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Sorti en 1982

Réalisé par Martin Rosen

Ecrit par Martin Rosen

D’après le roman de Richard Adams

 

Avec :

John Hurt >>> Snitter

Christopher Benjamin >>> Rowf

James Bolan >>> the Tod

 

Dontesque?

Deux chiens s’échappent d’un laboratoire où ils étaient victimes d’expériences inhumaines et tâchent de survivre au monde extérieur.

 

~oOo~

Vous cherchiez depuis longtemps à vous pendre et attendiez que la dernière goutte d’eau fasse déborder le vase de votre dégoût de l’humanité ? N’attendez plus, The Plague Dogs est là pour vous. Cela faisait un an que j’avais ce film mis de côté. Un an que je me le gardais sous la main exactement pour les mêmes raisons qui me faisaient en repousser le visionnage sans arrêt : le réalisateur est Martin Rosen qui avait déjà réalisé Watership Down et l’auteur du roman The Plague Dogs est Richard Adams… c’est-à-dire l’auteur de Watership Down. Et Watership Down c’était sombre les gens, vraiment sombre. Pas entièrement déprimant, il y avait une satisfaction toute particulière à voir notre communauté de petits lapins affronter toutes les épreuves et en ressortir grandis, mais les épreuves étaient violentes, sanglantes, angoissantes et c’était carrément pas un dessin-animé ou un roman que j’aurais mis entre toutes les mains, surtout les plus jeunes. Du coup je redoutais The Plague Dogs parce qu’au vu de l’équipe et du synopsis il n’y avait juste aucune chance pour que je n’en ressorte pas au moins un minimum abimée. J’en profite donc pour vous donner un petit avertissement : j’avais raison d’avoir peur et indépendamment de la fin, ce film est profondément difficile à encaisser si vous avez du mal avec la maltraitance des animaux. J’y suis déjà sensible mais je sais qu’il y a des gens qui le sont bien plus que moi donc si vous êtes quelqu’un de très sensible à ce genre de choses, ce film vaut le coup d’être regardé mais soyez préparé quand même. Et si vous avez des gamins, je ne vous dis pas de *nécessairement* les en tenir loin  mais, peut-être, regardez le film avant pour juger de si oui ou non cela conviendra à l’enfant, ne vous laissez avoir par la jaquette. Enfin au moins si vous montrez ce film à des gosses y a assez peu de chances pour qu’en grandissant ils se mettent à militer *pour* les tests sur animaux hein !

Bref. J’en ai fini avec mes avertissements et maintenant je réitère : The Plague Dogs est un excellent film. Et pour le coup je suis plutôt contente de l’avoir regardé sans avoir lu le roman parce que j’ai eu le sentiment que, de même que Watership Down avant elle, cette adaptation résumait drôlement l’histoire de base. Ce n’est pas un vrai reproche que je fais, bien entendu qu’il faut passer vite sur certaines choses pour coller au format du film mais c’est vrai qu’en regardant Watership Down juste après l’avoir lu, j’avais été super frustrée car Watership Down est un roman extrêmement riche et que le film en reprenait quasiment toutes les étapes mais les faisaient défiler à une rapidité qui était déjà un peu excessive en soi et qui devenait vraiment d’autant plus dommageable quand on savait ce qu’il y avait derrière. The Plagues Dogs m’a fait un peu le même effet. En le regardant j’ai bien vu que le rythme était rapide et j’ai eu ce sentiment de « wow calmez-vous les mecs, ça avait l’air important cette scène, on ne peut pas y revenir ? »… et je suis contente de ne pas avoir su ce qui était laissé de côté parce que cela m’aurait certainement donné des regrets. Donc si vous avez l’intention de lire le livre, j’ai plutôt envie de vous dire de le lire après. Et pour revenir au film, c’est vrai qu’au début j’ai eu le sentiment qu’il allait un peu vite, passait trop rapidement sur certains évènements mais cela ne m’a finalement pas empêchée de vraiment rentrer dans le film et de tout ressentir en puissance mille. Petit à petit les scènes s’emboitent et forment plein de petits morceaux d’un tout qui m’a fait fondre en larmes à deux reprises. En fait je pense que j’avais juste besoin d’un peu de temps pour rentrer vraiment dans le truc. Idem pour l’animation d’ailleurs parce qu’au début du film, je l’ai trouvée un petit peu étrange, le mouvement, bien que réaliste, me semblait… déstabilisant ? J’aimais beaucoup les décors –ils sont superbes- et toute l’imagerie très sombre du film qui ne se prive pas pour nous montrer des images très dures –en tous cas dans la version non censurée car il en existe une autre- et nous mettre dans des situations extrêmement difficiles –la première scène annonce assez bien la couleur de toute façon : des scientifiques regardent un chien se noyer dans le cadre d’une étude et la réalisation nous fait vraiment bien ressentir l’horreur de la situation-. Gants noirs qui deviennent des mains fantomatiques et menaçantes, singes gardés dans d’affreuses boites visant à les couper entièrement du monde –il y a un singe en particulier qui nous est montré plusieurs fois dans le film et c’était terrifiant comme image, on le voyait se balancer d’avant en arrière dans son caisson et… T_T-, la traversée des laboratoires dans le début du film est une succession d’images plus horrifiques les unes que les autres. Mais c’est vrai que j’avais un peu de mal avec les mouvements, je crois que je ne les trouvais peut-être pas assez fluides ? Cela s’est peu à peu estompé et j’ai profité à fond de toute l’esthétique de The Plague Dogs. Et je dois dire que j’aime beaucoup la plupart des choix faits par le réalisateur.

[Une île dans la brume] The Plague Dogs[Une île dans la brume] The Plague Dogs
[Une île dans la brume] The Plague Dogs[Une île dans la brume] The Plague Dogs
[Une île dans la brume] The Plague Dogs[Une île dans la brume] The Plague Dogs
[Une île dans la brume] The Plague Dogs[Une île dans la brume] The Plague Dogs

Par exemple j’adore le fait qu’on voit très peu de visages humains. On en voit certains mais vraiment peu et toutes les dialogues importants, les décisions prises par les êtres humains qui font avancer le scénario, nous sont livrées en voix-off. Cela peut être un peu surprenant mais cela a l’avantage de vraiment garder le point de vue du côté des animaux et surtout, j’adore ces moments où l’on voit les deux chiens tâcher de survivre, faire leur vie, etc, tandis que des gens importants prennent des décisions. Parce que si, au début, je déplorais un petit peu de ne pas avoir un peu plus de silence pour me concentrer sur les actions des chiens, eh bien cela a pour effet de vraiment nous faire ressentir à quel point l’avenir de ces deux pauvres bêtes qui essaient juste de survivre est entre les mains d’une « force extérieure » qui agit sur eux et les écrase depuis un monde dont Snitter et Rowf n’ont même pas conscience. Et c’est affreusement triste. Parce que nos deux héros, avec lesquels nous sommes de tout notre cœur, luttent pour s’en sortir et ne se rendent pas compte que dans l’ombre, au dessus d’eux, plane une menace constante qui se rapproche. On angoisse vraiment pour eux et on sent toute l’injustice de la situation également. Bref, excellent choix, excellente animation, excellent tout. Excellents personnages également. Je me suis beaucoup attachée à Rowf et Snitter. Le premier est plus fatigué et plus enclin à retourner à l’état sauvage ou mourir tandis que le second est plein d’espoir, il a connu la chaleur d’un maitre qui l’aimait profondément… un maître qui d’ailleurs est mort pour lui sauver la vie et j’aime le fait que le film ne soit pas entièrement manichéen. Lorsque Snitter et Rowf sont chassés par les hommes on en entend certains dire que c’est un gâchis à cause des heures de travail perdues mais on en entend d’autres plaindre les deux bêtes aussi. Pour tous les hommes en blouse blanche qui ne cillent pas devant la souffrance animale, on a un chasseur qui prend Snitter en pitié et un maître qui s’est jeté devant un camion pour que son animal ne soit pas écrasé. Et le film met également le doigt sur une hypocrisie humaine lors de la scène qui, plus même que les scènes plus « explicites » du film, m’a le plus mise mal à l’aise : celle où un homme parle des expériences et du gâchis que ce serait de perdre les chiens justement à cause de tout le travail effectué… tout cela en caressant son propre chien, son animal de compagnie. La scène nous illustre très bien le trait que cet homme tire entre son chien et les animaux qui souffrent en laboratoire et c’est assez dérangeant. Mais pour revenir aux personnages donc, ils sont dotés d’une vraie personnalité et je me suis peu à peu vraiment prise d’affection pour eux. J’étais déjà rangée derrière eux, bien entendu, mais c’était par pitié et principe au début, et c’est devenu par affection parce que c’était joli de les voir se soutenir l’un l’autre, refuser d’en laisser un derrière, etc. Je crois qu’à ce niveau-là la plus jolie scène reste très certainement la fin où les rôles s’inversent avec un Snitter qui a progressivement perdu espoir le long du film et un Rowf qui ramasse ce qu’il a laissé derrière et joue le rôle que Snitter a joué pour lui au début. Tant… d’émotions… >< Et puis il ne faut pas oublier le Tod, le renard rencontré en chemin dont la roublardise –et l’accent j’avoue- m’a immédiatement séduite. On ne sait jamais trop s’il n’est pas sur le point d’entourlouper nos héros car il a toujours quelque chose de presque inquiétant mais une amitié improbable se forme malgré tout et c’est un personnage que je me suis mise à aimer de plus en plus le long du film. Quant à la fin, [spoiler] … c’était dur, c’était beaucoup trop dur les gens. Dans un sens on peut dire que c’est une happy-end parce que je pense que les balles tirées par l’armée ont touché Snitter et Rowf et que cela explique le brouillard et l’île qui représente le paradis –je pense-. Et la chanson, au passage parfaite, nous dit bien qu’ils ne ressentent plus aucune douleur, qu’ils laissent ce monde cruel derrière eux, ont trouvé la paix de l’esprit et retournent à la maison… ce qui me fait penser que oui, ils sont morts et vont vers un endroit meilleur et vu l’endroit pourri où ils étaient, c’est une bonne chose mais ça m’a rendue affreusement triste quand même et j’ai aussi été affreusement triste de voir Tod mourir, c’était juste trop dur ce film en fait :’( [/spoiler].

En conclusion je ne peux que vous conseiller ce film. Je ne vous cache pas qu’il n’est pas facile à regarder parfois et que selon vos sensibilités, il pourrait vous faire vraiment mal mais il est injustement méconnu –du moins je n’en avais jamais entendu parlé… mais je ne suis peut-être pas une référence, okay-. L’animation, la musique, l’écriture, la volonté d’aller au bout de l’idée font de The Plague Dogs un film mémorable et profondément touchant sur un thème pas facile. Jetez-y un œil les gens !

8/10

Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma Occidental, #Angleterre, #The Plague Dogs, #1980s, #1982, #Martin Rosen, #Richard Adams, #Adaptation, #John Hurt, #Christopher Benjamin, #James Bolan, #Animation, #Animaux, #Amitié, #Drame, #Why cruel world, why ;A; ?

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