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9 souls

ナイン・ソウルズ

 

 

Sorti en 2003

 

Réalisé par Toyoda Toshiaki

 

 

Avec :

 

Harada Yoshio >>> Torakichi

Matsuda Ryuhei >>> Michiru

Dairaku Genta >>> Ushiyama

Itao Itsuji >>> Fujio

Chihara Koji >>> Kazuma

Yamada Mame >>> Shiratori

Onimaru >>> Shishido

Suzuki Takuji >>> Inui

Shibukawa Kiyohiiko >>> Saruwatari

 

 

 

Dontesque ?

 

Neuf criminels s'évadent de prison et entament leur fuite tous ensemble dans un petit van, à la recherche d'un butin caché.

 

 

8,5/10

 

Toujours sur la route d'Eita, voici un film qui me faisait de l'oeil depuis un moment parce que le premier rôle est tenu par Matsuda Ryuhei. Honnêtement je ne savais pas qu'Eita était au casting avant de lancer le projet Eita -parce qu'il a, encore une fois, un rôle très secondaire- mais Matsuda Ryuhei suffit à me motiver à regarder à peu près n'importe quoi. Cela dit le film avait l'air plutôt déprimant donc je l'avais laissé de côté. Jusqu'à la semaine dernière c'est-à-dire. La semaine dernière donc, résignée à me saper le moral au nom d'Eita, j'ai lancé le film. Et je vous avoue que pendant un temps je n'ai pas été trop certaine de savoir ce qu'il voulait nous dire mais en tous cas j'étais au moins sûre d'aimer ce que je regardais. 9 souls nous parle de neuf criminels à la recherche de liberté et, surtout, d'une connexion dans ce monde, et il le fait avec un mélange d'humour, de gravité et de surréalisme prenant. Au passage, le réalisateur n'est pas du tout un inconnu puisqu'il s'agit de Toyoda Toshiaki, c'est-à-dire le monsieur qui a réalisé Aoi Haru -exellent film, également avec Matsuda Ryuhei et Eita dans un petit rôle-. Je ne le savais pas en lançant 9 souls mais lorsque nos criminels s'échappent de la prison, il y a une scène de course au ralenti où on nous présente les personnages et où je me suis dit « c'est marrant, cela ressemble à la scène post-photo sur le toit d'Aoi Haru ». Je suis donc allée vérifier le nom du réalisateur et sa filmographie : bingo c'était le même. Au passage Toyoda Toshiaki a également réalisé Hanging Garden et Monsters Club avec Eita ainsi que Crows Explode – qu'il faut décidément que je vois parce qu'un volet de Crowz par le mec qui a réalisé Aoi Haru, cela m'intrigue- et I'm Flash avec Nagayama Kenta, le petit frère d'Eita. Apparemment il kiffe cette famille et je ne saurais le lui reprocher vu que moi aussi. Bon mais si la scène de course/présentation des personnages est la première à m'avoir fait me dire « je connais ce style de réalisation », ce n'est pas la première à m'avoir interpellée.

 

Non, la première scène qui m'a interpellée c'est... ben... la première scène. En effet le film s'ouvre sur un long vol au dessus de Tokyo. Une mélodie à la guitare nous donne un sentiment d'anticipation et de gravité tandis que les buildings se grisent, noircissent puis disparaissent, de plus en plus vite, jusqu'à ce que Tokyo ne soit plus qu'un désert au milieu duquel la Tokyo Tower se dresse seule. En un fondu, on découvre alors le visage de Michiru -Matsuda Ryuhei- qui écoute son père et son frère se disputer dans une autre pièce. Il sort un couteau et le considère un instant, formant un plan où le couteau et la Tokyo Tower deviennent parallèles. Puis il sort de la pièce et le meurtre de son père a lieu off-screen. Cette première scène m'a tout de suite accrochée parce qu'elle nous parle de l'isolement du personnage -qui, contrairement aux autres personanges, vit déjà enfermé avant même d'être envoyé en prison- et parce qu'elle anticipe les tragédies à venir. Avec le recul elle me fait également penser à la fin d'Aoi Haru où l'école toute entière se teint de noir un instant, contaminée par le désespoir d'Aoki. Là, c'est le détachement de Michiru et son obscurité qui font de Tokyo un gigantesque désert où se tiennent seuls lui et son couteau. A la fin, dans une séquence qui, une fois de plus, est centrée autour de Michiru, la musique est reprise ainsi que l'idée de la Tokyo Tower mais avec un élément ajouté que je ne vous révèle pas, bien entendu, mais c'était une bonne fin, pleine de signification.

[Un van, des nuages, des hommes] 9 souls  ナイン・ソウルズ [Un van, des nuages, des hommes] 9 souls  ナイン・ソウルズ
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L'isolement, Michiru n'est pas le seul à en souffrir. Lorsqu'il arrive en prison, nous découvrons nos huit autres personnages -ainsi qu'un autre qui disparaît assez rapidement mais qui sert de réveil aux autres car c'est lui qui leur hurle qu'ils ont été relégués dans le « trou du cul de la société »-. Et tous sont là depuis trop longtemps, tous veulent sortir parce que, déjà, ils ont soif de liberté mais surtout parce qu'ils ont un besoin de contact humain que la prison ne peut pas satisfaire. Certains ont des gens en particulier à revoir, d'autres veulent simplement entrer en contact avec quelqu'un, n'importe qui et ils s'évadent tous ensemble -sans qu'on sache exactement comment, cela passe très vite mais c'est parce que ce n'est pas le sujet de toute façon-, restant les uns avec les autres jusqu'à ce qu'ils trouvent la personne qui les pousse à quitter le groupe. Malheureusement ce qu'ils découvrent c'est que ce monde n'a plus de place pour eux et je me suis sentie tellement triste à les regarder, j'avais mal pour eux. Pourtant la plupart d'entre eux sont des criminels et on ne parle pas de petits crimes -en plus à un moment donné ils font un truc à un mouton vraiment pas cool T.T- mais le film fait du très bon boulot, nous permettant de les voir dans ce qu'ils ont de plus humain et vulnérable et nous faisant nous y attacher. Cela passe par plusieurs choses.

 

En premier lieu, on les voit créer des liens entre eux. On les voit se soutenir les uns les autres, plaisanter, manger ensemble, créer une petite communauté à laquelle on s'attache. Le film aurait très facilement pu tomber dans les tensions aisées à exploiter avec tous ces ex-détenus, pour la plupart coupables de crimes violents, enfermés dans le même van à longueur de journée. Mais si certaines disputes éclatent de temps en temps, somme toute, on nous dresse le portrait de personnages qui se rapprochent les uns des autres et forment une amitié. Et ensemble nous les regardons passer de bons moments, parfois très innocents, par exemple lorsque les personnages de Michiru et Kazuma regardent les nuages et y trouvent des formes, cherchent des trèfles à quatre feuilles -et Michiru en trouve plein mais cela ne lui portera pas chance, les feuilles finiront arrachées-. Il y a aussi une scène à vélo où les personnages ont l'air tellement heureux que j'en ai eu le cœur tout réchauffé mais bien entendu cette scène précède une tragédie de taille. Tout de même, à voir ces êtres humains trouver du réconfort dans la présence des autres, on commence à vraiment s'impliquer dans leur histoire. Par ailleurs, le début du film a une touche d'absurde surréelle un peu comique et engageante -par la suite la touche suréelle est toujours là mais elle est moins drôle-. Le film ne part jamais dans le délire complet mais il a quelque chose de décalé entre tendresse et comique qui touche juste et qui rend la transition vers le côté plus tragique de l'histoire d'autant plus violent pour le cœur sans pour autant qu'il y ait une véritable impression de basculement total -en gros on ne tombe pas d'un opposé à l'autre, c'est une progression, le film n'est pas tout blanc puis tout noir-.

 

La fin du film est douce amère -notez : la véritable fin du film est après le générique donc, si c'est ce que vous faites d'habitude, n'arrêtez pas de regarder pendant le générique de fin ^^- et pleine d'émotion. [spoiler] D'un côté la plupart des personnages sont morts mais d'un autre côté leurs âmes sont libres et voyagent dans un van aux couleurs du ciel avec enfin la compagnie humaine dont ils étaient assoiffés. Et Michiru est sorti de sa boucle d'isolation. [/spoiler] C'est une très jolie conclusion à ce film qui m'a laissée dans un état un peu « flottant » pendant quelques heures. Oh et Eita ! Quand même, il faut bien que j'en touche quelques mots. Eita joue le grand-frère de Michiru. On entend sa voix lors de l'ouverture du film puis on le retrouve plus tard mais on ne peut pas dire qu'on le voit beaucoup. Il est bon, bien entendu, et c'est toujours un plaisir de le voir à l'écran même dans un rôle peu sympathique -surtout s'il partage l'écran avec Matsuda Ryuhei-, mais ce n'est pas un personnage principal du tout, bien qu'il soit important. Enfin en tous cas, grâce à lui et ce projet, j'ai fini par voir 9 souls, ce que je ne regrette pas le moins du monde et je ne peux que vous conseiller d'en faire autant !

Tag(s) : #Cinéma Asiatique

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