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Sorti en 2014

Réalisé par Greg McLean

Ecrit par Greg McLean & Aaron Sterns

 

Avec:

John Jaratt >>> Mick Taylor

Ryan Corr >>> Paul Hammersmith

Etc

 

Dontesque?

Dans l’arrière-pays australien, Mick Taylor continue de faire des victimes parmi les touristes innocents.

 

~oOo~

Après avoir revu Wolf Creek et l’avoir beaucoup apprécié, je me suis dit « allez, le 2, pourquoi pas ? ». Les suites de films d’horreur sont rarement aussi bonnes que le film originel  -okay c’est vrai pour la plupart des films mais j’ai le sentiment que ça l’est encore plus pour les films d’horreur, j’ai vu très très peu de bonnes suites horrifiques- mais Wolf Creek 2 semblait être bien appréciée, le 1 m’avait plu, la suite réunissait la même équipe et, en plus, entre mon article sur Wolf Creek et mon visionnage de sa suite (1) j’ai fait le rapprochement avec Rogue : les deux films ont le même réalisateur et j’avais vraiment bien aimé Rogue (2) j’ai appris qu’il y avait non seulement un troisième volet mais également une série de prévue et bien que cela me paraisse un peu excessif, cela m’a rendue plus curieuse encore. J’ai donc regardé Wolf Creek 2 et, laissez-moi inventer des mots s’il vous plait, le film m’a un peu plongée dans un état de perplexitude –tout à fait-. Cela ne signifie cependant pas que je n’ai pas aimé regarder le film et, pour commencer, Wolf Creek c’est toujours super joli.

Ce réalisateur, décidément, me plait énormément et j’adore la façon dont en quatre plans, dès le début, il nous montre un nouveau jour se lever sur l'arrière pays et, bam, nous situe exactement le contexte et l’ambiance : on est dans une contrée loin de la civilisation, il n’y a personne aux alentours et, bref, on est au milieu de nulle part et c’est pesant, c’est menaçant, mais c’est aussi beau.

[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2
[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2
[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2
[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2

Et ennuyeux quand on est un duo de flics qui doit faire respecter une limite de vitesse aux trois personnes par jour qui passent sur la route où on est posté. Ce film est truffé d’images superbes et, encore une fois, si on met de côté tout l’aspect déplaisant « malade assoiffé de sang tue des touristes innocents » qui n’est certes pas bien vendeur, ça donne quand même vraiment envie d’aller voir de plus près à quoi ressemble l’Australie. Cela dit ce second film est plus « farcesque » en quelque sorte que le premier. Les musiques sont parfois étranges, pas nécessairement mal choisies mais apportant aux scènes une certaine absurdité tandis que la violence qui semblait réaliste dans le premier volet, l’est bien moins ici. C’est-à-dire qu’on a quand même des scènes très brutes qui font un sacré effet et ce sont les moins explicites –notamment il ya un viol suggéré qui ne nous est pas montré mais qui n’en est pas moins violent- mais à côté de cela le film a également une ou deux scènes tellement exagérées qu’elles sont impossibles à prendre aux sérieux : je pense par exemple à la scène du dépeçage dont le gore est un peu ridicule ou encore à l’ouverture du film qui a également ses moments. Cela dit la scène où je n’ai pas pu m’empêcher de rire est celle des kangourous renversés. Cela parait hyper cruel dit comme cela mais les personnages sont en pleine course poursuite et un troupeau de kangourous –qui ne sont CLAIREMENT que des images de synthèse- traverse la route à toute vitesse et ça donne quelque chose d’assez burlesque. Donc oui, c’est assez étrange, là où le premier film était vraiment gardé aussi réaliste que possible, le second varie les tons de façon plus ou moins réussie. Ce qui ne change pas mon ouverture à savoir que ce film est très joliment présenté.

Une de mes craintes en rentrant dans ce film était qu’il ne fasse que répéter ce qu’avait déjà fait son prédécesseur mais, comme je viens de le dire, le ton était différent et j’ai également apprécié le fait que les victimes de Mick soient très différentes de celles du volet précédent. En fait sa victime principale –qui est un homme pour le coup- est tout l’opposé des demoiselles de Wolf Creek, pas tellement dans leurs personnalités mais dans la façon dont elle rentre dans l’histoire. Wolf Creek 2 commence –après les flics qui ne sont réellement qu’une introduction- avec un couple et on apprend un peu à les connaître. Pas autant que le trio dans le 1 mais un peu quand même et ils ont même droit au même type de montage « road trip ». Tout naturellement on se dit donc que, comme ils ont eu l’exposition et une exposition rappelant celle des protagonistes du volet précédent, ils seront les personnages principaux ce coup-ci également mais, en vérité, non, dans un retournement un peu à la Psychose, c’est un autre type nommé Paul qui est le véritable protagoniste et on ne sait strictement *rien* de lui au début. Petit à petit on a quelques informations mais on passe quand même une grande majeure partie du film à ne rien savoir de sa personne et je trouve intéressant la façon dont Wolf Creek 1 et 2 réussissent tous les deux à nous faire soutenir ses protagonistes de façons différentes –avec point commun que les acteurs sont bons quand même-. Dans le 1 on soutient le petit groupe d’amis qui doit lutter pour sa vie parce qu’on a passé la moitié du film à apprendre à les connaître, on s’est vraiment familiarisé avec eux et du coup quand la situation leur tombe dessus, on veut qu’ils s’en sortent. Dans le 2, on soutient Paul *justement* parce qu’on ne sait rien de lui, au-delà du fait qu’à priori c’est un chic type puisqu’il s’est arrêté pour aider. En clair il y a une situation dangereuse et des victimes : le 1 nous parlait des victimes suffisamment bien pour qu’on ait mal quand la situation dangereuse se déclare ; le 2 nous parle d’abord de la situation dangereuse et nous fait avoir mal pour la victime quand elle se retrouve embarquée là-dedans par hasard. Deux façons de faire mais le même résultat : j’avais envie que le personnage s’en sorte. En tant que suite, Wolf Creek 2 fait donc beaucoup de choses bien : elle reprend suffisamment d’éléments familiers, respecte son prédécesseur mais étend son univers –en nous en disant plus sur Mick… et c’est pas reluisant- et fait les choses différemment.

[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2
[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2
[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2
[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2[Retour au pays meurtrier] Wolf Creek 2

Là où je bloque un petit peu c’est au niveau du message du film. Si vous pensez que ces films ne racontent rien, très bien, et il est fort possible que j’y pense beaucoup trop auquel cas si vous avez aimé le 1, vous aimerez le 2 tout autant, mais, personnellement, j’avais vu des idées dans le premier volet qui m’avaient plu si bien que je n’ai pas pu m’empêcher de réfléchir un peu à celui-là et mes conclusions m’ont moins enthousiasmée . Le premier volet, en poussant la situation à l’extrême, disait en gros « les femmes et les hommes qui ne se plient pas aux règles de la virilité traditionnelle seront victimes de traitements problématiques » et on en ressortait en pensant « wow ça craint ». Le film était sombre mais nous donnait l’envie de réagir, de soutenir les personnages, de les aider. Dans ce volet là, qui est également sombre, les victimes ont toutes en commun de s’être arrêtée, la plupart pour aider un autre être humain. Mick déteste les touristes, oui, mais il le dit lui-même : il ne faut pas s’arrêter, il ne faut jamais s’arrêter. Sinon tu te fais défoncer. Et encore une fois le film prend l’idée et la pousse à l’extrême mais voilà le message central du film : si tu aides les autres, ça te retombe dessus. Et oui, quand on regarde le film, on se dit que les gens qui ne se sont *pas* arrêtés sont des connards d’égoïstes mais le film leur donne raison parce qu’au final, ce sont ceux qui ont survécu. On se retrouve à soutenir Paul et à lui hurler, lorsqu’à la fin il croise d’autres victimes, de ne pas s’arrêter, de continuer tout droit et de sauver sa peau [spoiler] et parce qu’il le fait, il gagne le droit de survivre en gros [/spoiler]. Le premier volet m’a donné envie d’aider les victimes, le second m’a dit que c’était LA chose à ne PAS faire, surtout pas.  Voilà, j’ai eu un peu de mal avec l’idée, encore que je reconnais qu’elle soit intéressante parce qu’à mon avis cet « si j’aide quelqu’un cela va me retomber dessus » est très réel. Pas dans le sens où c’est forcément ce qu’il se passe mais dans le sens où, bon, cela doit bien arriver et où, surtout, c’est probablement une peur qui passe par la tête de pleins de gens en position d’aider et qui ne le font pas. Je trouve dommage de la renforcer mais, en quelque sorte, le même argument pourrait être utilisé contre le premier volet donc, au final, c’est certainement une question de ressenti personnel : le thème central du 2 m’a moins convaincue que celui du 1.

Cependant, cela ne m’a pas empêchée d’apprécier le film. Oui, parfois, j’ai été un peu prise de court par les changements de tons mais j’estime que Wolf Creek 2 fait une suite tout à fait valable à un film que j’avais vraiment bien aimé. Elle est inférieure au film original mais je suis contente d’y avoir jeté un coup d’œil et du coup je vous avoue que je suis assez curieuse de voir à quoi ressembleront le troisième volet et la série s’ils venaient à réellement voir le jour.

6.5/10

Tag(s) : #Cinéma d'Océanie

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