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Alice au Pays des merveilles

 

 

 

Sorti en 1951

 

Réalisé par Clyde Geronimi, Wilfred Jackson & Hamilton Luske

 

Plein d'infos sur Wikipedia

 

 

 

Dontesque ?

 

Alors qu'elle écoutait d'une oreille la leçon d'histoire que lui faisait sa sœur ainée, la jeune Alice voit passer un lapin blanc élégamment habillé et portant une montre à gousset. Curieuse de savoir où il court de la sorte, elle le suit et tombe dans un terrier qui la mènera dans un tout nouveau monde.

 

 

 

7,5/10

 

Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas causé Disney par ici, pas vrai ? Je me suis lancée dans les films d'action et mes projets sont restés un petit peu -okay, complètement- en plan. J'avais besoin et j'ai toujours besoin du break, je m'y amuse beaucoup -et ne suis pas pressée d'en sortir du tout-, mais tout de même il faut faire avancer ces projets et donc, entre deux films avec Keanu Reeves, je me suis lancée un dessin-animé: je me suis lancée Alice. Et en anglais en plus, ce qui a été un petit peu perturbant d'ailleurs car je suis très habituée à la version française mais j'avais envie de voir ce que donnait la version originale. Et mon verdict est que je préfère la traduction française au niveau des lignes et de plusieurs des voix mais que j'aime mieux le doublage d'Alice dans la version originale, je trouve que la voix a plus de personnalité. Enfin les deux versions sont bonnes au final et j'apprécie de voir le film dans l'une ou l'autre. Maintenant tout de même je dois dire qu'Alice ne fait pas partie des Disneys que je regarde le plus souvent, il n'est pas très courant que je me dise « je reverrais bien ce film là tout de suite », il m'arrive plutôt d'en revoir une ou deux scènes. Je pense que c'est du au fait que le film est finalement assez décousu -pour de bonnes raisons: l'histoire se déroulant dans un rêve, cela a du sens et le livre est également très décousu-, c'est plus une sucession de scènes qui se rejoignent à la fin que véritablement un fil continu comme l'est, par exemple, La Belle et la Bête. Dans Alice finalement c'est véritablement le monde, l'univers que j'aime, et je suis souvent d'humeur à voir tel ou tel passage. Et il faut dire aussi qu'Alice elle-même n'est pas un personnage que je trouve spécialement passionant, elle palit face au reste.

 

Pas qu'elle soit désagréable mais elle n'est pas attachante et elle ne progresse pas énormément à travers le film. Mais si son obsession vis-à-vis du lapin blanc est un peu poussée, elle reste une héroïne décente. Et puis je comprends qu'elle soit intriguée, je le serais aussi et okay elle insiste bien plus qu'il n'est raisonnable ou réaliste mais en même temps on est dans Alice au pays des Merveilles, on n'est pas dans la réalité et le fait qu'elle soit iraisonnable est non seulement ce qui lance l'histoire mais également ce qui nourrit tout le film. Le pays des merveilles EST sans raison et la morale du film est qu'Alice devrait justement, elle, l'écouter un peu plus car si un peu de fantaisie est la bienvenue, savoir se raisonner est également une grande qualité -Alice le dit elle-même : elle se donne de bons conseils, ne les écoute pas et pourtant elle devrait-. En clair tout est question d'équilibre. Mais bref Alice n'est pas un personnage qui me passionne, elle ne m'a jamais passionnée, et c'est tout ce qui l'entoure qui fait réellement le charme du film. Ne serait-ce que les décors ! La façon dont les lignes sont courbées, déformées lorsqu'Alice est tombée dans le terrier, je trouve cela fascinant. J'adore les designs des créatures qui peuplent le pays des merveilles, leurs expressions, toutes les couleurs que l'on trouve dans les dessins mais également les zones d'ombre qui sont laissées dans les décors, notamment dans la forêt où l'on ne voit jamais très loin. C'est un monde très lumineux et qui à la fois semble cacher beaucoup de choses et, en conséquence, est très inquiétant. De toute façon, j'avais très peur de ce film quand j'étais jeune -combien de fois vais-je vous dire d'un Disney qu'il me terrifiait quand j'étais gosse? Décidément la souris m'a pas mal traumatisée!-.

 

Parce que le pays des merveilles est littéralement un monde de dingues. Et le film a très bien saisi l'ambiance du livre de Lewis Caroll. Cet univers est plein de routes qui ne mènent jamais au même endroit, de choses qui ne sont pas ce qu'elles semblent être, de règles absurdes impossibles à anticiper et de personnages fous qu'on n'arrive pas vraiment à saisir et donc dont on ne peut pas prévoir les réactions. Et c'est bien connu : on a peur de ce qu'on ne comprend pas. Surtout quand on est plongé en plein dedans et que, comme Alice, on essaie d'y appliquer une logique et un sens qui ne fonctionnent juste pas. Alors quand en plus le monde entier finit par se retourner contre nous et à nous poursuivre pour nous couper la tête, forcément...

Après il y a des degrés dans la frayeur. Par exemple je n'ai jamais eu peur du Chapelier Fou et du Lièvre de Mars qui m'ont toujours vraiment amusée. Parce qu'essentiellement ils ne font pas grand-chose à part proposer -mais pas vraiment offrir- du thé à Alice et l'interrompre tout le temps, sans oublier de se perdre dans leurs propres pensées. Ils ne la retiennent même pas vraiment, ils la calculent à peine. C'est un peu comme le dodo, ils sont dans leur truc et Alice y fait un saut et s'en éclipse. Alors que, par exemple, Tweedle Dee et Tweedle Dum, en plus d'avoir un design flippant de base et une façon de bouger inquiétante car trop rapide et trop délivrée des lois de la physique, cherchent vraiment à retenir Alice en lui barrant le chemin -et en plus ils lui racontent l'histoire affreuse des petites huitres T.T-. Après on a la chenille que je trouve assez menaçante aussi parce qu'elle se met réellement en colère et qu'elle a cette aura de « figure d'autorité » qu'aurait un parent ou un professeur. Et la reine est ouvertement menaçante, elle fait tomber les têtes après tout ! Mais sa colère a quelque chose de comique parce que la reine de cœur a finalement tout de l'enfant gâtée qui fait un caprice. Une enfant avec des pouvoirs qui la rendent dangereuse mais une gosse malgré tout. Et la façon dont elle est dessinée la rend très drôle, j'adore ses expressions de visage. En fait, de loin, le personnage le plus inquiétant de ce film est également le plus emblématique : le chat de Cheshire. Et encore une fois ce qui le rend aussi angoissant est le fait qu'il n'est pas ouvertement menaçant, il est même plutôt amical à sa façon au début, mais simplement il est impossible de savoir ce qu'il se trame dans sa tête, de savoir dans quelle direction il va aiguiller Alice. Et à la manière de Tweedle Dee et Dum, il a aussi cette façon de bouger qui fait qu'on ne sait jamais où il va apparaître, s'il est déjà parti ou s'il est sur notre épaule ou entre nos jambes. Sérieusement comment pouvez-vous attendre d'une gosse qu'elle ne se pisse pas dessus en voyant cela :

Bon d'accord, j'étais peut-être un peu sensible mais moi cela me faisait peur.

 

Maintenant ça va mieux et il va sans dire que j'adore ce personnage mais j'adore ce personnage en grande partie parce qu'il est flippant, de même que j'adore ce monde pour ce qu'il a de fun, d'inventif, de coloré et d'inquiétant. Alice aux pays des Merveilles n'est pas le Disney que je revois le plus mais c'est un des Disney dont le monde a le plus débordé sur mon imaginaire justement parce qu'il a été aussi bien imaginé. J'y suis donc très attachée et si ce n'est clairement pas un film dont je vais vous faire découvrir l'existence -faut pas déconner, que vous l'ayez vu ou non, vous savez qu'il existe-, je ne peux que vous encourager à y jeter un œil si ce n'est déjà fait.

Tag(s) : #Cinéma Occidental, #Disney

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