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Sorti en 1933

Réalisé par Rouben Mamoulian

Ecrit par H.M. Harwood & Salka Viertel

 

Avec:

Greta Garbo >>> Christina

John Gilbert >>> Antonio

C. Aubrey Smith >>> Aage

etc

 

Dontesque ?

Ayant succédé à son père lorsqu’elle était enfant, la reine Christina de Suède a atteint l’âge adulte et rêve d’une nouvelle direction pour son pays et pour elle-même.

 

~oOo~

Okay okay, j’y vais plus lentement que pour mes autres projets personnels mais…. Non rien, je vais plus lentement c’est tout. C’est triste hein mais lorsque j’ai le choix entre Anaconda 36, Superhéro Marvel vs Méchant Générique n°263 et Queen Christina, j’ai tendance à regarder Jumpscares vs Famille-qui-vient-d-emménager parce que je suis une rebelle qui refuse de se cantonner aux choix que l’on m’offre. Je suis tellement anti-conformiste que je me suis bouffée deux phases entières de Marvel en l’espace de quatre jours et que j’irai voir tous ces petits films méconnus et injustement snobbés par le grand public que seront Deadpool, X-Men : Apocalypse, Batman vs Superman, Captain America : Civil War, Suicide Squad, Dr Strange et 2oolander –oui car en 2016, même si je sais que ce n’est pas évident, on a encore le droit de faire des films sans superhéros :O Incredibubble !... mais sérieusement j’irai certainement les voir et j’anticipe que 80% d’entre eux me plairont-. Tout cela pour dire : je vais lentement mais je vais quand même et aujourd’hui j’ai pioché un autre titre sur le début de ma liste, un autre film avec Greta Garbo sélectionné parce que le titre me plaisait et que j’avais envie de voir Garbo dans de jolies robes du 16ème siècle. Et le film était…. Intéressant. Je ne dirais pas que j’ai été vraiment sur-embarquée dans l’histoire à un niveau émotionnel profond : le film était censé être une tragédie et à la fin, je ne me suis pas sentie plus triste que cela malgré les évènements difficiles pour les personnages. Bon faut dire que je ne suis pas entièrement certaine de trouver la fin complètement tragique mais elle est quand même au moins un peu triste et ça ne m’a pas touchée plus que cela. Bref je n’étais pas émotionnellement investie mais, en revanche, j’étais très intéressée par ce qu’il se passait à l’écran. Et par « ce qu’il se passait à l’écran » je veux en fait dire « Christina ». Greta Garbo est excellente dans ce rôle et le rôle lui-même est prenant. Je ne sais pas grand-chose du personnage historique et pour le peu que j’en sache, le film n’a pas l’air excessivement fidèle à l’histoire mais au moins il m’a donné envie d’en apprendre plus et je trouve cela positif.

Parlons de Christina donc. Son conflit principal est en gros « statut de reine vs identité ». Ce n’est pas un conflit forcément très neuf mais j’ai surtout le sentiment d’avoir vu cela soit chez des princesses soit chez des personnages masculins et puisque de toute façon tout est toujours question d’exécution~ tout va bien en gros. Bref voilà, Christina a succédé à son père et elle est complètement prisonnière de son ombre. Déjà : elle a été élevée comme un homme. Elle va à la chasse et monte à cheval comme un homme, elle porte des pantalons et elle se tient comme un homme, son peuple est fière de ses conquêtes amoureuses, célébrant le nombre élevé de ses –supposés- amants. Elle vit, selon les conventions de l’époque bien entendu, comme un homme , elle vit dans la continuation de son père et elle rencontre une opposition certaine dès qu’elle essaie soit de sortir de cette ombre –en tâchant d’ouvrir son pays à l’étranger pour enrichir sa culture ou bien en mettant à la guerre lancée par son paternel- soit de ne pas se plier à ce que la cour attend d’elle –en refusant le mariage avec son cousin que tout le monde veut absolument lui imposer-. Ce n’est pas qu’elle soit tout à fait malheureuse, elle a l’air de s’amuser aussi un peu au quotidien, elle aime son pays et souhaite le voir grandir, elle veut servir ses intérêts, mais elle rêve aussi de voyages qui lui sont impossibles, elle est obligée de se réveiller avant l’heure pour avoir un peu de temps à elle et lire les livres qu’elle a envie de lire. Et, par ailleurs, le film semble sous-entendre une bisexualité du personnage via le baiser rapide mais intime qu’elle partage avec Ebba, une des femmes de sa cour. Néanmoins c’est très vite montré, le film ne s’attarde pas vraiment dessus. Donc peut-être que je m’imagine des choses mais peut-être aussi qu’on peut y voir encore une forme de restriction pour Christina qui, en plus, est plus ou moins « trahie » -le mot est un peu trop fort- par Ebba à cause de son statut royal.

[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina
[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina
[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina

Le tournant pour Christina est clairement sa rencontre avec Antonio et la première nuit qu’ils passent ensemble. Et au passage,  j’aime encore une fois beaucoup la façon dont le sexe est suggéré, je trouve cela fascinant. J’en avais déjà parlé pour Camille et l’affaire des « gants qui disparaissent » et ce coup-ci on a droit à Christina se collant à des objets plus ou moins phalliques puis s’allongeant sur le lit avec un regard très soutenu à Antonio qui l’observe en souriant. Christina explique qu’elle veut vraiment mémoriser la pièce où elle a connu l’amour pour la première fois mais la mise en scène reste assez suggestive donc… enfin en tous les cas il est clair que ces deux-là n’ont pas fait que dormir et qu’Antonio est l’élément perturbateur dans la vie de Christina. Un signe par exemple : elle commence à porter des robes –dont l’une un peu décolletée d’ailleurs et également très belle… je veux encore la même >< c’est dur pour moi les films costumés- après leur rencontre. Elle qui s’habillait en homme avant cela, se conformant à la façon dont son père l’avait élevée, commence à s’habiller en femme.  Christina, en quelque sorte, s’accomplit dans les bras d’Antonio. Ce n’est déjà pas étonnant qu’il l’ait attirée parce qu’il est charmant et très agréable à regarder –enfin en théorie parce que je vous avoue que pour ma part je n’en suis pas tombée à genoux … mais il est censé être beau- mais, en plus, c’est un étranger, il représente l’ouverture sur le monde dont Christina rêve. Et si leur rencontre a un impact aussi grand sur elle c’est parce qu’il la rencontre, l’apprécie et interagit avec elle d’égal à égal, il la voit en tant que personne. Après cela, il découvre que c’est une femme. Petite parenthèse sur cela d’ailleurs : quand il découvre que Christina est une femme, il nous sort qu’il l’avait senti depuis le début et si, au début, j’ai un peu ri parce que cela ressemblait à la phrase d’un type qui a honte de s’être fait avoir –faut dire que Greta Garbo ne correspond vraiment pas à un modèle de masculinité- et fait genre « carrément que je savais », finalement… eh bien finalement je me dis que c’était peut-être vrai mais que son instinct a été étouffé par les règles et valeurs sociales dans lesquelles il a été élevée jusqu’à ne pas voir l’évidence, et je trouve cela intéressant. Bref, pour revenir à ce que je disais : il découvre que c’est une femme, pas qu’elle est la reine de Suède et, en conséquence, c’est avec une femme qu’il partage sa couche, rien de plus. Christina goûte à l’ivresse d’être appréciée et aimée en dehors de toutes considérations pour son titre et ça provoque un changement au plus profond d’elle-même, ça rend plus intense et plus intarissable encore une soif qu’elle avait au fond d’elle depuis toute jeune.

Et bien entendu c’est ce qui provoque la tragédie parce qu’il n’y a pas assez de place dans sa position pour toute l’expression personnelle à laquelle elle rêve. J’ai vraiment aimé la façon dont le film nous parlait d’elle, de tout ce dont je viens de vous parler, j’ai trouvé que c’était vraiment bien écrit et que le choix des costumes et décors était également très bon, très significatif. Alors après, c’est vrai qu’il y a des trucs aussi qui ne fonctionnaient pas trop. Notamment je crois bien que Christina, bien qu’elle nous soit effectivement présentée comme une bonne reine très soucieuse du bien-être de son peuple, nous sort un des pires discours que j’ai entendus au cinéma lorsque son peuple vient se plaindre. Elle a de très bonnes répliques et la façon dont elle s’impose face à sa cour est admirable mais ce discours-là était particulièrement idiot. Lors de cette scène-là elle demande à un des membres du peuple en colère ce qu’il fait dans la vie et il lui répond qu’il est forgeron. Elle lui demande s’il est bon et il répond que oui et que y a bien intérêt parce que son père était forgeron et son père avant lui aussi. Ce à quoi elle répond :

Eh bien, si je m’invitais dans votre forge et vous disais que je n’aime pas votre travail, vous me trouveriez irraisonnable et vous auriez raison. Mon travail à moi est de gouverner et j’en ai le savoir-faire comme vous avez le vôtre, passé par nos pères. Mon père était un roi et son père avant lui. Mon père est mort pour la Suède et je vis pour elle à présent. Maintenant, mon bon peuple, retournez à vos occupations et laissez-moi à la mienne

Christina

…… et ça leur convient, no souci. Mais c’est tellement idiot. Alors okay, le peuple venait se plaindre pour de mauvaises raisons en l’occurrence mais si le forgeron te vendait une armure mal montée, tu irais te plaindre et tu aurais raison. C’est bien cool que son papa ait été forgeron mais un travail mal fait est un travail mal fait et c’est pas l’héritage qui y change quoi que ce soit. Droit divin et de naissance, okay, pourquoi pas, mais le fait qu’elle arrive avec ces trois lignes à convaincre une foule en colère est sidérant. Mais pas si surprenant que cela en vérité car dans beaucoup de films se passant du côté de la noblesse, surtout dans les vieux films, le peuple est résumé à une entité pas loin de l’enfant si bien que ce n’est pas étonnant de le voir faire un caprice puis être calmé aussi facilement. N’empêche que ce discours est très con.

Et, comme je vous le disais, je ne me suis pas vraiment investie émotionnellement dans cette histoire. Je ne saurais trop vous dire à quoi cela tenait, j’ai peut-être juste trouvé le film un peu trop sage dans le sens où les émotions me semblaient plus racontées de façon intéressante que réellement palpables. Pourtant les acteurs étaient bons mais, allez savoir, parfois quand le courant ne passe pas, il ne passe juste pas. Le fait est quand même que je n’ai pas vu le temps passer et que j’ai beaucoup apprécié regarder ce film pour le portrait de son personnage principal. Et c’est pour cela que je vous le recommanderais. Dans mon cas c’est encore un titre à mettre dans la colonne des expériences positives question Greta Garbo~

7.5/10

[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina
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[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina[Portrait royal de femme étouffée] Queen Christina
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