Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

🌑🌑🌑🌓🌕

 

Comme précédemment établi, je suis lancée dans une entreprise impossible : lire tous les bouquins qui se trouvent dans ma baraque. J’ai un faible pour les causes perdues. Enfin tout de même, je me suis lancée et après Simetierre, j’ai décidé de revisiter l’un des romans que j’aimais le plus lorsque j’étais ado : Le Jour du Chien Bleu, premier roman faisant partie de la série Peggy Sue et les Fantômes, créée par Serge Brussolo. J’adorais ce livre quand j’étais jeune mais bizarrement je n’ai jamais acheté la suite, je ne l’ai même jamais demandée au Père Noël, et du coup je me suis dit en le ressortant que, si cela me plaisait, j’achèterais la suite. Bon malheureusement je ne le ferai pas. C’était un bon livre mais je ne suis simplement pas aussi enthousiasmée qu’à l’époque.

Enfin tout de même avant d’expliquer pourquoi, histoire de vous situer un peu le truc, cette série de livres tourne autour de Peggy Sue –je sais, quel choc-, une jeune fille qui, au début, a 14 ans et qui a la particularité de pouvoir voir les Invisibles, des êtres malfaisants capables de changer de forme et de texture à volonté qu’elle est la seule à voir et qui passent leur temps à jouer des farces, parfois -souvent même- mortelles aux humains. Grâce à ses verres de lunettes extra-terrestres offerts par une fée venue de l’autre bout du cosmos –normal-, en concentrant son regard, elle est capable de brûler un peu ces Invisibles mais pas suffisamment pour se défendre correctement. Dans ce livre-là, les Invisibles, qui ne peuvent pas directement faire de mal à Peggy Sue, font planer sur la petite ville où elle vit un Soleil Bleu qui rend les gens intelligents mais créé une dépendance et une folie grandissantes. Le point culminant est atteint lorsque les animaux se retrouvent également victimes du soleil artificiel.

En premier lieu, j’ai été très surprise de constater à quel point cette histoire est sombre. Je me rappelais un peu de l’histoire de base qui, au passage, me fait à chaque fois légèrement penser, au début, aux Tommykockers de Stephen King –mais je suis un peu obsédée par Stephen King donc je ne sais pas si cela compte pour quoi que ce soit- sauf que Brussolo va bien plus loin que cela dans le flippant et le dérangeant en fait. Faut dire que lui a de vrais antagonistes aux intentions carrément moins que louables. Les Invisibles sont des êtres terriblement malfaisants, cruels et retors qui aiment à tourmenter et tuer les gens et, plus que tout, veulent la peau d’une gamine de 14 ans... peut-on faire plus mauvais que cela ? Ce n’est pas juste qu’ils veulent faire du mal à Peggy Sue, ils veulent s’amuser d’abord avec, la torturer avant de l’achever. Mais honnêtement ce ne sont pas eux qui me foutent le plus les boules, non le plus flippant dans l’affaire ce sont les animaux. Le lecteur est invité, en même temps que Peggy Sue, à comprendre leur point de vue car les animaux à l’intelligence décuplée, prennent leur revanche sur l’espèce humaine qui les a asservis, maltraités, envoyés à l’abattoir, etc. Notre héroïne ne peut s’empêcher de comprendre leurs sentiments et nous aussi mais de même que le soleil bleu rend les humains fous, ils poussent les animaux à des extrémités qui font froid dans le dos. Tandis que la situation dégénère, on sombre de plus en plus dans l’horreur la plus totale et il y a quelques passages qui auraient été absolument terrifiants si le style avait été un peu moins rapide. En lisant le livre, je me demandais ce que cela donnerait à l’écran et, déjà que le devenir de Dudley me donnait des sueurs froides, lorsque je suis arrivée au passage des « porcelets », je me suis rendue compte que si un jour le livre était adapté au cinéma, le résultat ne pourrait jamais être à la fois fidèle et cibler la même démographie que le bouquin. Parce qu’il y a pas moyen, en gardant la fin, que le film ne soit pas interdit au moins de 13 ans, au moins aux USA. Oui, ce livre est glauque et cela m’a fait regretter qu’il ne soit pas écrit pour les adultes pour tout vous dire car il y avait beaucoup de potentiel dans cette idée et qu'avec un style moins rapide et plus adulte, je pense qu'il aurait pu me faire passer quelques nuits blanches.

J’adore l’idée de base et le fait qu’il y ait en plus des thèmes sérieux exploités –l’exclusion de Peggy Sue, le traitement réservé aux animaux- est un bonus. Après c’est vrai que malheureusement je ne suis pas passionnée par les personnages. Peggy Sue passe bien, elle est une petite fille intelligente et courageuse qui a le poids du monde sur les épaules et je pense que ma difficulté à vraiment me lier à elle vient, simplement, c’est triste à dire, de mon âge et du fait que nous n’avons pas exactement les mêmes considérations. Mais elle fait une héroïne attachante et on a envie de la voir survivre et, tant qu’à faire, sauver la vie entière, arranger les choses avec sa famille et se faire plein d’amis. C’est plus son association avec le chien bleu que j’ai du mal à avaler. Dans le reste des romans, ils forment un duo donc ce roman se doit de construire leur relation comme il faut et c’est là que pour moi le livre ne fonctionne pas tout à fait, je ne crois pas à la naissance de leur partenariat. Et je pense que c’est parce que le livre va très vite. Quand j’étais jeune cela me convenait très bien, j’aimais que le rythme soit aussi rapide, que l’auteur ne perde pas de temps. Mais maintenant j’apprécie une bonne mise en place, un peu d’anticipation et plus de temps pour une ambiance plus pesante de s’installer.

Et c’est pour cela que je n’achèterai pas la suite. Serge Brussolo a clairement –d’après les synopsis que j’ai lus des suites- de très bonnes idées et le Jour du Chien Bleu est toujours un très bon roman jeunesse que je mettrais sans mal entre les mains de mes jeunes cousins –en espérant juste ne pas les traumatiser mais vu que je m’en suis sortie, tout va bien :D- mais je pense que je suis prête à passer dans sa littérature pour adultes.

Tag(s) : #Littérature

Partager cet article

Repost 0