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Sorti en 1997

Réalisé par Taylor Hackford

Ecrit par Jonathan Lemkin & Tony Gilroy

D’après le roman d’Andrew Neiderman

 

Avec :

Keanu Reeves >>> Kevin Lomax

Charlize Theron >>> Mary Ann

Al Pacino >>> John Milton

 

Dontesque?

Kevin Lomax, un avocat ayant énormément de succès, sort d’une affaire où il a fait le choix de défendre un homme qu’il savait coupable d’un crime affreux.  Il est alors recruté par une firme à New York où il se retrouvera à travailler sous le charismatique John Milton.

 

 

~oOo~

Après The Gift, il fallait absolument que je remonte la pente en regardant Keanu dans un rôle moins détestable. C’était important pour mon équilibre vous comprenez. Kinyou T.T Du coup j’ai un peu épluché sa filmographie, trié ses projets et j’ai fini par me fixer sur Devil’s Advocate parce que l’idée de le voir partager l’écran avec Charlize Theron et Al Pacino était tentante. Bien entendu vu qu’il jouait « l’avocat du Diable » je me doutais bien qu’il ne serait pas un boy-scout mais ce n’était pas rédhibitoire. Par exemple dans John Wick il ne joue pas exactement un enfant de chœur –pas du tout même- mais je ne détestais pas viscéralement son personnage, j’étais même carrément de son côté –j’en profite pour vous dire que si vous kiffez les films d’action, John Wick est un film à tenter-et, bref, je sentais plutôt bien Devil’s  Advocate, d’autant qu’il y avait l’air d’avoir un parfum d’horreur au film ce qui ne pouvait que me motiver plus encore. Et puis je voulais voir si Al Pacino détrônerait Jack Nicholson niveau « incarnation diabolique flippante » -je n’ai pas vu Les Sorcières d’Eastwick depuis un moment mais quand j’étais jeune Nicholson m’avait terrifiée dedans-. Après avoir regardé le film, non, Al Pacino ne m’a pas autant faite flipper mais il fait quand même une très bonne incarnation diabolique et mon bilan sur le film est positif.

En premier lieu, j’ai aimé Keanu là-dedans. Ce n’est un secret pour personne, Keanu Reeves n’est ni un caméléon ni un acteur à oscars –même si je l'aime- mais dans ce film, je l’ai trouvé bien pour le coup. Il est, c’est vrai, aidé par le reste du film qui lui donne un bon contexte et de bonnes co-stars sur lesquelles se reposer, mais aussi, juste, j’ai trouvé qu’il vendait son personnage et notamment il y a une scène –celle où il panique à l’hôpital vers la fin- où je l’ai trouvé particulièrement convaincant. Parce qu’il y a un truc que Keanu a, en plus de la sympathie générale qu’il inspire  naturellement, et c’est de la sincérité. Du coup quand il met toute son énergie dans une scène à laquelle il croit, ça fait son petit effet. Alors non, l’ami Kinyou n’est toujours pas parti pour gagner le prix de l’acteur du siècle mais dans ce film il était bien … et d’ailleurs tout le casting était bon. Charlize Theron, notamment, connait une transformation assez extrême le long du film. Au début elle joue cette femme indépendante et sûre d’elle qui a des plans pour l’avenir puis, petit à petit, elle devient cette personne isolée, négligée, que personne n’écoute et qui sombre dans la dépression, la névrose. Même physiquement, elle ne ressemble plus en rien à la jeune femme du début et c’était assez difficile de la regarder petit à petit perdre pied, tirée vers le bas par son entourage tout entier tandis qu’elle essaie désespérément de se raccrocher à son mari qui a les bras –et l’esprit- bien trop occupés ailleurs pour lui tendre la main. Quant à De Niro, on ne peut pas dire qu’il donne exactement dans la subtilité, il cabotine même pas mal à la fin, mais je vous avoue avoir trouvé cela tout à fait fascinant. Dans sa grande tirade finale c’est vrai qu’il criait pas mal et qu’en général j’ai un peu de mal avec les volumes trop élevés mais j’étais suspendu à chacun de ses mots pour le coup. Il n’est pas vraiment flippant en fait, il est même presque sympathique dans sa décadence et son « humanisme » comme il l’appelle. On garde à l’esprit qu’il est peut-être en train de mentir –la fin fait effectivement de lui un menteur en quelque sorte mais je ne suis pas certaine que c’ait été voulu comme cela- mais en même temps on se prendrait presque à être d’accord avec lui. Somme toute, tout le casting se tenait vraiment bien, c’était un plaisir de regarder tous ces acteurs interagir et faire vivre des personnages intéressants.

[Kinyou vend son âme] Devil's Advocate[Kinyou vend son âme] Devil's Advocate
[Kinyou vend son âme] Devil's Advocate[Kinyou vend son âme] Devil's Advocate

De même, l’histoire était prenante. J’ai une toute petite réserve au niveau de la conclusion, j’ai le sentiment qu’elle aurait pu facilement être meilleure en changeant un ou deux détails. Mais j’en apprécie beaucoup l’idée,  le discours sur la nature humaine, sur notre vanité et la façon dont nous –certains d’entre nous en tous cas- voulons toujours avancer, toujours monter plus haut, gagner, écraser la concurrence, au risque de perdre de vue certaines choses qui faisaient le meilleur de notre humanité. Au final ce que nous prouve notre diable du film c’est que l’homme, par vanité, prendra toujours la mauvaise direction. Après la question c’est : se réveillera t-il à temps ? Changera t-il de cap avant qu’il ne soit trop tard ? Et j’ai prié pour parce que c’était triste de voir notre personnage principal s’enfoncer de plus en plus et blesser tout son entourage au possible. J’avais peur qu’il finisse par se réveiller et se brise de constater ce qu’il était en train de devenir mais c’était encore plus triste de penser qu’il ne se réveillerait peut-être pas du tout. Quant à la réponse, je ne vous la révèle pas, bien entendu, ce sera à vous de voir et également à vous d’interpréter la conclusion comme vous l’entendez. En tous les cas, le thème du film est intéressant et je trouve que la réalisation joue beaucoup en sa faveur. Ce que j’ai adoré en fait c’est le côté presque « cliché » de certaines choses. Je dis vraiment cela dans le bon sens. C’est-à-dire que les décors, les éclairages crient « gothique infernal », les demoiselles de l’enfer semblent presque stéréotypées lors de plusieurs scènes et notre incarnation de Satan devient de moins en moins discrète. Plus le film avance et plus tout devient exactement ce à quoi vous vous attendriez, cela correspond tellement à « l’image commune » que tout est identifiable, tout semble évident et c’est excellent parce que la base du film c’est que notre « héro » a fait un mauvais choix en sachant exactement ce qu’il faisait et que ça l’a fait rentrer dans la spirale infernale. Plus il s’enfonce, plus tout devient clair et cela suggère qu’à ce stade soit il fait tellement partie de ce nouveau monde qu’il ne voit plus rien si bien que le monde en question ne fait plus l’effort de se cacher, soit –et c’est l’interprétation que j’ai choisie- qu’à un certain niveau il est presque conscient de la route qu’il est en train de prendre mais qu’encore une fois il décide de fermer les yeux, son esprit fait une sorte de pirouette pour ne rien voir, pour satisfaire sa vanité et son ambition. En tous les cas c’est un résultat de la réalisation et c’est pour cela que je la trouve aussi réussie.

En clair je pense qu’il est raisonnable de dire que j’ai beaucoup apprécié ce film et qu’en conséquence je ne peux que vous encourager à tenter le coup. J’ai aimé le casting, l’idée, la mise en scène, et malgré les quelques maladresses, principalement dans la conclusion, c’est un film que je revisiterais sans peine car je pense que j’y trouverais d’autres choses à apprécier. Bref : bilan positif.

7.5/10

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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