Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Sorti en 2013

Réalisé par Gendy Tartakovsky

Ecrit par Peter Baynham & Robert Smigel

 

Avec :

Adam Sandler >>> Dracula

Selena Gomez >>> Mavis

Andy Samberg >>> Jonathan

 

Dontesque?

Dans un chateau en Transylvanie, le comte Dracula a ouvert un hôtel pour monstres, un refuge pour tous ces êtres surnaturels haïs par l’humanité, dans lequel il élève seul sa fille, Mavis, qui s’apprête à fêter son 118ème anniversaire. Et Dracula redoute cet anniversaire car c’est celui où, pour la première fois, Mavis aura le droit de sortir du château et de rencontrer des êtres humains.

 

~oOo~

Il n’y a pas si longtemps, je suis tombée sur ce film et, ce faisant, me suis dit que ce serait sympa d’y jeter un coup d’œil à nouveau parce que j’avais vu ce film pour la première fois lors d’un vol Paris-Tokyo et que cela a tendance à sacrément transformer une expérience. Au-delà du fait que l’écran est forcément tout petit et le son forcément moins bon qu’au cinéma ou même –pour la plupart des gens- chez soi, quand on passe 12h dans un avion sans dormir ni même se lever une seule fois, on a tendance à avoir des exigences nettement diminuées. Donc oui, j’avais regardé Les enfants loups et avais trouvé cela génial –et ça l’est- mais j’avais aussi trouvé Ted mauvais mais regardable –alors qu’en fait c’est juste mauvais-… et je voulais donc voir où se situait Hotel Transylvania que j’avais trouvé fort sympathique. Et c’était, pour le coup, regardable. J’ai eu quelques soucis avec le film, certains plus importants que d’autres, mais il y a quand même des aspects du film que j’apprécie beaucoup. Le principal est toujours le même d’ailleurs : l’animation.

L’animation d’Hotel Transylvania est particulièrement agréable parce qu’elle a un très bon rythme, elle va vite et c’est dans cette animation des expressions de corps et de visage surtout que se trouve l’humour. J’aime beaucoup le design des personnages, en particulier celui de Dracula et la forme de son corps lorsqu’il replie vraiment sa cape autour de lui mais, en général, le film a un joli style et le seul passage qui, à chaque fois, me fait lever un sourcil est celui de la backstory de notre comte vampire. Pas que les dessins ne soient pas beaux, je les trouve même carrément agréables, mais ils sont subitement assez sombres, plus sérieux, ce qui contraste avec le reste du film bien plus rond et coloré. Je comprends bien que c’était exactement l’effet recherché puisque la backstory est effectivement tragique mais je ne trouve pas que le mariage soit très réussi, la transition ne fonctionne pas très bien et si les dessins sont beaux, ils ne semblent pas à leur place. Malgré tout, l’animation est très réussie, très bien rythmée et je n’ai que des compliments à faire aux responsables parce que, sans eux, il est assez clair que j’aurais largement moins apprécié le film. Il y a des passages qui sont drôles simplement dans l’idée bien entendu : l’homme invisible participant à un jeu de mime, la parodie furtive de Twilight, etc. Il y a quelques moments vraiment drôles dans le film mais la plupart tombent à plat car ils semblent trop forcés ou trop attendus et l’animation reste la source numéro 1 de divertissement  de ce film. Film, qui, au passage, m’a fait parfois me frotter un peu le menton, me laissant perplexe. Non parce que Dracula, le méchant loup, la momie, okay, ils ont leur place dans l’hôtel, mais : Quasimodo ? Qu’est-ce que Quasimodo venait foutre là ? –accompagné de ses gargouilles et de son rat Esmeralda qui, à la limite, étaient plus à leur place-. A priori le film voulait un cuisinier, s'est dit qu’il fallait qu’il soit français –parce qu’un cuisinier pas français est un mauvais cuisinier, forcément !- mais dans ce cas-là, pourquoi ne pas prendre, je sais pas, le horla par exemple. Ou même juste, effectivement, une gargouille. Mais Quasimodo ? Il est humain Quasimodo et, okay, il a été rejeté si bien qu’il pourrait avoir quelque chose contre le reste de l’humanité mais il a été rejeté en 1482 ! Des *siècles* avant Hotel Transylvania donc soit on a un nouveau Quasimodo –ce qui n’a pas trop de sens- soit il a été vampirisé parce que le type était humain donc pas immortel ! Je sais, cela parait un peu « chipoter » mais c’est le genre de détails –de même que la créature de Frankenstein étant appelée « Frankenstein » tout le long- qui peuvent me sortir d’un film lorsqu’à côté de cela il ne m’embarque déjà pas suffisamment. J’ai donc passé une bonne partie du film à me dire que, pour une histoire parlant de monstres, Hotel Transylvania semblait ne pas être super au point sur son propre thème.

 [Roméo et Mr Capulet] Hotel Transylvania [Roméo et Mr Capulet] Hotel Transylvania
 [Roméo et Mr Capulet] Hotel Transylvania [Roméo et Mr Capulet] Hotel Transylvania [Roméo et Mr Capulet] Hotel Transylvania
 [Roméo et Mr Capulet] Hotel Transylvania [Roméo et Mr Capulet] Hotel Transylvania
 [Roméo et Mr Capulet] Hotel Transylvania [Roméo et Mr Capulet] Hotel Transylvania

Et j’en viens au gros du morceau : le fond. Parce qu’en vrai le reste se tient. L’animation est bonne, l’humour tombe parfois à plat mais le film tire quand même plusieurs sourires et, okay, j’ai des petites questions quant au choix des personnages mais j’aurais facilement pu passer par-dessus sauf que le fond m’a agacée. Mon vrai souci avec ce film est qu’il aurait du se concentrer sur Dracula et sa fille Mavis mais que ce n’est pas le cas. L’idée au cœur d’Hotel Transylvania n’est pas sans rappeler celle de Finding Nemo : on a un père qui s’occupe tout seul d’un enfant après que la mère soit morte, faute au monde extérieur, et qui en est devenu surprotecteur et étouffant. A travers le film, il doit apprendre à laisser un peu plus de liberté à son enfant et réviser ses vues sur le monde extérieur. Mais il y a une grosse grosse différence entre Finding Nemo et Hotel Transylvania : Finding Nemo laisse Nemo être un personnage *réellement* actif. Les deux films sont en grande partie concentrés sur le personnage du père et ça ce n’est pas un problème. Dracula, comme l’était Marin, est un personnage qui a quelque chose à apprendre et le thème d’un père qui lutte à laisser le poussin sortir du nid est un thème intéressant. Et puis en l’occurrence il était temps parce que le type il séquestre quand même sa gamine depuis 118 ans. Ce qui, au passage, fait partie de mes grandes interrogations du film parce que l’âge « 118 ans » n’a *aucun* sens pour moi. J’ai bien compris que le film voulait faire écho à notre majorité mais on ne peut *pas* faire de parallèle entre 18 et 118 ans ! A priori le temps ne passe pas plus vite pour les vampires donc à 118 ans, la gamine ne devrait plus être une adolescente. Je ne parle pas de corps vu que, de base, c’est un peu chelou d’avoir un enfant vampire qui grandit mais, niveau expérience, elle en a peu du monde extérieur, okay, mais cela veut dire qu’elle a passé 118 ans a fixer les murs du château  et que le film veuille me faire avaler qu’en 118 ans elle n’a jamais tenté de se barrer –alors que c’est super facile clairement- est absurde. 118 ans d’enfermement cela ne vous créé pas une ado rebelle mais une sérieuse dépression. Mais, pour revenir à ce que je disais avant cela, je comprends fort bien que Dracula ait autant de temps d’écran qu’elle ou même plus car l’histoire est autant la sienne que celle de Mavis. Le souci c’est que Mavis s’émancipe en tombant amoureuse de Johnny, un jeune humain tombé là par hasard. Et ça c’est pas vraiment un souci non plus puisqu’il me semble naturel qu’elle soit attirée par la nouveauté et l’expérience d’un type qui a voyagé –par contre le coup du « zing », ce coup de foudre qui les destine l’un à l’autre pour la vie : mouais-. Oui, bien sûr, j’aurais préféré qu’elle s’émancipe pour elle-même dans ses 118 ans d’enfermement mais la romance ne me dérange pas, d’autant que je trouve Johnny sympathique comme personnage.

Non, ce qui me dérange c’est qu’elle est exclue de sa propre histoire au bout d’un moment. Dans Finding Nemo le film se concentrait peut-être grandement sur Marin mais Nemo, dans le cabinet du dentiste, essayait de s’échapper ! Il se bougeait les fesses et tout. Dans Hotel Transylvania Mavis a droit à quelques scènes de semi-rébellion, elle interagit avec Johnny –ouf !- mais au final la plupart des grandes scènes du film se font entre Dracula et Johnny au point qu’on finit par se demander si la vraie romance n’est pas là. Dracula tombe sous le charme de Johnny et lui explique la backstory, Johnny quitte Mavis *pour* Dracula, Dracula course Johnny à la place de Mavis et ça m’a agacée au possible : elle est laissée dans l’ombre, on lui prend son mec et le lui rend et elle, elle, n’a pas son mot à dire. A la fin du film, lors d’un concert où tout le monde chante –une chanson assez naze d’ailleurs-, Dracula, à un moment donné, fige sa gamine pour pouvoir chanter à la place et honnêtement j’ai trouvé cela assez représentatif du film.  Film qui m’a laissée sur une ultime question à savoir : euh, c’est cool que Johnny ait décidé de rester ou, en tous cas, de rester avec Mavis mais comment il va expliquer cela à sa famille et qu’est-ce qu’il va se passer quand il aura 80 ans et sera sur son lit de mort tandis que Mavis aura, si on en croit la façon dont Hotel Transylvania gère l’âge de ses protagonistes, l’équivalent de trente années humaines ?

… bref o.o J’aime  toujours vraiment bien l’animation de ce film, je trouve qu’il y a du vrai bon boulot de fait de ce côté-là et il y a quelques passages vraiment drôles. J’aime aussi l’idée de base et je pense qu’il y avait un bon film dans Hotel Transylvania mais le script ne m’a décidément pas convaincue, m’a agacée même et c’était donc une déception par rapport au souvenir que j’en avais.

6/10

Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma occidental, #USA, #Animation, #Hotel Transylvania, #2010s, #2013, #Gendy Tartakosvsky, #Peter Baynham, #Robert Smigel, #Adam Sandler, #Selena Gomez, #Andy Samberg, #Surnaturel, #Famille, #Romance, #Comédie, #Coming of age

Partager cet article

Repost 0