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Sorti en 2002

Réalisé par Chris & Paul Weitz

Ecrit par Chris Weitz, Paul Weitz et Peter Hedges

D’après le roman de Nick Hornby

 

Avec :

Hugh Grant >>> Will Freeman

Nicholas Hoult >>> Marcus Brewer

Toni Collette >>> Fiona Brewer

Etc

 

Dontesque?

Un célibataire ravi d’aller d’histoire rapide en histoire rapide et de n’avoir à s’occuper de personne sinon de lui-même, a l’idée de s’inventer un fils et d’aller draguer des mères célibataires. C’est ainsi qu’il finit par faire la rencontre du fils de Fiona Brewer, Marcus, qui semble bien décider à s’inviter dans sa vie, qu’il le veuille ou non.

 

~oOo~

Après avoir revu Music and Lyrics, j’ai eu envie de voir plus de Hugh Grant, plus de rom-com, et tant qu’à faire plus de musique, donc je me suis tout naturellement dirigée vers About a Boy, que j’avais déjà vu quand j’étais jeune, et que je me souvenais avoir aimé. Rapidement, cela dit, je me suis retrouvée confrontée à quelque chose que j’avais oublié : ce film n’est pas une rom-com. Pas vraiment, ou en tout cas pas à mes yeux. C’est comme cela que je l'abordais parce que :

- Hugh Grant, à cette époque, était pas mal typecasté et son nom à l’affiche était souvent synonyme de comédie romantique.

- Le public parle généralement de ce film comme d’une comédie romantique, il est souvent classé là-dedans.

- Oui, effectivement, il y a de la comédie, et oui, il y a aussi l’idée que le personnage principal va se « caser » à un moment donné ou un autre –la fin qui insiste pour caser les personnages est cela dit très faible à mon sens, et c’est parce qu’elle ressemble plus à une arrière-pensée qu’à une fin solide à un film dont l’enjeu n’était PAS l’enjeu habituel d’une comédie romantique, à savoir caser A avec B-.

- La jaquette du DVD. J’ai eu cette jaquette devant les yeux depuis mon enfance, et dessus le texte fait du célibat de Will l’enjeu numéro 1. Cela dit la personne qui s’est occupée du texte soit n’a pas vu le film, soit n’a pas compris le film, soit nous ment, parce que le personnage de Will nous est présenté comme « romantique » alors qu’il est un type qui ment aux femmes pour coucher et ne ressent aucune émotion pour qui que ce soit. Donc à moins que votre version du romantisme soit "menteur sans émotion manipule des femmes pour coucher", ce n’est *pas* un romantique. Et pas parce que le film n’arrive pas à en faire un, mais parce que le personnage n’est pas écrit pour être un romantique, il en serait même carrément l’inverse. Le romantisme, après tout, est centré sur la passion et les sentiments, or tout le propos du film est que Will ressent très peu de chose, et n'a aucune passion. Donc je ne sais pas ce que la personne qui a fait la jaquette a fumé mais…

En vérité, non, la formation d’un couple n’est pas l’enjeu du film –ce serait plutôt de créer un groupe de gens, une famille sur laquelle pouvoir s’appuyer en cas de coup dur… en fait Marcus le dit carrément : « deux, ce n’est pas suffisant »-, et le film a pour thème ce qu’il y a dans le titre : un garçon. Encore que non, le film n’est pas « about a boy », mais « about two boys », à propos de deux garçons: Will et Marcus, l’un ne voulant pas grandir, et l’autre étant forcé à le faire trop vite.

Quand je dis que Will ne voulait pas grandir, et sous-entend qu’il devait le faire, je ne parle pas de son célibat, encore une fois. Rencontrer quelqu’un, se mettre en couple, avoir une famille, ce n’est pas ce qui fait de quelqu’un un adulte, quoi que les amis de Will –qui auraient mérité deux baffes- aient voulu lui faire avaler –non parce que je veux bien qu’ils soient perplexes et inquiets pour un Will, qui, effectivement mais pour d’autres raisons, a besoin de grandir, mais des amis comme cela qui te jugent parce que tu es célibataire et aime cela, et te disent que ton existence n’a pas de sens, faut les larguer-. On peut parfaitement décider de rester célibataire et d’avoir des aventures d’un soir ou de quelques mois –ou pas d’aventures du tout- toute sa vie si on en a envie. Je ne pense pas non plus que Will devait forcément trouver un travail. Le type est –en gros- riche, et si j’étais riche aussi, vous pouvez être certains que je ne m’amuserais pas à trouver un travail, et qu’à la place, je consacrerais tout mon temps à faire ce que j’ai envie de faire. Cela dit l’idée de travail est déjà plus proche de ce que Will devait faire pour grandir un peu. Parce que LA chose qu’il devait apprendre pour être plus qu’un enfant qui refuse de grandir, c’était la notion de responsabilité. Je ne pense même pas que Will devait nécessairement commencer à se soucier énormément des autres, pas vraiment. Mais il devait commencer à se soucier suffisamment du monde autour de lui pour prendre ses responsabilités, et c’était ça qui ferait de lui un adulte, ce qui était le véritable enjeu du personnage à mon sens dans ce film. Même si, évidemment, je voulais –et le film voulait aussi- qu’il se mette à se soucier des autres au-delà du « minimum requis ». Déjà parce que le ton de son personnage avait une touche de mélancolie qui donnait à son existence quelque chose de monotone, comme s’il était plus satisfait du status quo, que véritablement heureux et épanoui dedans. Or, dès le début, probablement parce qu’il a les yeux très ouverts sur qui il est, le personnage de Will est étrangement… eh bien, attachant presque –et de moins en moins « presque » au fil du film-. J’étais, bien entendu, en désaccord complet avec sa façon de mentir pour arriver à ses fins, et je le traitais un peu de connard devant mon écran –et ce qui est bien, c’est que j’avais un peu le sentiment de le faire avec lui-, mais le film faisait en sorte que j’aie envie de le voir changer, devenir plus honnête, puis plus heureux et épanoui, plutôt que de le voir être juste puni et enterré six pieds sous terre. Ce qui, pour lui, clairement, passerait par « créer une connexion avec d’autres êtres humains ». Par ailleurs, autant je n’avais strictement rien à faire de son statut amoureux à la fin du film, autant j’avais non seulement envie, mais également besoin qu’il ne devienne pas juste un adulte, mais aussi une bonne personne : une personne qui voudrait être présente et serait présente pour Marcus.

[Après le jour du canard mort] About a boy[Après le jour du canard mort] About a boy
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Parce qu’il en avait besoin Marcus. Oh, Marcus :( Cela m’a fait bizarre, au passage, de revoir Nicholas Hoult dans ce film… il était tout jeune, et je me prends une sorte de coup de vieux en revoyant ce film en quelque sorte. Cela dit, c’était bizarre mais agréable. Il n’est pas toujours à 100% parfait, mais dans l’ensemble je trouve qu’il fait du bon travail, et son personnage m’a toujours beaucoup émue. En fait, même si j’avais laissé le monde entier me convaincre que ce film était une rom-com pour les raisons citées dans l’intro, le fait est qu’après avoir vu le film la première fois étant enfant, je n’avais réellement retenu que trois scènes :

- le concert… qui est toujours une de mes scènes favorites, [spoiler ?] et j’adore le fait que la guitare soit utilisée, parce qu’elle avait été introduite comme un symbole de la vie « façade » de Will. Du coup, c’est une jolie touche lorsqu’elle est utilisée comme un moyen de réaffirmer le lien qu’il a avec, pour le citer, la seule chose qui ait une importance vraiment capitale pour lui, la personne qui l’a sorti de sa monotonie et qui a fait de lui un adulte/quelqu’un de meilleur. C’est-à-dire Marcus. En plus Hugh Grant chante, et on a déjà déterminé que cela me plaisait. [/spoiler]

- la mort du canard. Parce que c’était choquant pour une enfant comme moi ! Drôle, mais de façon morbide. En plus c’était suivi de…

- la tentative de suicide de la mère de Marcus –j’ai décidé de ne pas le classer dans les spoilers, je ne pense pas que ne pas avoir la surprise enlève quoi que ce soit au film, et cela arrive suffisamment tôt, c’est le lancement de la relation Will/Marcus…-

C’était surtout pour cette dernière raison que j’avais une image très sombre de ce film dans ma tête. Et pourtant, enfant, je crois que je ne comprenais pas tout très bien. J’avais compris que quelque chose de terrible était arrivé, et puis l’image m’était restée -et en grandissant,je l’ai comprise- mais c’était tout, et je n’avais pas compris non plus, en voyant la mère de Marcus –excellente Toni Colette, vraiment sa performance est magnifique- pleurer tous les matins qu’elle vivait une dépression. Ce sont des sujets lourds, et maintenant je me rends compte à quel point. Du coup, c’est assez terrible à regarder. Quand j’étais adolescente, mon père, à une époque sombre de sa vie –même s’il n’en laissait pas tout paraître si bien que cela avait rendu la chose plus choquante encore- a évoqué la question du suicide. Vite fait, et si cela se trouve il ne s’en souvient même plus, mais moi, oh, toutes ces années après je m’en souviens, et c’est en partie la raison pour laquelle j’ai mis autant de temps à quitter la maison familiale. C’était une phrase, j’avais 17 ans, et cela me terrifie encore. Alors quand je regarde Marcus et essaie d’imaginer ce qui se passe dans la tête d’un enfant aussi jeune qui a retrouvé sa mère après une tentative de suicide, qui a lu sa lettre d’adieux… quand je le vois mettre des fleurs sur la table de la cuisine pour son retour, mais réaliser qu’en vérité il ne peut pas régler le problème, qu’il n’en a pas le pouvoir… quand j’imagine la terreur, après une période où les choses semblaient s’améliorer, qui doit lui tomber dessus lorsqu’il rentre chez lui un jour et trouve sa mère à nouveau en pleurs, parce que la dépression n’est pas quelque chose dont on se débarrasse comme cela… ben, c’est pas facile les gens, c’est même très dur.

Du coup, à mon avis, c’est pour cela qu’on se retrouve avec certains trucs un peu forcés qui ne semblent pas tout à fait à leur place : fallait équilibrer. Je dis pas que c’est bien fait, je trouve toujours le personnage de Rachel assez mal intégré à l’histoire –et son gamin de même, d’autant que l’acteur est très mauvais-, mais je vois l’idée. Parce que Hugh Grant est un acteur drôle, et il est capable de me faire sourire lorsqu’il commente le caractère terrible de ce qui est en train de se passer tout en ajoutant un « mais foncer derrière l’ambulance était un peu fun », mais... La dépression, le suicide, les difficultés d’une mère à garder la tête hors de l’eau, sans parler de s’occuper de son enfant... les difficultés de l’enfant à gérer la terreur de la situation, ainsi que les brimades qu’il subit à l’école, sans oublier qu’il doit aussi se construire sa propre identité au passage… Hugh Grant est drôle, mais il ne peut pas faire de tout cela des sujets légers. Et le film n’a pas l’intention d’en faire des sujets légers de toute façon, mais à sa façon maladroite, il essaie de nous rassurer un peu quand même, et parfois ça marche, parfois un peu moins.

About a boy, donc, c’est un film à propos de deux garçons. L’un qui doit grandir, et y est poussé par l’autre, qui y est obligé et cherche quelqu’un pour l’y aider. C’est pour cela qu’à mes yeux, ce n’est pas vraiment une comédie romantique, plus une « dramédie », une comédie dramatique, s’il fallait vraiment ranger le film quelque part. Et j’ai eu beaucoup de mal à écrire dessus pour être honnête, j’ai les pensées légèrement embrouillées, et l’impression de ne pas avoir dit grand-chose au final, mais c’est un film que j’aime beaucoup. Il est imparfait, il y a de petites choses qui, à mon sens, auraient du se passer autrement – [spoiler] je suis désolée, la fin a du mal à passer, je n’arrive pas à croire que Rachel, qui jusque là semblait être quelqu’un de plutôt raisonnable, se soit re « maquée » avec Will… le happy-end à la fin où tout le monde se retrouvait plus ou moins casé m’a semblé forcé et trop artificiel [/spoiler] – mais je le trouve extrêmement attachant, et drôle, même à côté de ce qu’il a de mélancolique, et même terrible parfois. Les acteurs sont tous bons –en particulier Hugh Grant et, surtout, Toni Colette- et le film vend bien l’importance de la connexion qui s’établit entre Will et Marcus, j’ai vraiment ressenti ce qu’elle avait d’essentiel pour deux personnages que j’appréciais tous les deux, et donc d’essentiel pour moi, en tant que spectatrice. Je crois que j’aurai toujours un faible pour About a boy, c’est pour cela que je n’ai pas pu me résoudre à continuer et finir la série –qui a été annulée au bout de deux saisons-. D’après ce que j’ai vu, puis lu, elle a un ton résolument plus comique, elle a complètement mis au placard la dépression et la tentative de suicide de Fiona -la mère de Marcus donc-, elle n’a pas non plus conservé la touche de mélancolie qu’il y a chez le personnage de Will, et elle semble déterminée à tourner cela en « will they, won’t they » entre Fiona et Will… je ne dis pas que cela donne nécessairement une mauvaise série –je ne suis pas allée assez loin pour affirmer quoi que ce soit-, mais c’est passer à côté, en revanche, de ce qui faisait le cœur même de l’histoire de base –le livre de Nick Hornby- et que le film, sans coller parfaitement à l’histoire, avait si bien compris. Du coup, sans dire que la série est mauvaise –vous connaissez mes positions sur les adaptations je pense-, je n’avais juste pas vraiment envie de la regarder.

Bref, pour résumer, j’aime ce film, et je vous encourage très sincèrement à y jeter un œil.

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