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Sorti en 2015

Réalisé et écrit par S. Craig Zahler

 

Avec :

Kurt Russell >>> Le Shérif

Patrick Wilson >>> Arthur O’Dwyer

Richard Jenkins >>> Chicory

Matthew Fox >>> John Brooder

Lili Simmons >>> Samantha O’Dwyer

 

Dontesque?

Lorsque des habitants de la petite ville de Bright Hope sont enlevés par une tribu de cannibal, le sheriff et trois hommes –dont le mari blessé d’une des kidnappés- se mettent à leur recherche.

 

~oOo~

A sa sortie au cinéma aux USA, j’avais repéré ce film tout de suite. Les genres de l’horreur et du western ne sont pas si souvent mélangés et j’étais vraiment curieuse de voir ce que ce film aurait à me proposer, d’autant que les critiques avaient l’air très positives. Le côté « horreur » semblait être pas mal remis en cause mais, peu importe, j’étais curieuse et, du coup, j’ai été pas mal déçue lorsqu’il s’est avéré que le film ne sortirait même pas du tout en France et qu’il me faudrait attendre la sortie du DVD, à défaut de pouvoir découvrir le film au grand écran. Cela m’a fait d’autant plus de peine que cela avait l’air d’être un film joliment réalisé –c’est le cas- qui se prêterait bien au grand écran –du coup je n’ai pas pu le vérifier mais je maintiens que c’est probablement le cas aussi- … enfin, j’ai fini par le regarder et c’était exactement ce à quoi je m’attendais. Or, comme je m’attendais à ce que cela me plaise, eh bien je suis plutôt ravie. Heureusement que j’avais été prévenue que le film est plutôt lent et ne joue pas dans l’horreur intempestive –à défaut de trouver un meilleur mot- quand même parce que, sinon, j’aurais probablement été drôlement surprise et n’aurais peut-être pas apprécié le film selon mon état d’esprit du moment. Mais là, j’étais dans le bon état d’esprit. Et, histoire tout de même de commencer sur une précision pour les gens sensibles parmi vous : le film, en effet, est très calme et il faut attendre un long long moment avant qu’il tombe dans l’horreur. Lorsqu’il le fait, je n’ai pas eu le sentiment qu’il nous noyait dessous, il reste soft dans la quantité. En revanche, les images sont dérangeantes car le film, justement, se veut suffisamment sobre pour être réaliste. Donc soyez quand même prévenus.

Mais, donc, comme je le disais, ce film est avant tout très calme, très silencieux, et cela marche tout à fait en sa faveur. Il n’y a quasiment pas de musique dedans, sauf lors d’une scène à la fin… et peut-être à des moments fugaces où je ne l’ai pas repérée mais, honnêtement, j’en doute car, justement, je remarquais énormément le silence des scènes. Voyez-vous, quand  j’ai lancé ce film j’étais dans un état d’angoisse et l’idée était de me distraire, de me garder l’esprit occupé pour stresser moins. Le choix de ce film était étrange, je vous l’accorde, mais du coup, si Bone Tomahawk m’a en effet gardé l’esprit occupé car c’est un film que je trouve prenant, j’ai ressenti tout le poids du silence et mon angoisse n’a fait qu’augmenter. C’est un film dans lequel les personnages passent beaucoup de temps à marcher, dormir, puis marcher à nouveau dans de grands espaces silencieux et la question est tout le temps : quand est-ce que la menace va leur tomber dessus ? Il n’y a pas beaucoup d’action - et quand il y en a elle est rapide-, surtout pas mal d’attente, et parce que nos antagonistes étaient des pros du camouflage, j’étais un peu en état de stress tout le temps, à me demander quand l’un d’entre eux tomberait sur nos personnages principaux en situation de faiblesse. Et la réponse est : assez tard dans le film en fait ! On n’a, pendant longtemps, que des aperçus peu nombreux, furtifs et de loin de la tribu cannibale  en cause  -tribu qui, au passage, ne sert pas de représentation des natifs américains de l’époque… je le précise  parce que j’avais lu des remarques à ce sujet mais, si ces troglodytes sont effectivement des natifs, ils sont présentés comme des exceptions dont la majorité des natifs américains, représentés par un personnage de passage, ont peur eux-mêmes… ils sont un peu leur yeux de la colline en fait j’ai l’impression o.o-. Et lorsqu’on les voit enfin, on les voit bien, on les voit clairement, mais j’ai eu le sentiment malgré tout que le film ne s’attardait pas trop dessus, préférant préserver un certain mystère, une certaine étrangeté qui ajoutait à la menace. De même : ils ne parlent pas. Ils communiquent mais ils ne parlent pas et cela ajoute au silence du film tout en continuant de nous faire peur en ne nous permettant pas de savoir exactement ce qu’il se passe dans leur tête. Il y a néanmoins quelques petits trucs les concernant qui m’ont fait lever un sourcil, à la fin surtout, concernant par exemple leur méthode de reproduction -[spoiler] le traitement des femmes enceintes ne m’a pas paru très productif pour eux en fait… j’ai eu le sentiment que le film voulait juste caser une image dérangeante et ce n’était pas bien utile, ça soulevait surtout pas mal de questions [/spoiler]- ou encore [spoiler] la façon dont ces types drôlement redoutables se font exterminer par un type qui est quand même pas mal au bout du rouleau [/spoiler]. Dans l’ensemble, néanmoins, ils font des antagonistes inquiétants parce que redoutables et sortants toujours de nulle part sans qu’on sache exactement quand ils vont se manifester.

[MP2016: Old West et Cuisine Locale] Bone Tomahawk
[MP2016: Old West et Cuisine Locale] Bone Tomahawk
[MP2016: Old West et Cuisine Locale] Bone Tomahawk
[MP2016: Old West et Cuisine Locale] Bone Tomahawk
[MP2016: Old West et Cuisine Locale] Bone Tomahawk
[MP2016: Old West et Cuisine Locale] Bone Tomahawk

Le film produit également beaucoup de tension en usant pas mal de plans d’ensemble et de plans larges, faisant sembler les personnages petits et, donc, impuissants face à la menace qui les guette d’on ne sait trop où. Sans oublier que cela nous donnait aussi le point de vue de quelqu’un les observant d’un peu loin, même point de vue supposé que les antagonistes donc. Par ailleurs, il m’a semblé que le film aimait à placer ses personnages sur les bords de l’écran dans ces plans-là, à laisser pas mal d’espace à leur droite ou leur gauche, ce qui, je ne sais pas trop pourquoi en fait, me donnait toujours le sentiment désagréable mais marchant en faveur du film, qu’il y avait plein de place pour quelque chose ou quelqu’un de foncer sur les personnages. Pas depuis l’espace vide, non, mais depuis l’espace non-vide. C’est-à-dire que si un personnage est au milieu de l’écran, on a un peu de temps pour voir arriver les menaces depuis la droite ou la gauche. En mettant un personnage à l’extrême droite de l’écran, le film ne nous permet plus de voir ce qu’il y au-delà. En fait, de façon plus générale, j’ai eu l’impression que le film faisait en sorte de nous couper autant qu’il pouvait la possibilité de voir arriver les choses. N’étant cependant pas trop « aware » quand on en vient à la réalisation des films, il est possible que je vous raconte n’importe quoi –une possibilité/probabilité à surtout ne jamais écarter-. Le fait est, en tous cas, qu’à chaque fois que les personnages avaient le dos tourné à un espace que je ne pouvais pas bien voir, j’étais stressée. Et, aussi, le film était très joli à regarder. Sans oublier que les acteurs étaient bons. J’ai une sorte de sympathie pour Patrick Wilson donc c’était agréable de le retrouver dans ce film, même si j’étais un peu peinée de le voir souffrir de la sorte, et Kurt Russell était très bon dans le rôle du shériff, de même  que j’ai beaucoup aimé Richard Jenkins dans le rôle de Chicory, l’adjoint. A la limite, Lili Simmons est la seule à m’avoir parfois un chouïa moins convaincue mais ce n’était honnêtement pas grand-chose. Non, en général tout le monde était bon et participait à rendre ce film efficace, à rendre les personnages intéressants même s’ils n’étaient pas tous forcément attachants. Faut dire que le monde de Bone Tomahawk n’est pas le pays des bisounours et on se retrouve notamment avec, dans notre mission de secours, un type qui a fait sa vie en massacrant des natifs américains et ne cille pas vraiment lorsqu’il appuie sur la gâchette. Il y a des touches d’humour dans le film mais je ne le recommanderais certainement pas pour une soirée sympa où vous voulez passer un bon moment à vous amuser devant un film on va dire.

J’ai été, néanmoins, happée par Bone Tomahawk. Le rythme lent ne m’a pas dérangée, j’étais contente que le film prenne son temps, de même que son silence et la façon dont il est réalisé ont beaucoup participé au sentiment d’angoisse que je sentais monter un peu tout le temps. Quand j’en suis sortie, je n’étais pas plus relaxée qu’au début donc, mais je ne regrettais certainement pas d’avoir regardé le film, qui était tout ce à quoi je m’attendais et je m’attendais, encore une fois, à du bon~

Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma occidental, #USA, #Bone Tomahawk, #2010s, #2015, #S. Craig Zahler, #Kurt Russell, #Patrick Wilson, #Richard Jenkins, #Matthew Fox, #Lili Simmons, #Horreur, #Western

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