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Diffusé en 2004

 

Ecrit par Seishi Minakami & Satoshi Kon

 

Réalisé par Satoshi Kon

 

13 épisodes

 

 

Détails techniques sur wikipedia

 

 

 

Dontesque ?

 

Une dessinatrice, créatrice de mascottes, Tsukiko Sagi, stressée à l'idée de devoir créer un nouveau personnage, est attaquée un soir par un enfant mystérieux à rollers dorés qui tient à la main une batte tordue. Après cette attaque, d'autres suivent et bientôt celui que tout le monde appelle « Shonen Bat » -« le garçon à la batte »-terrorise et fascine Tokyo.

 

 

8,5/10

 

Pour être parfaitement honnête je ne sais pas trop pourquoi je me suis dit « eh regardons cet anime ! ». Si j'avais su qu'il était réalisé par Satoshi Kon cela aurait certainement pu me motiver -même en n'y connaissant queudale en anime, je sais qui c'est quand même... je n'ai vu que Tokyo Godfathers de lui cela dit, il faudrait sans doute que je me penche sur le reste- mais je ne le savais pas donc je crois bien que j'ai du voir l'affiche et me dire « regardons cela, je le sens bien ». J'avais raison notez bien ! Mon instinct ne m'avait pas trompée. Paranoïa Agent n'était pas la perfection incarnée dans un anime mais c'était très intéressant à regarder. Déstabilisant aussi un peu. Rien que l'opening est déstabilisant : des personnages rient de façon quasi-robotique sur fond, pour certains, de décors insolites et d'autres, de destruction absolue. Il y a quelque chose d'assez angoissant à cet opening. L'ending est plus paisible, nous montrant les personnages en train de dormir et, probablement rêver, -vu que le thème principal de l'anime est la fuite de la réalité- sous la protection de la mascotte mignonne créée par Tsukiko, mais l'opening, lui, est finalement assez angoissant. En plus avec ces paroles qui parlent d'un beau « champignon dans le ciel »... et effectivement il y a une image d'un personnage en train de rire de façon méchanique devant ce qui semble être un champignon d'explosion nucléaire... Bref quand vous rentrez dans cet anime ne vous attendez pas vraiment à la comédie du siècle. Plus l'anime avance, plus la réalité se déforme et plus l'angoisse monte. Plus il peut devenir difficile à suivre aussi.

 

Oui, je dois bien l'admettre, il y a quelques scènes que j'ai du repasser parce que je n'étais pas bien certaine d'avoir parfaitement suivi ce qu'il venait de se passer. C'est-à-dire que je suivais facilement les grandes lignes mais des fois des détails m'échappaient, notamment au niveau du message général de l'anime et je trouvais cela dommage. C'est plutôt positif: quand je n'étais pas certaine d'avoir capté une subtilité, je revoyais la scène au lieu de me dire « oh, tant pis ». Ce qui signifie que j'étais suffisamment intéressée par ce que l'anime me racontait pour y revenir et m'assurer d'avoir tout bien enregistré. Cela dit, maintenant que l'anime est terminé, je ne suis pas certaine d'avoir tout bien enregistré. L'essentiel est clair cela dit : la société se repose de plus en plus sur des échappatoires artificels. Que ce soit Shonen Bat qui vient agresser ceux qui se sentent complètement cernés et ne trouvent plus de porte de sortie à leurs soucis ou Marumi, la petite mascotte -puissamment adorable il est vrai- qui vient apporter un peu de joie et de bons sentiments au public, créant un effet de mode monstrueux, tout est question d'échapper à la réalité, chaque personnage ayant ses raisons. L'histoire de Shonen Bat et Marumi était très intéressante en soi, avec beaucoup de questions en suspens, notamment sur la véritable origine de Shonen Bat. J'ai aimé ce qu'il symbolisait et il y a notamment un épisode le concernant qui m'a beaucoup plu : l'épisode 11. Dans cet épisode-là, quelqu'un discute avec Shonen Bat et on ne voit quasiment que son ombre tout le long de l'épisode. On le voit devenir plus grand et plus agressif lorsque son interlocutrice semble sur le point de tourner le dos à la réalité, plus petit et presque effrayé lorsqu'elle explique qu'elle veut faire face à la vie... Shonen Bat nait et se nourrit des angoisses des gens et c'est un épisode qui le met particulièrement bien en scène.

[Dangeureuses échappatoires] Paranoia Agent 妄想代理人  [Dangeureuses échappatoires] Paranoia Agent 妄想代理人  [Dangeureuses échappatoires] Paranoia Agent 妄想代理人
[Dangeureuses échappatoires] Paranoia Agent 妄想代理人  [Dangeureuses échappatoires] Paranoia Agent 妄想代理人
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Cela dit je crois bien que mon épisode favori reste le second, celui où je suis réellement rentrée dans l'anime. Chaque épisode, en gros, tourne autour d'un personnage différent, chacun ayant d'ailleurs un nom d'animal -du moins en partie-, le monde devenant alors une sorte de jungle ou, plutôt, un zoo où tout le monde est en cage. Bref, même si certains épisodes échappent un peu à ce format, la plupart du temps on a quand même un personnage central et chacun de ces personnages angoisse pour une raison différente. On va avoir un flic corrompu qui se sent cerné par des gangsters qui lui foutent la pression, une femme au foyer qui se sent exclue par les femmes du voisinage, un employé qui se sent maltraité par ses supérieurs, etc. Et chacun va finir par perdre pied d'une façon ou d'une autre, leur détresse étant le signal qui mènera Shonen Bat jusqu'à eux. Si l'épisode 2 est mon favori ce n'est peut-être pas parce que c'est le meilleur de tout l'anime mais parce que c'est le premier où je me suis sentie impressionnée. L'histoire dans cet épisode-là est celle d'Ichi, un petit garçon particulièrement populaire qui en est devenu imbus de lui-même. Parce qu'il se déplace en rollers dorés, la rumeur commence à courir qu'il est en vérité Shonen Bat et à partir de là, c'est la descente aux Enfers. Il se sent complètement cerné, il se met à suspecter les gens de sa classe -un en partculier en fait- d'avoir lancé la rumeur, et l'indifférence des autres se transforme en brimades. Pour finir Ichi a tellement peur du regard des autres qu'il refuse même de sortir de sa chambre et il y a cette séquence cauchemardesque où sa mère lui dit à travers la porte qu'il est temps d'aller à l'école. Les dessins se font différents, déformés, oppressants. Depuis le début Ichi avait tendance à se laisser aller à des fantasmes mais pour le coup, il s'agit vraiment d'un délire paranoïaque, la réalité est déformée, les gens deviennent des monstres à ses yeux. Et j'ai trouvé que la façon dont les images empruntaient son point de vue et dont l'épisode prenait ce garçon et nous montrait les étapes menant à sa réclusion, était vraiment prenante. En général, je dois bien admettre que finalement, bien que la trame principale m'intéressait, je suis plus rentrée dans les histoires individuelles des personnages qui nous étaient présentés petit à petit. Dans chaque histoire il y avait un mal-être que l'anime arrivait à me faire ressentir. Bizarrement le seul épisode qui m'ait finalement laissée plutôt heureuse est celui sur les trois personnes qui veulent mourir... sérieusement, l'épisode sur les trois personnes suicidaires était le plus drôle et le moins perturbant à mes yeux.

 

Dans l'ensemble tout de même, Paranoïa Agent n'est pas un anime très gai. Les termes abordés -le suicide, la dépression, la corruption, la pédophilie, etc- et les évasions -la déconnection totale de la réalité, la mort, ...- sont déjà bien sombres et même si de petites victoires sont remportées, l'anime est pessimiste, la fin ne laissant pas entrevoir beaucoup d'espoir pour le monde à venir. Par ailleurs, l'animation appuie vraiment sur ce côté très obscur. Les dessins ne sont pas exactement beaux on va dire. Enfin, non, j'apprécie énormément le style, c'est très bien dessiné, simplement les visages, dans un souci de réalisme d'un côté et, je pense, afin aussi de montrer des personnages moins lisses, moins parfaits, sont souvent un peu laids. Et l'anime joue vraiment avec la réalité, mélangeant les techniques et parfois les « dimensions » au point qu'on ne sache plus vraiment où l'on se trouve. Cela créé une ambiance très particulière à l'anime et c'est en grande partie ce qui en fait l'intérêt. Un petit regret que j'ai eu est la bande-son qui aurait pu, peut-être, être un tout petit peu plus variée mais ce n'était pas non plus critique.

 

Somme toute, j'ai beaucoup aimé Paranoïa Agent. J'ai pris mon temps pour le regarder, je ne l'ai pas avalé en deux soirées, mais j'ai beaucoup aimé ce que j'ai vu et ce n'est clairement pas une série qui laisse indifférent, quel que soit le sentiment qu'elle inspire. C'est donc un anime que je recommanderais et je suis contente d'avoir laissé l'affiche me pousser à le regarder~ Je savais bien qu'il fallait juger les livres à leur couverture \O/

Tag(s) : #Anime

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