[Cernes sur écran de salon] Des films en vrac

Publié le 2 Janvier 2016

Des films en vrac

 

Je regarde beaucoup de choses. Trop même certains diraient mais ce sont ces mêmes gens qui voudraient me convertir à cette notion de « vie sociale » que j’ai si bien réussi à éviter jusqu’ici parce que je reste insensible à leurs tentatives de lavage de cerveau et d’aliénation.  Enfin bref : je regarde beaucoup de choses et je vous parle d’une partie de ces choses tandis que l’autre partie reste cachée soit parce qu’elle tombe dans l’oubli car je laisse passer trop de temps soit parce que je n’avais simplement pas assez à raconter. Aujourd’hui je vous propose de rattraper quelques films que j’ai regardés et sur lesquels je ne me sentais pas de vous faire un article complet. Forcément il n’y a pas de grands chefs d’œuvre dans le tas, ceux-là j’essaie quand même de vous en parler, et il n’y a pas non plus de grosses bouses. Non, dans cette liste il y a surtout des films « dans la moyenne », des films « corrects », c’est pour cela qu’ils sont là. Mais il y en a certains qui peuvent justifier un coup d’œil, du moins je trouve, donc rapidement, faisons l’inventaire.

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Everest (2015) – Sorti l’année dernière, pour le coup, j’avais prévu d’aller le voir au cinéma celui-là mais il était sorti en plein dans une période assez mouvementée pour moi et j’avais donc fini par le louper. L’histoire, adaptée d’une véritable histoire qui a également été portée au petit écran et a fait l’objet d’un roman autobiographique auparavant, m’avait attirée essentiellement pour deux raisons : son conflit « homme vs nature » et son casting qui réunit Jake Gyllenhaal, Jason Clarke, Josh Brolin, Sam Worthington, etc, que des types que je kiffe. Et auxquels j’ai honnêtement à peine fait gaffe une fois dans le film, dans le sens où je n’ai pas été distraite par le casting plein de stars mais ai réussi à m’intéresser aux personnages à la place, ce qui est une excellente chose.   A bien des égards ce film est assez exceptionnel dans le sens où il a réussi à m’intéresser à des trucs qui, à la base, ne me passionnent vraiment pas. Par exemple c’est vrai que je rentrais dans Everest pour le « homme vs nature » car c’est un thème que j’apprécie généralement à l’écran mais quand je peux choisir ma « nature », j’ai mes préférences et « sommets enneigés » n’est pas en haut de la liste. Je crois que c’est le manque de couleur et l’idée que les personnages soient planqués dans des combinaisons qui me rebutent un peu –en y réfléchissant c’est en gros le même à priori que j’ai avec les films qui se déroulent dans l’espace et le font de manière un minimum réaliste-. Et là pour le coup j’ai regardé, pendant la moitié du film, des types se préparer à grimper. Puis grimper. Puis être coincés. Ils étaient là à dire « oui, il faut faire cela pour se préparer à cela » et moi je faisais « oui, carrément, tout à fait », les yeux rivés sur l’écran. Et à la fin, lorsque les choses se mettent à sévèrement déconner, j’ai versé quelques larmes parce que les acteurs sont bons, parce que la situation était triste et parce que le film avait réussi à me donner l’impression que j’étais avec ces personnages dans la neige –j’ai un peu eu le vertige à un moment donné du film en fait ><-. J’ai le sentiment qu’Everest est assez simple et ne va pas me marquer à vie mais le film est efficace et c’était une expérience positive.

Open Water (2003) – Vous le savez : gens + gros animaux qui mangent les gens précédemment cités = Mila happy. On va tâcher de ne pas trop se demander pourquoi mais forcément, Open Water m’a attirée, d’autant que j’avais été assez déçue par The Reef et que j’espérais que les requins d’Open Water seraient plus convaincants –enfin dans The Reef le requin n’était pas le problème cela dit, c’était le film en général-. Et dans un sens c’était assez fascinant. Le film est loin d’être un chef d’œuvre et je ne peux pas dire que je l’ai trouvé effrayant non plus, la tension n’était pas palpable en grande partie parce que, comme dans The Reef, les personnages n’avaient pas beaucoup d’options si bien que le film consistait surtout à attendre de voir les requins se décider à les bouffer. Mais, déjà, le film est court, il fait à peine plus d’une heure –et 20 minutes de moins que The Reef… on ne dirait pas mais 20 minutes c’est énorme- et surtout j’ai été fascinée par les réactions des personnages qui restent d’un zen assez incroyable. Il y a bien un moment où ils finissent par craquer un peu mais sinon, quand ils constatent qu’ils sont perdus en mer sans un bateau en vue, c’est cool, ils parlent du programme télé. Normal. Je n’ai honnêtement pas réussi à savoir si je trouvais cela terriblement pas naturel ou tellement étonnant que c’en était peut-être réaliste –les êtres humains réagissent de façon cheloue parfois-. J’en sais rien mais j’ai trouvé cela fascinant et honnêtement les regarder réagir –ou bien souvent ne pas réagir – est ce qui a gardé mes yeux sur l’écran -okay le film était aussi plutôt bien réalisé-. Ce n’est pas vraiment un film que je recommanderais à moins que vous ayez vous aussi un penchant pour les grands méchants requins qui mangent des gens abandonnés en mer par des compagnies qui ne sont pas capables de gérer un simple appel pour vérifier que leur petite vingtaine de clients est bien à bord…. Mais bref, je suis pas fâchée de l’avoir regardé malgré tout.

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Red State (2011) – Ayant récemment vu Kevin Smith parler de ses films et comme j’entendais finalement son nom assez souvent, je me suis demandé « mais est-ce que j’ai déjà vu un seul film de ce type ? » et en lisant sa filmographie, il s’est avéré que surtout je l’avais vu dans The Mindy Project et que c’était pour cela qu’il m’était aussi familier mais, aussi que, oui, j’avais vu Red State –bon et la bande-annonce de Tusk mais je me suis jurée de ne jamais regarder ce film parce que je sais que c’est censé être une comédie mais j’ai du mal avec certains types de body-horror et Tusk a l’air de taper dans un truc du style Human Centipede que j’ai beaucoup de mal à supporter-. J’ai donc décidé de revoir Red State parce qu’honnêtement je ne m’en souvenais pas bien, j’avais juste le vague souvenir d’avoir apprécié la première fois. Et en revoyant le film, je l’ai plutôt apprécié la seconde fois aussi. Bien qu’il soit classé dans l’horreur, je ne sais pas si je dirais que le film en lui-même m’a fait peur mais il y a quelque chose d’effrayant et dérangeant dans l’idée  qu’à peu de choses près, les évènements du film –une communauté de dévots menés  à un massacre par un leader religieux charismatique et extrémiste- me paraissent plausibles. C’est le genre de trucs que je m’attends à lire dans le journal et Michael Parks est glaçant dans le rôle du leader qui aliène ses fidèles dès leur tout plus jeune âge –la présence de petits enfants m’a mise particulièrement mal à l’aise et c’était bien évidemment le but-. En général, de toute façon, tout le casting est bon et je sais que pas mal de gens ont un souci avec le fait que le film effectue une sorte de virement dans sa dernière ligne droite mais j’ai trouvé cela plutôt bien vu au contraire. Red State n’est pas un film qui me restera en mémoire toute ma vie, je l’ai trouvé plus acceptable que génial, mais j’y ai trouvé mon compte.

Last Shift (2014) – Bon bah puisqu’on est dans le thème, dans Last Shift une nouvelle recrue de la police passe la nuit dans un commissariat désaffecté, en assurant la toute dernière garde, et se retrouve confrontée à des apparitions et sons étranges semblant avoir un rapport avec une famille de fanatiques ayant trouvé la mort des années plus tôt. Je n’étais pas partie pour le voir celui-là mais Netflix me le proposait tout le temps et j’avais du temps à tuer donc, sur un « pourquoi pas ? » je l’ai regardé et il est plutôt bien passé je dois dire. Bon si on met de côté mon éternel « rah mais rien à foutre de ton travail, sors, cours, fuis ». A la limite, elle aurait pu passer la nuit sur le trottoir au moins mais perso j’aurais couru jusque chez moi. Alors okay peut-être que quelque chose l’aurait retenue, peut-être qu’elle n’aurait pas pu sortir, mais elle aurait au moins du essayer bien plus rapidement que cela. Et il y a encore quelques trucs qui m’ont dérangée mais dans l’ensemble Last Shift maîtrise bien son ambiance et, tout en commençant rapidement et ne perdant pas de temps, va quand même progressivement et évite de tout balancer trop vite. Le film est simple, ne jouant clairement ni sur la débauche visuelle ni sur des gros « boum » dans le son pour faire sursauter, et dans cette simplicité il y a de l’efficacité. Encore une fois ce n’est pas un film que je vous sur-recommanderais parce qu’à mon sens il n’a pas grand-chose de plus à proposer que son ambiance angoissante –contrairement à d’autres films d’horreur qui vont plus loin que cela- mais ce qu’il fait, il le fait correctement et j’ai apprécié le frisson.

Road House (1989) – Okay celui-là commence à se faire flou dans ma mémoire mais tout de même je me souviens de pourquoi je l’ai regardé : Patrick Swayze dans un film d’action. J’espérais vaguement, je pense, que ce soit aussi sympathique que Point Break. Bien entendu, parce qu’il n’y a pas Keanu Reeves dedans, je savais bien que ce ne serait pas aussi bon mais bon, il y a quand même Sam Elliott au casting et je kiffe bien Sam Elliott, il a un certain charisme, même dans Ghost Rider ce qui est quand même un exploit. Et l’histoire, ici, est celle d’un type qui est un super videur et est engagé pour redresser la clientèle d’un établissement qui galère. En soi le film est assez médiocre et également pas très mémorable si j’en crois le peu de souvenirs qu’il m’en reste –alors que je l’ai regardé il y a deux mois- mais il a quelque chose d’attachant dans sa stupidité et honnêtement j’avais trouvé Patrick Swayze plutôt cool dans le rôle principal, j’aimais son attitude détachée. J’avais aussi apprécié la fin de l’antagoniste qui, si elle est présentée comme une sorte de happy-end, m’avait semblé assez terrible. Pour être honnête c’est un film que je m’imagine plutôt bien revoir un soir de fatigue intense parce qu’il ne sollicite clairement pas beaucoup le cerveau … et peut-être qu’à ce moment-là je pourrai vous en parler correctement.

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A lonely place to die (2011) – Pour le coup ce film n’était pas vraiment ce à quoi je m’attendais. Je l’ai regardé peu de temps après Everest et ne m’étant, comme habitude, pas vraiment renseignée sur le film, j’avais imaginé en voyant l’affiche et en lisant le titre que l’histoire serait celle d’une jeune femme partie seule faire de l’alpinisme et qu’elle se retrouverait bloquée dans la montagne pour une raison ou pour une autre. Après cela le film nous montrerait sa lutte pour la survie et le retour à la civilisation. J’étais super partante ! En fait c’est pas du tout cela, A Lonely Place to Die est l’histoire d’un groupe d’alpinistes qui, lors d’une de leurs expéditions, découvrent une petite fille serbe qui avait été emprisonnée, la délivrent et se retrouvent cibles de gens armés et décidés à récupérer la gosse. Rien à voir avec mes attentes donc. Enfin je me suis laissée prendre au jeu et somme toute, le film se suit bien. Mon principal souci en fait, au-delà d’une écriture qui laissait à désirer au niveau des personnages, est que j’ai eu beaucoup de mal avec l’héroïne qui prend des décisions que je trouve plutôt questionnables… mais malgré tout la course-poursuite est engageante, j’étais prise par le rythme et, tant qu’à faire, je n’ai pas manqué d’admirer les très jolis paysages écossais proposés par le film. Encore une fois, pour moi, c’est un film qui relève de l’efficace. C’est-à-dire que si on sait de quoi il s’agit, on le lance pour voir des gens courir pour leur vie, on espère que la course sera suffisamment bien rythmée, et c’est ce qu’on obtient, ni plus ni moins. Je ne me suis pas ennuyée et je ne le reverrai pas, c’est un film de « remplissage » et il a assuré sa fonction.

The Nightmare (2015) – Ce film joue dans une catégorie un peu différente car il s’agit d’un documentaire sur la paralysie du sommeil. Encore que ce soit contesté et que je puisse comprendre pourquoi. Disons que pour ma part, j’ai vu cela comme de la docu-horreur, une sorte de nouvelle catégorie d’horreur en gros. A la base, en fait, je pensais tomber sur quelque chose à la Nightmare on Elm Street et ... absolument pas, The Nightmare se présentant comme une série de témoignages de gens souffrant de paralysie du sommeil. Ils nous racontent leurs expériences, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont vu et entendu tandis que le réalisateur entrecoupe cela de reconstitutions. Donc par exemple une femme va nous parler de son sentiment d’avoir été observée par la fenêtre et le réalisateur va créer la situation pour nous à la manière d’un film d’horreur plus typique. L’idée est en quelque sorte de faire ressentir au public ce que ressentent certaines personnes lors de leurs crises de paralysie. Et le film se concentre uniquement sur l’expérience, ne parlant absolument pas de science, des causes, etc. Même lorsqu’il filme les gens qui témoignent, le réalisateur affiche clairement sa volonté de déstabiliser le spectateur et de créer une ambiance pesante, inquiétante. Donc oui, il y a l’idée d’effrayer et les gens sélectionnés sont ceux ayant eu des expériences plutôt impressionnantes, pas un d’eux n’a eu de crises plus « petites » comme c’est le cas d’aussi bien des gens. Le truc c’est que pour ma part j’ai fait une ou deux crises de paralysie du sommeil, l’une d’entre elles avec des hallucinations particulièrement affreuses, et j’ai trouvé que le film en recréait vraiment bien l’ambiance, la terreur. Du coup je trouve une valeur au film dans le sens où je pourrais poser quelqu’un devant certaines scènes et lui dire « voilà, c’était comme cela ». Bon et puis j’ai aussi trouvé qu’en tant que film d’horreur le film était efficace, j’ai eu énormément de mal à dormir après cela, mais faut dire que j’avais une certaine « connexion » avec ce film qui tapait dans l’un de mes traumatismes. Je comprends donc que mon opinion est très biaisée mais j’ai beaucoup aimé The Nightmare.

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