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Réalisé par Colin Eggleston

 

Sorti en 1978

 

 

Avec :

 

John Hargreaves >>> Peter

Briony Behets >>> Marcia

 

 

 

Dontesque ?

 

Un couple qui traverse une passe très difficile part en week-end faire du camping dans un endroit un peu retiré du monde. Mais leur manque total de respect pour l'environnement aura des conséquences graves.

 

 

 

6,5/10

 

Je vous ai parlé plus tôt aujourd'hui du film Alligator et, tant qu'à faire, continuons dans le thème « nature » avec Long Week End, un film qui cette fois-ci se situe bien en Australie, le pays de la faune diabolique. Et c'est pour cela d'ailleurs que le film m'a attirée. En vérité, je kiffe bien l'Australie à priori -je n'y ai jamais foutu les pieds c'est-à-dire mais c'est comme tous les pays, y a du bon et du moins bon- mais c'est vrai que ce pays semble réunir tous les animaux les plus flippants de la planète et j'avais envie de les voir passer à l'action. En plus le film ne semblait pas limité, comme c'est souvent le cas, à un seul animal et j'accueille la diversité : plus il y a d'animaux bouffeurs d'homme, plus je prends. Dans la bande-annonce il y avait même un lamantin. UN LAMANTIN. Créature qui, pour des raisons probablement hyper irrationnelles, me fait flipper de base ! Donc forcément, j'étais partante. Après je me suis rendue compte en commençant à regarder le film que je m'étais plantée de film, que j'étais en train de regarder l'original au lieu de regarder le remake dont j'avais vu la bande-annonce.. mais même si j'étais angoissée à l'idée que cette première version n'ait pas de lamantin à me proposer, j'ai continué à regarder l'original. Et j'ai plutôt aimé. Je ne suis pas entièrement convaincue mais je dirais que dans l'ensemble, j'ai plutôt aimé.

 

En fait mon souci est que contrairement à, apparemment, beaucoup de gens, je n'ai juste pas ressenti la tension que le film voulait créer. Peut-être juste avec le coup de l'animal mort -ha ha et je ne vous dirai même pas s'il s'agissait d'un lamantin comme cela le suspens sera intenable et vous serez obligés de regarder le film- qui n'avait pas l'air de s'immobiliser pour autant mais sinon je n'ai pas exactement eu peur pour nos personnages et le fait que je n'étais pas tout à fait opposée à l'idée de leur mort n'aidait pas. Après ce qu'il y a de bien c'est qu'il y a d'autres trucs à apprécier dans ce film heureusement. Deux choses en fait essentiellement et le premier c'est le thème de la nature qui est fort maltraitée. Le film s'ouvre sur l'image d'une sorte de crabe ou araignée -je suis désolée ce n'est pas super clair- qui progresse sur un gros rocher puis s'immobilise jusqu'à se fondre complètement dans le décor. On nous montre ensuite la plage, paysage idyllique qui semble tranquille mais le crabe -ou l'araignée, sérieusement je n'ai pas réussi à déterminer ce que c'était.... en tous les cas ce n'était pas un lamantin, je suis au moins certaine de cela- a été introduit pour bien nous dire « vous vous sentez peut-être seul mais il y a de la vie autour de vous, ne l'oubliez pas ». Puis le film s'attache à nous parler de nos personnages principaux et on voit le mari démarrer sa voiture et effrayer quelques pigeons. Rien de très grave jusque là mais cela donne malgré tout l'idée, d'autant que la femme, elle, est à la maison avec la télé en fond sonore qui parle d'oiseaux ayant attaqué des êtres humains sans qu'on arrive à l'expliquer. Donc voilà, l'idée est donnée : nos personnages principaux agressent mère nature, elle le vit mal, et elle n'a pas l'intention de se laisser faire. Cela dit, ce que j'ai trouvé sympa comme petite touche est que notre nature, si elle cherche à repousser nos personnages, à leur taper sur les doigts et à les faire fuir, ne les attaque pas vraiment de façon à les tuer au début. [spoiler] Et même à la fin c'est le mari qui tue sa femme par accident puis se fait tuer par un camion dont le conducteur décide de ne pas s'arrêter.... conclusion : l'être humain est quand même gravement pourri [/spoiler].

[Faut pas emmerder dame nature è.é] Long Weekend[Faut pas emmerder dame nature è.é] Long Weekend
[Faut pas emmerder dame nature è.é] Long Weekend[Faut pas emmerder dame nature è.é] Long Weekend

Après, par contre, c'est vrai que le film manque parfois légèrement de subtilité. Nous montrer le mari renverser un kangourou parce qu'il ne faisait pas suffisamment attention à la route et balancer ses ordures par terre est une chose mais j'ai trouvé que, par exemple, lui faire attaquer un arbre à la hache était quand même plutôt exagéré et pas exactement réaliste. Le film grossissait un peu trop le trait et ça le desservait plutôt que le contraire. On n'avait pas besoin d'avoir ces grosses touches, l'abus « ordinaire » suffisait : on le percevait très bien et, à mon avis il aurait été plus efficace car plus facilement appliquable au grand public qui est certainement plus souvent coupable de balancer des papiers dans la forêt que de couper des arbres juste pour le lol.

 

Après de toute façon me demander de m'identifier à ces personnages drôlement antipathiques était beaucoup demander justement. Et encore une fois, j'ai trouvé à ce niveau-là le film plus intéressant que réellement prenant. Car à côté de notre message environnementaliste nous avons l'histoire d'un couple qui suite à des évènements en particulier, s'est complètement démantelé au point de ne plus se supporter. C'est dommage que je n'ai pas réussi à les supporter non plus, je pense qu'il y avait moyen de faire ce film en ne me donnant pas envie de les voir se faire bouffer par un koala mais malgré tout leur mise en scène m'a interpellée. Et leur situation aussi est introduite très rapidement par le film notamment avec la scène où le mari, regardant sa femme par la fenêtre de leur maison tandis qu'elle ne le voit pas, fait mine de la viser avec son fusil. Et bien sûr il y a ce long voyage en voiture et son silence glaçant. Ce que j'ai trouvé intéressant en fait est toute la partie du film où l'on ne nous dit pas explicitement ce qu'il s'est passé mais où on nous le fait comprendre efficacement et progressivement par de petits éléments comme le refus de la femme de coucher avec son mari, sa relation particulière avec un « objet trouvé » - [spoiler] l'oeuf de l'aigle qu'elle conserve pendant très longtemps avant de finalement l'envoyer valser contre un arbre dans une dispute violente [/spoiler] – et ses hallucinations auditives. Quand finalement on nous explique ce qu'il s'est passé, on a déjà compris tous seuls et c'est la façon dont le film nous parle –bien plus subtilement pour le coup qu'il nous parle de son autre thème- de la rancune, de la colère et de la tristesse de ce couple brisé qui l'a rendu intéressant à mes yeux.

 

Entre discours sur l'environnement, notre effet sur cet environnement et la fin d'un couple qui s'enfonce dans l'amertume, ce film a de bonnes choses à proposer. C'est juste dommage que Long Week-End ait plus parlé à mon cerveau qu'à mon cœur ou mes tripes. Pas que je n'apprécie pas que l'on parle à mon cerveau hein, mais s'il avait pu parler au reste aussi, c'eut été mieux encore.

Tag(s) : #Cinéma d'Océanie

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