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Sorti en 2015

Réalisé par Ron Howard

Ecrit par Charles Leavitt

D’après une histoire de Rick Jaffa, Peter Morgan & Amanda Silver

Et le roman de Nathaniel Philbrick

 

Avec :

Chris Hemsworth >>> Owen Chase

Benjamin Walker >>> George Pollard

Cillian Murphy >>> Matthew Joy

Tom Holland >>> Thomas Nickerson jeune

Brendan Gleeson >>> Thomas Nickerson adulte

Etc

 

 

Dontesque?

Un baleinier part en mer avec à la tête de son équipage le capitaine Capitaine Pollard et son second, Owen Chase. Mais lorsqu’ils ont le malheur d’aller trop loin pour trouver les baleines dont ils ont besoin, ils se retrouvent face à un immense cachalot blanc qui n’a pas l’intention de se laisser faire.

 

8/10

Jeudi matin oblige, il y a deux jours je suis allée au cinéma et ce coup-ci je suis allée voir Au cœur de l’Océan. Pour une raison tellement à la con qu’honnêtement je me juge un peu moi-même. Mais pas trop parce que j’ai aimé le film. Mais tout de même c’était une raison à la con. Oui parce que, tenez-vous bien, je suis allée voir ce film parce que je kiffe les baleines,  j’adore les baleines, je veux nager avec les baleines –mais pas de trop près parce que quand même c’est gros une baleine, ça pourrait me tuer d’un revers de nageoire- et je voulais voir de jolies baleines sur grand écran. Je me suis posée sur le siège, l’écran s’est allumé, les vingt minutes de pubs sont passées, quelques bandes-annonces, le film a commencé et là j'ai réalisé « merde c’est une histoire de chasseurs de baleines » et j’ai compris mon erreur : pas de jolies baleines faisant des pirouettes dans l’eau en toute insouciance. Non, à la place vous pouvez regarder ces beaux mammifères marins se faire harponner puis vider de leur graisse :D YAY.

Non mais plus sérieusement, c’était parfois difficile à regarder. Le passage de la chasse m’a fait du mal pour tout vous dire. Je me rendais bien compte qu’aucune baleine n’était en train de se faire réellement harponner mais j’ai un peu grimacé. Cela dit ce n’est pas comme si je ne comprenais pas les motivations des personnages. Ils vivent à une autre époque, ils font leur boulot et cherchent à obtenir une huile qui jusque là était le meilleur moyen de s’éclairer avant que le pétrole ne vienne la remplacer. Je ne les ai pas détestés. A un moment en particulier, j’ai même ressenti un début d’admiration. Parce que les voir à six sur une petite pirogue , avec un seul harpon, s’aventurer dans une mer remplie de dizaines et dizaines de baleines … même pour nourrir ma famille, je l’aurais pas fait on va dire –désolée, famille-. Et puis ce n’est pas comme s’ils faisaient cela pour le fun et cherchaient à torturer la baleine. On voit même plutôt bien que notre narrateur vit la carcasse de baleine assez mal et, oui, c’est en partie à cause de l’odeur mais il n’y a pas que cela, il y a aussi le simple fait de voir un animal mort et de devoir en nettoyer le sang qui le rend malade. J’avais un peu peur en fait que le film me donne vraiment envie de voir le cachalot blanc tuer tous les personnages mais Au Cœur de l’Océan a réussi à me faire espérer la survie de tout le monde. Je n’avais pas envie que tous les personnages meurent, je n’avais certainement pas envie que les baleines meurent non plus et j’étais donc tranquillement assise le postérieur entre deux chaises à me dire que j’étais un peu dans la merde parce qu’il n’y avait juste aucune chance pour que je ne finisse pas ce film triste pour une raison ou une autre. Bien joué petit film. Et bien joué même sur la conclusion parce qu’il s’avère qu’Au Cœur de l’Océan n’est pas une histoire de « course poursuite », ce n’est pas un « à la fin il n’en restera plus qu’un ». C’est l’histoire d’êtres humains qui cherchent à survivre à tout prix –et le prix est coûteux- et surtout qui cherchent leur place dans l’univers. Cela nous est très explicitement dit lors d’une scène où le capitaine et son second discutent autour du feu : le capitaine explique que pour lui les hommes sont des êtres suprêmes créés à l’image de Dieu qui doivent exercer leur supériorité sur le reste de la nature tandis que notre second n’est plus très sûr de rien et a commencé à réaliser qu’il n’est qu’un grain de sable à l’échelle de l’univers. Lorsque les deux se retrouvent face au cachalot pour la dernière fois, le premier somme le second de frapper, de tuer la baleine, et le second hésite. [spoiler] Au final, notre personnage principal ne frappe pas le cachalot et c’est ce qui leur sauve la vie… c’est comme si une force supérieure s’était assurée qu’il avait appris sa leçon et le laissait vivre en récompense. Quant au capitaine, avoir côtoyé ce second qu’il ne supportait pas à la base, lui a également inculqué quelques valeurs importantes et bordayl c’était pas de trop. [/spoiler]

[A la poursuite de la baleine] Au cœur de l’océan[A la poursuite de la baleine] Au cœur de l’océan
[A la poursuite de la baleine] Au cœur de l’océan[A la poursuite de la baleine] Au cœur de l’océan

Vous vous doutez je pense duquel des deux s’est attiré mes faveurs… j’ai juste eu vraiment beaucoup de mal à apprécier le personnage du capitaine. Comme le dit le film, Owen Chase a mérité d’être capitaine tandis que George Pollard a juste obtenu le titre parce qu’il est né dans la bonne famille. Sa suffisance, sa lâcheté et la façon dont il rabaissait gratuitement Owen Chase à cause de son propre complexe d’infériorité ne me l’ont vraiment pas rendu sympathique. J’ai souvent cru que voilà, c’était le moment où, enfin, il allait se racheter mais il n’arrêtait pas de me décevoir. En plus c’était apparemment de famille parce que son cousin –interprété par Frank Dillane, la poupinette de Fear the Walking Dead- était au moins aussi insupportable. J’avais moins envie de l’étrangler mais c’était parce qu’on le voyait moins donc forcément…  mais cela ne signifie pas que les personnages ne trouvent pas leur rédemption plus tard et ça ce sera à vous de le découvrir. Tout de même c’est clairement Owen Chase, interprété par un Chris Hensworth que j’ai beaucoup apprécié dans ce rôle là, qui s’impose rapidement comme le personnage à suivre. Mais j’ai trouvé que le film avait fait un bon choix, au lieu de faire parler Chase en voix off par exemple,  en choisissant un autre narrateur en la personne de Thomas. Je suis moins convaincue par le choix de Tom Holland pour le rôle –pas parce qu’il est mauvais acteur mais parce qu’il a 19 ans, joue un gamin qui est censé en avoir 14 et que cela se voit méchamment- mais le choix de narrateur, même s’il donne lieu parfois à de petites interrogations –il nous raconte des choses qu’il ne devrait pas savoir-, était le bon parce que cela nous permet de voir l’histoire à travers les yeux d’un personnage jeune qui découvre tout mais surtout parce que cela permet d’instaurer un certain suspens. Thomas nous dit que l’histoire est celle d’Owen et George et ce n’est pas tout à fait vrai, c’est aussi la sienne dans le présent tandis qu’il doit apprendre à accepter et vivre avec son histoire, mais effectivement dans les éléments contés les deux personnages de tête sont George et Owen qui se débattent pour survivre. Et le fait que Thomas raconte l’histoire fait qu’on ne sait pas si George et Owen vont survivre. L’histoire pourrait aller dans n’importe quel sens et, à la fin, la plupart des possibilités me paraissaient satisfaisantes, mais je n’étais vraiment pas sûre de savoir laquelle le film allait choisir.

Au Cœur de l’Océan ne plaira pas à tout le monde. C’est un film que j’ai trouvé intéressant mais je ne nierai pas qu’il se met en place plutôt lentement et qu’à l’exception de quelques scènes un peu plus musclées, il y a pas mal de moments d’attente. Je ne me suis pas ennuyée du tout, même pas un peu, parce que j’étais intéressée par le voyage de ces hommes et intriguée par la position dans laquelle me mettait le film mais en discutant avec certains de mes amis –car j’en ai !- je me suis rendue compte que beaucoup d’entre eux s’étaient effectivement ennuyés et que je ne pouvais pas les en blâmer. Déjà parce que blâmer mes amis pour avoir une opinion ou un ressenti sur un film ça le fait pas trop mais aussi parce que, oui, c’est vrai que le film a un rythme plutôt lent et, aussi joli soit-il –très très beaux plans de baleines en particulier, j’ai adoré les voir nager par en dessous, cela donnait vraiment cette impression que les personnages, et donc nous en quelque sorte, glissaient à la surface d’un monde immense dont ils ignoraient tout-, il n’est pas non plus plein de images épiques et de grandes scènes à vous couper le souffle et rassasier vos yeux pour les trois décennies à venir. Tout de même, j’ai beaucoup aimé Au Cœur de l’Océan, j’ai trouvé qu’il avait de belles images, un bon casting, des personnages intéressants et un thème prenant. Mais la prochaine fois que je voudrai voir des baleines, je lirai un synopsis avant.

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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