[Disney Project] Sharpay's Fabulous Adventure

Publié le 29 Novembre 2015

 

 

Sorti en 2011 (en DVD directement)

Réalisé par Michael Lembeck

Ecrit par Robert Horn

 

Avec :

Ashley Tisdale >>> Sharpay Evans

Austin Butler >>> Peyton Leverett

Bradley Steven Perry >>> Roger Elliston

Cameron Goodman >>> Amber Lee Adams

Etc

 

Dontesque?

Sharpay se rend à Broadway après qu’un directeur de casting l’ait remarquée. Elle a un mois pour convaincre son père qu’elle est capable de réaliser son rêve de devenir une star/

 

 

3/10

On l’a déterminé ensemble, j’aime vraiment bien les High School Musical. Pas tous de la même façon mais au final je les aime tous et c’est le plus important. Néanmoins cela ne voulait pas dire que j’abordais Sharpay’s Fabulous Adventure avec enthousiasme. Au contraire j’étais même plutôt réticente à le regarder ce film parce que si Sharpay, dans tout ce qu’elle a de Barbie égocentrique humaine, est un personnage qui trouve sa place dans le monde d’High School Musical et fonctionne en contraste avec d’autres stéréotypes, sans oublier son association à son frère Ryan qui fait d'elle la moitié d'un duo comique plutôt qu'une diva solo antipathique, j’avais vraiment peur de ce qu’elle donnerait seule. Elle n’est pas un personnage très complexe et je craignais qu’en conséquence le film ne soit pas très bon. Et j’avais raison. Mais, me disais-je, au moins il y aurait les chansons ! Je suis toujours partante pour une comédie musicale. Sauf que Sharpay’s Fabulous Adventure n’est pas une comédie musicale, c’est une sorte de mix entre comédie romantique et passage à l’âge adulte avec dedans quelques chansons parce qu’il se trouve que l’histoire se déroule sur Broadway. Il y a donc uniquement quatre chansons, elles ne prennent que peu de place et de toute façon la plupart sont inécoutables. Heureusement elles sont aussi carrément oubliables et ne me trotteront pas en tête plus de… oops, elles m’ont déjà échappé. Donc pas plus de 24h apparemment.

Faut dire qu’à la base, et c’est une question de goût personnel, je n’aime pas beaucoup la voix d’Ashely Tisdale. Elle passe quand elle n’a qu’une ou deux chansons par film –cela aide quand la chanson est barrée au possible- mais j’ai un peu de mal à réellement l’écouter, surtout quand elle nous chante une ballade inspirée. Enfin « inspirée »… je suis désolée mais quand ta chanson inspirée contient la ligne « You’ll be totally impressed », c’est qu’il y a un parolier à virer. Et puis bon c’est vrai aussi que Tisdale, niveau jeu d’actrice cette fois-ci, est très difficile à prendre au sérieux dans ces moments-là parce qu’elle bouge et chante de façon très artificielle, il n’y a rien de suffisamment sincère pour vraiment ressentir l’émotion d’une chanson sur ses rêves plus ou moins brisés. Les numéros musicaux narcissiques et extravagants sont clairement ce qui lui convient le mieux et c’est dommage que les deux numéros de cette sorte que nous offre le film soient aussi peu intéressants. Bref, en clair, niveau musique, c’est loupé. Et puisqu’on est parti sur le personnage de Sharpay, restons-y et venons-en à un autre problème : Sharpay ne peut décidément pas fonctionner toute seule. De base, même si j’ai toujours apprécié son ambition, elle n’est pas quelqu’un de vraiment sympathique. Elle est amusante mais c’est le type de personne que, dans la vraie vie, j’éviterais comme la peste. Pour qu’elle fasse une protagoniste intéressante, il aurait fallu que les scénaristes lui offrent plus de profondeur, une vraie évolution, et des personnages sur lesquels « rebondir » vraiment. Et dans un sens c’est ce qu’ils essaient de faire !

Je reconnais qu’il y a, à la base, une idée sympa. Sharpay se retrouve à New York, complètement paumée dans un appartement qui fait la taille de son ancien placard à rouges à lèvres et elle doit s’adapter, apprendre la vie. Mais à la fois elle adapte aussi son environnement et refuse de se changer du tout au tout –par exemple elle repeint tout l’appartement en rose parce qu’elle veut bien vivre dans une cellule de prison mais il faut que ce soit une cellule de prison qui lui ressemble-. Okay, super ! A partir de là, on peut imaginer quelque chose comme Legally Blonde par exemple : l’histoire d’une jeune femme dans un nouvel environnement qui s’améliore au contact de cet environnement, grandit mais ne perd pas non plus son identité. Et je pense que c’est vraiment ce que le film essayait de faire et, en partie, fait effectivement. Sauf qu’il est beaucoup trop maladroit. La différence c’est qu’Elle, dans Legally Blonde, est bien superficielle au départ, certes, mais elle a bon cœur et, à la fin du film, elle a appris pas mal de choses. Sharpay, au début du film, est une gosse pourrie gâtée égocentrique et, au lieu de réellement la faire évoluer, le film prend une différente approche : celle du personnage qui s’est perdu et doit se retrouver. Notre « héro » lui demande constamment « mais où est passé la Sharpay que j’ai rencontrée quand elle est arrivée à New York ? » comme si cette Sharpay était quelqu’un d’agréable sauf que… non. Le mec s’étonne de la voir égoïste alors qu’elle n’a été que cela depuis le début du film -il l'a même souligné lui-même à un moment donné- ! A la fin du film, pour nous elle semble avoir changé mais ce que le film nous dit c’est qu’elle est juste revenue à son état normal. Il semble en fait que les scénaristes aient pas mal zappé les évènements des films HSM parce qu’entendre Sharpay nous dire qu’elle a violé son intégrité pour la première fois ou qu’elle n’a jamais utilisé les autres pour se sentir mieux à propos d’elle-même, cela n’a pas de prix, c’est à mourir de rire.

En fait, dés la rencontre de notre héroïne et de notre personnage masculin principal, celui-ci semble trouver Sharpay charmante. Il estime que l’avoir rencontrée est une des bonnes choses de la journée et tout de suite, il a l’air de vraiment vraiment l’apprécier. Alors qu’on parle quand même de la demoiselle qui lui a fait porter, sans un merci, tous ses sacs comme si cela allait de soi et qui, de manière générale, s’est montrée hautaine au possible. Qu’il ait pitié okay, mais je ne comprends toujours pas que le type soit aussi ravi, d’emblée, de vivre à côté de chez la jeune femme. En même temps il est peut-être fasciné par la personnalité de Sharpay parce que lui-même en est complètement dépourvu. Il y a une raison pour laquelle je n’utilise jamais son nom : je ne l’ai absolument pas retenu. Ce type est d’une fadeur à en faire pleurer un fossile. Il est plutôt mignon, okay, mais c’est à peu près tout et chaque fois qu’il apparaissait à l’écran, je commençais automatiquement à m’ennuyer. Bref il semble tomber assez instantanément amoureux de Sharpay parce qu’après tout c’est son seul rôle, il n’a été créé que pour cela et c’est tout ce qu’il fait. Et à travers lui le film semble essayer de nous vendre que Sharpay est en fait très attachante comme elle est mais simplement, ah, je suis désolée, cela ne prend pas.

Et à côté de cela, le reste est tout aussi faible. En premier lieu, était-il vraiment nécessaire d’avoir cette romance entre les deux chiens rivaux ? A la base c’est vrai que j’ai du mal avec les chiens-accessoires, cela a tendance à me rendre triste, mais dans un film qui baigne déjà dans le rose et la mièvrerie, était-il vraiment nécessaire en plus de rejouer une version niaise de la Belle et le Choupi ? Encore que cela créé effectivement de bons moments de comédie parce qu’entendre Bidule-le-« héro »-transparent dire très sérieusement « Tu n’avais pas remarqué ? Boi et Countess sont amoureux » c’était franchement drôle. Mais sinon, ce n’était vraiment pas la peine et toute l’histoire avec Amber Lee était prévisible du début à la fin. Evidement qu’elle s’avèrerait avoir une face cachée, évidemment que cette face cachée serait tout sauf reluisante et évidemment que Sharpay récupèrerait son rôle. C’était cousu de fil blanc. Ou de fil rose en l’occurrence.

Le scénario est prévisible, l’humour ne fonctionne que deux ou trois fois -le duo auteur/metteur en scène de la comédie musicale, qui au passage semble être un sacré navet, m'ont fait rire par exemple- et le reste est involontaire mais pas suffisamment fréquent pour que le film soit « si mauvais qu’il en devient bon », les acteurs sont moyens, la musique médiocre, les personnages vont de peu intéressants à carrément fadasses et, en clair, c’est pas génial. J’aime vraiment bien HSM mais ce film-là, je ne suis pas prête de le revoir.

Rédigé par Milady

Publié dans #Disney, #Cinéma Occidental

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