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Sorti en 2014

Réalisé par Jorge R. Gutierrez

Ecrit par Jorge R. Gutierrez & Doug Langdale

 

Avec :

Diego Luna >>> Manolo

Zoe Saldana >>> Maria

Channing Tatum >>> Joaquìn

Kate del Castillo >>> La Muerte

Ron Perlman >>> Xibalba

 

Dontesque ?

La Muerte et Xibalba, souverains chacun d’un des deux mondes des morts, font un pari impliquant trois enfants, Manolo, Joaquìn et Maria, qui sera gagné ou perdu selon l’homme que Maria, adulte, choisira d’épouser.

 

~oOo~

Entamons donc notre ménage avec ce film d’animation que j’avais raté à sa sortie en salles alors que, pourtant, je me souvenais en avoir vu la bande-annonce et m’être dit « ah, il faudra que j’aille voir ce truc ! ». Ce qui m’avait convaincue ? Le style de l’animation. Dès qu’un film d’animation a un style un peu particulier, un peu différent de ce que l’on voit le plus souvent, je suis intéressée. Bien entendu, cela ne signifie pas nécessairement que j’apprécierai le film mais c’est un gros bonus, et ce film s’est retrouvé sur ma liste aussitôt, puis il ne m’a jamais fallu que deux ans pour le regarder, je trouve que c’est finalement plutôt pas mal, non ? … okay, non. Mais je l’ai regardé, c’est l’essentiel –en plus cela va me permettre de rendre le dvd à la personne qui me l’a prêté pour le coup et, vu le temps que cela m’a pris, elle sera soit soulagée de le revoir, soit étonnée parce qu’après tout ce temps, elle avait même oublié l’avoir acheté… pardon :’(- et le verdict est : c’est super inégal comme film. Il y a des tas de trucs dedans qui m’ont beaucoup enthousiasmée mais également pas mal de choses qui m’ont empêchée de vraiment rentrer à fond dans le film, des défauts que, malheureusement, je n’ai pas pu ignorer.

Néanmoins, pour commencer par le positif, l’animation qui m’avait attirée à la base était aussi réussie que je l’avais espéré et anticipé. Le film est coloré, les designs sont originaux et très beaux, il y a une véritable identité visuelle à ce film qui m’a énormément plu. Les designs des personnages sont très réussis et le film tout entier est une petite merveille d’animation avec quelques scènes en particulier qui sortent plus encore du lot : le monde des oubliés, très gris, est joliment créé et nous plonge tout de suite dans son ambiance désespérée, le monde des morts dont les vivants se souviennent, en revanche, est une explosion de couleurs, de détails vifs, et un festin pour les yeux. Il est plus vivant encore que le monde des vivants, on aurait limite envie de passer l’arme à gauche pour aller s’éclater avec les morts dans un monde qui semble en fête en permanence. La scène de corrida du début est également très impressionnante et n’a d’égale que la dernière scène de corrida qui prend des proportions épiques et m’aurait tiré des larmes juste par sa beauté. Une petite précision d’ailleurs : si, comme moi, vous avez du mal avec le principe de la corrida et n’avez vraiment pas envie de voir glorifiée une activité qui consiste à mettre à mort un animal pour le divertissement des foules, ne vous inquiétez pas, Manolo, notre héro, a tout autant de mal que vous et moi. C’est 50% de l’idée du film même puisque notre personnage principal court après deux choses essentiellement : l’amour de Maria et le courage d’affirmer qui il est, ses convictions, celle qu’il répète le plus souvent étant que la mise à mort du taureau est barbare. Personnellement j’irais jusqu’à dire que le reste du « jeu » pourrait aussi bien être retiré du programme des festivités mais le film prend quand même une position qui m’a plu. Le film, en général, semble se vouloir aussi progressiste que possible. Le thème principal est : sois toi-même et défends tes rêves… en s’opposant, notamment, aux parents et, plus particulièrement aux pères. En effet, Joaquìn vit dans l’ombre de son père mort en héros, Maria est poussée par le sien à être « une bonne fille » et se marier avec l’homme qu’il a choisi, Manolo veut faire de la musique et refuse d’abattre les taureaux, là où son père veut lui imposer une tradition de matador transmise de père en fils… Compris dans tout cela, on a donc le discours sur la corrida et, également, cette volonté d’opposer Maria aux attentes qu’en ont les personnages du film et, plus particulièrement, son père et Joaquìn, son ami et soupirant un peu machiste.

La jeune femme est donc à la fois bien éduquée, courageuse, prête à prendre les armes et pas décidée à s’en laisser compter. Je pense qu’une des scènes les plus satisfaisantes la concernant, pour moi, a été sa réponse à Joaquìn quand il lui sort « Derrière chaque homme avec une belle moustache » -i.e. un homme remarquable, ce film ayant un running-gag faisant des moustaches le truc le plus merveilleux au monde, en particulier pour Joaquìn qui y voit certainement un symbole ultime de virilité, en plus d’être sa façon de ressembler à son père- « il y a une belle femme »… ce que, bien entendu, Maria ne laisse pas passer. Malgré tout, je dois bien admettre que je ne me suis pas attachée au personnage plus que cela. Qu’elle ne le prenne pas mal cela dit : il en a été de même pour Manolo –dont le doublage ne m’a pas embarquée en plus, je trouvais qu’il manquait de personnalité-. J’avais l’impression de connaître ces personnages -dans le sens "déjà vu"-, j’avais le sentiment de voir des « réceptacles » d’idées, pas vraiment des personnes… du coup, même si c’était le personnage principal dont j’approuvais le moins l’attitude, je me suis retrouvée à bien plus apprécier Joaquìn, avec  tous ses défauts. Bien entendu, j’étais tout à fait pro Manolo/Maria –encore que j’aurais été encore plus pro le « Maria et Manolo tous seuls, chacun de leur côté » pendant au moins un temps, vu que les deux personnages s’étaient perdus de vue depuis suffisamment longtemps pour ne plus se connaître tant que cela… mais c’était appliquer de la logique de réalité à un conte, j’imagine-, j’ai juste trouvé Joaquìn plus intéressant en tant que personnage. Après, je ne me suis pas non plus attachée outre-mesure à lui, et je pense que cela vient en partie du rythme du film qui est très très soutenu, trop soutenu même, au point qu’il semble parfois un peu précipité, ce qui ne nous laisse pas le loisir de ressentir suffisamment l’émotion de certaines scènes –paradoxalement c’est ce qui fait aussi qu’après une heure de film, j’ai commencé à trouver le temps légèrement long… pas trop, mais un chouïa quand même-. C’est aussi ce qui fait, en partie, que beaucoup de blagues tombent à l’eau.

[MP2016: Pardon, taureau] The Book of Life
[MP2016: Pardon, taureau] The Book of Life
[MP2016: Pardon, taureau] The Book of Life
[MP2016: Pardon, taureau] The Book of Life
[MP2016: Pardon, taureau] The Book of Life

Ce n’est pas la seule raison mais cela en fait partie, et j’ai trouvé, en effet, qu’une bonne partie de l’humour de ce film ne fonctionnait pas vraiment. Certaines fois oui : la liste de toutes les choses que Chakal, le grand brigand local, volerait –poulets et moustaches comprises- au village m’a fait sourire et il y a une réplique le concernant qui m’a réellement fait éclater de rire lorsqu’il se retrouve face aux villageois terrifiés. En effet, Chakal est une montagne, véritablement, il est grand comme trois hommes et, lorsqu’il est face aux villageois, Joaquìn débarque avec un « Pourquoi ne pas t’en prendre à quelqu’un de ta taille ? ». Alors, quelqu’un qu’on ne voit pas, quelqu’un dans le fond, lui balance un « Parce que personne n’est aussi grand mec » - « Cause no one’s that big dude »- et, dans la situation et avec ce doublage, j’ai beaucoup ri à cette réplique. Donc, voilà, ne vous figurez pas que tout tombe à l’eau mais, la plupart du temps, c’est vrai que les tentatives d’humour m’ont laissée de marbre, voire m’ont un peu fait me sentir gênée pour le film. Cela dit, le plus gros problème du film, à mon sens, ce sont toutes ses références modernes. Ce sont vraiment elles qui m’ont empêchée de me plonger pleinement dans the Book of Life et, donc, de l’apprécier autant que je l’aurais souhaité. Il y a de petites choses du genre un « Come at me bro » -je ne sais pas trop comment le traduire mais le « bro » pourrait être un « mec » et c’est une façon de parler très moderne-  balancé au milieu du film et, après, il y a des choses plus grosses et plus gênantes. Déjà, je n’ai pas compris l’intérêt de la narration, de faire de l’histoire de Manolo, Maria et Joaquìn, un conte raconté à des enfants des temps modernes. Cela n’apportait rien de spécial et le « « « twist » » » final se voyait venir à des kilomètres et n’apportait rien non plus. Cette mise en abîme ne servait pas à grand-chose et son esthétique, bien moins belle que celle du conte à l’intérieur du film, me faisait tiquer plus qu’autre chose. Par ailleurs, le film a trois grandes figures mythologiques : la Muerte, souveraine du royaume des morts dont les vivants se souviennent, Xibalba, son mari et souverain du royaume des oubliés et le Faiseur de Bougies qui garde un œil sur la vie des hommes. Et ce Faiseur de Bougies, s’il n’en a pas l’apparence, s’exprime, bouge et est doublé comme un stéréotype de rappeur noir pour atteindre un effet comique qui, déjà n’a pas fonctionné sur moi, et qui, ensuite, ne colle vraiment pas avec le reste du film parce que le stéréotype est un stéréotype très moderne.

Et puis, il y a la musique. Certaines chansons étaient fades –j’en aime les originales pourtant mais I will wait for you et Can’t help falling in love with you, ici, m’ont semblé très plates-, certaines étaient juste tristement peu originales –les musiques classiques choisies étaient clichés au possible- et certaines étaient fort sympathiques –j’ai beaucoup apprécié l’interprétation de Creep par exemple- mais la seule qui ait réellement provoqué quoi que ce soit chez moi est la chanson d’excuses que Manolo adresse au taureau, c’est-à-dire une des seules musiques de ce film à avoir été écrites *pour* ce film. Parce que le souci avec le reste des chansons n’est pas que je n’aime pas Creep, Home –j’adore cette chanson même !- ou Just A Friend, mais on est dans un film dont l’intérêt et la magie résident en très très très grande partie dans son originalité, dans son dépaysement, dans la façon dont il nous transporte dans un autre monde, une autre mythologie, une autre esthétique. Et c’est très difficile d’être immergé à fond dans « conte mexicain se déroulant ‘il était une fois’ » quand les personnages se mettent à nous chanter Da Ya Think I’m Sexy. Il y a des films dans lesquels cela peut marcher, genre Shrek parce que c’est un film « clin d’œil », mais dans The Book of Life j’ai trouvé que cela ne marchait pas, que cela jouait en défaveur du film.

C’est néanmoins un film que je recommanderais vivement. Il n’est pas sans défaut et j’ai été un peu frustrée mais l’animation est magnifique et nous change vraiment de ce que nous voyons le plus. Rien que pour cela, mais aussi parce que le film a d’autres bonnes idées, je vous recommande d’y jeter un coup d’œil. Peut-être que, comme moi, vous aurez des soucis avec certains aspects, mais je ne regrette vraiment pas de l’avoir enfin regardé et cela m’a donné envie de regarder ce que le réalisateur a fait d’autres. Alors, pas de pot, rien de ce qu’il a fait d’autre ne semble arriver à la cheville de ce film niveau esthétique mais c’est juste histoire de vous dire : en en sortant, j’étais quand même surtout enthousiaste. Donc, voilà, je vous conseille de jeter un œil à ce film~

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