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Saison 3

 

Diffusée en 2015

13 épisodes

Crée par Bryan Fuller

 

Avec :

Hugh Dancy >>> Will Graham

Mads Mikkelsen >>> Hannibal Lecter

Et des gens

 

Dontesque ?

Après les évènements de la saison 2, Will est sur les traces d’Hannibal qui s’est exilé en Europe et les quelques survivants des évènements essaient de gérer les conséquences.

 

~oOo~

Bien bien.

Hannibal c’est fini donc. Du moins : peut-être. Parce que les rumeurs vont bon train sur une saison 4, voire même sur un film potentiel qui ferait office de conclusion. Et, pour ne pas changer –c’est un peu une constante en fait vis-à-vis de cette série- je suis partagée, mes sentiments ne sont pas clairs. Parce que dans un sens, je suis triste que la série soit terminée et s’ils me donnent plus d’Hannibal -et plus de Mads Mikkelsen *O*- je serai la première à hurler de joie mais, d’un autre côté, la conclusion de cette saison 3 me convient. Je trouve qu’elle fait une fin de série impeccable et qu’elle fonctionne à la fois sur un plan narratif et un plan émotionnel. Donc si la série devait s’arrêter là je serais contentée en même temps que triste.  Au moins il y a une chose dont je suis certaine c’est que tout cela est très positif parce que n’importe quelle série pouvant laisser son spectateur sur « j’ai le sentiment d’avoir vu une histoire commencer, se développer et se terminer, cette fin m’a fait voir tout ce que je voulais voir mais je serais ravie d’en voir plus » est une série qui a fait de l’excellent travail. Donc bravo Hannibal. Et, sur ce, on va discuter de tout cela mais , d’abord, je vais rappeler la règle pour éviter les spoilers :

Si vous n’avez rien vu du tout d’Hannibal ou si vous avez vu juste la saison 1, reportez-vous directement à la conclusion en gras.

Si vous avez vu les deux saisons précédentes, vous pouvez lire tout ce qui est en noir.

Si vous avez tout vu, vous pouvez également surligner ce qui est en blanc entre les balises [spoiler].

Bien entendu ce ne sont que des indications : si vous n’en avez rien à faire des spoilers, vous pouvez lire tout ce que vous voulez.

Et sur ce, let’s go.

Cette saison 3 est structurée en trois parties et, pour tout vous dire, la première m’a un petit peu inquiétée, j’ai franchement cru que ce serait la saison où Hannibal me perdrait. J’avais tort et mon manque de confiance me fait honte –Mads, pardon :(- mais laissez-moi quand même vous parler un peu de cette première partie qui commence au début -… O.O HOW SHOCKING- et va en gros jusqu’à la scène où Will et Hannibal sont réunis –j’estime que ce n’est pas un spoiler car il est évident que les deux personnages se retrouveront forcément face à face-. Au début tout allait bien et j’irais jusqu’à dire qu’il n’y a pas de mauvais épisode dans cette première partie mais simplement que c’est le tout qui m’a un peu effrayée. La saison 3 passe en effet beaucoup de temps à nous parler de ses personnages, de comment ils se sentent après la fin de la saison 2, de ce que cela signifie d’avoir « survécu » à Hannibal. Avec « survécu » entre guillemets, oui, parce que Will en a déjà fait l’expérience, on ne survit pas réellement à Hannibal, on meurt toujours un petit peu, une partie de nous se nécrose. Les personnages qu’on a sous les yeux sont donc des personnages qui galèrent à trouver leurs repères et la série les fait naviguer en plein brouillard, se débattre pour y voir clair. Ca donne une ambiance drôlement pesante et nébuleuse tandis que l’on se plonge vraiment dans les méandres de leurs esprits. L’épisode 1 est d’abord consacré à Hannibal lui-même puis la série commence à s’intéresser au reste et, oui, c’est magnifique à regarder. La moitié du temps on a l’impression de regarder un tableau vivant bouger lentement devant nos yeux. L’épisode 1 m’a parfaitement subjuguée, je suis restée béate notamment devant les décors de Florence et Paris ainsi que devant les scènes en noir et blanc. C’était magnifique et j’étais tout à fait « dans » la série. J’aime beaucoup la façon dont toute la première partie nous pose les bases avec ses transitions où le visage d’Hannibal se fond dans un autre –notamment celui de Will, bien entendu, mais il y a également le passage où il se fond dans celui du Diable et ce n’est pas forcément subtil, okay, mais c’est très en rapport avec le thème général et c’est une métaphore appropriée: Hannibal est le mal qui séduit et corrompt après tout-. C’est vers l’épisode 3 que j’ai commencé à ressentir un début d’impatience. Que la série ne bouge pas vite était une chose, qu’elle soit pesante n’était pas vraiment nouveau, même le côté artificiel des dialogues n’était pas neuf mais ce début de saison semblait excessivement long, excessivement artificiel, comme si les personnages posaient la moitié du temps. La série semblait s’extasier un petit peu trop de sa propre esthétique et, en gros, le tout avait un parfum prétentieux qui commençait à m’inquiéter. Parce que je commençais à me demander si toute la saison serait comme cela. Je pense qu’à présent, si je revoyais le début, je l’apprécierais nettement plus parce qu’on y trouve de très bonnes choses mais, sur le moment, j’anticipais un peu l’avenir et parfois je me retenais aussi légèrement de rire –le « I don’t like the night » de Chiyoh a été un grand moment pour moi -. [spoiler]  Par ailleurs c’est vrai que voir autant de personnages « ressusciter », au début, m’a paru être un choix douteux car je trouvais que cela minimisait pas mal l’impact de la fin de la saison 2. Bien entendu que Will serait vivant mais Jack, Alana, Freddie, Chilton, devaient-ils avoir survécu également ? Et dans un univers où personne ne meurt, qu’est-ce qu’il y a vraiment à craindre finalement ? Sauf qu’en fait, et c’est ce que démontre si bien cette saison 3 une fois encore, il y a énormément à craindre parce que dans Hannibal, les morts sont les plus chanceux et ceux qui doivent survivre sont bien souvent les perdants. Cela ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas avoir une sorte de « happy-end » et j’ai été ravie pour Margot et Alana par exemple, mais ils se retrouvent tous défigurés, intérieurement ou extérieurement –pauvre pauvre Chilton >< ce type s’en prend tellement plein la gueule, je ne sais pas comment il fait pour se lever le matin- Des personnages morts auraient été moins intéressants parce que c’est se plonger dans la corruption profonde de leur identité qui est intéressant et la fin de la saison 2 conserve son impact parce qu’elle ne signe peut-être pas leur mort physique, mais elle signe une mort malgré tout, comme la saison 1 signait celle de Will dans un sens. [/spoiler]

[Love Crime] Hannibal: Saison 3[Love Crime] Hannibal: Saison 3
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Pour revenir rapidement à Chiyoh et le dire vite: rétrospectivement elle est peut-être le seul élément de cette saison 3 avec lequel j’ai vraiment du mal. Tout le reste, en regardant en arrière, me plait pour une raison ou une autre, mais Chiyoh est un personnage avec lequel je ne me suis pas réconciliée. J’ai apprécié d’en apprendre un tout petit peu plus sur les origines d’Hannibal, de voir quelques vestiges de son passé, mais elle ne m’a pas plus interpelée que cela, elle sert de « deus ex machina » à plusieurs reprises et elle est laissée complètement en suspens par la série. Le manque de résolution à son niveau cela dit ne m’a pas dérangée plus que cela et c’est justement parce qu’à la base, elle ne passionnait pas du tout. Elle n’est pas trop handicapante mais je m’en serais passée on va dire. Mais revenons à ce que je disais : au début je me suis inquiétée, j’avais peur que toute la série soit une collection de scènes filmées au ralenti tandis que l’histoire avançait à peine. Je commençais à trouver les plans en slow-mo d’escargots assez représentatifs de la saison pour tout vous dire. Et je pense toujours que, peut-être, il aurait été possible de rendre le tout un peu plus digeste mais avec le recul je trouve l’expérience intéressante et, je l’ai déjà dit, je pense que j’apprécierai mieux les épisodes en les revoyant parce que maintenant je sais ce qu’il se passe dans la suite. Notez quand même qu’au-delà de ce « I love the night », j’ai aussi ri dans la partie 1 de la saison 3 simplement parce qu’elle était volontairement drôle à certains endroits. Le « J’ai à peine tué qui que ce soit » d’Hannibal et son « Techniquement c’est toi qui l’as tué » m’ont fait beaucoup rire parce que Mads Mikkelsen trouve exactement le bon ton avec lequel délivrer ses lignes. La réponse de Will lorsqu’il prend des nouvelles de Chiyoh était également drôle et je me suis donc surprise à m’amuser finalement. Par contre la série m’a également traumatisée parce que cela fait deux articles que je vous parle de la figure du cerf dans Hannibal et la saison 3 nous sert ceci :

Tellement.de.cauchemarsT.T

La seconde partie est donc celle qui se situe après la réunion de Will et Hannibal. Et forcément, je n’attendais que cela ! Parce que je me demandais vraiment comment cela allait se passer. La saison 3 m’a confirmé ce que je savais déjà, à savoir qu’Hannibal avait épargné Will exprès et que Will avait vraiment voulu qu’Hannibal échappe à la police, comme illustré dans son échange avec Jack :

- Tu lui as dit que nous savions.

- Je lui ai dit de partir parce que je voulais qu’il s’enfuie.

- Pourquoi ?

- Parce que… Parce qu’il était mon ami. Et parce que je voulais m’enfuir avec lui.

Oh Will. Tu fais du mal à mon cœur. Moi aussi je voulais que tu t’enfuies avec Hannibal. Mais bon ce n’est pas ce qui s’est passé et pour revenir à ce que je disais, je n’étais pas certaine de comment se dérouleraient les retrouvailles, de si Will sourirait à Hannibal et se montrerait presque amical ou s’il essaierait de le tuer. [spoiler] Au final : les deux apparemment.[/spoiler ] Et au-delà de ma curiosité, bien entendu, puisque leur relation est la « colonne vertébrale » de la série et mon élément favori, j’étais forcément impatiente de toute façon. Mais je ne vais pas *trop* revenir sur la partie 2 de la série. C’est le moment où le rythme devient plus soutenu, il s’y passe plein de choses et plusieurs personnages y trouvent une résolution bienvenue – [spoiler] ce n’est pas que j’ai quasi-hurlé de joie lorsque Mason se fait bouffer par son anguille mais pas loin… c’était peut-être le personnage le plus malsain de tout cet univers et pourtant il avait de la compétition ! Il avait des scènes presque amusantes avec son chef/chirurgien Cordell et j’avoue que j’ai un peu souri aussi à l’entendre parler en mode « Bane  dans The Dark Knight Rises » mais j’ai voulu qu’il meure tout le long et lorsque Margot découvre ce qu’il est advenu de son enfant, c’était la goutte d’eau dans un vase déjà bien rempli et s’il ne mourrait pas dans l’heure suivante, je pétais un plomb [/spoiler] -. La phase 2 de la série est celle où je me suis vraiment à nouveau retrouvée à fond et ce n’est donc pas que je n’aurais rien à en dire mais ce seraient plus des considérations un peu « périphériques » et spoilant des évènements précis donc, histoire de ne pas rendre l’article infiniment long, je vais rester sur la constatation générale que la partie 2 était une bonne prise de vitesse et se termine également sur un évènement particulièrement significatif – [spoiler] Hannibal se rendant à la police [/spoiler] – sur lequel je reviendrai de façon « générale » un peu plus tard. Bref, c’était une bonne partie 2.

Et j’en arrive donc à la troisième et dernière partie de la série. Alors je ne vais pas vous en dire trop en dehors des balises spoilers parce que, bien entendu, c’est la dernière ligne droite de la série si bien que ce serait dommage de vous la spoiler, mais je vais quand même aborder, un peu, l’antagoniste de cette dernière ligne droite en tâchant de faire attention. Cet antagoniste, brillamment interprété par un Richard Artmitage –qui, de manière générale, est très rarement  trouvé en faute de toute façon- était l’antagoniste *parfait* pour cette fin de saison, Hannibal n’aurait pas pu trouver mieux, parce qu’il s’inscrit directement dans l’axe de Will et Hannibal. Will a commencé sa transformation il y a un moment et il a beau y résister autant qu’il peut, malheureusement pour lui, elle est inévitable et cette saison appuie sur cette idée, notamment avec ce papillon macabre et énorme qui apparait dans la première partie de cette saison. Elle appuie également encore un peu plus sur le rôle d’Hannibal dans la transformation de Will, notamment lorsque Will se voit demandé s’il est venu dans la chapelle pour, lui aussi, se sentir plus proche de Dieu. Il répond qu’Hannibal –qu’il est venu trouver en l’occurrence- n’est pas son dieu et, très bien mais, en revanche la série nous signifie juste une fois de plus qu’Hannibal est le créateur de Will et que s’il n’est pas Dieu, il est peut-être bien l’entité à l’autre extrême.  Will, comme il dit, ne se connait jamais si bien que lorsqu’il est avec Hannibal parce qu’à ses côtés il « s’accomplit » en quelque sorte. Donc on a toute cette idée que Will est toujours un être en devenir et c’est précisément comme cela que les personnages décrivent l’antagoniste de dernière ligne droite : une entité en devenir. Il est très proche de Will parce que lui aussi se bat contre quelque chose qui fait partie de lui et l’étrangle, lui aussi est partagé entre son sens moral, des instincts et pulsions qui le font se perdre de plus en plus et son désir de protéger son entourage. Bref, il était un très bon choix faisant écho à la progression de notre protagoniste.

[Love Crime] Hannibal: Saison 3[Love Crime] Hannibal: Saison 3
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Quant à Hannibal, dans cette saison, il a un rôle assez différent de d’habitude. Il avait tendance à mener les choses et, oui, il est toujours le roi de la manipulation, il continue d’influencer tout le monde autour de lui, mais j’ai quand même eu le sentiment qu’il y avait une différence notable, un changement effectué après le bain de sang de la saison 2 où il réagissait à la trahison de Will : Hannibal, dans cette saison, est généralement en réaction. Cela m’a frappée à la fin de la partie 2. Au début lorsqu’Hannibal va complètement à l’encontre des souhaits de Will, j’ai rigolé je vous avoue parce que j’étais en train de me dire qu’Hannibal avait atteint le niveau ultime du troll-age, mais tout de suite je me suis rendue compte qu’il ne faisait que réagir, une fois de plus, au rejet de Will. La scène précédente m’avait d’ailleurs remuée parce que je ne sais pas si j’ai imaginé des choses mais j’ai eu le sentiment qu’Hannibal avait des larmes dans les yeux et ce n’était vraiment pas quelque chose que je m’attendais à voir. La saison 3 est celle où Will arrive enfin à poser la question « Est-ce qu’Hannibal est amoureux de moi ? » et si la réponse est plus complexe que « oui » ou « non », elle se rapproche certainement plus du précédent et Hannibal passe la saison entière à refuser de sortir de la vie de Will. Il s’étonne que Will sache où le chercher mais se voit rétorqué, avec justesse, qu’en vérité il ne fait qu’aller dans les endroits où il sait que Will viendra le chercher. La première partie est un jeu de souris qui cherche à se faire attraper par le chat. Ou peut-être un jeu de serpent qui cherche à sa faire attraper par le chat qu'il essaie de transformer en serpent.  Après cela [spoiler] il se laisse arrêter quand Will le rejette parce qu’il a besoin de rester présent dans l’esprit de celui-ci. Puis lorsqu’après l’ellipse, Will revient avec une famille et l’appelle « Dr Lecter » pour éviter toute familiarité alors qu’Hannibal lui dit qu’il fait partie de sa famille,  notre sociopathe envoie le Red Dragon se charger de la famille de Will qu’il voit comme un obstacle, une façon pour Will de le chasser de son esprit. Et lorsqu’à la fin Hannibal ne dit pas à Will que le Dragon est toujours en vie, une partie de moi ne peut s’empêcher de penser que si Will avait répondu « oui » au « Est-ce que c’était bon de me revoir ? » d’Hannibal, celui-ci l’aurait peut-être prévenu. [/spoiler] Hannibal  a des réactions d’amant éconduit dans cette saison. Sauf que, bien entendu, la relation Will/Hannibal est plus difficile à démêler que cela mais alors si je commence à m’embarquer là-dedans, on n’est vraiment pas sortis de l’auberge.  Mettons pour vraiment simplifier que je vois dans Hannibal une fascination pour une pierre précieuse rare et brute qu’il trouve belle au-delà des mots et veut façonner pour se l’approprier, en faire *son* trésor personnel et peut-être même la tailler à son image. Et je vois dans Will la reconnaissance d’une partie de lui-même qu’il veut désespérément libérer mais qu’il ne peut pas admettre parce qu’elle est en contradiction avec tout ce qu’il estime juste. Il y a clairement une tension sexuelle entre ces ceux-là mais je ne la vois pas *vraiment* comme une attirance physique et plus comme un besoin de fusion. S’ils pouvaient réellement se fondre complètement l’un dans l’autre, ils le feraient. Enfin bien sûr cela supposerait d’abord que Will laisse de côté ses objections morales.

Parlons de la fin. Entre balises bien entendu.

[spoiler] Cette fin était parfaite. Et je pense aussi que c’était ce qu’on pouvait avoir de plus proche d’une « happy-end » pour ces deux personnages.  A partir du moment où la chanson Love crime –qui me donne des frissons quand je l’entends maintenant- commence, la série semble basculer dans quelque chose de quasiment irréel. La façon dont Will et Hannibal se lancent sur le Dragon et le mettent à mort ressemble à une danse. Lorsque Will parle du sang, faisant écho à une phrase d’Hannibal un peu plus tôt dans la saison, et lui dit «Il semble vraiment noir sous le clair de lune », j’y ai vu une référence à ce fameux homme-cerf qui suit Will depuis le début de la série. Ce coup-ci ce n’est plus un rêve, Will est couvert –pas entièrement okay, mais c’est symbolique, ils n’allaient pas lui faire rejouer Carrie non plus- de noir, il est *devenu* ce qu’il devait devenir, il est devenu tout ce qu’Hannibal voulait qu’il devienne. « Tu vois, c’est tout ce que j’ai toujours voulu pour toi » lui dit-il « Pour nous ». Et Will ne peut que sourire et répondre « C’est magnifique » parce qu’à ce stade, il s’est rendu, il reconnait cette part de lui qu’est Hannibal et, en conséquence, il est en paix. Et vient le moment où il se jette du haut des rochers, entrainant Hannibal avec lui. Bon, déjà, cette embrassade est un moment particulièrement tendu parce que c’est le moment où ils se rejoignent vraiment. Si on reprend ce que je disais à propos de la tension sexuelle et de leur envie de fusion, ce moment peut être vue comme l’orgasme, le point culminant de la fusion. Et il reste à Will de faire un choix. Plusieurs interprétations sont possibles, on peut se dire qu’il fait le choix de se sacrifier pour sauver le reste du monde par exemple. Pour ma part je pense qu’il saute pour lui-même, parce qu’il sait qu’il ne sera jamais plus serein qu’à ce moment-là. S’il devait vivre, il devrait encore se forcer à renier Hannibal, il devrait encore se torturer alors qu’à l’instant présent, il est calme, en paix, « complet ». Alors cela parait être un bon moment pour mourir en emportant tout de lui, Hannibal inclus. Hannibal qui ne semble pas se débattre parce que jusque là, comme je le disais, je pense qu’il était surtout en réaction aux différents rejets de Will tandis qu’en cet instant, celui-ci l’accepte entièrement si bien qu’Hannibal aussi atteint le stade de « complétion ».  J’aime beaucoup le fait qu’après on nous montre l’océan mais pas les corps parce que pour moi il y a l’idée que Will et Hannibal se sont fondus l’un dans l’autre et ont pratiquement atteint un stade supérieur d’existence. Un peu comme à la fin de Locataires où les deux personnages sur la balance obtiennent un poids de 0.

Bien entendu il faut prendre en compte la scène d’après générique où Bedelia, une jambe coupée et cuisinée, attend à une table où il y a deux couverts en plus du sien mais si cela suggère qu’Hannibal et Will sont vivants –le premier ayant certainement sauvé le second si c’est le cas-, ça n’est pas non plus « absolu ».  On peut penser par exemple que Bedelia a cuisiné sa propre jambe. Je sais que cela parait dingue mais, vu la série, « dingue » est très relatif et on peut donc prêter plusieurs intentions à Bedelia. Même si je pense que Bryan Fuller voulait surtout laisser la porte ouverte à une suite, ce qui est à l’écran peut-être interprété de façons différentes et personnellement, pour le coup, mon choix est simplement de ne pas choisir.  Je n’ai pas envie de vraiment trancher sur la question parce que j’aime l’ambigüité que ça laisse trainer. Le sentiment « flottant » de tout le final, la façon dont tout s’achève comme dans un rêve de façon pas forcément tout à fait rationnelle, me convient vraiment bien. Et contrairement à ce que je pensais, le final ne m’a pas rendu triste. Je pensais avoir vraiment du mal à accepter la mort –potentielle, okay- des personnages mais si j’étais triste de les quitter, je pense, encore une fois, que c’était la fin la plus heureuse qu’ils pouvaient avoir ensemble et, en conséquence, je ne la considère nullement déprimante, et tout à fait parfaite.  Moi aussi, Will, c’était tout ce que je voulais pour vous. Parce qu’apparemment je suis aussi tordue qu’Hannibal… >< [ /spoiler]

Et, ainsi, voilà comment s’achève Hannibal –pour le moment-, une série qui n’a cessé de m’impressionner à chaque tournant. Après deux excellentes saisons, cette saison 3 fait un pari et risque une partie de ses spectateurs –déjà pas super nombreux- pour vraiment faire les choses à sa façon et raconter l’histoire que voulait raconter le créateur. Cela m’a inquiétée un moment mais cela a finalement payé et je respecte beaucoup la démarche.  En seconde moitié, le rythme devient plus proche de celui expérimenté dans les deux premières saisons et la série mène ses personnages à une conclusion qui m’a plus que satisfaite et qui me restera longtemps en tête. Avec son casting impressionnant, son esthétique hantante, sa musique étrange, ses personnages complexes et son histoire à la fois inévitable et jonchée de surprises, Hannibal est une série que je ne regrette décidément pas d’avoir lancée et que je reverrai certainement quand j’aurai le courage de tout revivre depuis le début.

9.5/10

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