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Sorti en 1954

Réalisé par Richard Fleischer

Ecrit par Earl Felton

D’après le roman de Jules Verne

 

 

Avec :

James Mason >>> Capitaine Nemo

Kirk Douglas >>> Ned Land

Paul Lukas >>> Pierre Aronnax

Peter Lorre >>> Conseil

 

 

Dontesque?

Le professeur Aronnax et son assistant se retrouvent à bord d’un navire ayant pour mission de prouver l’existence –ou non existence- d’un monster marin géant repute pour avoir coulé plus d’un bateau. Ce qu’ils découvrent dépassent leurs idées les plus folles.

 

 

8/10

On va commencer par une précision : je n’ai pas lu le roman de Jules Verne. Jeune, j’avais essayé mais les énumérations et la description de la flore marine avaient eu raison de moi, j’avais abandonné. En fait je pense n’avoir jamais lu un seul livre de Jules Verne en entier… il faudra que je pense à y remédier un de ces jours mais, en tous les cas, je n’ai pas lu 20 000 lieues sous les mers donc il n’est pas question ici d’y comparer le film. Non si je pouvais comparer ce film à quoi que ce soit, ce serait à mon propre souvenir, celui que je gardais de l’avoir regardé dans ma jeunesse. Je ne crois pas que nous l’ayons beaucoup regardé –en partie probablement parce que le passage avec la pieuvre géante me terrifiait- mais nous l’avions enregistré à la télé et la VHS a été tout de même regardée plus d’une fois. Mon souvenir n’en était pas parfaitement clair mais j’en gardais l’image d’un film impressionnant. A la revoyure il est évident qu’il est plutôt « impressionnant pour son époque » dans le sens où, de même que je vois bien que le tapis du Voleur de Bagdad ne vole pas, la pieuvre de 20 000 lieues sous les mers n’est pas réelle mais, déjà, les effets n’ont pas à rougir et, ensuite, ça reste un très bon film parce qu’il y a tout un tas de bons trucs à côté de cette scène que je regardais à travers mes doigts d’enfant. Le rythme pourra sembler lent, peut-être, à certaines personnes parce que c’est vrai que le film prend son temps mais pour ma part je ne me suis pas ennuyée et j’ai beaucoup apprécié le travail fait sur les personnages qui sont clairement, à mes yeux, l’intérêt principal du film.

Et bien entendu nul personnage n’est plus intéressant et plus engageant que le personnage central, à savoir Esmeralda l’otarie.  Okay, okay, je ne me souvenais pas d’elle en vrai. Et pour tout vous dire en revoyant à l’écran cette otarie qui sert d’animal de compagnie au capitaine Nemo puis se prend d’affection pour le personnage de Kirk Douglas, j’ai un peu flippé. Ce n’est pas super rationnel mais dans ma jeunesse il y a essentiellement trois films tirés de romans de Jules Verne que je regardais : celui-là, le Voyage en 80 jours –dont je ne me souviens quasiment pas- et Voyage au centre de la Terre. Qui m’a traumatisée. Parce que dans ce film il y a un canard nommé Gertrud et que les choses ne se passent pas super bien pour Gertrud à la fin. Le moment où l’on réalise que Gertrud ne fera plus jamais « quack » reste un des moments les plus tristes et les plus flippants de mon enfance. Je n’ai jamais revu ce film en tant qu’adulte donc je ne sais pas ce que donnerait la scène maintenant mais quand j’ai vu Esmeralda dans 20 000 lieues sous les mers, il y a une sorte d’alarme instinctive et vaguement irrationnelle qui s’est mise à sonner dans ma tête. Je ne vous dirai pas si elle s’en est sortie ou pas mais, pour en revenir à ce que je disais, je ne me souvenais pas d’Esmeralda –à vrai dire je ne me souvenais de rien sinon de la pieuvre- et pourtant elle ressort pas mal dans ce film dont elle est probablement l’élément le plus « Disney animation ». Elle est le sidekick animal comic d’un des leads après tout et l’élément le plus enfantin du long-métrage. Oh, avec la chanson Whale of a Tale chantée par un Kirk Douglas habillé en marin stéréotypé bien entendu –seul personnage à porter cet habit-là sur le bateau d’ailleurs histoire, de façon subtile, qu’on le repère bien :P- Et je sais qu’il y a pas mal de monde qui n’aime pas cette chanson parce que son interprétation est assez « over the top », sans oublier que pas mal de gens semblent « accuser » ce passage d’être « trop gay », mais je la trouve fun cette chanson et franchement si l’association « Disney » et « marins » n’avait pas donné lieu à au moins une chanson, j’en aurais voulu au film. En fait j’en aurais même bien demandé une seconde mais j’imagine que le film était assez long comme cela. Par ailleurs, si le « c’est trop gay » est un argument tout à fait irrecevable, le « over the top » n’est pas faux et, oui, en effet Kirk Douglas semble droit sorti d’un autre film. Il fait cartoon isolé dans un drame avec ses couleurs vives et son jeu exagéré au milieu du reste plus sobre et plus sombre, ce qui peut parfaitement distraire et faire grimacer mais cela ne m’a pas dérangée.

En revanche cela ne veut pas dire non plus que je l’ai particulièrement apprécié et, justement, au-delà de notre moment en chanson, cela n’a pas été le cas plus que cela. Mettons que ce n’est pas un personnage que je trouve super engageant. Mais dans cette affaire il est censé être un petit peu notre repère, il est l’être humain « normal » avec ses moments de bravoure, son instinct de survie et une certaine dose de cupidité mais également son humour, etc et en cela je comprends que le film ait besoin de lui parce que lui et l’assistant du professeur –que je ne trouve pas bien marquant mais que j’apprécie parce que je trouve son acteur très engageant- servent de contrepied au professeur qui, lui, se laisse fasciner par le capitaine Nemo et entrainé par ses recherches au détriment de sa propre survie mais également de ses valeurs morales tandis qu’il réalise que Nemo est coupable d’ignominies sans nom. C’est difficile de lui en vouloir notez bien car même en ôtant toute curiosité scientifique de l’équation, le capitaine Nemo est un personnage fascinant. La barbarie du monde et sa tragédie personnelle ont fait de lui un reclus et un pseudo-justicier qui frappe à l’aveuglette et fait plus de victimes qu’il ne sauve vraiment d’innocents. Il combat une horreur humaine dont il fait à présent partie. Mais à la fois c’est un homme cultivé à bord d’une machine révolutionnaire qui colonise un monde jusque là jamais touché par l’homme. Et l’acteur qui interprète Nemo a l’excellent goût de ne pas aller dans le surjeu, de ne pas jouer le personnage comme complètement fou. Au contraire, il semble posé, il a des manières de gentleman et cela le rend encore plus ambigu. Les personnages ont de bonnes raisons de le craindre mais son charisme, ses idées, son génie, sont une source de fascination tout à fait compréhensible.

Après il y a des choses dans le film qui ne fonctionnent pas tout à fait. Le cartoonesque de Kirk Douglas et l’absurdité du passage sur l’île des cannibales sont clairement des défauts du film même si la première ne m’a pas dérangée plus que cela. Et puis c’est vrai qu’il y a une scène en particulier où je n’ai pas pu m’empêcher de grimacer : celle des tortues de mer. Il arrive en effet un moment où, parce qu’il faut bien qu’ils mangent, l’équipage de Nemo va chasser et récolter des algues. En soi le fait qu’ils capturent des poissons et autres animaux marins, n’est pas un problème dans le contexte parce qu’ils font cela pour manger et que, bah, c’est plutôt pas mal comme raison et ce n’est pas comme s’ils organisaient un massacre. Mais c’est vrai que voir ces pauvres tortues tenues de chaque côté par des êtres humains, cela m’a fait un peu mal au cœur. Je sais bien qu’elles n’ont pas été tuées mais en les regardant je me suis dit quand même que cela avait du être une scène de stress pour elles et, alors même que, comme vous commencez à le savoir, je suis mise mal à l’aise par en gros tous les animaux et ne les approche pas dans la vraie vie, je suis très faible lorsqu’il s’agit de les voir souffrir même un tout petit peu. A l’écran ou dans la vie réelle. Mais je tombe rarement sur des tortues marines escortées par des plongeurs en scaphandre à l’arrêt de bus.

A côté de cela, forcément, les effets ont un peu vieilli mais encore une fois, ils n’ont pas à rougir, et je n’ai pas trouvé cela distrayant du tout. La scène du poulpe reste une scène prenante et de toute façon l’intérêt principal de ce film pour moi est le capitaine Nemo et son effet sur son entourage. Comme cela n’a pas vieilli, tout va bien. Par contre c’est vrai qu’en regardant le film, je n’ai pu m’empêcher de me sentir un petit peu triste parce que Nemo considérait l’océan comme un refuge, un endroit où échapper à la barbarie humaine –à laquelle il participait okay mais quand même-, … sauf que maintenant ses océans bien aimés, même si ce n’est pas encore le cas tout à fait partout, ne sont plus du tout la sorte d’eden pas encore souillé que Nemo semblait y voir. Maintenant Esmeralda finirait probablement étouffée par un sac plastique. PAS ESMERALDA BORDAYL ;AAA

Mmh. En clair c’était un très bon film qui me faisait peur quand j’étais enfant et maintenant c’est juste un très bon film.

Tag(s) : #Cinéma Occidental, #Disney

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