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Sorti en 1938

Réalisé par Anthony Asquith & Leslie Howard

Ecrit par Cecil Lewis et W. P. Lipscomb

D'après la pièce de George Bernard Show

 

 

Avec :

Wendy Hiller >>> Eliza Doolittle

Leslie Howard >>> Pr. Henry Higgins

Scott Sunderland >>> Colonel George Pickering

Jean Cadell >>> Mrs. Pearce

Wilfrid Lawson >>> Alfred Doolittle

Marie Lohr >>> Mrs. Higgins

 

 

Dontesque ?

 

Une jeune vendeuse de fleurs devient l'élève d'un professeur de phonéique qui a parié avec un ami qu'il pourrait changer son langage et son éclocution tant et si bien qu'il pourrait la faire passer pour une aristocrate à la cour de la reine.

 

~oOo~

Entre nos Toy Story et Harry Potter, il est temps de parler de quelque chose d'un petit peu plus vieux et peut-être un petit peu moins regardé de nos jours (en tous cas par les incultes comme moi): Pygmalion. Qu'honnêtement j'hésitais un petit peu à regarder car j'avais peur de m'y ennuyer légèrement. Pas parce que c'est un vieux film mais parce que My Fair Lady est basé sur la même histoire, que j'aime beaucoup My Fair Lady et que si je ne m'en souviens pas avec exactitude, je me rappelle tout de même de l'histoire et avais un peu peur de tomber sur juste My Fair Lady sans Audrey Hepburn, sans les chansons, sans les très jolies robes et sans Stanley Holloway. Mais comme le film m'avait été recommandé par vous, comme j'étais quand même curieuse de voir ce que donnerait le film et, surtout, Leslie Howard dans le rôle du Professeur Higgins -parce que malgré que je l'ai découvert dans Autant en Emporte le Vent où je le trouve ennuyeux, j'aime vraiment bien Leslie Howard- et comme au final une part de moi est toujours curieuse de découvrir différentes versions de la même histoire pour les comparer, je me suis finalement décidée... et j'ai bien fait. Parce que c'était un bon film.


Au début, je ne vous cache pas que j'ai eu pourtant un petit peu de mal avec Wendy Hiller. Elle ne jouait pas mal mais, simplement, son personnage me cassait les oreilles et je n'attendais qu'une chose: qu'elle apprenne à parler, pas forcément mieux, mais en tous cas plus bas. Je l'ai trouvée, mettons, un peu trop geignarde parfois au début et je sais bien que cela fait partie du rôle mais j'ai du mal avec les personnages geignards en général. Néanmoins, au fil du film, cela s'est, forcément, calmé et, lors de la conclusion, je dois dire qu'elle m'a particulièrement plu. Et c'est quand même fou de se dire que Pygmalion, un film qui commence quand même à dater -et une pièce qui date également-, comprend certaines choses qui ne paraissent apparemment pas évidentes à tout le monde à notre époque. Eliza est un personnage que l'on découvre dans la "gouttière" et qui n'a pas beaucoup d'estime de soi. Elle a une certaine fierté, bien entendu, mais elle ne se croit pas l'égale d'hommes comme Higgins ou Pickering parce qu'aux yeux de la société, effectivement, elle ne l'est pas et qu'Higgins le lui fait bien sentir, l'insultant de tous les noms rabaissants qu'il peut trouver. A la fin, néanmoins, après avoir traversé l'épreuve difficile qu'est la réalisation (exacte ou erronée, ça vous verrez bien) qu'elle n'était qu'une "chose" pour Higgins, une créature dont son créateur ne veut plus maintenant qu'il s'est félicité de l'avoir crée, un être non-adapté au monde dans lequel on le relâche, après avoir passé cette épreuve donc, elle en vient à remercier non pas Higgins de lui avoir appris à parler comme une dame mais Pickering de l'avoir traitée en tant que telle dès le tout début, dès leur rencontre dans la "gouttière" parce que qu'une femme ne devrait pas être traitée avec respect parce qu'elle se comforme aux attentes de la société, quitte à s'effacer, mais juste être traitée avec respect, de base, et que c'est en respectant les femmes, et non en les façonnant, qu'on les élève. C'est un personnage très fort qui ressort de toute cette histoire [spoiler] et du coup c'est quand même dommage que les dernières secondes (excusez-moi du ton mais, oui, elles m'ont dérangée) chient sur la meilleure conclusion qui venait juste avant. Ces dernières secondes sont une claque dans la face du personnage principal et c'est bien dommage. [/spoiler]

[Make-over de l'extrême] Pygmalion[Make-over de l'extrême] Pygmalion
[Make-over de l'extrême] Pygmalion[Make-over de l'extrême] Pygmalion

Oh et puisque je parlais de Leslie Howard, disons-le: je l'ai trouvé vraiment bien dans ce rôle-là. Le Professeur Higgins n'est pas un personnage excessivement sympathique mais j'aurais du mal à le trouver détestable également. En vérité je le trouve plutôt ridicule. C'est un homme brillant dans son domaine, Leslie Howard a (presque)  toujours beaucoup de charme et je crois sans mal qu'Higgins ait du succès auprès de ses contemporains, mais le film ne manque pas une occasion de le remettre à sa place, que ce soit lorsqu'il se fait réprimander par sa mère, sa gouvernante ou lorsqu'au milieu d'une sortie qu'il voulait emplie de dignité, il trébuche sur les marches de l'escalier. Il nous est présenté brillant mais immature et lors de certaines scènes il s'apparentait vraiment à un enfant faisant un caprice ([spoiler] mais, eh, la fin nous dit que c'est parfaitement acceptable et même désirable alors :D .... foutue fin. Je sais que j'aurais du m'y attendre à cause de My Fair Lady mais j'avais un petit espoir....[/spoiler]), ce qui explique pourquoi j'ai vu en lui un homme ridicule plus qu'un homme détestable. Ce qui ne signifie bien entendu pas que, lors de certaines scènes, il ne pouvait pas avoir de charisme, non, non. D'autant qu'il côtoyait d'autres personnages prêtant à rire tels que Freddy, le jeune soupirant pas très fut-fut (ou en tous cas qui n'en avait pas l'air, j'ai même trouvé que l'acteur en faisait presque trop) ou son apprenti devenu expert qui vantait un peu trop ses propres mérites. Donc, oui, bien entendu, Leslie Howard avait aussi l'occasion de faire preuve de charisme et ne s'en privait pas.


A côté de cela, alors, pas de chansons en effet mais je dois dire qu'une ou deux fois je me suis laissée particulièrement charmer par l'usage de la musique. Parce que le professeur se sert de la musique pour apprendre le langage à Eliza, la musique devient d'autant plus son propre langage (plus que dans d'autres films je veux dire, puisque la musique est un langage de toute façon), servant parfois à répondre aux personnages sans que des mots soient prononcés. Je pense notamment à la façon dont Freddy est, un soir, éconduit par quelques notes de xylophones émises par le professeur qui sont alors reprises lorsque la gouvernante lui fait signe qu'il faut partir puis lorsqu'elle ferme la porte. L'image n'est pas d'une qualité parfaite mais elle a été joliment restaurée malgré tout et je me suis arrêtée plusieurs fois pour apprécier un plan ou un autre, comme celui où, après le bal, Eliza rentre dans le salon et se retrouve dans l'ombre, derrière la porte, tandis que les deux hommes, dans la lumière, se félicitent de leur réussite sans penser du tout à celle qui en a été l'instrument principal. J'ai aussi apprécié les séquences étranges, presqu'un peu psychédéliques, que le film se permettait -notamment lors d'un montage où l'on nous montre Eliza tâchant de dormir tout en nous présentant des aperçus de son entrainement prenant des airs de cauchemars-.

 

Somme toute, j'ai beaucoup apprécié Pygmalion. Je ne vous cache pas que, si l'on me demandait de les comparer, j'aurais toujours une préférence pour My Fair Lady car j'ai un sacré bias pour les comédies musicales, Audrey Hepburn et ses robes (encore que la robe d'Eliza lorsqu'elle va au bal est assez superbe également) mais comme personne ne me demande de comparer les deux (en fait), je dirais simplement que Pygmalion est un très bon film dont le casting fait vivre un script qui m'a plu et qui ne souffre que d'une fin l'auteur de la pièce -qui a aussi écrit les dialogues du film-, clairement plus éclairé que les autres, ne voulait pas. En clair : je vous le conseille mais à la limite si vous vous arrêtez deux secondes avant la fin, c'est pas bien grave.

7,5/10

[Make-over de l'extrême] Pygmalion[Make-over de l'extrême] Pygmalion
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