour ma part je la vois plutôt comme simplement une preuve qu'elle est consciente mais bloquée dans son propre corps, une fin terriblement noire où Blanche Neige a été réduite à un monstre de foire sans happy-ending dont on viole le corps tous les soirs. Que c'est gai :') [/spoiler]

 

 

Il est très clair que Blancanieve ne conviendra pas à tous les publics car le film est assez particulier dans sa forme. Néanmoins j'ai trouvé que c'était une adaptation -très libre, le film s'inspire plus qu'il n'adapte en fait et l'histoire de Blanche Neige existe dans l'univers du film- réussie, un plaisir pour les yeux, et un film prenant parce qu'il est plein d'émotions et parce qu'il est différent de ce que je regarde d'habitude.

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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