Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

[Au commencement de l'apocalypse] Fear the Walking Dead - saison 1

Saison 1

 

Diffusée en 2015

Crée par Eric Kirkman

6 épisodes

Spin-Off de the Walking Dead

 

Avec :

Kim Dickens >>> Madison Clark

Cliff Curtis >>> Travis Manawa

Frank Dillane >>> Nicolas/Nick Clark

Alycia Debnam-Carey >>> Alicia Clark

Elizabeth Rodriguez >>> Liza Ortiz

Lorenzo James Henrie >>> Chris Manawa

Mercedes Masohn >>> Ofelia Salazar

Rubén Blades >>> Daniel Salazar

Patricia Reyes Spindola >>> Griselda Salazar

 

 

Dontesque ?

Un jeune homme accroc à l’héroïne, Nick, se réveille pour trouver son amie Gloria, mortellement blessée mais, au lieu de se vider de son sang, dévorant les intestins d’un troisième homme. Terrifié, il s’enfuit, est renversé par une voiture, et se réveille à nouveau dans une chambre d’hôpital où il essaie de raconter ce qu’il a vu. Mais personne ne veut le croire, et le monde reste inconscient de la menace qui se rapproche.

 

~oOo~

Bon… on est bien d’accord: je fais n’importe quoi niveau Ménage de Printemps. J’avais dit que j’allais rayer des trucs de ma liste, me débarasser de ce que j’ai à voir avant de passer à « autre chose », et en fait je ne donne que dans « l’autre chose », parce que… je sais pas pourquoi, je dois juste craindre comme cela, que voulez-vous. En tous les cas, aujourd’hui on va parler de Fear the Walking Dead ! Enfin sa saison 1 –la 2 est en cours-. Mais… revenons au début. Revenons à The Walking Dead un petit peu, parce qu’après tout la série dont nous parlons aujourd’hui sort de là ! The Walking Dead avait tellement de succès que, forcément, AMC s’est dit « pourquoi s’arrêter là ? », et puisque the Walking Dead commençait avec un Rick Grimes découvrant un monde post-apocalyptique où les zombis –ou « walkers »- étaient déjà bien installés, et la nouvelle situation bien établie, Fear the Walking Dead décide de prendre les choses un peu avant, et de nous montrer ce que nous n’avions pas pu voir : le début de l’apocalypse, le moment où le monde a véritablement basculé. Pour vous situer un petit peu mes sentiments par rapport à the Walking Dead, c’est une série dont j’avais énormément aimé la saison 1, et que j’ai suivie jusqu’à l’épisode 1 de sa saison 5, avant de finalement jeter l’éponge car malgré tout l’amour que j’avais pour Daryl et Glen, ainsi que l’intérêt énorme que je portais à Carol, je commençais à trouver la série trop répétitive et inégalement rythmée pour moi. Par ailleurs, et ça j’imagine que c’était vrai depuis le début : je n’arrivais juste pas à voir la fin de la série. The Walking Dead est une série qui, à mes yeux, manque d’un but, et si je comprends bien que l’errance des personnages EST le propos de cette série qui, pour le coup, est vraiment à propos du voyage, et non à propos de la destination, eh bien la destination me manquait. Je suis capable de regarder une série qui ne va « nulle part », une « tranche de vie » -et finalement the Walking Dead c’est un peu cela, c’est juste que c’est une tranche de vie dans un univers qui craint-, j’adore cela même, mais c’est vrai que j’ai tendance à préférer cela dans des dramas, des animes ou des mini-séries/séries déjà terminées, bref des formats avec une fin, pas nécessairement de l’histoire, mais de la série. Et pourtant, je vois l’intérêt d’un projet qui s’étend comme the Walking Dead, surtout quand on a un personnage tel que Carl dans le tas. Je n’ai jamais été très fan de Carl –faut dire que l’acteur n’aide pas-, mais dans un sens the Walking Dead, c’est un peu Boyhood avec des zombies : on regarde un gosse devenir un adulte, et dans le principe, je trouve cela intéressant de regarder un personnage vraiment vivre et grandir à l’écran, passer par tous les stades où on est passé, mais juste dans un contexte différent. Et les zombies, les autres personnages intéressants, font partie de l’attrait bien entendu. Mais voilà, the Walking Dead n’était plus pour moi, et du coup quand Fear the Walking Dead a commencé à être diffusé, j’ai hésité.

Parce que, très bien, la série me promettait de parler des débuts de l’apocalypse, et donc de proposer quelque chose de différent, mais une fois que l’apocalypse aurait eu lieu : alors quoi ? N’allait-on pas se retrouver avec un Walking Dead bis ? Une autre série qui finirait par raconter en gros la même chose avec juste des personnages différents, et une autre série qui risquait de ne jamais finir ? La série promettait de combler un vide, d’accord, mais une fois le vide comblé : alors quoi ? Et je mentirais si je vous disais qu’après avoir vu la saison 1, ces questions ne me restent pas un peu à l’esprit. Mais j’étais curieuse, j’avais envie de voir les débuts de l’apocalypse moi aussi ! Et maintenant je suis curieuse de voir la saison 2 parce que, oui, j’ai globalement vraiment aimé la saison 1. Elle n’est pas parfaite, j’ai mes petits soucis avec, mais dans l’ensemble j’ai vraiment apprécié, et la série m’a embarquée dès son épisode 1.

Le pilote de cette série m’a beaucoup parlé en fait. Si j’ai regardé la saison en entier il n’y a pas une semaine, je l’avais en fait commencée et suivie pendant sa diffusion à la base, par curiosité justement –je m’étais arrêtée à l’épisode 5/6… c’est con, mais je crois simplement que je ne suis pas faite pour suivre les séries pendant leur diffusion-, et il y avait deux plans de ce pilote dont je me souvenais particulièrement, et qui, à la revoyure, m’ont tout autant plu que la première fois. Le premier est au début, juste après que Nick, le  jeune homme accroc à l’héroïne qui est introduit par la série en premier, ait été renversé par une voiture. Lorsque la série commence, on est dans cette église où squattent plusieurs junkies, et à l’exception d’une zombie et de la personne –morte- qu’elle mange, Nick est le seul personnage. Lorsqu’il s’enfuit et court sur la route, il n’y a personne, pas une voiture qui roule jusqu’à ce que surgisse celle qui renverse Nick. Et l’effet est qu’on a l’impression qu’il est seul dans une ville déserte, que la menace est apparue dans un coin isolé. Mais lorsqu’il se retrouve allongé sur le trottoir, on voit soudainement surgir plein de gens, et lorsque la caméra s’élève, on se rend compte que le bâtiment où se trouvait Nick était à deux pas de la civilisation, d’un centre-ville plein de monde, ce qui veut dire que la menace zombie est également déjà là, toute près d’une population qui ne se doute de rien, et ça créé un effet glaçant lorsque la réalisation se fait.

Et à la toute fin de l’épisode, on a un peu ce même type de réalisation en fait. C’est-à-dire que Nick, sa mère et son beau-père font face à leur premier zombi de jour, la réalité leur tombe réellement dessus, et pareillement, la caméra subitement est plus élevée, et après s’être rendus compte au début de l’épisode que la menace était déjà au cœur de la ville où habitent Nick et sa famille, on voit ce train qui passe, et on comprend ce que la série veut nous dire : la menace voyage déjà, la menace est partout, elle ne concerne ni juste Nick dans un coin isolé, ni juste la population d’une ville toute entière, mais le pays, et même probablement le monde.

Ces deux moments m’étaient vraiment restés pour le coup. Cela dit, la raison pour laquelle j’avais décidé de suivre la saison, la raison pour laquelle je l’ai recommencée et regardée en entier sans m’ennuyer de revoir ce que j’avais déjà vu, est clairement le personnage de Nick, qui lance la série, et est très largement mon personnage favori du tas… et non, ce n’est pas juste parce qu’il ressemble à un jeune Johnny Depp et commence la série un peu débraillé. Il y a plusieurs choses qui me plaisent chez ce personnage en fait, la performance de Frank Dillane n’étant pas des moindres puisque je le trouve très bon, dans une série où, honnêtement, je ne trouve pas que tout le monde soit très impressionnant. Indépendamment les uns des autres, bien que je ne sois pas sous le coup de l’admiration, ça va, mais je trouve que beaucoup de ces acteurs manquent « d’alchimie », qu’ils arrivent à me vendre en gros leurs personnages, mais pas les liens qu’il y a entre eux. Pour le coup Frank Dillane est le seul à vraiment me vendre ces liens, que ce soit avec sa sœur –la scène de l’épisode 4 dans la salle de bain m’a fait un peu de mal les gens :’(- ou avec sa mère, qu’il semble vraiment apeuré à l’idée de décevoir encore plus. Lorsque Travis –son beau-père- amène Madison –la mère- alors que Nick lui avait demandé de venir seul dans l’épisode 1 après avoir fait quelque chose de terrible, on sent vraiment dans la voix de Dillane la détresse d’un Nick qui ne voulait pas rendre sa mère témoin d’une autre de ses erreurs. Et lorsqu’elle le frappe de frustration, chagrin et déception dans l’épisode 4, je ne pense pas que ce soit un Nick heurté par le coup lui-même que trouve Alicia –sa sœur-, mais un Nick dévasté d’avoir une fois de plus été une déception. Bref, je trouve Frank Dillane très bon. Et j’aime le personnage lui-même. Le moment où je pense vraiment qu’il m’a été vendu, est celui où il parle à Travis, dans l’épisode 1, de son intention d’arrêter la drogue. Parce que l’expérience « zombi », qu’elle soit réelle ou dans sa tête, a été la goutte de trop. En traduction approximative :

Nick - Get my head shrunk, get out, get clean. (Me faire soigner la tête, sortir d’ici, arrêter la drogue.)
Travis - You mean that? (Tu es sincère ?)
Nick - I always mean it. (Je suis toujours sincère.)

Episode 1

 

Il y a deux choses que j’aime dans cet échange. En premier lieu, la vulnérabilité, la fragilité, que l’on entend dans la voix de Nick. J’ai un faible pour les personnages avec de grosses failles, des personnages qui veulent bien faire, qui ont bon coeur finalement, mais sont tirés vers le fond par leurs propres faiblesses. Et puis, dans la réponse de Nick, il y a aussi beaucoup de lucidité. Il est tristement très conscient qu’il est dans une situation qu’il a déjà vécue, et dont il n’est jamais ressorti vainqueur. Il *veut* s’en sortir, pour de vrai, mais il sait aussi qu’il a vraiment voulu s’en sortir des tas de fois auparavant, et qu’il est toujours au même endroit. Nick est un personnage intelligent, il a l’esprit qui fonctionne vite –et de bons réflexes ainsi qu’un instinct de survie, et une habitude à évoluer à travers la « folie » qui lui seront avantageux-, mais il a également un regard, encore une fois, très lucide sur lui-même, qui fait qu’il sait que personne ne peut le sortir de sa situation sauf lui-même, qui fait qu’il connait sa propre faiblesse, et qui le pousse à envisager, dans une autre scène que j’aime beaucoup, qu’effectivement ce qu’il a vu dans l’église ne soit qu’un produit de son imagination, une image qui était déjà en lui et que la drogue a fait ressortir, ce qui le terrifie par-dessus tout. J’aime les personnages attachants profondément abîmés, j’aime les personnages qui savent ce qu’ils sont, donc forcément un personnage attachant profondément abîmé qui a conscience de l’être ne pouvait que me plaire. Et je pense sincèrement que Nick était un excellent choix pour lancer la série, le personnage idéal pour cela. Déjà parce qu’il a très peu de crédibilité. Si quelqu’un de parfaitement sobre allait dire à la police « j’ai été témoin d’une scène de massacre où quelqu’un mangeait quelqu’un d’autre », je pense que la police l’écouterait au moins un peu, parce qu’après tout il y a des malades partout. Mais quand un junkie se réveille d’une nuit à se droguer, court pieds nus dans la rue, et a le même discours, il est largement moins pris au sérieux. Parce que Nick est qui il est, personne ne veut vraiment l’écouter, et même lui-même se remet en question, ce qui créé un effet d’isolement qui ajoute au pilote à mon sens, permettant de créer l’empathie pour le personnage, et faisant grimper la tension tandis que personne ne veut écouter un type qui essaie de prévenir les gens d’une tragédie sur le point de frapper tout le monde. Par ailleurs, Nick est un personnage sans direction dans la vie, et ça aussi cela fait de lui un choix parfait pour la série –je vais y revenir-.

Je vous disais que Nick essaie de prévenir les gens… il n’est pas le seul. Non, nous avons aussi Tobias, un élève de Madison, qui semble avoir vraiment tout vu venir, et qui joue un peu le rôle de prophète tandis que grâce à lui, les thèmes de la série sont annoncés noir sur blanc –mais à l’oral…- via des des choses qu’il dit, ou des réactions qu’il provoque chez d’autres personnages. Limite, aussi appréciable que soit le personnage parce qu’on a envie de s’identifier à lui –c’est le gosse pas populaire mais qui a tout vu venir… une sorte d’underdog qui a l’air d’être à notre niveau question « savoir »-, c’est un peu gros comme procédé –mais je le kiffe quand même-… En fait, c’est simple, je pense que la saison 1 peut être à peu près résumée en 5/6 citations, et il en sort/provoque plus de la moitié. Parlons donc de ces citations en question qui résument à peu près cette saison 1.

No one’s going to college. No one’s doing anything they think they are.
(Personne ne va aller à l’université. Personne ne va faire ce qu’ils pensaient faire.)

Tobias (épisode 1)

Le monde de Fear the Walking Dead est en effet avant tout un monde qui arrive à une halte, qui doit se débarrasser de tous ses plans, et de toutes ses certitudes sur l’avenir. Ce qui le plonge bien entendu dans le désordre, fait que tout le monde est perdu, et c’est là que le choix de Nick est intéressant parce que comme il dit : I never knew where I was going. It’s like I’ve been living this for a long time, and now everyone is catching up with me. (Je n’ai jamais su où j’allais. J’ai l’impression que j’ai commencé à vivre comme cela il y a longtemps, et que le monde entier est en train de me rejoindre.) Si on regarde sa famille, qui occupe largement le premier épisode de la saison, on a une étudiante modèle qui parle de ses plans pour dans un an, elle a envie de se sortir de sa ville. Contrairement à son frère, elle a des objectifs, cela fait même l’objet d’un dialogue entre eux  où il lui dit : I know what you think (…). You’re perfect, I’m not. You know, you’re going to Berkeley, I got expelled from… Citrus community. I’m here, you’re there. (Je sais ce que tu te dis. Tu es parfaite, pas moi. Tu sais, tu vas aller à Berkeley, et moi j’ai été viré de… l’université publique ‘Citrus’). En d’autres termes, encore une fois Nick a conscience d’être l’enfant décevant du foyer, et sa sœur a un avenir, tandis que lui n’en a pas. Ce n’est pas non plus un hasard que Madison et Travis soient respectivement une conseillère dans un lycée, et un professeur dans ce même lycée : ils sont ceux qui sont censés former la jeunesse, façonner la génération de demain. Tous les membres de la famille de Nick sont tournés vers l’avenir, alors que lui est juste paumé, et effectivement le monde est en train de rapidement se retrouver là où il est. Ce qui lui donne un avantage, en effet, parce qu’il est habitué à être paumé.

Madison - If there’s a problem, we’re gonna know about it. The authorities would tell us. (S’il y avait un problème, on le saurait. Les autorités nous le diraient.)
Tobias - Yeah sure -sarcastic tone + sigh-. You’re right Mrs. C. (Oui, c’est cela -ton et soupir sarcastiques-. Vous avez raison Mme C.)

Episode 1

Et

Tobias - It’s all gonna go to hell. And that’s what they don’t get: when civilization ends, it ends fast. (Tout va sombrer dans le chaos. C’est cela qu’ils ne comprennent pas: lorsqu’une civilization s’effondre, elle s’effondre vite.)
Madison - They’re gonna contain it. (Ils vont contenir la situation.)
Tobias - The same “they” that’s supposed to warn us? (Ces mêmes personnes qui étaient censées nous prévenir?)

Episode 2

On reste toujours dans le manque de repères ici, mais cette fois-ci c’est la trahison des autorités dont il est question. Dès l’épisode 2, alors qu’il va chercher son ex-femme et son fils Christopher, Travis croise le chemin d’un policier qui stocke de l’eau dans sa voiture, prévoyant clairement sa propre survie, étant donc au courant de ce qui se passe, alors qu’aucun communiqué n’a réellement été fait. Bon, bien entendu, dans la réalité, un policier ne représente pas la police à lui tout seul, il pourrait très bien n’être qu’un individu isolé, mais compte tenu du fait qu’on est dans une série et non pas dans la réalité, et parce que Fear the Walking Dead évolue comme elle le fait – [spoiler] avec une armée qui ment aux civils qu’elle est censée protéger, et l’opération Cobalt sur laquelle se termine la série, et qui consiste en l’armée abandonnant purement et simplement les civils, les laissant face à la situation sans les prévenir [/spoiler] – la scène est clairement l’expression de la trahison des autorités qui abandonnent le public. La deuxième citation est sortie de l’épisode 2, c’est également celui de la scène du policier, et c’est également dans cet épisode qu’éclate l’émeute violente à laquelle Travis, son ex-femme et Chris se retrouvent mêlés avant de se réfugier chez les Salazar –une famille de trois : le père, la mère, la fille, qui vient rejoindre les deux autres familles pour créer le groupe de personnages principaux-. C’est une émeute effrayante, et encore un exemple de ce que Tobias prévoyait : la civilisation s’écroule rapidement. Et violemment. Les autorités ne sont pas les seules à trahir le public d’ailleurs : le public se trahit lui-même. Même si, bien entendu, on a des exemples d’humanité, de gens qui en aident d’autres –au cœur de l’émeute, les Salazar abritent Travis et sa famille après tout-, on va aussi avoir des personnages qui demandent de l’aide à un voisinage qui ne bouge pas, et qui en retour ne préviendront pas le-dit voisinage d’une catastrophe à venir. Petit à petit, les gens en arrivent à cette conclusion qu’ils ne peuvent pas sauver les autres et eux-mêmes à la fois, et une mentalité de « chacun pour soi » émerge progressivement, « soi » étant ici soit l’individu soit le groupe restreint que l’on a formé autour de soi.

Who are we counting as family? We talking blood or bond? (Qu’est-ce qu’on considère comme “la famille”? On parle de liens du sang, ou liens affectifs ?)

Dr Exener (épisode 6)

En parlant de « groupe restreint » que l’on s’est formé, Fear the Walking Dead est une série qui se pose pas mal la question de savoir ce qu’est la famille. On a la famille de Nick, celle de Chris, celle des Salazar, et chacune a ses propres tensions internes, sans oublier les tensions qu’il y a entre les familles à côté de cela. Bref les dynamiques familiales –des parents déçus/inquiets pour un fils qui gâche sa vie, des enfants qui rejettent leurs parents, d’autres qui apprennent à voir le vrai visage d’un père qu’ils ne soupçonnaient pas- sont clairement au cœur de la série, et je pense que ce qui s’en dégage au final, ce que Fear the Walking Dead essaie de nous dire, est que la famille ce sont les gens qui n’avancent pas sans toi. Malgré qu’Alicia semble penser que son frère est une cause perdue, et que peut-être il faudrait, comme il le demande, arrêter de se soucier de lui, elle est la première à s’inquiéter de son sort et à s’occuper de lui. Malgré que Nick ne puisse pas considérer Travis comme son père et ait du mal à l’accepter, il lui demande de l’aide, et Travis accepte de lui laisser un bénéfice du doute que le reste du monde ne semble pas lui accorder. Vu la façon dont progresse la série, la façon dont elle me semble partie pour fusionner ses trois familles pour en former une grande –ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas des tensions dans le tas-, je pense qu’elle répond à sa propre question, en nous disant que la famille, ce ne sont pas les gens avec qui on est lié par le sang, mais les personnes qui, même si on ne s’entend pas toujours avec, reviennent en arrière te chercher quand tu en as besoin.

Et puis peut-être le plus important…

Madison - You can stay with us, Tobias, until this is over. (Tu peux rester avec nous Tobias, jusqu’à ce que tout cela soit fini.)
Tobias - This doesn’t end. (Il n’y aura pas de fin.)

Episode 2

Dans ce monde qui voit son futur lui échapper, ses repères s’écrouler, et son esprit de solidarité s’effondrer –à quelques exceptions près-, la leçon la plus difficile à apprendre reste encore celle-là : la situation n’est pas passagère. Le nouvel état dans lequel est la civilisation ne va pas s’arranger, c’est en train de devenir une réalité qu’ils vont devoir accepter pour y survivre –comme dit Strand dans une réplique qui m’a un peu donné des flash-backs de Mad Max : The only way to survive a mad world is to embrace the madness. (Pour survivre à la folie du monde, il faut l’accepter/l’internaliser.) (ep6). En gros, il faut jouer selon les nouvelles règles, et pour commencer il faut accepter que ce *sont* les nouvelles règles. Et ce n’est pas évident. Du coup, on a une saison où les personnages font plein d’erreurs qui reviennent leur mordre le derrière plus tard. Un exemple : à un moment donné Travis empêche Madison d’achever un zombi, sous prétexte que c’était leur voisine, et que qui sait, peut-être y a-t-il un moyen de la guérir. Alors, c’est frustrant pour nous parce qu’on sait que non, elle ne va pas guérir, et du coup on a envie de hurler « rah mais aussi t’as été con » lorsque toute la famille se retrouve bloquée dans son exode à cause de cette erreur… mais d’un autre côté, peut-on réellement en vouloir à Travis ? Nous, on a des tas de films de zombis derrière nous, sans oublier qu’on *sait* comment l’histoire continue puisqu’on a vu the Walking Dead, on a vu ce qu’il advenait du monde, mais à la place de Travis, serions-nous à 100% sûr qu’il n’y aucune chance de guérison ? Et s’il n’y avait même que 0.001% de chance qu’elle en réchappe, serions-nous prêt à planter un couteau dans la tête de notre voisine malade ? Le personnage, à ce stade, n’est pas prêt à accepter que la situation est ce qu’elle est, et ne va pas juste passer, ce qui explique une erreur que je trouve parfaitement compréhensible, même si, bien entendu, on a envie de prendre le parti de Madison qui voulait donner le coup fatal. Le « mot d’ordre » de la série est « accepter, s’adapter, survivre », mais à quelle vitesse ? Est-ce qu’au final la vitesse de Madison à accepter la situation, et à agir en fonction, aussi salvatrice soit-elle, ne nous semblerait pas inhumaine si nous n’avions pas la certitude de la direction que prend le monde ? Du coup c’est intéressant de voir ces deux personnages, qui sont très proches –encore que les acteurs peinent vraiment à me vendre leur intimité-, avoir des vitesses d’adaptation aussi différentes. Madison se retrouve très vite à affronter et achever son premier zombi, elle aura aussi recours à des méthodes radicales, abandonnant des scrupules – [spoiler] cf. la torture du soldat dans les épisodes 5-6 qu’elle cautionne en la laissant arriver, et la présentant comme « nécessaire » [/spoiler] - qui, dans le nouveau contexte, lui semblent être un luxe qu’elle ne peut plus se permettre, tandis que de l’autre côté on a un Travis qui évolue plus lentement. Mais qui, parce que dans cet univers-là, c’est « adapte-toi ou crève » en gros, évolue quand même, la réalité se « forçant sur lui », jusqu’à ce que quelque chose en lui semble se briser, et qu’il craque. J’ai trouvé vraiment intéressant de suivre l’évolution des deux, surtout de les suivre en parallèle.

Après, comme je vous le disais dans l’introduction, ce n’est pas une série que je juge parfaite, et vous l’avez peut-être relevé : j’ai dit qu’il y avait trois familles importantes dans cette saison 1, mais finalement j’ai surtout parlé de Nick, sa sœur Alicia –interprétée par Alyca Debnam Carey d’ailleurs, c’est-à-dire l’actrice qui joue Lexa dans the 100… sans doute à cause du rôle, elle parait nettement plus jeune ici… enfin en tous cas, j’étais pas dépaysée comme cela :D la pauvre troque un monde post-apocalyptique contre un autre par contre…-, sa mère Madison, et son beau-père Travis, pas vraiment des Salazar –dont je n’ai honnêtement pas vraiment retenu les noms au-delà du nom de famille-, ni de Chris et sa mère Liza. La raison ? Ils ne m’ont juste pas vraiment intéressée, pas vraiment accrochée. Ce n’est pas qu’ils n’apportent rien à l’histoire, ils participent de façon importante même – [spoiler] le papa Salazar fait beaucoup avancer le thème de ce qui est nécessaire pour survivre par exemple [/spoiler]-, mais j’étais toujours plus intéressée par leur effet sur les autres personnages que vraiment par eux. Et, en général, je dirais que j’ai eu du mal à m’attacher à la troupe de Fear the Walking Dead. Cela n’a pas été mon seul souci cela dit. Par exemple, même si j’ai beaucoup aimé l’épisode final et l’endroit où il nous laissait, je trouve que le plan des personnages principaux était assez con – [spoiler] de lancer une horde de zombis pour initier un massacre dont il faudrait, déjà, assumer la responsabilité, puis, ensuite, sortir vivants eux-mêmes, à laisser leur moyen de transport bien en évidence au milieu du parking ce qui mène forcément au vol de leur voiture [/spoiler] -. Au niveau de la forme, aussi, dans une série qui prend bien son temps –et je trouve cela bienvenu-, j’ai trouvé dommage que certaines scènes soient coupées assez brutalement –cela m’a surtout fait tiquer dans le dernier épisode encore une fois-. Mais, surtout, donc, mon souci a été mes difficultés à m’intéresser à certains  personnages, mes difficultés à m’attacher à d’autres. Si je suis honnête, en fait, même Travis et Madison dont je suis l’évolution avec intérêt ne m’ont pas accrochée émotionnellement. Le seul personnage que j’aime vraiment est Nick. Pour tout ce que the Walking Dead a fini par me lasser, la série avait non seulement des personnages qui m’intéressaient, mais également plusieurs –encore une fois : Glen, Daryl, Carol… même Rick en fait- auxquels j’étais attachée, des personnages que j’aurais été peinée de perdre. Ici, si j’ai envie de voir comment Madison et Travis vont évoluer, et suis très intriguée par Strand, je n’irais pas verser une larme sur leur mort éventuelle. Nick est ma seule attache émotionnelle, et s’il venait à mourir, dans l’état où sont les choses, je pense honnêtement que le reste ne suffirait pas à me retenir. Alors je doute que Fear the Walking Dead soit sur le point de tuer le personnage, mais mettons que je suis un peu frustrée de ne pas être plus impliquée dans le sort de plus de personnages que cela.

Au final, j’ai quand même vraiment bien aimé la saison 1 de Fear the Walking Dead. J’ai un faible pour l’apocalyptique et le post-apocalyptique, je trouve les thèmes de la série intéressants, j’ai aimé le rythme plutôt posé finalement,… Mes regrets sont des acteurs qui n’ont pas l’air de trouver leur dynamique, pas assez personnages qui m’agrippent émotionnellement, des petits détails ici et là, et toujours une interrogation sur le devenir de la série, de si je finirai par avoir à son égard les mêmes sentiments que j’ai à celui de the Walking Dead, mais j’ai au moins Nick dans lequel je suis très investie, Frank Dillane, et puis je ne peux pas vraiment en vouloir à une série qui a le bon goût de me ressortir Perfect Day de Lou Reed –et en plus y a même World Undone, au titre très approprié pour cette série, de Calexico à la fin, et j’approuve ça aussi-. Donc dans l’ensemble, mon bilan est positif, et je suis contente que la saison 2 soit bientôt terminée, parce que comme cela je vais pouvoir la regarder :D

Tag(s) : #TV, #Dramas - séries et animes, #Série, #USA, #Fear the Walking Dead, #2010s, #2015, #Eric Kirkman, #~ 5 épisodes, #The Walking Dead, #AMC, #Kim Dickens, #Cliff Curtis, #Fank Dillane, #Alycia Debnam-Care, #Elizabeth Rodriguez, #Lorenzo James Henrie, #Mercedes Masohn, #Rubén Blades, #Patricia Reyes Spindola, #Famille, #Fin du monde, #Pandémie, #Zombie(s), #Drame, #Survival

Partager cet article

Repost 0