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Sorti en 1936

Réalisé par George Cukor

Ecrit par James Hilton, Zoë Atkins & Frances Marion

D’après le roman La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas, fils

 

Avec :

Greta Garo >>> Marguerite Gautier

Robert Taylor >>> Armand Duval

Jessie Ralph >>> Nanine

Henry Daniell >>> Baron de Varville

Lenore Ulric >>> Olympe

Laura Hope Crews >>> Prudence

 

Dontesque ?

Le jeune Armand Duval, fils de bonne famille sans faire partie des plus hautes sphères de la société, s’éprend de Marguerite Gautier, une belle jeune femme aux mœurs un peu trop lâches pour l’opinion publique.

 

8/10

Pour tout vous dire, je n’étais pas très impatiente de le voir ce film-là. Je suis gaiement ma petite liste et je n’avais pas l’intention de sauter Camille mais c’est vrai que j’avais mes réticences. Cela fait un moment maintenant que j’ai lu La Dame aux Camélias et pour être honnête je m’en souviens assez mal à présent –j’étais en sixième, c’était il y a un bail- mais, en revanche, je me souviens de Moulin Rouge, son adaptation libre, et s’il y a des choses dans Moulin Rouge que j’apprécie, l’histoire n’en fait pas vraiment partie. Je la trouve forcée, pas franchement intéressante et excessivement dramatique à la limite du poussif. Mais tout est toujours dans l’exécution et puis rien ne me disait que Camille suivrait les traces de Moulin Rouge après tout ! –enfin « suivre les traces » n’est pas la bonne expression, Camille est venu plusieurs décennies avant Moulin Rouge, mais vous m’avez comprise- Et écoutez, oui, décidément, l’exécution et les détails font toute une différence et j’ai beaucoup aimé Camille. Marguerie de Gautier est pour le moment largement mon rôle favori de Greta Garbo  et j’ai vraiment apprécié le film.

Cela ne signifie pas que le film n’a pas de défaut ni même que je n’ai pas trouvé certains des problèmes que j’avais anticipés, mais je les ai trouvés plus nuancés que j’aurais pensé. Et excusez-moi à l’avance, je vais revenir à Moulin Rouge deux-trois fois. Ce n’est pas pour « taper » sur Moulin Rouge qui a ses points forts ailleurs, c’est juste qu’après coup, en comparant les deux, j’ai réussi à mettre le doigt sur beaucoup de choses qui m’ont plu dans le traitement de l’intrigue dans Camille. Par exemple j’apprécie que l’on soit au courant très vite de la maladie de Marguerie de Gautier, ça ne fait pas twist de dernière minute et comme le personnage est très conscient de sa durée de vie probablement limitée, ça joue dans la construction de son caractère, notamment dans la façon dont elle se comporte de façon relativement libre –je dis « relativement » parce qu’elle est très consciente de l’opinion des autres, l’a en partie intégrée et en est limitée mais il y a quand même plusieurs décisions qu’elle n’aurait sans doute pas prises sans l’idée d’existence touchant à sa fin-. De même oui, on a droit au passage que les amateurs de dramas reconnaitront comme le moment « noble idiotie » et je ne peux pas dire que j’ai été absolument ravie de le voir arriver mais c’était dans la continuité du personnage malgré tout, je n’ai pas été choquée  on va dire. Et j’ai vraiment trouvé Marguerite et son entourage intéressants. Lorsqu’on la rencontre on ne recolle pas forcément les morceaux et surtout les apparences sont trompeuses si bien que Marguerite semble très entourée, très sûre d’elle, très peu inquiétée du monde qui l’entoure et de ses restrictions. Mais plus l’histoire avance plus on se rend compte que si elle a de vrais amis qui se révèlent là où on ne pensait pas nécessairement les trouver, elle est avant tout cernée par une bande de vautours qui lui prendraient son argent sur son lit de mort. Hypocrites, ils ne se soucient en rien de leur « amie », ils dansent dans la pièce à côté de laquelle où elle manque de s’effondrer, ils vont jusqu’à supposer que peut-être elle fait semblant d’être malade pour attirer la sympathie parce qu’ils voient en elle leur propre manque d’honnêteté, leur propre bassesse que Marguerite, elle, ne possède pas.

[Romance et camélias] Le Roman de Marguerite Gautier[Romance et camélias] Le Roman de Marguerite Gautier
[Romance et camélias] Le Roman de Marguerite Gautier[Romance et camélias] Le Roman de Marguerite Gautier
[Romance et camélias] Le Roman de Marguerite Gautier[Romance et camélias] Le Roman de Marguerite Gautier

Marguerite est une véritable victime du regard des autres et de son contexte. Elle est victime d’un entourage qui la suppose à leur niveau, elle est victime des préjugés d’une société qui la juge indigne de l’homme qu’elle aime et ce qui est le plus triste c’est qu’elle a intégré ces préjugés. Elle est meilleure que tout ce qu’on pense d’elle et le spectateur est invitée à voir le meilleur du personnage mais elle se rabaisse constamment, s’estime toujours indigne de l’amour qu’on lui propose … c’est d’une tristesse vraiment. Et dans la catégorie tragique aussi, j’en viens à la romance principale… parce que Marguerite, à mes yeux, est également une victime d’Armand, l’homme qui « l’aime ». Entre guillemets parce que j’ai du mal à réellement le définir de cette façon. Armand n’est pas un personnage que je trouve attachant du tout. Au début il semble plutôt charmant et il est carrément agréable à regarder ce qui ne fait jamais de mal mais l’amour qu’il porte à Marguerite est égoïste, impatient et sans réelle compassion. On parle quand même d’un type qui, lorsque Marguerite rejette ses avances, menace de la tuer. Un type qui l’humilie publiquement en lui balançant de l’argent à la tête. Oui, la scène qui était aussi dans Moulin Rouge sauf que dans Moulin Rouge c’était en fait plus dérangeant parce que nous étions censés apprécier réellement Christian tandis que je ne suis pas certaine que Camille veuille nécessairement que nous nous attachions à Armand. Il est instable et, il le dit lui-même, il aime Marguerite et à la fois il la méprise. La vérité c’est qu’à la base il est tombé amoureux d’elle sans lui parler, il s’est épris d’une image et la personne qu’il découvre ne lui convient pas telle qu’elle, il veut la façonner, la faire correspondre à ses attentes et quelque part il estime certainement, parce qu’il lui est socialement supérieur et parce qu’elle est une courtisane en particulier, qu’il lui fait une faveur qu’elle ne peut pas refuser. Il ne comprend pas qu’elle puisse refuser. Ce n’est pas un personnage mal intentionné, pas vraiment, il est un produit de son éducation et de son contexte, un jeune homme qui se pense probablement sincèrement amoureux mais au final il participe à la perte de Marguerite. La jeune femme est donc, à mon sens, également victime de son amant. Et je sais que je répète beaucoup le mot « victime » mais n’allez pas vous mettre dans la tête l’image d’une femme mise en sourdine qui se prend tout dans la tête, essuie les coups au sol, etc. Enfin je ne suis pas en train de dire qu’un tel personnage serait un mauvais personnage mais je ne veux pas donner une image erronée d’une Marguerie qui pendant une bonne partie du film est pleine de répartie, pleine de vie et servie par une Greta Garbo lumineuse et pleine d’énergie. Oh, elle est très bien aussi dans les moments difficiles et son cœur se brise à plusieurs reprises, ne vous y trompez pas, mais je veux simplement dire qu’il y a de la vie dans ce personnage et que ça a été une joie pour moi de la regarder et de l’écouter avant qu’immanquablement cela commence à me rendre triste de voir cette vie s’échapper.

Cela a été également une joie de juste regarder le film d’un point de vue esthétique. Je ne peux pas parler de la mise en scène cela dit parce que j’ai été absolument aveuglée la moitié du temps par les robes de tous les personnages féminins. J’ai un gros faible pour tous les films « en costumes » parce que justement j’ai un gros gros faible pour ces costumes et wow, Greta Garbo a de ces tenues dans celui-là! Tout le film était très joli à regarder mais c’est vrai que j’ai complètement bloqué sur les robes. Oh tout de même j’ai pris beaucoup de plaisir à regarder la façon dont le film passait à côté du code Hays, le « code de conduite à l’écran » de l’époque. Par exemple, lors de la scène où Marguerite accepte les avances d’Armand, on passe de ceci :

 

A ceci :

 

 

Et je me demandais où étaient passés ses gants/manches mais sur le moment je m’étais juste dit qu’ils avaient du oublier de les remettre. C’est en reregardant mes screencaps que je me suis dit qu’en fait, à ce moment-là, très probablement les personnages venaient de coucher ensemble et que c’était la façon subtile du film de nous le dire. Bien joué Film, bien joué.  

 

J’avais peur de ce film, j’avais tort. L’histoire m’était familière, oui, et je n’ai certainement pas été surprise des développements de Camille, mais j’ai découvert l’histoire avec un nouveau point de vue, de nouvelles subtilités et pour le coup j’y ai trouvé un réel intérêt. Par ailleurs, depuis que j’ai commencé à découvrir Garbo –certes cela ne fait pas longtemps mais…- je ne l’avais pas encore autant apprécié. Maintenant j’ai sincèrement hâte de voir le reste des films de sa filmographie qui sont sur ma liste !

[Romance et camélias] Le Roman de Marguerite Gautier[Romance et camélias] Le Roman de Marguerite Gautier
[Romance et camélias] Le Roman de Marguerite Gautier
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Tag(s) : #Cinéma Occidental

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