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Hey les gens !

 

Comment allez-vous ? La vie vous traite bien ? La fin d’année s’annonce bien ? Aujourd’hui, parce qu’on sera bientôt en 2016, je me suis dit que j’allais prendre de bonnes résolutions. Je suis en peu en avance mais je prends rarement de bonnes résolutions et quand je le fais, j’ai tendance à les prendre un peu n’importe quand parce que je n’ai aucun respect pour les traditions. Je suis une rebelle. Par contre vous savez à quel point j’ai du mal avec les sujets un tant soit peu sérieux, je galère à m’exprimer, donc faudra être indulgents avec moi. Je compte sur vous. Et je vais essayer d’être indulgente avec moi-même également mais peut-être pas trop parce que sinon je ne risque pas de tenir mes résolutions. Oui, au pluriel. Parce qu’il y en a plusieurs. Trois pour être exacte. Et je vous préviens, ça va être très personnel, ça va partir dans tous les sens. Cela ne sera peut-être pas super profond pour autant, j’en sais rien, je vais taper comme je le sens et je vais poster à la fin pour que ce soit public et que je ressente une certaine obligation de tenir ces résolutions mais il est fort possible que cet article ne ressemble strictement à rien. D’autant que je n’ai pas l’intention de trop me relire de peur de changer d’avis donc côté orthographe cela risque de faire peur. Okay ? Go.

 

 

~ Résolution numéro 1 : Cher Futur Moi ~

 

Histoire de commencer par une révélation qui va changer votre vie, le temps passe et change les gens. Je sais, ça retourne toute votre conception de l’univers mais vous n’êtes plus la personne que vous étiez il y a dix ans. Avec un peu de chance vous êtes une meilleure personne, pas parce que le vous d’il y a dix ans était un connard fini –peut-être que si hein, mais j’ai envie de parier que non- mais parce qu’en grandissant on apprend des choses, on se confronte aux autres, on fait des bêtises, beaucoup de bêtises et, dans le meilleurs des cas, on en tire une leçon, on ne les refait pas et on évolue dans le bon sens. Ce qui signifie qu’en regardant en arrière, on grimace parfois un peu. Personnellement je sais qu’en me relisant, vraiment, je me juge. Vous n’avez pas idée à quel point. Je vous l’ai déjà dit je crois bien mais au lycée, j’ai été un peu cruelle avec une de mes camarades de classe qui n’avait probablement pas besoin de cela. Alors oui, j’aime bien me trouver des excuses : je n’allais pas très bien moi-même, j’avais tendance à être la cible des moqueries la plupart du temps, j’étais pas la seule, cette fille était vraiment bizarre, etc, etc. Mais bon, au final, ça craignait quand même. La bonne chose au moins c’est qu’après le lycée, j’ai gardé contact avec cette personne, nous avons échangé des lettres, nous nous sommes revues plusieurs fois et j’ai pu m’excuser très sincèrement de mon attitude. Je ne suis toujours pas bien fière de moi mais maintenant j’ai appris ma leçon et je dors quand même mieux la nuit –enfin non je dors mal mais pour des tas d’autres raisons-. Le souci c’est qu’il y a aussi des tas de conneries que j’ai faites ou dites et pour lesquelles je n’aurai jamais l’occasion de m’excuser. Parce que j’ai perdu contact mais aussi parfois tout simplement parce que mes conneries n’ont pas eu de « victimes claires et précises ».

Et là on va partir dans l’anecdote dont j’ai tellement honte que j’hésite presque à en parler mais allons-y quand même : il y a plusieurs années de cela, dans le métro, je me rappelle avoir été assisse en face d’une jeune femme en surpoids qui portait des bas résilles. Je ne me souviens plus de si j’avais pris une photo de ses jambes –je ne crois pas mais je ne retrouve pas le message- mais en tous cas je me souviens avoir tweeté quelque chose pour me moquer d’elle, quelque chose pour dire qu’avec son corps les bas résilles ce n’était pas possible.  C’était cruel, c’était gratuit et en plus c’était absurde : après tout, qu’est-ce que cela pouvait me foutre qu’elle porte des bas résilles ou quoi que ce soit d’autre ? J’ai rangé l’anecdote dans un coin de ma mémoire, elle y a dormi un temps et elle est ressortie des années plus tard quand on m’a en gros fait remarquer que j’avais des cuisses bien trop grosses pour porter des shorts. Ca m’a fait mal parce que j’adorais mes shorts et mes collants de toutes les couleurs, je me sentais bien dedans et subitement je n’avais plus envie de les porter. Cela m’a pris des mois pour en remettre et maintenant je ne porte toujours quasiment que cela mais sur le moment je m’étais sentie vraiment mal. Et je me suis souvenue de cette jeune femme dans le métro, je me suis demandé si elle entendait ce genre de choses au quotidien, si ça la faisait se sentir mal aussi. Et après cela je me suis demandée ce que balancer cela sur twitter avait pu créer comme effet. La jeune femme en question n’avait pas lu mon tweet mais des tas d’autres si. Or parfois quand je vois mes amies tweeter certaines choses qui, de près ou de loin, peuvent s’appliquer à moi, même si elles ne s’adressent pas directement à moi, pendant quelques jours, il m’arrive de ressentir un vrai malaise. Alors lorsque, sur twitter, je me suis moquée de cette jeune femme, il n’y avait pas de victime précise dans le sens où le sujet de la blague ne m’a jamais lu mais il y en avait peut-être des tas d’autres. En tous les cas il n’y a personne à qui je puisse directement demander pardon et c’est un truc qui, s’il semblera peut-être insignifiant à d’autres, j’en sais rien, me pèsera probablement toujours sur la conscience. Mais c’est bien. C’est une leçon.

Il y a deux ans également, j’ai été mise face à un gros souci de vocabulaire de ma part. C’est une amie qui en parlait sur twitter, elle parlait de la minimisation du viol, et je me suis rendue compte que dans d’anciens articles, j’utilisais le mot « violable » pour parler d’acteurs que je trouvais carrément à mon goût. Parce que je ne saisissais pas la gravité et la violence de l’acte que j’évoquais. Et j’utilisais ce mot parmi d’autres, pour la blague et, à mon échelle, je participais donc au problème grave soulevé par mon amie. Alors, au moment où je m’en suis rendue compte, cela faisait déjà un moment que je n’utilisais plus ce mot, parce que j’avais grandi et choisissais mieux mes mots mais le fait de regarder en arrière m’a fait réaliser qu’à une époque, sans me rendre compte de ce que je faisais, j’avais utilisé ce genre de vocabulaire. Et avec le temps je réalise que j’ai trempé dans un peu tout. Je me considère comme quelqu’un de plutôt fréquentable –enfin c’est dur de me fréquenter parce que je sors peu de chez moi mais sinon c’est pas insoutenable quoi- mais, même si je n’ai vraiment pas envie de l’admettre, nommez ce que vous voulez et j’ai probablement donné dedans à un moment donné de ma vie : fat shaming, slut shaming, j’ai probablement même balancé quelques blagues racistes et homophobes ici et là. Et maintenant j’ai honte. Mais c’est une bonne chose parce que je fais plus attention. En me relisant sur ce blog, notamment, je décèle des tas de problèmes dans mes anciens articles mais, encore une fois, cela me permet de faire plus attention. Et en même temps, cela m’effraie pour tout vous dire. Cela m’effraie parce que si j’ai pu m’exprimer de cette façon sans m’en rendre compte pendant des années, si j’ai pu me comporter de façon aussi insultante sans le réaliser, je me demande comment je me comporte maintenant. Est-ce que dans dix ans, subitement, je réaliserai qu’en 2015 j’avais tout faux ? Je n’ai aucun doute que je ne serai plus la même personne et réaliserai effectivement que j’ai fait des erreurs mais chaque fois que, notamment, j’écris un article à présent, j’ai cette peur dans le coin de mon esprit, cette inquiétude d’être en train d’écrire quelque chose qui m’empêchera de dormir dans dix ans. Mais je ne veux pas me débarrasser de cette inquiétude, ma résolution numéro 1 est donc plutôt de la garder à l’esprit et de l’utiliser autant que possible.

 

 

~Résolution Numéro 2 : Tenir le premier rôle~

 

Avant de dormir, j’adore vivre mes fantaisies dans ma tête. J’ai des tas de scénarios et il y en a certains que vous connaissez parce que je les ai partagés avec vous au fil de ce blog. Comme celui, par exemple, où un artiste devait se produire sur scène, a un souci et où je me retrouve à aller sur scène à sa place à la dernière seconde. Je suis devant un public entier qui ne capte pas ce qu’il se passe, tout le monde soupire et au début j’ai du mal à chanter et après il s’avère qu’en fait je suis la nouvelle Nina Simone. J’en ai une variante où je suis la petite occidentale perdue dans un casting de drama coréen ou japonais et où tout le monde croit que je vais me planter. Les acteurs se foutent de moi en pensant que je ne les comprends pas et à la fin ils ravalent leurs paroles parce qu’apparemment je mérite tous les oscars. Il y a l’idée d’être humiliée mais à la fin, je suis victorieuse et c’est juste une histoire classique d’underdog. Mais il y a des fantaisies que je ne raconte pas parce qu’elles me dérangent, ce sont celles à caractère « romantique » -rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de sexe-.

Quand j’étais enfant et que je m’imaginais avec mon béguin du moment ou bien dans un film avec un personnage que j’aimais, j’avais le premier rôle. Les fantaisies étaient valorisantes pour moi. Si je pensais à Sparrow, j’étais la pirate qui sauvait le bateau parce que je savais faire du kung fu. Si je pensais au chevalier de la table ronde, je sauvais la vie de Gauvain in extremis grâce à mon kung fu. Et si c’était juste moi à l’école avec mon crush, je sauvais probablement le crush en question ou, au moins, je gagnais un match de basket. Avec du kung fu. Parce que j’aimais bien mettre du kung fu partout. Et puis j’ai grandi et j’ai réalisé quelque chose qui m’a rendue triste : mes fantaisies ont changé et elles ne sont plus valorisantes du tout. Je ne suis plus le personnage principal, je suis un personnage secondaire dans mes propres fantaisies. Je suis la femme qui se sacrifie et se la ferme pendant que mon intérêt romantique masculin a droit à toutes les scènes bad-ass. Je suis essentielle à la réussite du personnage, oui, mais il n’a pas à s’en rendre compte, je n’ai pas à en être récompensée et plus le temps passe, plus mon « moi fantasmé » s’en prend plein la gueule parce qu’apparemment plus il souffre, plus il est admirable. Je me malmène sans arrêt. Notamment j’ai un scénario très précis à propos de Dean Winchester qui ferait une fanfiction tout à fait exécrable et dans lequel mon moi-fantasmé se prend tellement d’abus dans la gueule –pas tellement par Dean : il participe un peu mais c’est général- que si cela arrivait dans la vraie vie, j’en serais la première révoltée. Et là je me dis : il y a un problème, un sérieux problème. A quel moment suis-je passée de personnage principal héroïque à personnage secondaire malmené dans mes scénarios rêvés, dans les histoires que je me raconte pour mieux dormir ?

Je mets cela sur le compte de plein de choses. A la base, je pense qu’il y a juste mes insécurités. Je le sais depuis longtemps et mes quelques séances de thérapie l’ont confirmé : mon estime de moi est dans le caniveau. Le sentiment d’avoir déçu absolument tout le monde est permanent et je passe une grande partie de mon existence à essayer de m’empêcher de penser à ma vie parce que cela me terrifie. Et il est arrivé un stade où être aimée par un autre être humain est devenu bien trop du domaine de l’impossible pour que je puisse l’imaginer, même en rêve. Du coup je suis passée à autre chose et maintenant je ne veux plus être aimée, je veux être utile, avoir le sentiment que quelqu’un a besoin de moi. Rajoutez à cela une culture qui alimente mes complexes et des fictions qui font la part belle à l’homme dont les abus sont censés être romantiques et à la femme dont la perfection est dans l’abnégation –j’ai bouffé beaucoup de Kdramas, c’est un schéma qu’on y retrouve particulièrement souvent- … faut pas s’étonner. Et si je continue comme cela, à quel moment passerai-je de second rôle à simple figurante ?

Ma résolution numéro 2 est donc d’essayer de récupérer le haut de l’affiche. Et ça va pas être simple, ça va pas se résoudre en une année ou deux mais je n’ai pas envie qu’un jour mon nom se retrouve en face de « Cadavre #9 »

 

 

~Résolution Numéro 3 : ~

 

Celle-là je ne sais pas comment je vais m’y prendre… j’imagine qu’elle s’inscrit un peu dans la première ? Cela va être aussi la plus rapide. Pas la plus facile à tenir mais la plus rapide à exprimer.

Vous m’avez lue évoquer Supernatural. J’aime beaucoup Supernatural. Et malheureusement cette série n’est pas réputée pour son traitement des personnages féminins mais ce n’est pas de cela que je veux vous parler, pas vraiment. Non, simplement, en revoyant la série l’année dernière avec ma sœur, en entendant un de ses commentaires, je me suis rendue compte que certains personnages féminins de cette série qui ne passaient pas … seraient certainement passés s’ils avaient été masculins. Mieux que cela, il y en a peut-être certains dont j’aurais été fan. Et j’ai réalisé que c’est quelque chose de récurrent, que j’ai ce putain de double standards bien ancré dans ma perception et qu’il est drôlement insidieux et pas facile à détruire parce qu’il est dans mes premières impressions, dans mes réactions instinctives. Dès que je réfléchis un peu et vraiment, j’arrive à voir de façon plus posée, je vois mieux les mécanismes et je me raisonne mais c’est parfois difficile de se débarrasser de son à priori et puis je ne prends pas toujours le temps. Donc ma troisième résolution est simplement de prendre plus le temps, de réfléchir plus et, avec un peu de chance, d’arriver petit à petit à me débarrasser d’un double standard instinctif qui ne devrait pas exister.

 

Voilà.

 

Je pense que c’est à peu près tout ce que j’avais à dire.

Pour le moment du moins.

Merci d’avoir lu et je vous souhaite à tous une excellente soirée !

Dans quelques heures je vous balance un article sur The Avengers :D Histoire de rester dans le ton quoi.

 

Ja !

 

 

Tag(s) : #Blablas

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