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Sorti en 1941

Réalisé par George Cukor

Ecrit par S.N. Behrman & Salka Viertel & George Openheimer

 

Avec :

Greta Garbo >>> Karin

Melvyn Douglas >>> Larry Blake

Etc

 

 

Dontesque?

L’éditeur d’un magazine de mode et une instructrice de ski se marient sous l’élan de la passion mais découvrent rapidement qu’ils ont des visions de l’avenir très différentes. Le mari retourne à New York, laissant sa femme à la station de ski. Lorsqu’ayant décidé de lui rendre visite elle commence à soupçonner qu’il la trompe, elle se fait passer pour sa sœur jumelle imaginaire et décide de jouer un tour à son mari.

 

 

4/10

Toujours dans mon objectif 50 ans de cinéma, après avoir regardé Grand Hotel j’ai continué à piocher dans la filmographie de Greta Garbo avec, ce coup-ci, le dernier film de sa carrière, à savoir Two Faced Woman. A priori j’en avais lu le synopsis qui semblait laisser place à plein d’opportunités de qui pro quo bons pour la comédie et, à côté de cela, le film étant réalisé par George Cukor –le réalisateur, entre autres, d’un de mes films favoris : My Fair Lady- j’étais au moins persuadée que mes yeux ne se plaindraient pas trop. Oui, regarder ce film me semblait être une très bonne idée. Et j’ai été déçue je dois dire. Ce n’était vraiment pas excellent au final, cela n’a pas trop pris avec moi. Néanmoins, parce que je suis la positivity queen quand je veux, il y a au moins une bonne chose à tirer de Two Faced Woman : Greta Garbo est très bien dans le registre comique.

Au-delà du fait qu’elle est très belle –malgré des coiffures souvent peu flatteuses je dois dire-, elle a surtout beaucoup de présence, d’aplomb et d’énergie qui servent un personnage, de base, engageant. Katryn est vive, intelligente et indépendante. Elle a une personnalité forte, elle est toujours directe et n’a pas peur de s’exprimer, de s’affirmer. C’est ce qui, d’ailleurs, déplait tant à son mari mais bien entendu c’est ce qui m’a charmée. Oui, à la base, il y a une femme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et a sa propre idée de la direction qu’elle veut prendre. Sauf que le film, bien entendu, n’a pas l’intention de la laisser prendre cette direction comme cela et tout ce qu’il y a autour de ce personnage a été problématique pour moi. En fait même concernant ce personnage il y a des choses qui ne m’ont pas convaincue. Pour commencer, je n’ai pas compris qu’elle se marie aussi vite. Le film est super rapide ! Les deux personnages se rencontrent, il lui fait des avances, elle les repousse, il tombe dans la neige et pouf, la scène d’après ils sont mariés. Alors que lors de leur conversation ils ne semblaient rien avoir en commun, alors qu’elle ne semblait pas très enchantée de faire sa connaissance, nope les voilà mariés et après deux jours ensemble, les voilà séparés. Et ça c’est un gros souci parce que quand on a une comédie romantique dont l’enjeu principal est de garder le couple principal ensemble, c’est quand même carrément mieux de donner au public une raison de *vouloir* que ce couple reste un couple. Alors que là il n’y avait rien entre eux, rien que quelques scènes dans lesquelles, la plupart du temps, ils s’engueulaient. Du coup quand le film me « menaçait » de leur séparation, j’avais juste envie de dire « okay, séparez-vous, qu’est-ce que cela peut me faire ? ».

[Pile et Face] Two Faced Woman[Pile et Face] Two Faced Woman[Pile et Face] Two Faced Woman
[Pile et Face] Two Faced Woman[Pile et Face] Two Faced Woman
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A la limite cela aurait pu marcher même sans les connaître en tant que couple heureux si les deux personnages principaux avaient été attachants tous les deux et si on avait pu avoir l’illusion qu’ils ne seraient heureux qu’ensemble. Sauf que jamais je n’ai eu le sentiment que ces deux-là pouvaient fonctionner et, surtout, le mari me sortait par les yeux. Ce type attendait en gros de sa femme qu’elle fasse tout en fonction de lui. Ce n’est même pas sous-entendu, il le dit carrément : « Tes plans ne sont pas très importants. MES plans sont importants ». Il lui donne des ordres purement et platement. Des ordres faciles à reconnaître parce qu’ils commencent par « je t’ordonne de » ou « je te défends de ». Il s’excuse un temps pour coucher avec elle et après il en revient à son « fais ta vie en fonction de moi pauvre femme, suis ton homme » -là je paraphrase par contre- et je suis désolée mais il m’est très difficile de ne pas juste voir en ce type un c****** de première –excusez-moi du langage-. Si encore il avait, à côté de cela, des qualités essentielles mais non ! Le film ne nous le montre jamais généreux avec autrui, altruiste ou quoi que ce soit du genre. Il n’est pas non plus charmant et –question de simple goût esthétique en l'occurence- je ne pouvais même pas me laisser momentanément aveugler par un quelconque physique avantageux. Queudale, il n’avait rien pour lui qui "rattrape" son sexisme, certes dû à l’époque du film et donc, en ce sens, compréhensible, mais malgré tout vomitif. Et le plus triste c’est que le film lui donne raison parce que, sans aucune raison compréhensible, notre héroïne finit par rendre les armes, et avec sourire et enthousiasme s’il vous plait. A un moment particulièrement chelou d’ailleurs vu qu’à ce stade de l’histoire elle le pense encore potentiellement infidèle. Mais bon…

A la base, de toute façon, c’est vrai que j’avais été un peu triste d’un retournement que je n’avais pas anticipé : le mari découvre très vite que sa femme lui joue un tour en se faisant passer pour sa sœur jumelle. En fait, à la base, il ne devait le découvrir qu’à la fin mais apparemment l’idée n’avait pas plu, elle donnait à l’histoire quelque chose de trop immoral. A la place il comprend donc très vite ce qu’il se passe et cela donne à l’histoire un tour tout nouveau parce que du coup ce n’est plus le mari soupçonné –pas exactement de façon infondée d’ailleurs- d’infidélité mais sa femme qui se retrouve dindon de la farce. Elle ne se joue plus de lui, il se joue d’elle. D’un point de vue comique, ce n’est pas un souci à mes yeux car cela offre autant de potentiel « qui pro quo » dans ce sens-là que dans l’autre. En vérité que ce soit le mari qui se joue de sa femme, dans l’absolu, ne serait même pas trop un problème dans un autre contexte mais là mon souci c’est le manque d’équilibre. Imaginez cela : la femme se joue de son mari, elle découvre –après bon nombre de moments de comédie et malentendus- qu’il l’aime et lui est fidèle, elle décide, après s’être un peu amusée à ses dépends et s’être rebellée à sa manière, qu’elle veut bien vivre la vie qu’il lui proposait. Okay, c’est pas forcément parfait mais cela passerait mieux que ce que le film a à nous proposer parce que ce que nous avons là est la « révolte » futile d’une femme qui est, tout le long, le jouet de son mari et finit par trouver cela super. La première solution, rejetée par le film, donne un certain pouvoir à la femme tandis que la seconde ne lui en donne aucun. Le mieux cela dit, pour moi, aurait été de se la jouer Friends –vous savez cet épisode où Phoebe, Rachel et Joey essaient de faire cracher le morceau à Chandler et Monica- et de ne pas arrêter de multiplier les niveaux de « je sais ce que tu fais et tu ne le sais pas », « je sais que tu sais ce que je fais et tu ne sais pas que je le sais », etc. J’aurais adoré voir cela.

Mais le principal souci de Two Faced Woman pour moi reste le simple fait qu’il s’agit d’une comédie romantique qui ne m’a pas fait autant sourire que j’aurais voulu, à propos d’un couple qu’il fallait réunir mais que je voulais garder séparé. J’ai beaucoup aimé Greta Garbo dedans et Melvyn Douglas est également très bien malgré le mal que je pense de son personnage, mais ce n’était juste pas suffisant.

Tag(s) : #Cinéma Occidental

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