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Réalisé par Paul McGuigan

Ecrit par Max Landis

D’après le roman de Mary Shelley

 

Avec :

James McAvoy >>> Victor Frankenstein

Daniel Radcliffe >>> Igor

Jessica Brown >>> Lorelei

Andrew Scott >>> Roderick Turpin

 

 

Dontesque?

Igor, un bossu traité comme un moins que rien au sein de la troupe de cirque à laquelle il appartient, est sauvé et recueilli par le docteur Victor Frankenstein, impressionné par ses aptitudes médicales. Igor devient l’assistant de Frankenstein et prend par à ses travaux pour le moins étonnants.

 

6.5/10

Dans mon post sur The Last Witch Hunter, je vous disais que j’étais allée voir ce film parce qu’il fallait que je déserte la maison quelques heures  et que mon premier réflexe quand il faut que je sorte est d’aller au cinéma. C’est très vrai et c’est même quelque chose d’hebdomadaire en fait : tous les jeudis de 11h à 13h je tâche de ne pas être chez moi. Alors je vais au cinéma et cette fois-ci, je suis allée voir Docteur Frankenstein parce que  j’aime bien James McAvoy, que j’avais envie de voir Daniel Radcliffe et parce que Max Landis, le scénariste, est un type qui a des idées intrigantes. Je n’étais juste pas complètement certaine de savoir comment aborder le film par contre parce que j’en avais vu deux bandes-annonces : l’une faisait passer le film pour quelque chose d’un peu bourrin et potentiellement drôle, l’autre laissait transparaitre une volonté de se prendre au sérieux et de créer quelque chose de plus sombre. Max Landis semblait dire que la seconde bande-annonce était plus fidèle à l’esprit du film, les gens s’indignaient du « bourrin » du film et du commentaire du réalisateur sur le roman qu’il trouve ennuyeux à pleurer bien qu’il en apprécie l’idée centrale –et au passage je suis désolée, bien que je ne sois pas fan de sa façon de le dire, j’ai toujours eu du mal avec ce roman… j’aime beaucoup l’idée et l’histoire en elle-même : les évènements, les conflits moraux, les personnages ,etc… mais le style de Mary Shelley, les mots, le rythme, tout cela ne m’a jamais transportée et oui, effectivement, je me suis ennuyée en lisant le livre-. Bref c’était le bordel mais sur l’affiche –au demeurant plutôt ennuyeuse niveau esthétique- il y avait deux acteurs que j’apprécie et une « tagline » qui me plaisait également : « découvrez les origines d’un monstre et sa création ». Au début, parce que je suis bête comme cela, je m’étais juste dit « c’est super redondant comme titre quand même » mais j’ai fini par capter que le monstre était censé être Frankenstein et la création, eh bien, sa création –et là le débat est ouvert sur qui est cette création : le monstre que nous connaissons, Gordon le singe zombi ou bien Igor qui, après tout, est notre narrateur… personnellement je penche pour l’option numéro 3 ou sur une idée de création globale qui contiendrait le tout-. A partir de là j’avais juste vraiment envie de voir la déchéance de Frankenstein. Je ne vous cache pas que j’ai été un peu déçue. Ce n’est pas qu’il n’y ait rien qui fonctionne dans ce film mais, dans l’ensemble, il ne m’a pas convaincue.

Alors c’est vrai quand même que je ne me suis pas ennuyée, c’est déjà cela par rapport à ma dernière expérience en salles… faut dire que même quand il ne se passait rien –ce qui n’était pas souvent, okay-, le film a une très très jolie esthétique. Toute l’ouverture dans le cirque est particulièrement belle à regarder mais le film est un plaisir tout le long, même ce qu’il a de macabre est esthétique. Il y a quelques plans qui m’ont particulièrement marquée comme la robe rouge de Lorelei se déployant comme une fleur vue d’en haut ou bien le premier véritable aperçu du manoir à la fin dans toute la gloire de son esthétique gothique… mais le film était juste très joli de façon constante. Par ailleurs, à côté de cela, il avait un rythme plutôt soutenu et une histoire que j’avais envie de suivre à la base parce que c’était une histoire que je ne connaissais pas. Le film n’a pas des intentions très claires en fait et j’étais partie avec l’idée que ce serait une préquelle au roman de Mary Shelley mais cela n’a finalement pas l’air d’être le cas, cela ne colle pas avec le livre, cela ne s'y rattache pas bien. Ce n’en est pas non plus vraiment une adaptation ou, du moins, il n’en reprend pas la trame. Bien entendu les éléments sont familiers mais ils sont agencés de façon différente de d’habitude et j’avais le sentiment étrange de regarder une histoire familière et nouvelle à la fois. Pas assez nouvelle pour être surprenante, - [spoiler] j’avoue simplement avoir été semi-étonnée que Victor ne meurt pas à la fin, je m’attendais à ce qu’il soit tué par sa création [/spoiler] – mais suffisamment nouvelle pour me garder intriguée. Le souci c’est que cette histoire est mal assemblée.

[Le docteur et ses créations] Docteur Frankenstein[Le docteur et ses créations] Docteur Frankenstein
[Le docteur et ses créations] Docteur Frankenstein[Le docteur et ses créations] Docteur Frankenstein

En premier lieu, il y a un souci à mon sens au niveau de la gestion du temps, tout passe beaucoup trop vite. L’évolution d’Igor, un personnage quand même drôlement abîmé par la vie, se fait en accéléré et autant assembler Gordon le singe, à priori, prend pas mal de temps, autant la préparation de Prométhée, version du film du monstre connu de Frankenstein, n’a apparemment pas pris plus de quelques heures. Je ne sais pas j’ai juste eu le sentiment que le temps passait drôlement vite dans ce film et que cela fragilisait vraiment la cohérence de l’histoire –on est bien d’accord que ce n’est pas une histoire crédible dans le monde réel mais cela n’empêche pas la cohérence-. Par ailleurs, à côté de cela, plusieurs éléments viennent vraiment se greffer sur le reste de manière peu naturelle. Avant de parler de ces greffes cela dit, parlons un peu du cœur du film : Igor, Victor, leur relation. Et même si, rapport au temps qui s’écoule de manière étrange, c’est vrai qu’on a parfois l’impression que les choses n’arrivent pas de façon supra naturelle, la relation de notre duo central reste clairement l’intérêt principal du film –en plus de son esthétique c’est-à-dire-. C’est en grande partie dû aux interprètes, bien entendu. James McAvoy surjoue parfois un peu trop –et bordayl le pauvre Radcliffe s’est pas mal fait arroser parce que McAvoy quand il est lancé, il postillonne pas mal- mais il fait un Frankenstein malgré tout charismatique et prenant, c’est assez fascinant de le regarder petit à petit sombrer dans la folie. Quant à Radcliffe, je l’ai trouvé également très convaincant. Les étapes d’évolution de son personnage n’étaient pas toujours crédibles à cause du timing mais Radcliffe nous vendait toujours au moins les émotions et états d’esprit. Lui et McAvoy avaient une très bonne dynamique et j’ai beaucoup aimé les voir construire leur relation même si, dans la deuxième partie, c’était parfois assez triste de voir la façon dont Victor traitait Igor. Igor est un homme qui n’a jamais connu rien d’autre que la cruauté des autres et qui, lorsqu’il est sauvé par Victor, voit ses rêves se réaliser subitement d’un coup. Et Victor lui assure qu’ils sont amis, qu’à présent il n’a plus à se trainer au ras du sol, … sauf que Victor ne traite pas Igor comme un ami. C’est pas qu’il ne ressente pas de l’affection et de la reconnaissance à son égard, Victor est clairement attaché à Igor, mais il est tellement dans son truc qu’il fait –littéralement- passer ses avancées avant la vie, avant les sentiments, avant la dignité d’Igor. Et cela rend certaines scènes vraiment tristes parce que notre ancien bossu, lui, s’il est d’abord motivé par son amour de la science et sa curiosité, lorsque les choses deviennent de plus en plus tendues et moralement plus qu’ambigües, agit clairement par amitié pour Victor. Enfin la prestation des deux acteurs est bonne, leur dynamique est prenante, les personnages sont intéressants et rehaussés par les deux choses précédemment citées et si le film s’était concentré là-dessus, je pense qu’il s’en serait mieux tiré –par contre c’est vrai que le devenir de Frankenstein à la fin ne m’a pas super convaincue, j’ai trouvé que cela ne collait pas-.

Mais comme je le disais, le film greffe sur cette relation principale pas mal de choses inutiles et, en particulier, trois personnages. Le premier : Lorelei. Lorelei, étoile du cirque où était exploité Igor, est le rêve qu’il réalise après s’être sorti de son enfer et en cela on pourrait se dire qu’elle est un personnage utile sauf qu’Igor avait déjà ce type d’élément avec la science, la médecine qu’il ne pouvait pas pratiquer et à laquelle Victor lui donne accès. La jeune femme a des objections morales aux travaux de Frankenstein mais il aurait été tout aussi simple de les mettre dans la tête d’Igor –qui les partage d’ailleurs un moment-. Le personnage n’est pas désagréable, elle a du caractère, dit des choses à Igor qu’il se devait d’entendre et elle n’a pas froid aux yeux, mais simplement elle n’apporte rien à l’histoire qui n’aurait pu être facilement trouvé ailleurs et dans un film trop chargé, forcément… Second personnage greffé : l’inspecteur Turpin. J’étais ravie de voir Andrew Scott, j’aime beaucoup cet acteur, et il est plus nécessaire que Lorelei parce qu’il représente une vision religieuse réfractaire aux travaux de Victor mais il est un peu trop « over the top » et semble en décalage avec le reste. Chaque fois qu’il était à l’écran, je retenais un « oh c’est vrai » et j’ai failli l’oublier en écrivant cet article. En l’occurrence lui ce n’est pas tant qu’il est greffé inutilement mais plutôt qu’il est mal greffé. Et enfin, un dernier personnage de trop : le blondinet dont j’ai zappé le nom qui fait complètement basculer le film à la fin. Encore une fois il a une position potentiellement intéressante dans le film parce qu’il représente la partie de la société qui veut exploiter la découverte révolutionnaire du docteur pour ses propres intérêts mais il est tellement exagéré, tellement « super méchant » qu’il en devient risible et donne un ton ridiculement démesuré à la fin du film qui fait vraiment du tort à celui-ci.

Au final, je dirais qu’il y a, en plus de son esthétique, un « centre » à Victor Frankenstein que j’ai apprécié. J’aime le point de départ, les deux personnages principaux, le casting, l’idée des conflits et les touches d'humour dont ne se prive pas le film, mais le script est mal géré, il y a trop d’éléments qui alourdissent le film et ne lui apportent pas suffisamment. Et le dernier quart est bien trop poussif pour en venir à une conclusion que je n’ai pas trouvée en accord avec l’évolution des personnages. Donc en clair je suis partagée et, sans regretter le prix de ma place de cinéma, je ne vous pousserais pas à sortir le porte-monnaie pour autant.

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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