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Sorti en 2013

 

Réalisé par Stephen Chow

Ecrit par PLEIN de gens

D’après le livre de Wu Cheng’en

 

Avec :

Wen Zhang >>> Tang Sanzang

Shu Qi >>> Duan

Et plein de gens

 

Dontesque ?

Un jeune homme bouddhiste parcoure le pays avec un livre de comptines pour enfant et chasse les démons, prétendant pouvoir les guérir et les rendre bons à l’aide de ses chansons. Il fait la rencontre de Duan, une jeune femme aux convictions bien plus violentes et tous deux voient leurs destins entremêlés.

 

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PLUS!DE!SHU!QI!BORDAYL!! … ah écoutez je vous avais prévenu : comme Tai Chi 0 m’a frustrée, je prends ma dose ailleurs et après Legend of Fist : The Return of Chen Zhen, c’est vers Journey to the West que je me suis tournée parce que (1) Shu Qi est sur la première ligne du casting, la toute première ligne, donc cela devait bien vouloir dire qu’elle avait un rôle important et (2) j’aime la fantasy et les histoires de démons. A la base j’espérais que ce serait un peu dans le style de Dororo –regardez Dororo les gens-mais après avoir regardé la bande-annonce, je me suis mise à plutôt craindre un gros brodel à la Tai Chi 0. Conclusion : ce n’était ni comme l’un  ni comme l’autre et bordayl j’ai adoré. Contrairement à dans Tai Chi 0, ici tous les tons que veut se donner le film se fondent bien les uns dans les autres, ils ne clashent pas et on peut à la fois rire, s’émouvoir et profiter du joli message du film que l’amour n’est pas plus ou moins valable/grand selon la personne qu’on aime. Et parfois on peut même trembler un peu.

Okay, okay, on va pas se planquer sous le lit après avoir regardé Journey to the west. Déjà parce que se planquer sous le lit pour échapper au croque-mitaine c’est une idée de merde vu que c’est sa résidence secondaire –la principale étant le placard- et ensuite parce que ce n’est pas un film à vous traumatiser un spectateur. Mais pour un film qui est très clairement comique voire carrément farcesque par endroits, Journey to the west ne se prive pas d’être très sombre par moments. Le film s’ouvre quasiment sur une gamine qui se fait bouffer quand même  -et notre pauvre lead le vit très mal … aw poupinette :(- ! Et après cela il y a quelques moments assez sombres tels que, probablement mon passage favori, celui dans l’auberge du démon porcin. J’adore absolument tout ce passage. Il a ses instants de comédie mais l’idée est délicieusement macabre, les images de même et le démon sous sa forme humaine est inquiétant dans son sourire perpétuel et sa manière de bouger. Franchement c’est le type d’idée qui aurait facilement pu trouver sa place dans un véritable film d’horreur et là, oui, c’est toujours léger et il n’est pas question d'en faire des cauchemars mais tout de même, j’ai beaucoup apprécié que dans ce film on puisse trouve du sombre et du véritablement inquiétant. Cela dit aucune scène ne m’a fait plus de mal que celle du serpent lorsque le mentor de notre héro lui explique qu’il ne faut pas tuer les démons mais les délivrer du poison qui les rend mauvais. En soi c’est pas une mauvaise idée à prêcher, c’est juste que pour illustrer son discours le type chope un serpent et lui arrache les crocs… et euh… c’est pas que le serpent en a besoin mais un peu quand même ! C’est cool que tu l’aies relâché dude et je suis tout à fait pour ton message peace and love mais ton serpent il va bouffer comment maintenant que tu l’as mutilé ? Enfin bref, pauvre serpent quoi. Mais sinon l’enseignement ne craint pas et fait de notre lead l’être absolument adorable qu’il est donc, cher mentor, tu as fait du bon boulot.

Pour revenir à ce que je disais, le film ne recule pas devant des idées un peu sombres et à côté de cela, il injecte beaucoup de comédie à son histoire. Comédie inégale. C’est-à-dire que dans l’ensemble, elle fonctionne bien et j’ai ri de bon cœur mais c’est vrai que le timing n’est pas toujours excellent et, notamment, il y a quelques passages un peu longuets avec le Prince Important –interprété par Show Luo, wouhou !- qui m’ont ennuyée.  Ce ne sont pas les seuls, il y en a d’autres qui sont tombés à l’eau à mes yeux, mais il y a aussi beaucoup de passages que j’ai trouvés très amusants comme la discussion complètement décalée sur les yeux du roi singe, le type qui à l’engin détraqué qui pissait du faux sang tout en parlant très sérieusement ou bien probablement mon moment favori, cette scène au tout début où un chasseur de démons rapporte sa proie morte, un démon ayant bouffé un villageois, et où les villageois ivres de colère hurlent « tuons-le à nouveau » à la question « qu’est-ce que qu’on en fait ? ». Raconté comme cela c’est vrai que c’est moins drôle mais sur le moment cela m’a fait beaucoup penser à l’absurdité made in Monty Python et notamment à ce passage de Sacré Graal où une femme est accusée de sorcellerie par un type parfaitement normal qui veut prouver qu’elle est une sorcière parce qu’elle l’a transformé en salamandre -mais bon, il a guéri depuis-…  les deux scènes ont en commun une foule en colère qui, aveuglée par leur colère, balance les pires stupidités. Bref oui il y a des moments que j’ai trouvés très réussis et d’autres le sont moins, correspondent moins à mon sens de l’humour, mais à aucun moment je n’ai trouvé que cette comédie, même lorsqu’elle était plus farcesque, plus exagérée, était en rupture avec le film et m’empêchait de l’apprécier en tant que tout.

Quand bien même c’eut été le cas, au moins, il me serait resté les images et rien que cela c’était déjà vraiment pas mal. On ne va pas se mentir, l’intégration des images de synthèse n’était vraiment pas toujours parfaite et c’était assez clair que les décors étaient faux, les démons aussi, etc. Mais cela ne m’a étrangement pas gênée et, mieux que cela, j’ai même réussi à croire à cet univers simplement parce qu’il y avait quelque chose de très sincère dans l’écriture. Et puis okay c’était tout très faux mais les couleurs et les images étaient belles malgré tout et j’adorais les idées, tout simplement. C’était un film très esthétique et accompagné, qui plus est, d’une musique particulièrement réussie. Il y a plein de bons morceaux dans l’OST de Journey to the West mais je pense que mon favori reste la chanson principale pour tout ce qu’elle a de magique, un peu mélancolique et rêveur. Même avant que le personnage ne se mette à chanter, j’aime juste la musique et le fait qu’elle sorte de l’instrument musical étrange du héros la rend plus irréelle encore. J’aime la musique qu’elle accompagne la berceuse de note héro ou qu’elle fasse danser et chanter notre héroïne sous la pleine lune. Oh et j’en profite pour dire que Shu Qi est magnifique sous la pleine lune... et le reste du temps. Et que son personnage est très divertissant.

En vérité la plupart des personnages de ce film ont quelque chose d’intéressant, de divertissant, de sympathique ou de fun, c’est un plaisir de les découvrir les uns après les autres mais vraiment ce sont nos deux leads qui me sont allés droit au cœur. Pour le héro en même temps ce n’était pas difficile parce que le type a des yeux de chiots, les cheveux en bataille et la certitude qu’on peut vaincre les démons en leur chantant des berceuses. Il ne manque ni d’humour ni de courage et il est adorable donc forcément, je ne pouvais que m’y attacher. J’ai beaucoup aimé suivre son évolution tandis qu’il trouve le chemin vers l’illumination et j’avais toujours envie de le soutenir. Bref il fait un très bon protagoniste. Et à ses côtés Shu Qi, dans le rôle d’une chasseuse de démons à moitié timbrée, est également très divertissante et étonnamment attachante. Alors il est clair que dans un contexte « normal » elle serait un peu difficile à soutenir parce qu’elle manipule, harcèle et frappe notre héro à tout va mais dans le contexte d’un film tel que Journey to the West, clairement détaché de la réalité et tendant presque sur le cartoonesque par moments, il y a quelque chose d’attachant à cette jeune femme brute, bruyante et un peu allumée qui n’a aucune idée de comment s’y prendre et voudrait jouer les demoiselles en détresse mais a bien du mal à réfréner sa nature de chasseuse de démons qui démembre en rigolant. Contre mes attentes j’ai accroché à cette romance entre les deux leads et je dois dire qu’à la fin, j’étais toute émue.

En fait, vous avez du le remarquer, Journey  to the West a été un gros coup de cœur pour moi. Un coup de cœur sorti de nulle part, un coup de cœur auquel je ne m’attendais vraiment pas, mais un gros coup de cœur. Je l’ai regardé sur Netflix, j’ai acheté le dvd juste après et j’ai bien l’intention de le revoir et d’en faire profiter qui voudra bien le regarder avec moi. Le souci étant que cela ne conviendra certainement pas à tous les publics.  Je n’ai aucun doute que certaines personnes seront parfaitement imperméables au film ou simplement rebutées par quelques éléments dans le tas, ce qui est d’autant plus compréhensible que le film fait vraiment son truc, y va à fond et ne s’excuse pas une seconde d’être ce qu’il est. Donc je n’ai aucun moyen de garantir «Ce film vous plaira ». Enfin ce n’est jamais une garantie que je peux vous offrir de toute façon, quel que soit le film, mais c’est encore plus vrai ici. Mais parce que j’ai adoré, je ne peux que vous encourager à y jeter un œil en espérant que vous aimerez autant que moi.

Tag(s) : #Cinéma Asiatique

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