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Sorti en 2001

 

Réalisé par Darrell Rooney & Jeannine Roussel

 

 

Détails sur Wiki

 

 

 

Dontesque ?

 

Le fils de Lady et du Clochard –Tramp comme je vais l’appeler dans l’article-, Scamp, rêve de la rue qu’il voit comme un terrain libre dans lequel il pourrait finalement s’épanouir et s’émanciper des règles de son foyer qu’il trouve trop strictes.

 

 

 

4/10

 

Quelque part en 2001, lors de la grosse vague de suites signées Disney et sorties directement en VHS et DVD, est sorti ce film dont, pour tout vous dire, j’ignorais l’existence jusqu’à ce que je me lance dans ce projet. Autant vous dire que je n’étais pas particulièrement enthousiaste à l’idée de le lancer … les suites Disney n’ont pas exactement bonne réputation et toutes celles que j’ai vues étaient effectivement de médiocres à vraiment mauvaises. Enfin vu que La Belle et le Clochard ne fait pas exactement partie de mes classiques Disney favoris, au moins je ne craignais pas de prendre trop à cœur la possible trahison de l’original. Ce qui ne m’a pas empêchée de la constater mais effectivement je ne l’ai pas vécue trop mal. Par ailleurs, si c’était une mauvaise suite, le film n’était pas non plus irregardable, pas douloureusement mauvais, il n'est simplement également … pas bon.

 

Histoire néanmoins de commencer par du positif, je dirais que de manière générale, l’animation du film se défend. Les décors manquent parfois légèrement de détails –notamment, lors de certaines scènes, quelques figurants de plus n’auraient pas fait de mal- mais en général, cela reste agréable à regarder et j’ai trouvé plutôt pas mal le fait que le film décide de changerun peu de style visuel. Pas que je n’aimais pas le style visuel du premier film mais quand les suites Disney, avec leurs qualités de production moindres, essaient de reproduire l’animation des films précédents, elles n’en apparaissent généralement que plus cheaps. Donc là, tant qu’à faire, le changement était plutôt le bienvenu. Par contre c’est vrai que c’était étrange de voir l’intention du premier complètement absente du second : là où la Belle et le Clochard tâchait de garder ses animaux aussi animaux que possible et nous montrait les hommes de leur point de vue et pas trop souvent, le 2 rend ses animaux plus humains –déjà : ils chantent- et n’hésite pas du tout à nous montrer ses personnages humains en entier. Le point de vue n’est pas du tout le même et le changement fait un peu bizarre. Mais tout de même l’animation est plus que décente. Et j’aimerais en dire autant de la musique mais, wow, j’ai vraiment trouvé que c’était un désastre. Les chansons sont paresseuses au possible ! Certaines sont passables mais je les ai toutes trouvées oubliables et je pense que, de loin, la plus insupportable était la chanson d’amour entre nos deux personnages principaux –encore que Family se défende pas mal dans le genre-: sirupeuse, fade et clairement écrite sans même un minimum d’effort. Je sais que j’avais dit de la musique du I qu’elle ne me plaisait pas des masses mais au moins elle avait une certaine identité et, en partie, pâtissait du temps passé entre sa sortie et ma découverte du film.

 

Venons-en au plus important : l’histoire. Le résultat est mitigé. Dans l’ensemble c’est, encore une fois, plutôt médiocre mais l’idée de base, l’idée de « il faut sortir de chez soi et partir à l’aventure pour se découvrir soi-même et trouver sa voie » n’est pas mauvaise. Le souci c’est que les personnages que l’on nous propose de « trouver » ne sont pas sympathiques. Enfin quand je dis « les personnages » je veux dire « le personnage » en fait parce qu’Angel n’est pas désagréable, c’est juste qu’elle est assez bateau et que je l’aurai oubliée dans deux semaines. Non le vrai souci c’est Scamp qui, excusez le langage, est un vrai petit con. Mais pas comme pouvait l’être Simba qui était insouciant, espiègle et probablement un peu gâté. Scamp est toute ces choses et on se dit que ce n’est pas grave, qu’il va grandir, mais ce qui véritablement me l’a rendu antipathique est la façon dont il constate qu’il a brisé le cœur de sa famille et… se barre à nouveau. Sans un mot. Il voit que tout le monde pleure son absence et est mort d’inquiétude et rien, il ne laisse même pas un message, il retourne gambader dans les champs –enfin les rues en l’occurrence-. Impossible pour moi de m’attacher à un protagoniste pareil et la leçon qu’il apprend à la fin du film n’a pas suffi.

Du coup, puisque je n’arrivais pas à m’impliquer dans l’histoire, j’ai passé mon temps à me poser des questions. Par exemple : comment les hommes font-ils pour deviner le nom des chiens qu’ils adoptent -et au passage ils en sont à 7 chiens quand même o.o heureusement qu'il n'y a pas de 3!- ? Ils ont des pouvoirs psychiques ? Et encore, appeler un chiot « Angel » okay, mais appeler ton nouveau chien « Tramp/Clochard » c’est pas sympa quand même. Ensuite, le film veut faire un clin d’œil au premier en ramenant les deux cuistots italiens et ce coup-ci ils font des spaghettis pour Scamp et Angel mais ils connaissaient Tramp, ils ne connaissent pas Scamp alors… quoi, ils préparent des plats de pâtes pour tous les chiens errants du quartier ? Ca les fait juste kiffer de cuisiner des diners romantiques pour animaux ? Est-ce qu’ils se limitent aux chiens ou est-ce qu’ils le font aussi pour les chats et les pigeons ? A côté de cela, à la fin du film les animaux errants décident que finalement, c’est cool d’avoir une famille et qu’eux aussi veulent avoir un foyer. Et zop, puisqu’ils l’ont décidé, ils ont un foyer, juste comme cela. Aaaah merci Disney de m’avoir éclairée ! Les animaux qui crèvent de faim dans la rue n’y sont pas parce qu’ils ont été abandonnés par des maitres irresponsables mais parce qu’ils ne sont pas prêts à se « caser » ! Et lorsqu’ils le seront, dans un pouf magique, ils seront heureux « ever after ». Bon et puis le leader du gang auquel appartient Angel était ami avec Tramp et il passe son temps à draguer Angel. Dois-je en déduire qu’il drague une gamine –okay, chienne, mais le film s’attache tellement à les humaniser que…- qui a l’âge d’être sa fille ou bien qu’elle a son âge et finit en couple avec un gosse qui a l’âge d’être son fils ?

 

En tant que suite, à présent, le plus gros défaut de ce film est de complètement trahir les personnages principaux et les intentions, le ton du premier film. Tramp est devenu un papa rangé et autoritaire qui ne jure que par l’ordre, les règles, le foyer, et même s’il était évident que sa nouvelle vie allait le changer, son nouveau caractère ne parait pas naturel du tout, on a l’impression d’avoir un nouveau personnage devant les yeux, un qui n’a rien à voir avec celui que nous avions appris à aimer. Mais au moins, eh, il est présent ! Parce que Lady, elle, est une non-présence dans ce film. Elle a deux trois répliques mais sinon, nope, elle ne fout rien, elle laisse Tramp s’occuper de tout. Il y a une scène où Angel vient prévenir Lady et Tramp que leur fils est en danger et Tramp la suit aussitôt mais Lady ? Pas de réaction. Ou en tous cas on ne nous la montre pas. Et encore une fois, cela ne cadre pas du tout avec Lady telle que nous la connaissons : oui c’était une chienne « de race », « de la haute », moins débrouillarde que Tramp, mais face au danger dans le premier film, elle était courageuse et décidée, pro-active. Dans ce film, son FILS est en danger et elle reste le cul posé sur le porche ? Nope, pas d’accord. Quant au ton du film, il est drôlement édulcoré, l’exemple principal de cela étant le passage à la fourrière. Dans le premier film, la fourrière était un endroit déprimant dans lequel les chiens étaient en gros en prison, attendant, pour certains d’entre eux, d’être piqués. Dans le deux, le type de la fourrière fait du comic relief et la fourrière elle-même perd tout ce qu’elle avait de réellement menaçant.

 

Bref, ce film trahit les personnages principaux de son premier volet et infantilise son public, ce qui en fait une mauvaise suite. Le changement de point de vue et les différences dans l’animation ne sont pas forcément un problème et le film est esthétiquement réussi. En revanche la musique paresseuse à la limite de l’insulte, le personnage principal insupportable et les personnages secondaires oubliables le rendent médiocre. En clair ce n’était pas un film qui creusait le fond mais c’était quand même une perte de temps et il y a bien mieux à regarder.

Tag(s) : #Cinéma Occidental, #Disney

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