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Sorti en 2005

Réalisé et écrit par Greg McLean

-qui a également écrit et réalisé Rogue entre autres-

 

Avec :

Cassandra MAgrath >>> Liz Hunter

Kestie Morassi >>> Kristy Earl

Nathan Phillips >>> Ben Mitchell

John Jaratt >>> Mick Taylor

 

Dontesque?

Trois amis entrent dans l’arrière-pays australien en voiture, se dirigeant vers le second plus grand cratère météorique au monde, mais, malheureusement, ils vont rapidement se retrouver coincés et entre les mains d’un homme dangereux.

 

~oOo~

Comme je sais bien que vous êtes un public friand de films d’horreur, je me suis dit que j’allais vous en proposer un autre, allez… bon, okay, okay, je sais bien que la plupart d’entre vous ne me suivent pas vraiment dans mon enthousiasme pour l’horreur mais j’y peux rien les gens, je ne peux pas le réprimer, désormais plus rien ne m’arrête, libérée, je suis délivrée. Tout cela quoi. Parlons de Wolf Creek. Je ne me souviens même plus de pourquoi je me suis dit « oh tiens, je reverrais bien Wolf Creek ! »… j’imagine que j’ai du entendre le titre quelque part par hasard, qu’il a du rester dans ma tête et est ressorti au moment où je m’y attendais le moins. Et comme il me semblait avoir apprécié le film la première fois, je me suis dit « allez, pourquoi pas ». Je me suis posée devant le film en ayant complètement oublié son contenu et les mots « Inspiré d’une histoire vraie » se sont affichés à l’écran alors j’ai grimacé puis le film m’a expliqué que Wolf Creek se déroulait en Australie, ce que j’avais oublié, et j’ai pensé « oh… okay dans ce cas » parce que l’Australie est un pays de malades. Bon, bon, … Non, l’Australie n’est pas *vraiment* un pays de malades, pas plus qu’un autre en tous cas, c’est juste qu’avec tous leurs animaux dangereux –dont l’homme fait partie en quelque sorte- ce pays a une certaine image caricaturée qui me fait rire. Et, donc, Wolf Creek est effectivement inspiré d’une histoire vraie ou, plutôt, de deux histoires vraies apparemment mais plus particulièrement de celle d’Ivan Milat, un homme responsable du meurtre de 7 personnes. Cela dit on ne va pas causer faits divers et se reconcentrer sur le film qui m’a, je dois dire, agréablement surprise.

Déjà parce qu’il est super joli. Vraiment, ça donne envie d’aller en Australie ce film. L’envie disparait *un peu* à partir du moment où tout bascule en « survival horror » et où nos protagonistes se font méchamment malmener –roh mais aussi vous êtes sensibles un peu là !-, mais jusque là c’était une véritable campagne pour encourager le tourisme. Les grands espaces sont superbes et le film multiplie les jolis plans de la mer, de couchers de soleil, et de l’arrière-pays Australien, immense étendue désertique dans laquelle nos personnages principaux vont se perdre à la recherche d’un cratère météorique. Cela donne sérieusement envie d’acheter son billet d’avion tout cela. Et après bien entendu, le film nous explique que c’est une mauvaise idée car on n’en reviendrait pas vivants. Non parce qu’il y a des personnages de film d’horreur qui s’en sortent mais entendons-nous bien : je serais morte dans la première demie-heure. Probablement avant que le malade meurtrier se mette en chasse d’ailleurs... je me ferais probablement boxer à mort par un kangourou après lui avoir marché sur la queue par accident. Ou bien je serais tuée par une crise cardiaque en tombant sur un de ces trucs : http://www.therichest.com/rich-list/13-bugs-from-australia-that-will-haunt-you/?view=all. Pourquoi Australie, pourquoi ? T.T Enfin nos personnages principaux, eux, restent en vie jusqu’à ce que les choses tournent *vraiment* mal et pour tout vous dire j’ai été un peu perturbée par le film. C’est marrant, la plupart du temps, je suis très résistante à ce que les films d’horreur me proposent –en fait j’ai plus tendance à flipper devant des films qui ne sont *pas* des films d’horreur, probablement parce que je m’y attends moins- mais parfois il y a des choses qui me font trembler dans mon fauteuil alors qu’elles ne paraissent pas *pires* que d’autres que j’ai vues ailleurs et qui ne m’ont pas fait me planquer sous la couverture. Ici l’antagoniste, notre chasseur de touristes –mais eh, c’est un service qu’il rend à son pays dit-il parce que les touristes c’est comme les kangourous, y en a beaucoup trop… ce type est un héros national, qu’on lui donne une médaille :’)-  est assez angoissant.

[Voyage dangereux en direction de] Wolf Creek
[Voyage dangereux en direction de] Wolf Creek[Voyage dangereux en direction de] Wolf Creek[Voyage dangereux en direction de] Wolf Creek
[Voyage dangereux en direction de] Wolf Creek[Voyage dangereux en direction de] Wolf Creek
[Voyage dangereux en direction de] Wolf Creek[Voyage dangereux en direction de] Wolf Creek

Je ne sais même pas à quoi cela tient en plus, pourquoi il me fait particulièrement trembler. En partie, cela tient certainement à la situation. Comme je vous le disais, le film est très joliment filmé et il arrive notamment vraiment bien à faire sentir l’isolation des personnages. L’arrière-pays Australien est immense et pour le coup je ne me suis pas dit « tout ceci ne serait jamais arrivé s’ils avaient eu un portable » parce que je crois sans mal qu’il n’y a aucun réseau au milieu de cette étendue désertique immense. Le film nous le fait vraiment sentir : les personnages sont au milieu de nulle part, ils ne savent pas où exactement, ils ne peuvent pas s’enfuir en courant et s’ils crient c’est clair que personne ne les entendra. Et j’aime aussi beaucoup la façon dont Wolf Creek filme le noir. C’est quelque chose que je remarque rarement mais pour le coup cela m’a sauté aux yeux: quand il fait nuit, on a l’impression qu’il fait nuit. Les visages sont éclairés par le feu, par les phares d’une voiture, par, un peu, le clair de lune, mais la majorité du décor et du corps des personnages sont plongés dans l’obscurité et on parle pas d’une obscurité « relative » mais d’un noir profond dans lequel on ne voit rien. Forcément, c’est angoissant et notre antagoniste a donc la situation vraiment de son côté ce qui le rend plus menaçant. Mais au-delà de cela, que cela vienne juste de la performance de l’acteur ou de la façon dont il « s’occupe » de nos protagonistes, ce type fait s’hérisser les cheveux sur ma nuque et j’explique cela, quand même, aussi en partie par le choix de ses victimes. Le protagoniste masculin est absent de la grande majorité de la seconde moitié du film et ce sont principalement les deux personnages féminins qui se font torturer, par un homme qui y prend clairement un plaisir plus que platonique. Même avant cela, de toute façon, on peut noter que les personnages féminins ont affaire à des hommes qui dépassent les bornes, que ce soit celui à la fête autour de la piscine qui s’autorise à toucher une de nos héroïnes qui n’en a clairement pas envie ou que ce soit plus tard lorsque des hommes dans un bar demandent à notre héros s’ils ont sa permission d’organiser un « gang bang » avec les deux jeunes femmes. Ces hommes clairement, ne sont pas présentés sous un jour positif du tout et le seul personnage masculin qui nous est présenté comme sympathique est Ben, le personnage masculin principal. On hésite un peu au début parce qu’il se rapproche de Liz alors qu’il est censé avoir une petite amie mais l’existence de la petite amie est remise en question dès le début du film et il y a quatre scènes qui me font me dire qu’il y a de grandes chances pour qu’elle soit une invention :

(1) celle où la voiture ne veut pas démarrer et où Ben va ouvrir le capot pour réparer tout cela... sauf qu’en fait il n’a *aucune* idée de comment faire, il ne sait pas du tout comment fonctionne le moteur et il n’y est allé que parce qu’en tant que mec il est *censé* savoir.

(2) celle où les deux jeunes femmes se tournent tout de suite vers lui pour aller négocier avec le type flippant et où il n’a vraiment pas envie d’y aller parce qu’il flippe mais y va quand même parce que les filles lui sortent que « c’est un boulot de mec ». Affronter le danger = pour les hommes.

(3) celles des types donc qui font leurs propositions obscènes. Ben est clairement très énervé et marmonne un truc mais quand le type le confronte, il ravale ses mots parce que les opposants sont trop grands et trop nombreux.

(4) au tout début, quand on rencontre Ben, le type qui lui vend la voiture lui parle de ses amies de manière particulièrement mysogine et Ben joue le jeu mais dès qu’il a sa voiture et se casse, il lâche un « connard ».

En fait j’ai eu le sentiment tout le long que Ben est un type plutôt sympathique qui ne connait rien à la mécanique, kiffe Star Wars –il joue au sabre-laser avec la lampe de poche dans la voiture- et les histoires d’UFO mais se sent obligé de correspondre à une certaine image de la virilité et s’est inventé une copine que personne n’a jamais vue. Et c’est notre seul personnage masculin attachant. Tous les autres sont soit des personnages « sans vrai visage » qui ne sont là que l’espace d’une réplique, soit des « beaufs », soit un malade malsain qui regrette de ne plus pouvoir buter des animaux en masse. Nos victimes, elles, sont des personnes et le film fait bien attention à ce que ce soit le cas en nous faisant passer un long moment en leur compagnie. La première partie du film prend vraiment son temps, on nous montre nos héros interagir, ils ont l’air d’être des gens sympathiques et d’avoir une histoire ensemble, ils se connaissent. Du coup lorsqu’ils se retrouvent dans le pétrin je n’en avais pas rien à faire, j’avais envie de les voir s’en sortir. Et histoire de pousser vraiment l’over-analyse –j’admets m’être sans doute laissée un peu emporter-, voilà ce que je vois dans la fin : [spoiler] (1) un type qui essayait de se conformer aux attentes des gens et qui a pris cher mais s’en est sorti parce que c’est un mec et qu’en conséquence notre méchant n’était pas aussi intéressé dans sa torture que celle des deux femmes (2) deux femmes qui sont mortes dans des circonstances atroces après avoir rencontré en gros l’incarnation ultime d’un monde dans lequel elles vivaient tous les jours (3) un méchant qui disparait dans l’air dans le dernier plan du film, comme une menace invisible qui flotte partout. Déduisez-en ce que vous voulez. [/spoiler]

Alors il est possible que je me fasse des films autour de celui-ci mais, au final, il est particulièrement efficace pour moi, je pense, parce que je me sens très concernée  par ce qui arrive à ces personnages. Enfin ça, la réalisation, le jeu des acteurs, l’endroit géographique… mais surtout les personnages et la nature de l’horreur. Donc oui, j’ai été agréablement surprise par Wolf Creek. Par contre je ne le recommanderais pas à tout le monde parce que si vous êtes sensibles, ça peut être difficile à regarder –comme la plupart des films du genre, certes-. Mais pour ma part je ne suis pas fâchée de m’être assise devant à nouveau et je regarderai probablement le second volet~

7/10

Tag(s) : #Cinéma d'Océanie

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