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Réalisé par Lewis Teague

 

Sorti en 1980

 

 

Avec:

 

Robert Forster >>> David Madison

Robin Riker >>> Marisa Kendall

Michael V. Gazzo >>> Chef Clark

Etc

 

 

Dontesque?

 

Un alligator jeté dans les toilettes quand il était petit grandit dans les égouts, devient gigantesque et commence à manger des gens.

 

 

6,5/10

 

J'ai une sorte d'affinité avec les films où des gros animaux bouffent des gens. Ne me demandez pas pourquoi, c'est juste comme cela. En fait les animaux n'ont même pas vraiment besoin d'être gros, cela marche aussi avec des trucs plus petits comme des larves ou des piranhas. Ou bien des trucs moyens comme des moutons ou des pingouins -je n'ai jamais vu de films avec des pingouins tueurs mais si quelqu'un en a un bon, je prends- Mais je pense que dans la catégorie « animaux mangeurs d'homme » finalement, j'ai surtout vu des films avec des crocodiles -parce que j'ai une sorte de fascination pour ces animaux, petite je demandais à mes grands-parents d'enregistrer tous les documentaires qui passaient dessus et je les regardais souvent-, mes préférés dans le tas étant probablement Rogue et Black Water. Les deux se déroulent en Australie -ce pays design-é pour vous tuer- et dans les deux on trouve des crocodiles : un crocodile d'eau salée particulièrement intelligent dans Black Water et un très très gros crocodile dont l'espèce n'est pas vraiment identifiée -sauf erreur- dans Rogue. Comme je trouvais quand même que c'était de la discrimination anti-alligator, j'ai décidé de rectifier le tir parce que les alligators aussi ont le droit de bouffer des gens, bordayl è.é Et en l'occurence il s'agit d'un très très gros alligator et, pour le coup, cela ne se passe pas en Australie mais à Chicago, aux Etats-Unis. J'avais entendu dire que ce film était étrangement bon et... oui, sur un certain nombre de points, c'est très vrai. Pas sur la traduction du titre en français par contre parce que dans notre jolie langue, d'après Wikipedia, ce film est devenu « L'Incroyable Alligator », ce que je trouve quand même drôlement étrange comme traduction parce que c'est rajouter une connotation au titre qui ne reflète pas l'ambiance du film. Et pourquoi cet adjectif de toute façon ? « Alligator » c'était pas assez clair ? Mais bref, oui, ce film a de bonnes choses à offrir.

 

 

Notamment niveau réalisation. Le film est étonnamment subtil pour ce type d'histoire ! Bon il ne l'est pas toujours mais il nous épargne les jump scares, il ne mise pas sur l'étalage de gore et à la place nous plante une ambiance et nous fait même des petites frayeurs dans le fond qu'il serait facile de louper si la vidéo était d'une qualité moindre ou si l'on ne faisait pas suffisamment attention. Il y a une ambiance finalement presque stressante à ce film en fait. Bon après c'est clair qu'on ne peut pas complètement gommer l'absurdité d'un film où des types se font pourchasser dans les égouts par un alligator géant -parce qu'il a bouffé des animaux ayant été boostés par un cabinet de recherche très peu scrupuleux dont les sujets tests morts ont été balancés dans les égouts avec autant de respect que pour un putain de mégot sous ta chaussure- … et le réalisateur en est très conscient, le film ne se prend pas complètement au sérieux, mais il a quand même la bonté de ne pas prendre son public pour des cons et c'est pas désagréable. Et j'ai aussi apprécié que le film ne soit pas juste un prétexte pour regarder des gens se faire bouffer par un gros reptile -même si j'apprécie aussi les films ou des gens se font juste bouffer par des gros reptiles parce que je suis quelqu'un d'élevé comme cela-. En fait, nous sommes même carrément censés voir une victime dans Ramon -c'est le nom de l'alligator dans le film-. Clairement on va pas crier « youpi » et faire une hola en le voyant bouffer des gens innocents ou des gosses de cinq ans mais dans cette affaire Ramon c'est juste un animal qui veut se nourrir, pas un serial killer dérangé, et à la base il a quand même été balancé dans les toilettes juste par un type qui en avait marre de le voir.

 

Au passage, je ne sais pas comment sont les lois aux Etats-Unis exactement mais en admettant qu'à Chicago il soit parfaitement légal d'avoir un alligator pour animal de compagnie, qui décide que c'est une bonne idée d'en acheter un pour sa gamine ? Un alligator, comme tous les animaux, ça grossit, et c'est autrement plus compliqué à entretenir qu'un hamster. Vu que de base le père de famille a pas l'air d'être du genre « responsable », et qu'il semblait évident que Ramon finirait soit abandonné, soit mort, à quel moment il s'est dit « oui, carrément, acheter un bébé alligator pour ma gamine me paraît parfaitement sensé ». Quand je vois que moi j'ai toujours réfréné mes envies ponctuelles d'adopter un chat justement parce que je les savais ponctuelles et que je ne voulais pas courir le risque d'être irresponsable et d'adopter un animal dont je ne m'occuperais pas bien, je me dis que le type il devait être grave dans sa tête et je trouve que le film loupe d'ailleurs une opportunité à ce niveau. En effet les responsables des expériences sur les animaux sont également présentés sous un jour négatif et ils ont le bon goût de se faire machouiller par Ramon alors qu'après la petite intro, on nous apprend tout de suite que le père de l'héroïne ayant balancé notre animal aux WC est déjà mort alors que moi je l'aurais bien vu avec quelques dents d'alligator dans le fion. Enfin bon, on ne peut pas tout avoir j'imagine.

[ Maltraiter les animaux c'est mal. Les femmes en revanche...] Alligator[ Maltraiter les animaux c'est mal. Les femmes en revanche...] Alligator
[ Maltraiter les animaux c'est mal. Les femmes en revanche...] Alligator[ Maltraiter les animaux c'est mal. Les femmes en revanche...] Alligator

Et dans la catégorie des plantages, il y a à mon avis un autre problème majeur dans ce film, à savoir que son personnage principal masculin est un gros connard. L'héroïne n'est pas exactement supra engageante mais c'est plus parce qu'elle est fade qu'antipathique … ce qui, j'imagine, est un problème également et c'est agaçant parce que ce personnage féminin est, comme c'est souvent le cas, super effacé et principalement présent pour servir de 'love interest' au personnage masculin mais mettons que quand on regarde le film c'est moins rageant que d'être frustrée que le héros ne se fasse pas bouffer sauvagement. Et je l'ai espéré oh oui. Je pense que l'idée était d'en faire un anti-héro, un type blessé par la vie, un peu bourru, un type qui ne prend plus de pincettes. Je suppose aussi que ce modèle masculin était censé être fort viril dans ce qu'il a de brusque ainsi que dans son obstination et son refus de se conformer au système. Tout cela, en effet, peut être fort cool, je ne le nie pas et on a plusieurs exemples cinématographiques qui l'illustrent très bien. Pas celui-là et c'est mis en grosse évidence par sa relation avec l'héroïne dont je ne peux que questionner les gouts parce que ce type n'a rien pour lui : il est amer, il n'a aucune motivation dans la vie et il la traite comme de la merde. Et on ne peut même pas se dire qu'elle le kiffe pour son argent ou sa gueule parce que même à ce niveau-là, il n'y a rien d'extraordinaire à noter. Alors : pourquoi ? Pourquoi va t-elle s'amouracher d'un type qui veut savoir à l'avance, avant de converser avec elle, si elle va coucher avec lui -parce que sinon cela ne vaut pas le coup vous comprenez-, lui crie dessus dès leur premier « rendez-vous » -parce qu'elle a osé faire preuve de compassion à son égard... une compassion maladroite, okay, mais quand même-, et après se pointe chez elle avec comme super discours d'excuse « je te demande pardon pour tout ce que tu veux » -parce qu'il a pas capté ce qu'il a fait de mal et en fait, au fond, il s'en fout- « donc maintenant fais pas chier et passons au lit ». Mais en même temps elle a mérité tout cela parce que quand il est venu la voir pour lui dire « il y a un alligator géant dans les égouts de Chicago » elle a eu pour réflexe d'avoir des doutes et bordayl, cela ne se fait juste pas è.é

 

Donc clairement Alligator n'est pas parfait. Mais quand même l'alligator est bien foutu et même s'il y a des scènes où les effets ne marchent pas complètement, le film ne rentre pas, du moins dans l'esthétique, dans le grotesque et ça c'est cool. Le réalisateur ne manque pas d'humour vis-à-vis de son sujet mais évite de tomber dans le ridicule, les acteurs sont plutôt bons même dans des rôles que je n'ai pas apprécié et il y a une certaine satisfaction à tirer du thème du film. Ainsi qu'une leçon : ne balancez pas d'alligators dans les toilettes. Et on se dirait que c'est évident mais vu que le film se termine sur un AUTRE alligator jeté dans les égouts, apparemment Chicago n'a pas reçu le message. Enfin bref, le film m'a divertie et réservé quelques bonnes surprises donc je suis contente de l'avoir regardé. Maintenant, trouvez moi des pingouins mangeurs d'homme.

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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