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Sorti en 2000

Ecrit par Billy Bob Thornton & Tom Epperson

Réalisé par Sam Raimi

 

Avec :

Cate Blanchett >>> Annie Wilson

Giovanni Ribisi >>> Buddy Cole

Keanu Reeves >>> Donnie Barksdale

Katie Holmes >>> Jessica King

Greg Kinnear >>> Wayne Collins

 

 

Dontesque?

Lorsqu’une jeune femme disparait dans la petite ville de Brixton, Annie Wilson, parce qu’elle a le don de clairvoyance, se retrouve en danger, au coeur de l’affaire.

 

 

~oOo~

J’avais envie d’un thriller quand je suis tombée sur celui-là qui, par rapport à mes autres options du moment, avait des avantages certains : (1) un peu de fantastique (2) une réalisation par Sam Raimi dont je n’aime pas TOUS les films mais en apprécie quand même la plupart (3) Cate Blanchett qui est une excellente actrice que je vois bien trop peu à l’écran –pas parce qu’elle tourne peu, c’est à cause de mes choix de films- (4) Giovanni Ribbsi qui reste un peu toujours « le petit frère de Phoebe » dans ma tête mais que j’ai vu et apprécié plusieurs fois au grand écran également… et bien entendu (5) Keanu Reeves parce que Kinyou c’est le bien. Sauf que je vous avoue que j’ai bien failli ne pas terminer The Gift, j’ai même carrément failli m’arrêter au premier quart. Voyez-vous, dans ce film Keanu Reeves ne joue pas exactement un type sympathique. On nous parle de ce mari violent qui bat sa femme et lorsqu’il apparait à l’écran, au début,  je n’ai même pas capté qu’il était censé être ce personnage. Puis l’attitude et les présentations rendent cela très clair mais je crois bien que dans ma tête j’étais en plein déni et c’est quand il sort « Vous ne valez pas mieux qu’un juif ou un négro » que j’ai fini par me dire « merde, plus moyen de nier, Keanu joue un mari violent, antisémite et raciste ».

Et je vous jure que cela m’a fait du mal à l’intérieur de moi-même, d’autant qu’en plus il le joue plutôt bien ! Il est crédible dans ce rôle et c’est en regardant ce film que je me suis rendue compte que Keanu Reeves est probablement le seul acteur au monde que je ne peux pas voir dans un rôle aussi antipathique. Pas parce qu’il ne peut pas me le faire avaler mais parce que je n’ai vraiment, vraiment pas envie de voir cela parce que détester un type avec la tête de Keanu Reeves me fait du mal à l’intérieur de moi-même. Je ne sais pas pourquoi Keanu Reeves… cela doit être un mélange de : je ne l’avais jamais vu jouer un méchant jusque là + mon affection instinctive et débordante pour ce type juste parce que + chaque fois que j’entends parler de lui c’est toujours parce que quelqu’un raconte quelque chose de sympa à son sujet, que ce soit à propos de sa générosité, de ses bonnes manières, du sérieux avec lequel il aborde ses films, de sa grosse tête inexistante ou du fait que quand tu te retrouves apparemment perdu sur sa propriété, le type s’excuse de ne pas pouvoir te déposer là où tu voulais aller. Tu rajoutes à cela le meme « Sad Keanu » et un peu de compassion pour un type qui n’a pas eu une vie facile et cela te donne le seul acteur que cela me fait du mal de voir dans un rôle détestable. Alors, bon, j’ai quand même fini le film hein parce que je me jugeais un peu moi-même sur ce coup-là –en général je sépare l’acteur du rôle quand même ! C’est ce qu’on est censé faire bordayl-, mais je ne vous cache pas que cela a été difficile. Cela dit c’était sympa comme film. Rien de non plus révolutionnaire mais c’était un bon film et ce en grande partie grâce aux acteurs.

[Kinyou et le côté obscur] The Gift[Kinyou et le côté obscur] The Gift
[Kinyou et le côté obscur] The Gift[Kinyou et le côté obscur] The Gift

Cate Blanchett est l’étoile de ce film. Je crois qu’entre chaque film que je regarde d’elle, même si je garde à l’esprit que c’est une excellente actrice, j’ai tendance à oublier à quel point parce que je suis toujours surprise. Dans ce film elle campe un rôle assez immédiatement sympathique et elle rend toute la force mais aussi toute la fragilité de cette mère de trois enfants qui se retrouve au cœur d’une affaire violente et craint pour sa famille mais serre les poings et fait ce qu’elle estime juste. Elle n’est pas une super héroïne, elle tremble, elle pleure et elle a du mal à ne pas s’effondrer notamment lors d’un procès où un avocat –que j’ai haï de toutes mes petites forces de spectatrice impuissante- met en doute sa parole et toutes ses intentions. Elle n’est pas non plus une maman infaillible, elle veut être là pour ses enfants mais elle a du mal à faire le deuil de son mari et n’arrive pas à communiquer forcément comme il faut. En bref elle est humaine et c’est ce qui rend sa bravoure, sa compassion et son bon cœur aussi admirables. Le courage c’est après tout de flipper et d’y aller quand même, de ne pas être invulnérable mais de se prendre les coups parce qu’on croit en ce qu’on fait. C’est en cela que notre héroïne est une femme admirable et Cate Blanchett m’a vraiment embarquée dans sa performance, elle se fond dans son personnage avec brio. Cela dit, elle n’est pas la seule à offrir une jolie performance et Giovanni Ribbsi m’est allé droit au cœur dans le rôle d’un homme qui n’arrive pas à se sortir de ses traumatismes. Le personnage est peut-être légèrement moins développé que j’aurais aimé, j’aurais voulu avoir une ou deux scènes de plus le concernant, mais le jeu de Giovanni Ribbsi n’est aucunement en faute. Il m’a immédiatement fait aimer son personnage et sincèrement m’inquiéter de son sort. Comme je le disais dans l’introduction, ce n’était pas la première fois que je voyais cet acteur au grand écran mais honnêtement en le regardant jouer je me disais toujours « eh le frère de Phoebe » -le fait que j’ai regardé Friends une bonne trentaine de fois en entier m’a pas mal conditionnée il faut dire- et là, pour la première fois, j’ai laissé cela de côté.

Et tout le casting est bon même si les autres m’ont moins marquée. Les personnages m’ont souvent fait de la peine par contre. Ou bien m’ont inspiré la grimace. C’est une petite ville assez tragique où vivent nos personnages, tout le monde semble avoir un secret peu reluisant à cacher et au bout d’un moment j’ai fini par me demander si notre héroïne n’était pas en fait le seul personnage à la fois moral et à peu près stable de cette histoire. Mettons simplement que je ne me suis pas dit « oui, je me verrais carrément vivre là-bas ».  Enfin les personnages étaient intéressants et bien interprétés et c’est l’essentiel parce que c’est vrai qu’en revanche j’ai trouvé le scénario un petit peu « couru d’avance ». En général je suis du genre à me faire avoir et me laisser facilement surprendre. Quand je regarde un film avec ma sœur, elle est toujours celle des deux qui prévoit la fin et moi toujours celle qui retient un « OMG !!! » à chaque twist. Mais là pour le coup j’avais tout vu venir et compte tenu de mon « histoire », je dirais que cela venait du film et pas d’un quelconque éclat de génie de ma part. Les surprises que veut nous réserver The Gift sont faciles à anticiper notamment parce que l’une d’entre elles a été écrite dans tellement de films qu’à ce stade la surprise serait que le « twist » n’ait pas lieu. Pour les autres je ne dirais rien car je ne voudrais pas non plus en dire trop et finir par vous gâcher le film : on ne sait jamais après tout, je pourrais avoir été plus perspicace que d’habitude sur ce coup-là et je m’en voudrais de vous priver d’un bon coup de théâtre. Mais voilà, l’histoire ne m’a pas parue follement originale ou surprenante, il y a même quelques petits éléments non résolus qui m’ont dérangée à la fin – [spoiler] le plus gros étant quand même le devenir de Donnie parce que bon, ok, c’est vrai que j’étais plutôt soulagée de ne pas devoir passer une scène de plus à détester la tête de Keanu Reeves mais tout de même, on nous sort cette happy-end où la paix est revenu sur le foyer de notre personnage principal et c’est fort cool mais à mon avis Donnie il l’a mauvaise et c’était pas exactement un type raisonné et posé donc j’ai du mal à croire qu’il n’ait pas voulu se venger de notre héroïne … sauf bien sûr s’il n’a pas été relâché vu qu’il a quand même admis avoir battu sa femme à plusieurs reprises… mais d’un autre côté tout le monde était au courant et cela n’avait eu l’air de poser de problème à personne jusque là donc, non, tout de même, une phrase ou deux sur le devenir de ce personnage n’auraient pas été de trop histoire qu’on ne se dise pas qu’après notre happy-end Donnie sort de derrière un arbre et tabasse notre héroïne [/spoiler] –, sans oublier que certains points auraient gagnés à être un peu plus développés à mon sens, et c’est pour cela que The Gift n’est pas un film qui repose sur son scénario à mes yeux mais bien plus sur ses interprètes qui relèvent le contenu.

Et cela m’a suffi. Je n’ai pas été dérangée plus que cela par la trame prévisible parce que j’étais très engagée par ces personnages, particulièrement par Annie. J’avais envie de la voir résoudre ce mystère, s’en sortir vivante et grandie, retrouver le contact avec ses enfants, aider ses amis, prouver au monde entier qu’elle avait raison, faire son deuil, etc. Malgré mon léger blocage « Keanu » dont, pour tout vous dire, j’ai un tout petit peu honte, je ne manquerais donc pas de vous inciter à jeter un œil à ce film. Ne vous attendez pas au chef d’œuvre qui va révolutionner votre vie et celles de vos enfants sur treize générations mais laissez vous porter par les prestations d’un excellent casting et vous devriez trouver une accroche à The Gift ~

7/10

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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