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🌑🌑🌑🌑🌓

 

Vous le savez sans doute à ce stade, je suis de nouveau dans la grande maison familiale. Et elle est inoccupée, okay, mais cela ne veut pas dire qu’elle est vide et, notamment, dedans, il y a quelques livres. Il y en a un peu dans ma chambre :

[Stephen King] Simetierre[Stephen King] Simetierre

Un peu dans le salon :

[Stephen King] Simetierre[Stephen King] Simetierre

Un peu dans la chambre pour invités :

Un peu chez ma sœur :

Et aussi un peu dans des recoins divers de la baraque mais on va rester sur tout cela. L’essentiel est qu’il y a de quoi lire et parce que je suis sur place, je me suis lancée toute seule le défi de lire et relire tout ce qu’il y a dans cette maison. On est bien d’accord : à l’avance je sais que je n’y arriverai pas. Mais l’essentiel n’est pas d’atteindre la ligne d’arrivée : l’essentiel est de partir et de faire deux mètres avant de s’éclater la face contre le bitume. Et pour commencer la course, j’ai décidé de relire Simetierre parce que, déjà, j’aime beaucoup Stephen King et beaucoup ce livre et aussi parce que vu que j’ai du mal à dormir parce que la grande maison vide me fait flipper, il m’a semblé que lire le bouquin qui m’avait terrifiée à l’insomnie était probablement la meilleure chose à faire -EDIT: j'ai écrit cet article il y a deux semaines... je regrette ma décision à présent-. Et comme vous pouvez l’imaginer, j’ai passé quelques désagréables nuits blanches. Heureusement vu que j’ai dévoré le bouquin en deux soirées –oui car bien entendu je l’ai surtout lu le soir et la nuit, sinon ce n’est pas sport- au moins cela ne devrait pas durer trop longtemps et j’aurai bientôt l’esprit suffisamment clair pour commencer à lire Sac d’Os. TRAUMATISME POWAAA ON ! Enfin, pour le moment, concentrons-nous sur Simetierre.

En commençant par -une partie de- la quatrième de couverture tant qu'à faire, histoire que vous vous fassiez une idée:

 

Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s'installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Crandall, les emmène visiter le pittoresque "simetierre" où des générations d'enfants ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au delà de ce "simetierre", tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses.

 

Honnêtement je ne m’attendais pas à ce que le livre soit encore aussi efficace, simplement parce que je l’avais déjà lu, je savais ce qu’il s’y passait. Mais ce que j’avais oublié est que Simetierre n’est jamais un livre basé sur la surprise ou réellement le suspens. Non, au contraire c’est un livre dont la terreur nait de l’inévitable. On sait dès le début que tout va très mal se passer pour la famille Creed, qu’ils vont vivre une tragédie sans nom et qu’il y a peu de chance pour qu’ils s’en sortent indemmes, que les dégâts soient physiques ou mentaux. Stephen King, par ailleurs, aime à planter des indices dans ses textes, des détails qui reviennent plus tard et qu’il souligne toujours assez pour qu’on les relève et attende avec appréhension le moment où ils deviendront importants. A côté des détails, il y a également les éléments encore moins discrets qui agissent comme une menace sourde planant sur tous nos protagonistes. C’était la chaudière dans Shining, c’est la route devant la maison dans Simetierre, elle ne quitte jamais notre esprit et nous vivons/lisons avec son poids au dessus des personnages. Et puis parfois Stephen King nous dit simplement, noir sur blanc, ce qu’il va se passer. Parce que l’un des thèmes principaux de ce livre est la mort, parce que que la mort est inévitable et qu’en conséquence le livre doit refléter cette fatalité. Ce qui est triste, au passage, c’est que l’inéluctabilité de la tragédie qui frappe la famille Creed, elle, vient du refus du plus pragmatique d’entre eux -ce qui souligne bien que c'est une chose d'accepter et assimiler la théorie mais une autre de se trouver émotionellement devant la situation elle-même- d’accepter cette fatalité de la mort. Se laisser entrainer par la peur de la notre fin ou de celle des autres, peur que nous ressentons probablement tous, et braver l’ordre des choses et les lois de la nature est un raccourci vers l’horreur en clair.

Stephen King est un auteur qui, je trouve, comprend comment fonctionne l’esprit humain et sait quelles peurs exploiter. Il sait prendre des détails de la vie de tous les jours et les rendre terrifiants à force de les faire ressasser à ses personnages et, donc, ses lecteurs. J’adore également la façon dont King arrive à jouer avec la texture des objets, leur odeur, les sons. Ce n’est pas évident du tout de vraiment faire ressentir à quelqu’un ce que ce serait de toucher quelque chose. Je ne parle pas juste de décrire la sensation mais vraiment de faire ressentir au lecteur qu’il est en train de toucher, entendre ou sentir cette chose. Par exemple, dans Ca, je me souviens que le pire moment de terreur pour moi avait été la description de la voix de Pennywise, cela m’avait retourné la peau ce passage. Ici, la description du chat, de Church, m’a fait beaucoup de mal je dois vous dire. Mais je pense que finalement la séquence du livre qui m’a le plus impressionnée est celle où Louis Creed, notre personnage principal donc, se convainc de commettre le pire des actes. Petit à petit l’idée germe et pousse dans son esprit. Il commence par se raisonner puis progressivement il avance des arguments et arrive à se persuader de commettre l’impensable. Simetierre est aussi l’histoire d’un homme qui sombre dans la folie et j’adore la façon dont King nous fait vivre son voyage intérieur. Alors c’est vrai que le livre n’avance, au début, pas très rapidement et que certaines personnes se laisseront peut-être arrêter par le rythme lent mais pour ma part je trouve que la construction de l’ambiance est remarquable et terriblement efficace.

Si vous avez envie de vous faire un peu peur –ou très peur- c’est donc un bon choix à mon sens. Bien entendu il y a beaucoup de livres de Stephen King dans lesquels piocher –même s’il n’a pas fait que de l’horreur, okay- mais à mon sens celui-là est un des meilleurs, probablement même le meilleur. Le seul autre de ses livres à m’avoir terrifiée à ce point a probablement été Ca mais à la différence de Ca, Simetierre ne se vautre pas sur sa dernière ligne droite. On y retrouve d’autres éléments un peu clichés de Stephen King, okay, mais la fin foireuse n’y est pas et bref, je vous conseille ce livre.

Tag(s) : #Littérature

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