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Sorti en 2015

Réalisé et écrit par Michael Medaglia

 

Avec :

Sean McGrath >>> Hermann Haig

Denise Poirier >>> La créature

Anne Sorce >>> Devora Klein

Etc

 

Dontesque ?

Un artiste qui n’arrive pas à percer découvre un trou dans le mur dont lui parvient une voix qui lui propose de l’aider. C’est plutôt bizarre voire limite inquiétant -perso je pense que je le vivrais plutôt mal-, mais il est vraiment désespéré…

 

~oOo~

Cela faisait un certain temps que je voulais voir ce film. Et par « un certain temps » je ne veux pas dire si longtemps que cela puisque le film est quand même plutôt récent mais j’en ai entendu parler à sa sortie en festival et Deep Dark m’a tout de suite attirée parce que je trouvais son concept intéressant et le poster délicieusement inquiétant. J’avais vraiment envie de voir ce que cela donnerait, c’était un film d’horreur qui m’enthousiasmait vraiment. Au final, ce n’était pas vraiment ce à quoi je m’attendais et, pour commencer, je ne qualifierais pas vraiment Deep Dark de film d’horreur en fait. Cela ne m’a pas dérangée notez bien mais c’est vrai que le poster m’avait fait m’attendre à autre chose. Et en même temps je ne suis pas certaine de bien savoir ce que j’ai vu… parce que la seule chose que je sais avec certitude c’est que Deep Dark c’était bizarre, drôlement bizarre. Et inquiétant, oui. Pas exactement flippant, pas vraiment « omg ce soir je dors la lumière allumée » mais inquiétant et un peu angoissant.

Parce que finalement on ne sait jamais ce qu’il y a de l’autre côté de ce trou. Le poster nous montre une bouche pleine de dents et la chose dans le mur, en effet, a des dents comme le prouve l’une des scènes mais on les voit vraiment très vite et, après cela, plus jamais. La vérité c’est qu’on ne voit quasiment rien de cette créature sinon les sortes de petites boules qu’elle semble « pondre » et ce n’est vraiment pas suffisant pour nous faire une idée. On essaie de reconstituer ce à quoi elle peut bien ressembler mais impossible de se faire une image complète, voire même une image tout court et, bien entendu, c’est ce qui la rend inquiétante car, on le sait, cela a été suffisamment répété, l’inconnu fait peur. Ce que l’on ne peut pas voir, concevoir ou imaginer nous inquiète. D’autant que cette créature, quelle qu’elle soit, est très étroitement liée à quelque chose de sexuel et que ça la rend plus angoissante encore parce qu’en quelque sorte elle nous « attaque » au plus basique et au plus vulnérable de nous-mêmes. Cela dit, c’est étrange,  j’étais inquiétée par cette chose derrière le mur, angoissée par le concept et l’inconnu, mais j’ai eu de la peine pour elle également. Denise Poirier, l’actrice qui joue la créature en lui prêtant sa voix, fait un boulot remarquable et arrive à donner une personnalité à son personnage. Et finalement, si la créature inquiète et, parfois, commet des actes violents et terribles, elle ne m’y a déjà pas semblé beaucoup plus prône que les personnages humains et, surtout,  j’ai eu le sentiment qu’elle était sincère dans sa recherche de compagnie et d’affection. Il y a, clairement, dans ce film une question de « jusqu’où iriez-vous ? » mais c’est plus parce que le personnage principal se sent dégradé que parce que la créature cherche à le dégrader. Alors bien entendu toutes les suppositions sont possibles vu que le film ne clarifie jamais vraiment quelle est cette chose avec laquelle communique le héro mais la fin me fait me dire que ce n’était pas un cas de « pacte avec le diable » du tout et la conclusion m’a fait me sentir vraiment mal pour cette créature de l’autre côté du trou.

[La créature dans le mur] Deep Dark
[La créature dans le mur] Deep Dark

Au passage je me suis également sentie assez triste pour le personnage principal et c’est tout à l’honneur de l’acteur qui lui donne vraiment une vulnérabilité émouvante. Le film met en fait énormément de temps à vraiment arriver à son histoire de trou dans le mur et, avant cela, on suit juste Hermann tandis qu’il essaie de vivre de son art ou, au moins, de faire reconnaître son talent au monde… sauf qu’il n’est juste pas très bon. Enfin après, bien entendu, l’art c’est super subjectif mais le consensus et le point de vue que nous sommes censés adopter également est qu’il n’est pas très bon et c’est juste super triste, je trouve, de voir quelqu’un se débattre à ce point et commencer à se demander si faire ce qu’il aime n’est pas juste une perte de temps. Il est désespéré et, vous savez quoi, je me suis pas mal identifiée à lui parce que je comprends et sait à quel point c’est triste de mettre tout ce qu’on a dans quelque chose que l’on aime et de n’avoir aucune réponse –positive en tous cas- en retour jusqu’à se demander, à force, si on a quoi que ce soit de vraiment valable à offrir. Dès le début je me suis donc impliquée dans le sort de ce personnage et cela m’a permis de comprendre pourquoi, malgré sa répulsion, il faisait ce qu’il faisait. Maintenant le souci c’est que… c’est le seul membre du casting, avec Denise Poirier, que j’ai trouvé bon. Les autres m’ont semblé vraiment mauvais, en particulier les actrices d’ailleurs. Je pense en partie que l’étrangeté de leur performance était voulue ? Je crois ? J’en sais rien fait. Parce que, oui, dans un sens peut-être que la voisine qui virait limite stalker était censée avoir les yeux de quelqu’un voulant dévorer mon âme mais, d’un autre côté, l’actrice interprétant la directrice de galerie d’art était tellement maladroite que même dans le cadre d’une performance volontairement étrange, elle m’a semblée mauvaise.

Le souci c’est que je ne suis pas entièrement certaine de savoir ce que le film cherchait à me dire. Clairement il y a une question de « Quand rien ne fonctionne, vaut-il mieux persévérer ou bien est-il parfois plus sain de s’arrêter ? Peut-on vivre plus heureux en se coupant de sa passion si elle est devenue une obsession que l’on ne peut pas satisfaire ? » et également celle de « Jusqu’où iriez-vous pour réussir ? » -non seulement dans le sens « réussir professionnellement » mais également « se prouver sa valeur à soi-même »-. Ca d’accord, j’ai vu tout cela. Mais il y a quelques scènes qui m’ont fait me dire « hein ? » et dont je n’arrive toujours pas à vraiment déterminer la place dans l’histoire. Notamment une scène d’orgie assez étrange qui n’a l’air d’être là que pour souligner le caractère sexuel de la créature dans le mur mais qui ressemble juste à un mauvais rêve pas forcément très à sa place. Ou peut-être qu’il l’est, je n’en sais rien.

Comme vous pouvez le constater, j’ai des questions. Je ne suis pas super certaine d’avoir vraiment saisi ce que j’ai vu et je ne suis même pas super certaine de savoir si j’ai aimé le film ou pas. Je sais en revanche que je ne suis clairement pas restée indifférente et que le film a maintenu mon intérêt tout le long, malgré un rythme plutôt lent. J’avais envie de savoir ce qui allait se passer, je ne me suis pas ennuyée, j’avais envie de comprendre. Donc même si je n’arrive pas vraiment à me figurer ce que j’ai pensé globalement, je sais au moins que je suis contente d’avoir regardé le film et, eh, c’est déjà pas mal !

6/10

Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma occidental, #USA, #Deep Dark, #2010s, #2015, #Michael Medaglia, #Sean McGrath, #Denise Poirier, #Anne Sorce, #Horreur, #Fantastique, #Surnaturel

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