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Sorti en 2015

Réalisé et écrit par Perry Blackshear

 

Avec :

MacLeod Andrews >>> Wyatt

Evan Dumouchel >>> Christian

Margaret Ying Drake >>> Mara

 

Dontesque?

Un jeune homme persuadé qu’une invasion de parasites a déjà commencé, et que la fin du monde est pour bientôt, va trouver son meilleur ami.

 

~oOo~

Oui, alors, en même temps, vous avez vu l’affiche, hein, et lu le synopsis normalement, donc vous savez pourquoi j’ai lancé ce film : ça avait l’air d’être un film d’horreur, et je pense que, lorsque mon heure sera venue, et que je dresserai le bilan de mon existence, on pourra dire qu’à partir de mes 15 ans environ, il ne s'est pas déroulé de moment éveillé de ma vie où je n’étais *pas* partante pour un film d’horreur. Alors, pas de pot, They look like people n’était pas vraiment un film d’horreur. Pas du genre que je souhaitais en tout cas. C’est-à-dire que moi, en fait, je voulais juste un truc pas trop prise de tête, qui bouge un peu, quelque chose de bien, mais plus dans la catégorie fun si possible. Rétrospectivement, je me rends bien compte que je n’étais juste pas réveillée, puisque l'affiche rendait clair le fait que je ne risquais pas de me retrouver devant un mélange de They Live et Nightmare on Elm Street... mais des fois: quand on est con, on est con. Au moins, il ne m’a fallu qu’une scène pour comprendre mon erreur d’handicapée du globe oculaire, hein ! Plongée dans l’ambiance calme, super silencieuse, et dépourvue du jump-scare qu’il aurait été si facile de caser, j’ai compris que je n’étais pas dans le type de film que j’avais voulu regarder. Cela dit, je n’ai jamais pensé à arrêter de regarder pour aller chercher autre chose, j’ai continué le film, parce que :

(1) Les personnages me plaisaient. Genre, vraiment. J’avais envie de voir ce qui allait leur arriver, je me sentais concernée.

(2) La première scène, celle qui puait le jump-scare mais avait eu le bon goût de ne pas s’en servir, m'avait provoqué une sueur froide.

Alors, je réitère un peu –mais avec d’autres mots- : They look like people ne provoquera pas de cauchemars à son public, du moins je ne pense pas. C’est-à-dire qu’il semble avoir moins l’intention de *nous* faire peur, que de nous montrer que Wyatt, l’un de ses deux personnages principaux, lui, est terrifié. Dans certains films, la peur du personnage devient celle du spectateur -ou elle est censée le devenir-, mais dans celui-là, au-delà du fait que j’ai trouvé les scènes d’ « horreur » peu nombreuses, on est surtout invités à douter de la réalité de ce que voit/entend Wyatt, si bien que le film n’épouse jamais pleinement son point de vue.  Cela dit, la première scène m’a foutu la frousse. Parce qu’elle fait écho à une peur irrationnelle que je ressens depuis que ma petite sœur, quand nous étions toutes, toutes jeunes, a eu la bonne idée, pour me jouer un tour, de me dévoiler qu’elle était en vérité une extra-terrestre sous forme humaine. Techniquement, elle ne l’a d’ailleurs jamais démenti, donc moi je dis : méfiance. Bon, tout de même, j’ai des doutes conséquents ces derniers temps, mais à l’époque j’avais marché à fond, et comme nous dormions encore parfois dans la même chambre, j’ai passé des nuits à la fixer dans le noir, effrayée, jusqu’à ce que mes yeux se ferment d'une fatigue trop lourde pour être combattue –et si vous vous posez la question : oui, tous les films ne sont qu’un gros prétexte pour vous raconter ma vie, et oui, vous adorez ça-. Depuis, quand je dors avec quelqu’un dans mon lit, que je me réveille la nuit, et discerne à peine leur visage mal éclairé, étrange et différent au milieu de la nuit, j’ai cette pointe d'angoisse irrationnelle, comme si la personne en face de moi n’était plus la personne que je connais, mais quelque chose qui en aurait pris l’apparence –bienvenue dans ma tête où TOUT est une occasion de flipper-. Alors, dans la première scène de They Look Like People, tandis que dans une atmosphère bien tendue - rapport au noir et au silence de mort de la pièce-, Wyatt regarde sa fiancée, se demandant si elle est toujours elle-même, si elle le regarde aussi, si elle l’observe ou si elle dort, eh bah, je vous avoue que je n’étais pas rassurée. Et bien que l’objectif principal du film ne soit pas de traumatiser son spectateur, dans ses petites scènes simples, je dois bien admettre que je n’ai pu m’empêcher de stresser.

Mais si j’ai aimé ce film, c’est avant tout grâce à ses personnages, tandis qu’ils se laissaient guider chacun par une voix qu’ils étaient les seuls à entendre.

[Bromance et paranoïa]  They look like people[Bromance et paranoïa]  They look like people
[Bromance et paranoïa]  They look like people[Bromance et paranoïa]  They look like people
[Bromance et paranoïa]  They look like people[Bromance et paranoïa]  They look like people

Pour Chris, la voix – [spoiler] de son ex [/spoiler] - sort de ses écouteurs: il s'agit d'un enregistrement qui lui répète qu’il est un roc, qu’il peut tout faire, un enregistrement qui, paradoxalement, le maintient dans le passé, mais qu’il écoute pour booster sa confiance en soi. Parce que si Chris a l’air de bien s’en sortir dans la vie –il est mignon, il est sportif, il a un emploi-, ça n’a pas toujours été le cas : à l’école il était plutôt le type chétif dont les autres se moquaient. Et même à présent, les choses ne se déroulent pas aussi bien qu’il aimerait au travail, et sa fiancée l’a quitté après l’avoir trompé, ce qui n’aide pas exactement non plus. Il a donc bien besoin d’encouragements pour grimper les échelons professionnel, et trouver le courage d’inviter sa jolie collègue à sortir avec lui. J’ai apprécié Chris tout de suite, parce que même avant de rentrer dans le détail de ses insécurités, le film m’a convaincue d’un truc essentiel : il est gentil. Quand Wyatt débarque chez lui, sous couvert d’une visite improvisée et insistant qu’il loge chez quelqu’un d’autre, Chris discerne tout de suite que, quoi qu'il en dise, son ami n’a nulle part où dormir, et qu’il n’est pas passé « juste comme ça ». Non, probablement parce qu’il comprend bien ce que c’est de se sentir perdu et seul, Chris saisit tout de suite que Wyatt est dans une situation difficile dont il n’arrive pas à parler, ou n’a pas envie de parler. Du coup, il l’invite dans ses plans de la soirée, il insiste pour qu’il dorme chez lui –le tout en faisant comme si c’était pour lui faire plaisir à lui-, et il se retrouve à googler « comment aider un ami dans la détresse » au travail, à faire un double de sa clé pour Wyatt...  C’est un peu l’ami qu’on voudrait tous avoir, en fait. Wyatt et Chris ne se sont pas vus depuis longtemps, mais il est évident qu’il y a une affection forte entre eux, une affection qui peut les ramener des années en arrière –il y a tout un passage assez adorable où ils se font la guerre au lancer de chaussettes, et s’affrontent au corps à corps, emmitouflés dans leurs couettes-. Ils viennent tout deux à peine de sortir de relations amoureuses sérieuses qui se sont mal terminées, et il est insinué que chacun est la seule relation longue toujours fonctionnelle de l'autre –en fait, techniquement, pour Wyatt ce n’est pas insinué: il le dit littéralement-. C’est vraiment touchant comme relation. Je veux dire, on a d’un côté Chris qui ouvre son toit à Wyatt sans poser de questions, et de l’autre un Wyatt qui est persuadé que l’Apocalypse –en gros- approche, et qu’il doit absolument éviter la ville, mais qui malgré s'y rend, pour trouver Chris, et le sauver. Ou, autre interprétation possible: pas pour le sauver, mais parce que dans un reste de lucidité –si on décide que tout se passe dans sa tête-, il réalise qu’il est en train de perdre pied, et va chercher de l’amitié, du soutien, et une main tendue pour l’aider à retrouver la surface, là où il est certain de pouvoir les trouver. Et il les trouve. Même après une discussion houleuse où l’état psychotique de Wyatt se fait vraiment sentir, Chris ne prend pas peur pour lui, juste pour son ami, et essaie de l’aider. [spoiler] Et le film finit par trancher que oui, tout était dans la tête de Wyatt, puis se termine sur une lueur d’espoir : la volonté de Chris de l’accompagner jusqu’au bout, a réussi à éveiller chez Wyatt une confiance qui lui permettra peut-être de se sortir du brouillard. Ce n’est pas un « c’est bon, fiou, c’est terminé », mais on termine quand même sur l’idée optimiste que Wyatt peut s’en sortir parce qu’il est entouré. [/spoiler]

J’ai été surprise par ce film. Je m’attendais à un film d’horreur vraiment basique, et à la place, They look like people raconte surtout l’histoire de comment les liens entre deux personnes sont ce qui pourra peut-être les sauver : pour l’un, de ses difficultés à se défaire du passé et à prendre confiance en soi, pour l’autre –qu’elle soit réelle, ou que le film en parle de façon métaphorique- d’une affliction psychologique qui l’empêche de voir la réalité, si bien qu’il a besoin de quelque chose de solide à quoi se raccrocher. Ma surprise a probablement joué, je ne sais pas si c’est un grand film, mais j’ai trouvé les acteurs bons, les personnages m’ont émue, et malgré le rythme lent, je n’ai jamais trouvé le temps long, appréciant au contraire la réalisation calme et silencieuse. Bref, clairement, j’avais fumé quand j’ai choisi ce film en pensant, malgré l’affiche, qu’il correspondait à mes critères de l’instant, mais ça c’est bien terminé, et donc une seule conclusion s'impose: la drogue, c’est bien.  

Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma occidental, #USA, #They look like people, #2010s, #2015, #Perry Blachsear, #MacLeaod Andrews, #Evan Dumouchel, #Margaret Ying Drake, #Drame, #Amitié, #Horreur, #Psychological Horror, #Fin du monde

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