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Sorti en 2015

 

Réalisé par Benoit Philippon & Alexandre Heboyan

 

Ecrit par Benoit Phillipon & Jerôme Fansten

 

 

Avec :

 

    Michaël Gregorio >>> Mune

    Izia Higelin >>>  Cire

    Omar Sy >>>  Sohone

    Féodor Atkine >>>  Leeyoon

    Eric Herson-Macarel >>> Necross

 

 

Dontesque?

 

Dans un monde où le Soleil et la Lune sont gardés par des élus en charge, de fait, de l’équilibre du monde, un petit faune nommé Mune se retrouve nommé gardien de la Lune contre les attentes de tous. Peu assuré et complètement perdu, Mune fait plusieurs erreurs et à cela s’ajoutent celles de Sohone, le nouveau gardien bravache du Soleil. Les conséquences sont terribles : la Lune menace de disparaître tandis que le Soleil est volé par un démon qui le convoitait depuis longtemps. Mune, Sohone et leur nouvelle amie, Cire, s’embarquent dans un voyage périlleux pour retrouver le Soleil.

 

 

8/10

 

Ma décision d’aller voir ce film s’est basée sur une chose et une seulement : l’affiche. Elle était jolie, j’ai proposé à un ami d’aller voir le film –en lui offrant également des alternatives-, il a dit qu’il se le sentait, on y est allé, on s’est tapé 30 minutes de bandes-annonces –je kiffe les bandes-annonces mais en l’occurrence il y en a deux qu’ils ont passé trois fois chacune et… ça fait beaucoup o.o- et on a regardé le film. Ce que cette histoire passionnante vise à vous dire est que j’ai choisi Mune uniquement pour son esthétique que je sentais vraiment bien et… c’était l’atout principal du film donc je n’ai pas été déçue. Le film était superbe et tous les problèmes que j’ai eus avec se situaient au niveau de l’écriture. Et pas que de l’écriture « générale » d’ailleurs, j’ai également eu un souci avec le choix des mots. Parce que Mune créé un univers bien à lui, mystique, éloigné de notre société, et indéfini dans le temps. Du coup entendre des termes tels que « super balèze » ou encore « loser » ne cadre pas du tout et sort de l’ambiance car ce sont des mots trop modernes, trop propres à notre société. Le langage aurait du être plus « intemporel » je pense. Mais revenons à l’esthétique car encore une fois ce film est MAGNIFIQUE.

C’est pourquoi je vous encouragerai à aller le voir au cinéma si les problèmes d’écriture dont nous allons discuter ne vous rebutent pas. En tous cas moi je ne regrette pas d’avoir payé ma place parce que je m’en suis pris plein les yeux et ce dès le début. Le film a beaucoup de bonnes idées quant aux designs de ses créatures et de ses décors –décors qui parfois sont des créatures vivantes camouflées si on fait attention !-. Certaines paraissent un peu empruntées, certes, mais le film se créé très rapidement son propre univers, rempli de ses propres légendes, et on rentre dedans les yeux émerveillés. Par ailleurs le film use de plusieurs types d’animation et je craignais que cela donne une impression décousue mais finalement cela fonctionne bien et ajoute à la richesse visuelle du long métrage. Mon seul petit regret est que le personnage principal, Mune, s’il a un très joli design –comme tous les personnages de ce film du reste-, se mette rapidement à marcher sur ses deux pieds alors qu’on le voit plusieurs fois marcher à quatre pattes au début. Je trouvais cela sympa comme idée, cela donnait un peu de variété en quelque sorte. Mais c’est un minuscule regret et en général, visuellement parlant, ce film n’a vraiment pas à pâlir et réjouira les mirettes du public. Comme je vous le disais, c’est plus le script qui laisse à désirer.

[Lune taillée dans des morceaux de rêve] Mune : le Gardien de la Lune
[Lune taillée dans des morceaux de rêve] Mune : le Gardien de la Lune
[Lune taillée dans des morceaux de rêve] Mune : le Gardien de la Lune

Ce qui ne signifie pas que tout est à jeter dans ce script notez bien et, en particulier, j’ai beaucoup aimé la façon dont il traite ses antagonistes car l’idée est qu’ils ne sont pas nés mauvais mais qu’ils ont été petit à petit corrompus par leurs mauvaises pensées. Les serpents qui corrompent les cœurs dans ce film sont certes une entité à part entière mais ils n’ont pas vraiment de motivations, de personnalités et il est très facile de simplement les interpréter comme une corruption venue de l’intérieur. En tous les cas, il y a pour les antagonistes un espoir de rédemption et le film, autant que possible, essaie d’éviter d’être tout noir ou tout blanc. On décèle cette intention notamment dans le traitement de l’un des méchants, celui qui devait devenir prochain gardien de la lune et se voit évincé pour Mune –sérieusement le type s’appelle « Mune », si ça ce n’est pas de la prédestination !-. Plus que la soif de pouvoir, ses actions sont le résultat d’une déception : il a été engrené dans cette idée qu’il était le prochain gardien et subitement ce dans quoi il s’est investi, ce à quoi il s’est dévoué, lui est retiré au profit d’un gamin qui a l’air très peu approprié pour le job. [spoiler] Mais quand il se rend compte que lui-même n’est pas bon pour la lune, il est dévasté, et à la fin il reconnait ses erreurs et la supériorité de Mune parce qu’au fond, il voulait VRAIMENT faire le travail bien, ce n’était pas une question de pouvoir [/spoiler].  Le film fait des efforts sur certains personnages et je les appréciés. C’est juste que sur d’autres cela se passe moins bien.

Certains sont simplement inutiles : la sorte de cactus qui joue au commentateur n’a pas de raison d’exister et a plutôt tendance à plonger le public dans la confusion quant à son identité tandis que les deux sidekicks du grand méchant sont un peu l’équivalent du langage moderne… c’est-à-dire qu’ils font trop « Disney » finalement, ils rappellent une formule qui fonctionne parfois mais que dans ce film en particulier il vaudrait mieux oublier. A côté de cela, faut bien dire ce qui est, on sait quand même vraiment où le film veut en venir il a beau user un petit peu trop de deus ex machina pour sortir ses personnages du pétrin, on n’est pas trop surpris. Sauf par la fin avec laquelle j’ai un problème majeur mais j’y reviendrai –entre balises spoilers, of course- et pour le moment parlons de ce qui est clairement le principal problème du film : son personnage féminin principal, Cire.  J’adore le design de ce personnage, l’idée d’en faire une femme bougie qui risque de mourir à la chaleur et qui se durcit/s’endort lorsqu’il fait froid, était une excellente idée pleine de créativité mais elle pose quand même un léger souci : okay la demoiselle est intelligente mais elle n’est physiquement pas capable de suivre les deux gardiens si bien qu’elle devient littéralement un poids mort. Et sa science ne sert même finalement pas à grand-chose. En clair le personnage est purement inutile, il est juste là pour servir de réceptacle aux sentiments de Mune. Elle n’est pas déplaisante mais c’est frustrant de réaliser que ce personnage central est parfaitement inutile et que sa seule véritable contribution aurait pu venir de n’importe quel autre personnage. [spoiler] D’autant que les conséquences en sont gommées à la fin. Après avoir bieeeen souligné le drame, le film nous sort une happy end du chapeau et cela me pose problème pour deux raisons : 1/ j’aimais mieux la première fin, il y avait quelque chose d’à la fois tragique et très joli au sommeil éternel de Cire   2/ la véritable conclusion, après tout le pathos qui nous est balancé dessus, est d’une lâcheté incroyable [/spoiler].

Malgré tout cela, malgré la frustration que procure l’écriture par moments, il reste que ce film est un très joli spectacle et que cela valait carrément le coup, à mes yeux, de le voir. Pour la créativité dans les designs, les couleurs, le monde inventé, ses règles et ses légendes, je ne regrette vraiment pas de m’être laissée interpeler par l’affiche et je ne peux que vous inviter à vous laisser interpeler également.

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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