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Sorti en 2012

Réalisé par John Hillocat

Ecrit par Nick Cave

D’après le roman de Matt Bondurant

 

 

Avec :

Shia LeBeouf >>> Jack Bondurant

Tom Hardy >>> Forrest Bondurant

Jason Clarke >>> Howard Bondurant

Jessica Chastain >>> Maggie Beauford

Guy Pearce >>> Charlie Rakess

 

 

 

Dontesque?

En 1931, en pleine période de prohibition de l’alcool, trois frères vivent de la contrebande d’alcool mais se retrouvent bientôt au centre d’une situation de plus en plus dangereuse et tendue.

 

 

~oOo~

Fury Road est clairement l’un de mes films favoris de l’année dernière. Cela avait été une claque véritablement inattendue pour moi et le film m’avait notamment introduite à Tom Hardy. J’avais déjà vu Tom Hardy –enfin « vu » est un bien grand mot parce que dans The Dark Night Rises on ne peut pas dire qu’on en voit grand-chose en fait o.o- mais je n’y avais jamais *vraiment* fait attention et Fury Road, aussi centré soit-il sur Furiosa, avait rectifié cela. Je me suis donc dit qu'il était temps d'explorer un peu sa filmographie et je me suis décidée sur ce film pour plusieurs raisons : il est facilement accessible –merci Netflix-, j’aime les films « de période » et en plus il y a Shia LeBeouf et c’est vrai qu’il n’a pas toujours fait les bons choix et qu’il ne m’est pas supra sympathique en tant qu’individu pour ce qu’en ai vu, mais je ne le trouve pas mauvais acteur. Donc j’étais plutôt enthousiaste à l’idée de lui laisser une chance de me convaincre dans cette adaptation d’un bouquin que je n’avais pas lu. Oui subtile transition : ce film est adapté d’un roman écrit par Matt Bondurant, petit-fils de Jack Bondurant, le personnage de Shia. Donc si vous ne l’aviez pas déduit, ce film est tiré de la véritable histoire de véritables personnages ayant véritablement existé dans le véritable ouest sous la prohibition. Après, vu que je n’étais pas moi-même présente lors des évènements narrés -eh non :(-, je ne peux pas attester de la véracité de l’histoire et, qui plus est, parce que je n’ai pas lu le roman je ne peux pas non plus juger de la fidélité de son adaptation cinématographique … mais on va garder en tête que ce film est tiré d’une histoire vraie parce que pour une fois c’est important. Enfin même sans le savoir, j’aurais certainement apprécié Lawless notez bien ! Le film m’a surprise au début parce que la bande-annonce m’avait vendu un film d’action alors que Lawless est finalement plutôt lent mais une fois rentrée dans l’ambiance –et cela ne m’a pas pris longtemps- j’ai beaucoup aimé ce film.

Par contre, histoire de commencer par là, si vous êtes du genre sensible, sachez que le film est plutôt violent. D’accord cela ne bouge pas dans tous les sens, les gens ne se tapent pas et ne se tirent pas dessus de façon frénétique toutes les trente secondes, mais le film se situe dans une contrée « sans loi » -c’est le titre en fait- et il y a pas mal de moments difficiles, de Jack se faisant tabasser, au viol suggéré de deux personnages féminins en passant par le résultat de la vengeance sanglante d’Howard et Forrest sur deux hommes leur ayant fait du tort. La violence est présentée de façon très crue, perturbante et elle n’est pas exclusive aux antagonistes : nos personnages principaux torturent et tuent aussi. Donc si vous avez du mal avec la violence, soyez prévenus : il y a des moments difficiles. Après, pour ma part, j’ai apprécié la violence du film et son effet. Lawless n’est vraiment pas voyeuriste, laissant beaucoup à notre imagination, mais nous en montrant juste assez pour que le message passe : nos personnages vivent dans un monde réel, brut et sans pitié. Et c’est intéressant pour plusieurs raisons à mes yeux. En premier lieu il y a une certaine mise en abime qui me plait parce que nos personnages vivent dans un monde où les grands gangsters comme Al Capone ou le personnage de Gary Oldman sont nettement idéalisés et servent d’idoles à des jeunes comme Jack Bondurant et son ami Cricket. Sauf que bien entendu ces gangsters sont des gens violents et dangereux –et leur ressembler aura des retombées plutôt difficiles sur les personnages les idéalisant-. Pendant ce temps le film nous met sous les yeux ces personnages qu’il nous propose d’aimer, soutenir et même admirer à certains moments mais nous rappelle brutalement par instants que ces personnages eux aussi peuvent se montrer violents et dangereux. En conséquence les idéaliser à outrance serait une erreur. Par ailleurs il y a un contraste sympa entre le monde super réel où évoluent nos personnages et leur prétendue immortalité qui finit par leur fait croire à eux-mêmes, mais également au spectateur à plusieurs reprises, à leur statut de légendes, de surhommes. Et ce contraste trouve sa « conclusion » à la fin du film [spoiler] qui, après avoir manqué de tuer les personnages plein de fois, finit par tuer Forrest de la façon la plus bête possible –et un peu ironique aussi parce qu’en gros il est en partie mort à cause de la substance qui l’a fait vivre une bonne partie de son existence-, comme pour nous rappeler qu’au final Forrest, celui des frères qui illustrait le plus la légende des Bondurants, n’est qu’un homme et qu’il ne peut pas vivre en dehors de la réalité [/spoiler]. C’est une conclusion que j’apprécie, encore que j’ai un mini souci avec –j’en reparle un peu plus tard-.

[Sans foi, sans loi mais jamais sans alcool] Lawless [Sans foi, sans loi mais jamais sans alcool] Lawless
[Sans foi, sans loi mais jamais sans alcool] Lawless [Sans foi, sans loi mais jamais sans alcool] Lawless [Sans foi, sans loi mais jamais sans alcool] Lawless
[Sans foi, sans loi mais jamais sans alcool] Lawless [Sans foi, sans loi mais jamais sans alcool] Lawless

Pour en venir aux personnages à présent, certains sont clairement moins développés que d’autres. Notamment Howard, le plus âgé des frères –oui Forrest a beau clairement se comporter comme le grand frère des deux autres, il est plus jeune qu’Howard en fait- a moins de choses à faire et à dire. Mais j’ai apprécié tout le monde. Enfin j’avais des sentiments un peu mitigés à l’égard de certains –rapport aux actions moins que cleans- et Cricket est le seul que j’ai réellement aimé sans aucune réserve parce qu’il est probablement le plus gentil et le plus « pur » de nos personnages centraux, mais j’ai quand même vraiment bien apprécié les autres. Jack, le plus jeune des frères, est vraiment un gosse au début du film et, en tant que gamin frustré d’être dans l’ombre des deux autres, il est parfois agaçant parce qu’il veut faire plus que ce dont il est capable, commettant pas mal de conneries aux conséquences raides au passage, mais il a une évolution que je trouve intéressante parce qu’il est justement cette jeunesse qui vit avec pour idéal les grands gangsters et qui, à cause de cela, perd énormément. C’est d’ailleurs en rapport avec lui que j’ai un mini-souci avec la fin… encore qu’on ne puisse pas vraiment parler de souci… peut-être une légère frustration ? Vers la fin du film, il y a un plan où on voit Jack sortir d’un tunnel [spoiler] après avoir tué Rakes [/spoiler] et pour moi c’était le plan de la « seconde naissance » où Jack avait en gros atteint le point final de son évolution, [spoiler] le moment où il devenait enfin le tueur qu’il n’avait pas pu être jusque là [/spoiler].  Pour moi la véritable conclusion du film le prive légèrement de cette fin-seconde-naissance et mon petit côté « tout doit finir dans l’apothéose dramatique » en est déçu mais, d’un autre côté [spoiler] cette conclusion qui nie cette apothéose dramatique est, encore une fois, une réaffirmation d’une réalité dans laquelle les gens ne sont pas des héros dont tous les pas font partie d’une histoire bien huilée où tout a une signification … [/spoiler] et dans ce sens-là, j’aime quand même vraiment bien la conclusion. Donc vous voyez, ma frustration n’est quand même pas bien grande et j’ai apprécié le personnage de Jack ainsi que l’interprétation de Shia LeBeouf.

Mais bon, clairement et comme je m’y attendais, Forrest a été mon personnage favori. Chez lui aussi il y a un contraste que j’aime bien. Au premier abord, il a cette attitude un peu balourde, ce physique de « montagne humaine » qui ne sait pas où se mettre au point qu’il en est attendrissant. Notamment dans sa relation avec Maggie –le personnage féminin principal, interprété avec beaucoup de charisme par son actrice : elle a beau avoir moins de temps d'écran que ses camarades masculins, elle est marquante et c’est un personnage que j’ai trouvé solide et intéressant-. Forrest, comme je le disais, se comporte bien plus comme le grand frère de la troupe qu’Howard et il donne le sentiment de s’être occupé des deux autres toute sa vie au point de ne pas avoir le temps pour les relations avec la gent féminine si bien que, lorsque Maggie arrive chez eux –Maggie qui n’est pas juste une femme mais se présente également comme une femme sophistiquée, loin des fréquentations habituelles de Forrest- il n’a aucune idée de comment lui parler ou lui exprimer une affection grandissante. C’est assez touchant à regarder je dois dire et cela fait beaucoup pour le personnage. Ca et l’amour qu’il porte à sa famille. Mais Forrest n’est clairement pas un type à énerver et il se montre lui aussi violent, de façon terrifiante même, si bien que « manières de nounours » okay, mais faut pas trop s’y frotter à l’ours parce qu’il peut t’arracher la tête d’un coup de dents. Finalement, et c’est un peu décevant dans un sens, le personnage le moins « gris » de l’affaire c’est vraiment l’antagoniste principal, Rakes, qui, lui n’a vraiment RIEN pour le racheter ne serait-ce qu’un peu. Même les autorités locales, les shériffs qui, sous la pression d’autorités plus hautes, mènent la vie dure aux frères Bondurant, même eux sont présentés comme hésitants et ni foncièrement d’un côté ni de l’autre. Mais Rakes est pourri jusqu’à la moelle et je l’ai haï du plus profond de mon être –l’interprétation de Guy Pearce aide pas mal-. Dans un sens c’est pas plus mal d’avoir un méchant à profondément et viscéralement détester, c’est même plutôt une bonne chose dans de nombreux cas, mais en l’occurrence j’ai presque trouvé cela dommage. Il y a quand même une petite ambigüité au début parce qu’il est au service de la loi mais elle disparait vite. Encore que dans un sens la révélation de sa folie –car oui on peut parler de folie- sert le thème du « sans loi » évoqué par le titre.

Comme vous pouvez le constater, je n’arrive pas vraiment à complètement ne pas apprécier quoi que ce soit dans ce film. Parce que même les petits soucis sont de toute façon compensés par l’excellent casting, la très jolie réalisation et la bande-son que j’ai également vraiment appréciée –je suis toujours partante pour entendre Emmylou Harris faut dire-. Le principal reproche que les gens que je connais ont à faire à ce film, en fait, est qu’il ne décolle jamais suffisamment, qu’il veut trouver un souffle épique et légendaire mais n’y arrive jamais vraiment. Sauf que de mon côté je pense que le film fait très précisément ce qu’il voulait faire : nous mettre sous les yeux des débuts de légendes et des personnages qui se veulent des héros mais sont cloués au sol par la réalité. Bref, j’ai beaucoup aimé ce film en clair.

8/10

Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma Occidental, #USA, #Lawless, #2010s, #2012, #John Hillocat, #Nick Cave, #Matt Bondurant, #Adaptation, #Shia LeBeouf, #Tom Hardy, #Jason Clarke, #Jessica Chastain, #Guy Pearce, #Historique (ou "historique"), #Drame, #Famille, #Romance

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